" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 31 août 2019

Baignades japonaises (1890)


( …) Pas une famille qui, tous les soirs, ne se plonge à la même heure dans la même baignoire. Père, mère, frères et sœurs de tous âges et souvent voisins et voisines, invités au bain comme ils le seraient à dîner, se déshabillant dans la salle commune et ainsi nus comme vers, très placidement, continuant leurs interminables et insignifiantes causeries, procédant avec méthode à leurs ablutions partielles.
Après quoi, par série où tous ensemble, les baigneuses et les baigneurs (les jeunes filles les premières, il faut toujours être galant) s’accroupissent un instant dans un grand baquet dont l’eau est ordinairement, été comme hiver, à la température de 40 à 50 degrés. Et toutes ces têtes, jeunes et vieilles, congestionnées, pressées les unes contre les autres, apparaissent confusément à travers l’épaisse buée de l’étuve, donnent la sensation diabolique de damnés cuisant dans leur jus.
On sort du bain sans plus de gêne qu’on y est entré, et cette promiscuité ne parait éveiller, chez les êtres des deux sexes ainsi confondus, aucun désir charnel. Dans les établissements de bains publics, les choses se passent avec la même simplicité. Quelques-uns cependant, tant est puissante l’influence de la civilisation, ont tenu à faire des concessions aux idées modernes et, dans ceux-là, les deux sexes sont séparés … par une corde.
Bien amusantes les révérences jusqu’à terre que, dans un état de nudité absolu, se font entre eux ces braves gens suivant la formule compliquée de la civilisation japonaise, puérile et très honnête. Quels tableaux vivants, quels sujets d’études anatomiques !

                                       Dans une correspondance datée de Tokio.
                                                    In le journal «  La Meuse », septembre 1890

Pierre Houcmant, photographe liégeois, décédé d'un acv en août 2019 à l'âge de 65 ans

vendredi 30 août 2019

" Les cinq virages des Bénés " par Robert Ruwet



                                                                                                                                       


Si vous avez la responsabilité de l’éducation d’une jeune fille pubère, pure et pratiquement vierge, nous vous conseillons de lui interdire formellement d’emprunter seule, surtout à la tombée du jour, le rue des Bénédictines. Elle risquerait fort d’en sortir tout aussi pubère mais nettement moins vierge.
J’exagère ? À peine…
Avec ses cinq virages à angle droit, se faufilant entre d’ancestrales propriétés, cette rue va du boulevard d’Avroy à la rue Saint-Gilles. A l’origine, elle n’était en fait qu’un sentier et son étroitesse en fait l’endroit rêvé pour un guet-apens et plus si affinité.
Mais il ne faut pas noircir le tableau : on peut y trouver quelques petites maisons au charme indéniable jouissant, le plus souvent, d’un calme tout provincial à quelques jets de bouteilles du Carré.
Elle doit évidemment son nom à la communauté des sœurs bénédictines (les Bénés. pour les intimes) dont elle longe la vaste propriété.
L’ordre des Bénédictins fut fondé en 529. La règle de saint Benoît est basée sur la louange de Dieu. Les Bénédictines s’installèrent à Liège en 1627, d’abord dans une maison du Pont d’Avroy. En 1629, elles achetèrent une propriété « sise en Avroy ». L’église abbatiale fut terminée en 1692. Une des sœurs, Aldegonde Desmoulins, en aurait dessiné les plans. On sait d’ailleurs que cette sœur architecte était également, à ses heures, poétesse (en latin et… en wallon) et peintre. Bravo, chère Sœur.
Mais même si elle peut présenter certains dangers, même si, parfois,  des relents ammoniaqués   flottent dans l’air, cette rue des Bénédictines a le mérite de rester telle qu’en elle-même les siècles l’ont façonnée. Et ils deviennent rares, à Liège, les témoins authentiques de notre passé.

                                                                                       Robert Ruwet


jeudi 29 août 2019

La ligne du chemin de fer de l'Amblève, Liège-Rivage-Trois-Ponts-Gouvy-Trois-Vierges en 1890





                                        A gauche, via le petit tunnel, la ligne de l'Amblève
                                        à droite la ligne de l'Ourthe


                                          Le cheminots de Gouvy et une de leurs locomotives
                                          La photo fut prise probablement en 1956


                                         Ateliers de Gouvy

La première section avait été inaugurée en 1866. Elle reliait Verviers au Grand-Duché du Luxembourg en passant par : Pepinster, Spa, Trois-Ponts, Vielsalm et Gouvy.






