" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

dimanche 29 décembre 2019

Gustave Flaubert : " La légende de Saint-Julien l'hospitalier "







       

                 Le vitrail de la légende de Saint Julien à la cathédrale de Rouen


J’ai lu des centaines et des centaines de livres. Il en est un qui se détache tout particulièrement, qui occupe la première place du Top 10 – quasi indétrônable, semble-t-il – c’est la nouvelle de Gustave Flaubert « La légende de Saint-Julien d’hospitalier ». Je l’ai lue quand j’étais gamin mais il faut bien avouer que, si le récit me troubla, je me pris allégrement les pieds dans ses chemins rocailleux… Je la repris plus tard, adolescent. Plus tard encore, en 1978, le troisième programme de la Rtbf-radio en avait diffusé une version audio, lue par l’excellentissime Alexandre von Sivers et ce par tranche de 10 minutes. J’eu la présence d’esprit de l’enregistrer sur bande magnétique (vous savez, ces grosses bobines). Je l’ai écoutée des milliards de fois (la marge d’erreur est proche du zéro).

Il faut être un magicien des mots, comme Flaubert, pour écrire une telle merveille. Une sorte d’immense broderie, cousue de fil d’or. Pas une phrase, pas un mot (et quels mots !) n'est superflu. Tout y est à sa place pour conter une histoire fantasmagorique qui vous secoue le corps et l'âme tout entier. Sous sa plume, on peut retrouver des descriptions troublantes, inquiétantes de Pline l'Ancien. Ajoutez à cela un style d'une perfection absolue, vous arrivez à un écrin qui vous éblouit les yeux. Cette merveille se termine par cette dernière phrase : " Et voici l'histoire de Saint Julien l'Hospitalier, telle à peu près qu'on la trouve, sur un vitrail d'église, dans mon pays. "

Italo Calvino nous en parle admirablement : " La Légende de Saint Julien est peut-être le témoignage d'un des plus extraordinaires itinéraires spirituels que l'on ait jamais écrit en dehors de toutes religions. "

Résumer « La Légende »  ne se fait pas. Elle se lit.
Bon, c’est vrai que je me demande si je ne suis pas un peu mystique sur les bords (et les bords sont larges). Nul n’est parfait !

Extraits :

- De l'autre côté du vallon, sur le bord de la forêt, il aperçut un cerf, une biche et son faon. Le cerf, qui était noir et monstrueux de taille, portait seize andouillers avec une barbe blanche. La biche, blonde comme les feuilles mortes, broutait le gazon; et le faon tacheté, sans l'interrompre dans sa marche, lui tétait la mamelle. L'arbalète encore une fois ronfla. Le faon, tout de suite, fut tué. Alors sa mère, en regardant le ciel, brama d'une voix profonde, déchirante, humaine. Julien exaspéré, d'un coup en plein poitrail, l'étendit par terre. Le grand cerf l'avait vu, fit un bond. Julien lui envoya sa dernière flèche. Elle l'atteignit au front, et y resta plantée. Le grand cerf n'eut pas l'air de la sentir; en enjambant par-dessus les morts, il avançait toujours, allait fondre sur lui, l'éventrer; et Julien reculait dans une épouvante indicible. Le prodigieux animal s'arrêta; et les yeux flamboyants, solennel comme un patriarche et comme un justicier, pendant qu'une cloche au loin tintait, il répéta trois fois:
« Maudit! maudit! maudit! Un jour, coeur féroce, tu assassineras ton père et ta mère ! »

