" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

vendredi 3 avril 2020

La bataille de Rocour en 1746, un article de Robert Ruwet

                                                  




                                                    L’affaire de Rocoux.      (1746)

 Cette expression est de Voltaire en personne. Elle désigne l’une des plus sanglantes batailles dont l’Europe ait à rougir.

1746. La guerre de succession d’Autriche divise les états d’Europe occidentale. D’un côté la Prusse, la Bavière et la France ; de l’autre, l’Autriche, l’Angleterre et les Provinces Unies. Mais bientôt la France restera seule face aux Alliés anglais et autrichiens.
L’armée française était commandée par le maréchal de Saxe ; les Alliés par Charles de Lorraine. Une première rencontre eut lieu à Fontenoy (le 11 mai 1745), là où le maréchal de Saxe eut l’honneur de placer son fameux « Tirez les premiers, Messieurs les Anglais ! ».  Les deux armées se retrouvèrent en terre liégeoise le 11 octobre 1746 ; les Français sont forts de 120.000 hommes, les Alliés de 80.000.

Il est évident que si le village de Rocourt fut l’épicentre de cette bataille homérique, toutes les localités avoisinantes furent concernées.
Disons tout de suite que cette bataille se transforma en une boucherie infernale. Les pertes en vies humaines sont estimées à 8.000 chez les Alliés et 6.000 chez les Français… en quelques heures !
Ajoutez à ces victimes, celles de Fontenoy puis celles de la bataille de Lauffreld (près de Maastricht)  où les mêmes belligérants remirent le couvert le 21 juillet 1747, on le comprendra que cette guerre de la Succession d’Autriche fit plusieurs dizaines de milliers de victimes pour en arriver à….
Pour en arriver à une paix qui fut signée à Aix-la-Chapelle en 1748. Cette paix déboucha sur un statuquo intégral. La France, bien que militairement victorieuse renonçait à ses conquêtes. Seule la Prusse y gagna la Silésie.
D’où l’expression « se battre pour le roi de Prusse » qui signifiait se battre sans que cela ne rapporte rien.

Dans les mois et même les années qui suivirent, tous les villages des alentours eurent bien de la peine à se remettre de la journée du 11 octobre 1746. Les champs étaient dévastés et les fermes qui n’avaient pas été incendiées furent pillées et re-pillées par les bandes de mercenaires qui rôdèrent  longtemps dans le coin.
Le 21 février 1747, le Prince-Évêque Jean Théodore de Bavière promulgua une ordonnance :

Les habitants de Ans-Rocourt et des villages adjacents doivent tenir leurs chiens à l’attache pour les empêcher de déterrer les corps des morts dans les campagnes.


                                                                            Un article de Robert Ruwet

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