- Il y avait dans son feuillage un choucas monstrueux, qui regardait Julien; et, çà et là, parurent entre les branches quantité de larges étincelles, comme si le firmament eût fait pleuvoir dans la forêt
toutes ses étoiles. C'étaient des yeux d'animaux, des chats sauvages, des écureuils, des hiboux, des perroquets, des singes. Julien darda contre eux ses flèches; les flèches, avec leurs plumes, se posaient sur les feuilles comme des papillons blancs. Il leur jeta des pierres; les pierres, sans rien toucher, retombaient. Il se maudit, aurait voulu se battre, hurla des imprécations, étouffait de rage. Et tous les animaux qu'il avait poursuivis se représentèrent, faisant autour de lui un cercle étroit. Les uns étaient assis sur leur croupe, les autres dressés de toute leur taille. Il restait au milieu, glacé de terreur, incapable du moindre mouvement. Par un effort suprême de sa volonté, il fit un pas; ceux qui perchaient sur les arbres ouvrirent leurs ailes; ceux qui foulaient le sol déplacèrent leurs membres; et tous l'accompagnaient. Les hyènes marchaient devant lui, le loup et le sanglier par derrière. Le taureau, à sa droite, balançait la tête; et, à sa gauche, le serpent ondulait dans les herbes, tandis que la panthère, bombant son dos, avançait à pas de velours et à grandes enjambées. Il allait le plus lentement possible pour ne pas les irriter; et il voyait sortir de la profondeur des buissons des porcs-épics, des renards, des vipères, des chacals et des ours. Julien se mit à courir; ils coururent. Le serpent sifflait, les bêtes puantes bavaient. Le sanglier lui frottait les talons avec ses défenses, le loup l'intérieur des mains avec les poils de son museau. Les singes le pinçaient en grimaçant, la fouine se roulait sur ses pieds. Un ours, d'un revers de patte, lui enleva son chapeau; et la panthère, dédaigneusement, laissa tomber une flèche qu'elle portait dans sa gueule. Une ironie perçait dans leurs allures sournoises. Tout en l'observant du coin de leurs prunelles, ils semblaient méditer un plan de vengeance; et, assourdi par le bourdonnement des insectes, battu par des queues d'oiseau, suffoqué par des haleines, il marchait les bras tendus et les paupières closes comme un aveugle, sans même avoir la force de crier "grâce!"

- Tour à tour, il secourut le dauphin de France et le roi d'Angleterre, les templiers de Jérusalem, le Suréna des Parthes, le négus d'Abyssinie, et l'empereur de Calicut. Il combattit des Scandinaves recouverts d'écailles de poisson, des Nègres munis de rondaches en cuir d'hippopotame et montés sur des ânes rouges, des Indiens couleur d'or et brandissant par-dessus leurs diadèmes de larges sabres, plus clairs que des miroirs. Il vainquit les Troglodytes et les Anthropophages. Il traversa des régions si torrides que sous l'ardeur du soleil les chevelures s'allumaient d'elles-mêmes, comme des flambeaux; et d'autres qui étaient si glaciales, que les bras, se détachant du corps, tombaient par terre; et des pays où il y avait tant de brouillards que l'on marchait environné de fantômes. Des républiques en embarras le consultèrent. Aux entrevues d'ambassadeurs, il obtenait des conditions inespérées. Si un monarque se conduisait trop mal, il arrivait tout à coup, et lui faisait des remontrances. Il affranchit des peuples. Il délivra des reines enfermées dans des tours. C'est lui, et pas un autre, qui assomma la guivre de Milan et le dragon d'Oberbirbach.
Or l'empereur d'Occitanie, ayant triomphé des Musulmans espagnols, s'était joint par concubinage à la soeur du calife de Cordoue; et il en conservait une fille, qu'il avait élevée chrétiennement. Mais le calife, faisant mine de vouloir se convertir, vint lui rendre visite, accompagné d'une escorte nombreuse, massacra toute sa garnison, et le plongea dans un cul-de-basse-fosse, où il le traitait durement, afin d'en extirper des trésors Julien accourut à son aide, détruisit l'armée des infidèles, assiégea la ville, tua le calife, coupa sa tête, et la jeta comme une boule par-dessus les remparts. Puis il tira l'empereur de sa prison, et le fit remonter sur son trône en présence de toute sa cour.L'empereur, pour prix d'un tel service, lui présenta dans des corbeilles beaucoup d'argent; Julien n'en voulut pas. Croyant qu'il en désirait davantage, il lui offrit les trois quarts de ses richesses ; nouveau refus; puis de partager son royaume; Julien le remercia; et l'empereur en pleurait de dépit, ne sachant de quelle manière témoigner sa reconnaissance, quand il se frappa le front, dit un mot à l'oreille d'un courtisan; les rideaux d'une tapisserie se relevèrent, et une jeune fille parut. Ses grands yeux noirs brillaient comme deux lampes très douces. Un sourire charmant écartait ses lèvres. Les anneaux de sa chevelure s'accrochaient aux pierreries de sa robe entr'ouverte; et, sous la transparence de sa tunique, on devinait la jeunesse de son corps. Elle était toute mignonne et potelée, avec la taille fine.


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Le texte intégral :

http://textes.libres.free.fr/francais/gustave-flaubert_la-legende-de-saint-julien-l-hospitalier.htm

vendredi 27 décembre 2019

Gustave Flaubert : " Un coeur simple "




L’histoire se déroule en Normandie au début du 19 ème siècle. Félicité est servante chez Mme Aubin.  « Pour cent francs par an, elle faisait la cuisine et le ménage, cousait, lavait, repassait, savait brider un cheval, engraisser les volailles, battre le beurre et resta fidèle à sa maîtresse, – qui cependant n’était pas une personne agréable. »
Un jeune homme du bourg lui avait bien fait des avances, il fut même question de mariage puis il l’avait plantée là. Félicité porta toute son attention à Virginie, la fille de madame Aubin, jusqu’au jour où … Elle porta ensuite son affection pour Victor, son neveu mais le jeune homme partit pour les Amériques où il mourut de fièvre. Un jour, « il lui advint un grand bonheur : au moment de dîner, un nègre de Mme de Larsonnière se présenta, tenant un perroquet dans sa cage » Le volatile était plutôt un présent pour Mme Aubin mais elle s’en défit volontiers pour le confier à sa bonne.
Quelle trouvaille ! Gustave Flaubert et Félicie vont sublimer ce Loulou.

Cette nouvelle fait partie des plus belles pages de la littérature française. Aussi, il faut la lire avec précaution, avec respect, avec retenue ;  il faut surtout la lire lentement, pour ne rien rater.
Elle fait partie du triptyque de Gustave Flaubert connu sous le nom de « Trois contes ». Dans un autre article, je reviendrai sur l’un d’entre eux,  « La Légende de Saint-Julien l’hospitalier » qui est, à mes yeux, le plus beau texte parmi les centaines et les centaines romans que j’ai lus. Comprenez qu’il occupe la première place (sans doute indétrônable).

Mais revenons à cette autre merveille «Un cœur simple ». Il existe sur Internet, une version audio. La lecture y est bien adaptée, blanche. La voici :


Extraits :
 - Après les Polonais, ce fut le père Colmiche, un vieillard passant pour avoir fait des horreurs en 93. Il vivait au bord de la rivière, dans les décombres d'une porcherie. Les gamins le regardaient par les fentes du mur, et lui jetaient des cailloux qui tombaient sur son grabat, où il gisait, continuellement secoué par un catarrhe, avec des cheveux très-longs, les paupières enflammées, et au bras une tumeur plus grosse que sa tête. Elle lui procura du linge, tâcha de nettoyer son bouge, rêvait à l'établir dans le fournil, sans qu'il gênât Madame. Quand le cancer eut crevé, elle le pansa tous les jours, quelquefois lui apportait de la galette, le plaçait au soleil sur une botte de paille ; et le pauvre vieux, en bavant et en tremblant, la remerciait de sa voix éteinte, craignait de la perdre, allongeait les mains dès qu'il la voyait s'éloigner. Il mourut ; elle fit dire une messe pour le repos de son âme. Ce jour-là, il lui advint un grand bonheur : au moment du dîner, le nègre de Mme de Larsonnière se présenta, tenant le perroquet dans sa cage, avec le bâton, la chaîne et le cadenas. Un billet de la baronne annonçait à Mme Aubain que, son mari étant élevé à une préfecture, ils partaient le soir ; et elle la priait d'accepter cet oiseau, comme un souvenir, et en témoignage de ses respects. Il occupait depuis longtemps l'imagination de Félicité, car il venait d'Amérique ; et ce mot lui rappelait Victor, si bien qu'elle s'en informait auprès du nègre. Une fois même elle avait dit :—«C'est Madame qui serait heureuse de l'avoir !»

- Loulou, caché sous des roses, ne laissait voir que son front bleu, pareil à une plaque de lapis. Les fabriciens, les chantres, les enfants se rangèrent sur les trois côtés de la cour. Le prêtre gravit lentement les marches, et posa sur la dentelle son grand soleil d'or qui rayonnait. Tous s'agenouillèrent. Il se fit un grand silence. Et les encensoirs, allant à pleine volée, glissaient sur leurs chaînettes. Une vapeur d'azur monta dans la chambre de Félicité. Elle avança les narines, en la humant avec une sensualité mystique ; puis ferma les paupières. Ses lèvres souriaient. Les mouvements de son cœur se ralentirent un peu, plus vagues chaque fois, plus doux, comme une fontaine s'épuise, comme un écho disparaît ; et, quand elle exhala son dernier souffle, elle crut voir, dans les cieux entr'ouverts, un perroquet gigantesque, planant au-dessus de sa tête.

jeudi 26 décembre 2019

Pour nos amis les animaux : PAS DE PETARDS ! ! !







Pour les animaux de compagnie et en prairie, les feux d'artifice et les pétards représentent une source de panique. Certains y perdent même la vie. Aussi, GAIA demande aux bourgmestres de Belgique d'interdire les feux d'artifice de particuliers. « Les infractions doivent être punies par une SAC », estime le président de GAIA, Michel Vandenbosch. « Les feux d'artifice ont pour effet de terroriser les animaux. » L'organisation invite également tout un chacun à signaler via le site web de GAIA les incidents causés par des feux d'artifice et impliquant des animaux.
Certaines déflagrations de feux d'artifice atteignent 160 décibels. Pour comparaison, un avion à réaction qui décolle produit 125 décibels à une distance de 100 mètres. En outre, les animaux ont une ouïe beaucoup plus fine et sensible que l'oreille humaine. Pour eux, les détonations sont donc une vraie torture. Chaque année, des animaux paniqués et déroutés s'enfuient loin des déflagrations et des éclairs lumineux. Ces animaux de compagnie ou de prairie finissent souvent par se perdre voire se blesser. Certains perdent même la vie.
« Je crains qu’il y aura encore des problèmes cette année », regrette Michel Vandenbosch. GAIA est donc demandeur d'une interdiction d'allumer des feux d'artifice pour les particuliers, et de sanctions administratives communales pour les contrevenants. « J'ai conscience que ce n'est pas une opinion populaire, mais que l'on se mette à la place des animaux. Pour eux, les déflagrations soudaines ne sont qu'une source de terreur. Il est donc grand temps d'appliquer une interdiction des feux d'artifice de particuliers.
L'organisation de défense des animaux encourage également les citoyens à lui signaler tout incident lié à des feux d'artifice et impliquant des animaux. Pour ce faire, elle met à disposition un lien sur son site internet, ou l'adresse e-mail info@gaia.be. « Qu'il s'agisse d'animaux qui s'enfuient car pris de panique, qui décèdent en raison des détonations... informez-nous tout incident », appelle le président de GAIA. Après le Nouvel an, l'organisation dressera un bilan et espère ainsi pouvoir exercer plus de pression pour une interdiction des feux d'artifices de particuliers. Les pétards, eux aussi, terrorisent les animaux, songeons-y !

Quelques conseils :

En attendant des mesures plus structurelles en faveur des animaux, GAIA adresse ces quelques conseils pour le réveillon. L'idéal étant bien sûr de ne pas utiliser de feux d'artifice.
Gardez tous les animaux de compagnie à l'intérieur dès la tombée du jour. Fermez les rideaux et les volets.
Laissez la lumière et la radio ou la télévision allumées afin que le bruit et les éclairs soient un peu atténués.
Si votre chien est très sensible au bruit, parlez-en à votre vétérinaire. Évitez d'administrer vous-même des médications. Certaines substances contenues peuvent anesthésier votre animal mais pas le rendre insensible à la peur pour autant.
Gardez les chevaux, ânes, poneys ou bovins dans l'étable.
Veillez à ce que votre animal soit pucé et enregistré, et qu'il porte un collier nominatif. Il sera ainsi bien plus aisé de le retrouver s'il devait prendre la fuite.
Si vous envisagez d'utiliser des feux d'artifice, informez-en vos voisins et les éleveurs des environs. Ils pourront également prendre les mesures nécessaires.
Vous pouvez habituer graduellement votre animal aux feux d'artifice. Des CD comportant des sons de feux d'artifices sont disponibles à la vente, et des fichiers de tels enregistrements peuvent aussi être téléchargés sur internet.
Veillez à ce qu'aucun feu d'artifice ne soit allumé à proximité d'un animal. Vérifiez qu'il n'y a pas d'animaux dans les prairies avoisinantes: les chevaux et les vaches ont, eux aussi, peur des feux d'artifice.
Les pièces d'artifice devraient être mises en place le plus tard possible, et avant leur allumage, veillez à ce que des animaux ne s'y soient pas cachés.
Ne réconfortez pas exagérément votre animal (à moins qu'il soit en état de panique complète). Il pourrait comprendre que quelque chose va mal et que sa peur est justifiée. L'idéal est de se comporter naturellement.Ne punissez pas un animal qui montre des signes de peur.



mercredi 25 décembre 2019

Armel Job : " Et je serai toujours avec toi "





Nous sommes fin 1995 dans une bourgade de Wallonie. Teresa, la quarantaine, d’origine polonaise,  a eu deux fils avec son mari maintenant décédé : Tadeusz qui est à la tête d’une brasserie locale et André toujours étudiant en mathématique. Un soir, un homme du nom de Branco, demande de l’aide car il est en panne de voiture. Il est d’origine croate mais se débrouille pas mal en français. Teresa accepte et croit – ou plutôt est persuadée – qu’il est envoyé par son défunt mari. Il y a des signes qui ne trompent pas et puis Teresa est catholique, très catholique. Peu de temps après, Suzanne, une jeune femme du coin, est retrouvée morte, assassinée. En alternance, Tadeusz et André nous racontent cette histoire magnifiquement menée – une fois de plus ! - par Armel Job.

Extraits :

- Une mère, pour son fils, a quelque chose de sacré, qui la retire du milieu des femmes. Un fils ne peut pas accepter que sa mère reste celle qu’elle était sans doute avant qu’il n’apparaisse lui-même, un simple être humain voué, comme tous les êtres humains, à la solitude, en quête d’un regard, d’une parole, d’un geste de compassion.

-  Pour toi, peut-être, André, et pour Tadeusz aussi sûrement, vous ne croyez à rien. Vous êtes tellement intelligents. Et ça ne vous suffit pas. Vous voulez que tout le monde soit comme vous. Vous n’avez même pas pitié de nous, les faibles d’esprit, vous voulez nous enlever nos illusions. Ça vous fait sourire que j’aille à la messe, que je mette un cierge à la Vierge noire, toutes les semaines. Pauvre niaise, pensez-vous, qui s’imagine maintenant que la Madone de Medjugorgje lui envoie un message pour la récompenser de sa fidélité ! Eh bien, votre monde sec, ton monde de chiffres et de calculs, il ne me fait pas envie. Je préfère le mien, où l’on croit que les bougies ont de l’effet pour guérir les enfants – j’en ai brûlé assez quand vous étiez malades-  ou pour apaiser un chagrin quand quelqu’un est mort. Je sais bien que ce n’est pas sûr, je ne suis pas une idiote, je sais bien que ce sont peut-être de rêveries, mais je préfère vivre avec ces « peut-être » qu’avec ces « sûrement ».

-  De nos jours, on fait passer les gens qui croient pour de abrutis. L’athéisme, qu’est-ce que c’est pourtant ? Une croyance comme les autres, pas plus assurée, puisqu’au bout du compte, personne ne sait ce qu’il en est de l’explication du monde.

- Je me demande s’il y a une seule affection qui arrive à la cheville de celle que peuvent se porter deux frères ou deux sœurs à peu près du même âge.

samedi 21 décembre 2019

L'intelligence artificielle en question ( première partie)






Faut-il avoir peur de l’intelligence artificielle ?
Il semble que oui.
De plus en plus, le sujet est abordé. C’est le cas, entre autres, de Yuval Noah Harari, celui qui a écrit ( pour ne mentionner qu’un titre de ses ouvrages) : « Sapiens ».

Il dit :

-  L’émergence de l’I.A. va laisser une partie des humains sur le carreau et créer une classe inutile. »
-   Dans  vingt ans ( en 2040) on se dira «  Pourquoi n’avons-nous pas organisé l’intelligence artificielle ? et la réponse sera : «  Parce qu’on s’occupait du Brexit ». En Chine, l’I.A. est une préoccupation majeure parce que les dirigeants ont pris conscience du problème. Tous les pays européens se sont endormis sur le problème.

D’autres vont encore plus loin ;
-  Nous allons nous faire entuber profond par l’I.A. Le temps de réaliser, il sera déjà trop tard pour faire machine arrière. »
- En 2250, et sans doute bien avant, l’I.A. régnera sur le monde. Les êtres humains ne seront plus que des larbins. Le plus grave c’est que nous n’aurons rien vu venir…

Terminons par cette boutade ( mais en est-ce vraiment une ?) vue sur Facebook : " Drôle d'époque où des robots nous demandent, en cliquant sur une case, de prouver que nous sommes bien des êtres humains."

A suivre, of course >>>>>>>>>>>>>>

Sam Smith - Too Good At Goodbyes (REMIX) Overdriver Duo

U2 - With Or Without You VIA: Overdriver Duo

vendredi 20 décembre 2019

Liège en 1897










                                     Foire aux chevaux place Maghin ( année incertaine)



- « La Meuse », jeudi 14 janvier 1897
L’emplacement des foires aux chevaux pour l’année 1897



- « La Meuse », vendredi 29 janvier 1897
Réclame pour la pastille E.M. Poncelet





- « La Meuse », lundi 15 mars 1897
Le Vieux-Liége et une vue panoramique signée Le Loup de Spa en 1737



- Jeudi 1 er avril 1897
Le vélodrome de la Sauvenière

- Vendredi 16 avril 1897
L’église Saint-Lambert construite au Beau-Mur par les oblats de Marie sera demain samedi livrée au culte



- Samedi 17 avril 1897
C’est demain dimanche à Paris devant les bureaux du Petit Journal que deux Liégeois M.M . Joseph Dumont et B… doivent partir pour rallier Liége en brouette ( voir plus bas en bonus)



- Samedi 1 er mai 1897
Avis aux vélocipédistes



- Mardi 27 juillet 1897
Un jeune anarchiste à l’œuvre, place St-Lambert



- Samedi 21 août 1897
Théâtre Eden-Strasbourg. Tous les soirs, immense succès des sœurs Winterburen



- Lundi 30 août 1897
A l’Eden-Strasbourg



- Mercredi 8 septembre 1897
Pipelette au téléphone






- Lundi 20 septembre 1897
Eugénie Buffet, la gracieuse fauvette parisienne à l’ Eden-Strasbourg, au café Charlemagne, au Canterbury rue Cathédrale, au Phare



- Samedi 2 octobre 1897
 Des nouvelles étranges du baron russe Sternberg



- Samedi 16 octobre 1897
Le célèbre Frédy au théâtre Eden –Strasbourg



- Mardi 19 octobre 1897
Séances de cinématographie gratuites pour les élèves au Trink-Hall d’Avroy



- Samedi 13 novembre 1897
Les Cognes di Lîge, figures populaires. Textes d’Emile Gérard



- Mercredi 17 novembre 1897
Le jeu des gamins inspiré de la foire d’octobre



- Samedi 20 novembre 1897
L’almanach «  Les qwate Mathis » pour 15 centimes seulement



- Mercredi 15 décembre 1897 «  Li Lîgeois Egagi », opéra en deux actes de Jean-Noël Hamar au conservatoire de Liége



Mercredi 15 décembre 1897
Ouverture d’un parc aux huîtres, rue Lulay, n° 12



Et tout particulièrement au quartier Sainte-Marguerite :



- « La Meuse »,  1 er février 1897
Ouverture d’une école professionnelle à Liége, rue Agimont, 11



-  « La Meuse », vendredi 23 juillet 1897
Encore une famille dans une grande misère



- « La Meuse », lundi 27 septembre 1897
Alcool meurtrier. La victime, une enfant de 11 ans

Merci au journal «  La Meuse » !
Merci à la bibliothèque de l’Université de Liège !


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En bonus, Paris-Liège en brouette :

https://catinus.blogspot.com/2019/12/1997-de-paris-liege-en-brouette.html

dimanche 15 décembre 2019

Nadine Monfils : " Contes pour petites filles perverses "





Vraiment étonnante cette Nadine Monfils. Une sorte d’ovni dans la littérature féminine et même dans la littérature tout court. Elle est Belge, cela explique sans doute cela. La revoici dans vingt nouvelles qui causent de petites filles perverses. Attardons-nous un instant à quelques-unes d’entre elles.

- «  Le ruban de velours » : Aglaé, une petite fille pas comme les autres.
- « La cage aux marionnettes » : tranche de vie de Bettina avec un géant qu’elle adore.
- « La licorneille » : méfiez-vous des messieurs qui dessinent sur les murs, surtout de ceux qui ont une corne sur le front. Deux, c’est chose courante mais une c’est plus rare.
- « Les dragueuses aux dents de lait » : Myrtille et Mirabelle sont très gentilles avec le vieux monsieur qui somnole dans un bois.
- « Barbe à papa » : Emile et ses deux nièces vont faire un tout sur une foire un peu spéciale.
- «  L’orgue de Barbarie » : lui jour de l’orgue de barbarie, elle se déshabille comme une petite putain maladroite.

Bref, vous voyez le genre …

samedi 14 décembre 2019

La terrible bataille - oubliée - au bois Saint-Laurent à Liège le 4 août 1914





Dans son excellent ouvrage, « Blues pour trois tombes et un fantôme »,  Philippe Marczewki revient sur une bataille qui s’est livrée chez nous en août 1914.

« La nuit du 4 août, une terrible bataille eut lieu dans la clairière du Sart-Timan, près d’un hameau et d’une ferme, juste en haut du bois de Saint-Laurent. Un historien, Camille Buffin, a recueilli peu après la bataille le rapport du père De Groot, aumônier militaire qui accompagnait les soldats.
Hâtivement, je parcours le champ de bataille. Quel abominable tableau ! Autour des tranchées, des cadavres belges et allemands sont amoncelés et forment des paquets de trois mètres de haut. Je descends dans une tranchée : une mare de sang, un amas de corps enchevêtrés ( …) Quand j’adresse quelques mots dans leur langue aux blessés allemands, éclate un tapage assourdissants. Ils pleurent, ils gémissent, se lamentent, et, me prenant pour un des leurs, me chargent d’adieux pour leurs parents, leurs femmes, pour leurs enfants. Ils s’accrochent à moi, me baisent les mains, me supplient de ne pas les abandonner. Je m’enfuis de cet enfer et, de nouveau, je sillonne le champ de bataille, à la recherche de blessés à panser, de mourants à administrés. Là, devant moi, gisent plus de 5.000 soldats des corps de Brandebourg, de Hanovre et de Poméranie. Le sol est couvert d’un manteau gris, parsemés çà et là d’uniformes de chasseurs. De ce champ de douleur, des plaintes, des sanglots, des râles s’élèvent. C’est épouvantable ! Couché sur le sol, des intestins s’échappent d’une affreuse plaie, un volontaire de dix-sept ans appelle lamentablement : « Ma mère, ma pauvre mère, je voudrais te voir ! » Je m’agenouille près de lui et le pauvre enfant me tend une pièce de cinquante centimes « C’est tout ce que j’ai, c’est pour l’église où j’ai été baptisé. » (…) Vers le soir, je reste seul sur le champ de bataille. Un crépuscule sinistre enveloppe la plaine des morts. Des puanteurs animales se mêlent aux senteurs des bois ; pas un murmure, pas un bruissement : partout la paix, le silence. Sur le sol raviné, creusé, tourmenté, se dressent des amoncellements de choses sombres, horribles, terrifiantes … »
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Quelques mots à propos de ce livre :

vendredi 13 décembre 2019

Cela s'est passé en décembre à Liège



                                   Le Palais et la place du Marché dans les années '50


                                                     La Batte 


                                            Les balayeuses, place du XX août en 1920

-  " La Meuse ", samedi 6 décembre 1862
La nouvelle apportée hier par la voie du Moniteur de la nomination de M. Piercot aux fonctions de bourgmestre a été accueillie en notre ville par un sentiment général de véritable satisfaction.

- " La Meuse",  mardi 16 décembre 1862
Quand on se reporte trente ou quarante ans en arrière, on est frappé du progrès que les moyens de transport ont fait en un si court temps. Les barques, les diligences, les chars-à-bancs ont laissé place aux chemins de fer

-  " La Meuse",  le 21 décembre 1866
 C’est aujourd’hui le plus beau jour de l’année. Pourquoi ? … Parce qu’il est le dernier d’une année néfaste.
En cette année 1866, Liège a été durement touchée par une épidémie de choléra qui a frappé d’ailleurs une bonne partie de l’Europe. (…) Les bureaux d’état civil restaient ouverts alors jusque dans la nuit afin d’enregistrer tous les décès. Il y en eut jusqu’à 68 en un jour. On eut beau blanchir à la chaux vive ruelles et impasses, répandre des produits désinfectants dans tous les lieux où cela était nécessaire, en distribuer aux indigents avec brochure explicative, interdire les rassemblements importants, installer trois hôpitaux, à l’ancienne gendarmerie ( en Hors-Château), au béguinage Saint-Julien (au quartier de l’est), au béguinage Saint-Abraham ( quartier du sud), multiplier les secours médicaux et pharmaceutiques, 4.176 personnes furent victimes du fléau dont 2.626 périrent. (…)
Le 22 juillet, les habitants du Val-Benoit, malgré les recommandations de la police, tinrent à célébrer dignement la fête paroissiale et passèrent la nuit à boire : en trois jours, quarante personnes décédèrent dans le quartier. (…)

Mercredi 22 décembre 1880
Il faut remonter plus d’un siècle en arrière pour retrouver le souvenir d’une inondation aussi terrible que celle qui jette en ce moment l’épouvante dans toute la vallée de la Meuse
- Lundi 6 décembre 1886
Le sixième fascicule des « Rues de Liége » par M. TH. Gobert vient de paraître. Il contient de nombreux renseignements à propos des rue Bois d’Avroy, Bois l’Evêque, Bois St-Gilles, des Bons Enfants

-  La Meuse, mercredi 31 décembre 1913 et jeudi 1 janvier 1914
L’an 1913 agonise. Il rend son dernier souffle. Le voilà parti. Devons-nous émettre pour lui des regrets ? Point. Il n’est pas exagéré de dire qu’il ne nous a procuré aucune sensation agréable (…) Qu’il s’en aille donc au plus tôt rejoindre les vieilles lunes et qu’on n’en parle plus. (…)  F.H



- Décembre 1926
Tout bon Wallon aime de boire un verre de bière Piedboeuf



-  Samedi 23 décembre 1933
Le Standard Club Liégeois champion de Wallonie



-  Mardi 7 décembre 1937
L’horloge du carrefour au Pont d’Avroy


 -  Mercredi 17 décembre 1947
Les essais du Pont des Arches ont été concluants. Il sera ouvert jeudi à la circulation


 -  Mercredi 29 décembre 1948
La construction de la Passerelle Saucy avance régulièrement

- Samedi 3 décembre 1949
Le pont du Val-Benoit est, sans doute, un de ces lieux maudits où se complaisent malheur et tragédies. En 1939, il fut foudroyé lors d’un violent orage. En 1944, il fut bombardé par les Alliés. En 1949, il s’effondre dans la Meuse


 - Vendredi 21 décembre 1951
Le pont Maghin sera terminé en décembre 1952



- Lundi 25 décembre 1955
Louis Armstrong : 13 heures de voyage pour offrir un «  Noël « New Orléans » aux Liégeois.


-  Mercredi 24 décembre 1958
Prélude au réveillon de Noël : Edith Piaf est venue chanter pour les Liégeois au Palace devant une salle comble.



Mercredi 28 décembre 1983
Sur deux hectares des anciens jardins des jésuites anglais, loués par le CPAS à un fermier de Rocourt, des vaches à 800 mètres de la place St-Lambert.

-  Samedi 14 décembre 1985
Près de 2.000 personnes à l’inauguration, hier, du centre hospitalier universitaire du Sart-Timan.



- Mardi 29 décembre 1987
Fermeture des cinémas « cochons »  à Liège. Les dernières salles du genre « Paris » et « Midi-minuit »  ont été évacuées sur ordre du bourgmestre



-  Lundi 30 décembre 1991
Germain Dufour au sénat



-  Jeudi 17 décembre 1992
Jacques Pelzer et Robert Jeanne rendent hommage à deux « géants » du jazz liégeois : René Thomas et Bobby Jaspar

- Mardi 7 décembre 1993
Il faut sauver le parc d’Avroy. C’est l’appel lancé par Michel Foret et Nicole Anoul qui dénonce le manque d’entretien ( et même de saccage) de ce poumon vert du centre-ville. (…)

- Lundi 19 décembre 1994
Des rumeurs qui font peur. A Rocourt, on craint très fort une éventuelle fermeture du R.C. Liège. (…)



-  Samedi 7 décembre 1996
La nouvelle rampe de la passerelle Saucy a été installée.
La première passerelle a été décidée par le conseil communal de Liège en 1874. Les travaux de construction ont eu lieu de 1878 à 1880. La passerelle a été construite par Guillaume Prevot pour une dépense de 244.666 F. de l’époque. Elle mesurait cinquante-deux mètres de long et pesait 140 tonnes. La passerelle résista à la Première Guerre mondiale. Elle fut détruite en 1940 et reconstruite après-guerre, non plus sur une pile, mais sur deux piles, afin de ne pas constituer une entrave à la navigation.


Merci au journal " La Meuse " !
Merci aux bibliothèque Albertine de Bruxellles, Ulysse Capitaine et l'Université à Liège !