- « La Meuse », samedi 5 avril 1890
A propos des travaux des viaducs et des tunnels sur la ligne du chemin de fer de l’Amblève



- «  La Meuse », samedi 17 mai 1890
Tests de résistance des ponts sur la ligne du chemin de fer de l’Amblève



- « La Meuse », mercredi 25 juin 1890
A propos du coût du chemin de fer de l’Amblève et de la lenteur de sa construction



 - «La Meuse »,  mercredi », 28 mai 1890
Ouverture de la deuxième section du chemin de fer de l’Amblève : Liège-Trois-Ponts – Gouvy – Trois-Vierges



- Mardi 15 juillet 1890
L’inauguration de la deuxième section du chemin de fer de l’Amblève est reportée au 1 er août



-  Lundi 4 août 1890
A propos du Guide officiel des voyeurs concernant la ligne du chemin de fer de l’Amblève



- Jeudi 7 août 1890
Inauguration de la ligne de l’Amblève ce vendredi 1 er août. Mais on a frôlé l’accident majeur



Le saviez-vous ?
 « La Meuse », mercredi 29 octobre 1890
Classé secret défense ! L’armée belge fait placer des mines qui feront sauter les rochers du tunnel de Trois-Ponts sur le nouveau chemin de fer de l’Amblève en cas d’invasion du pays par les troupes allemande.
En date du 9 décembre 1890, «  La Meuse » annonce que ce genre de travail sera également exécuté au tunnel de Remouchamps


Merci au journal «  La Meuse » !
Merci à la bibliothèque de l’Université de Liège !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Pour les curieux, voici un autre article :
https://catinus.blogspot.com/2016/10/le-premier-cheval-de-fer-sur-le-plateau.html





lundi 26 août 2019

Napoléon à Liège







Je déteste Napoléon Bonaparte et tout autant le mythe qui va avec.
Vous me direz : « Ecoute, Catinus, ce que tu penses on n’en a rien à faire (pour rester poli) ! »
Bon, ça va, je peux continuer, oui …
On peut admirer, au musée du Grand Curtius, une toile signée Dominique Ingres qui représente Napo. Une huile de 2,27m sur 1,47. Nous sommes en 1803, l’Homme est dans nos murs. Le Premier Consul n’accordera au jeune Ingres qu’une seule pose. En 1805, grand seigneur, il offrira ce portrait à la Ville de Liège.
Mais vous connaissez les artistes : ils ne sont pas sur une contrevérité près. Ainsi dans le fond du tableau, l’on peut voir représentées la citadelle et surtout l’ancienne cathédrale Saint-Lambert. Or, en 1803, cela fait déjà quelques années que les Liégeois ont commencé à dépecer leur cathédrale si majestueuse (enfer et damnation !) et, là, pour le coup, elle n’est certainement plus debout.
On dira donc que c’était pour faire joli.

Boris Vian à Liège



                                            Bobby Jaspar


                                           Boris Vian

Le saxophoniste Bobby Jaspar ( né au numéro 44 de la rue du Vieux Mayeur située près du pont de Fragnée à Liège) était un client régulier de l’ancienne «  Laiterie » de Embourg (banlieue liégeoise). Il  y vint un jour accompagné de Boris Vian. Et nul n’oserait imaginer ces deux lascars boire un verre de lait !


                                           Extrait d’un article de Robert Ruwet


Ambiance ! :
https://www.bing.com/videos/search?q=Boris+vian+jazz&&view=detail&mid=AC65276DB1A06742032BAC65276DB1A06742032B&&FORM=VRDGAR


dimanche 25 août 2019

Un beau jour à Gouvy


                                         Mon ancienne demeure au 11 rue de la Gare à Gouvy






                                         la potale de chez Jamotton






                                       Le château de Gouvy

                                       
                                        Penny Lane




                                         Li voye di Sâlm


                                         La ferme du Mayon ( le ruisselet qui coule dans le village)




                                           La ferme Jean-Marie Paquay


                                           ... boitolette du Château ...


                                         Imprimerie Jean-Marie Zune



                                        ... souvenirs de la fièsse au village de Gouvy


samedi 24 août 2019

Censuré par Facebook



Voici le message que je posterai demain sur ma page Facebook :

" Désolé de ne pas avoir pu répondre promptement à certains de vos messages. Il se fait qu’hier matin, Facebook a cru bon de m'exclure pendant 24 heures. J’avais posté une image montrant trois personnes, habillées comme vous et moi, devant une affiche du film «  Emmanuelle » placardée sur un mur. Bon, la fille a les seins nus mais il faut des jumelles pour les voir. Je signale, à qui veut l’entendre, que ce film de 1974 fait partie de l’histoire du cinéma… Bon, passons, on sait à qui on a affaire …
Well ! Je me demande si je vais encore rester sur Facebook. Je perdrais des « choses », des contacts, de la pub pour mes blogs même , soit, mais j'aurais, peut-être, l'impression de conserver le peu de liberté qu’il nous reste dans ce monde par trop souvent détestable "

vendredi 23 août 2019

Amélie Nothomb : " Soif "




Dans le journal « La Libre Belgique »  du mercredi 21 août 2019, Amélie Nothomb confie : depuis que j’ai 2 ans et demi, j’ai voulu raconter l’histoire de Jésus mais je n’étais jamais prête à le faire. Je reportais sans cesse, jusqu’au printemps 2018 quand je me suis dit : « Ma vieille, tu as maintenant plus de 50 ans, tu ne vas pas t’améliorer. Si tu n’écris pas ce livre maintenant tu ne le feras jamais. »
C’est pour cette raison qu’elle déclare, à la sortie de son vingt-huitième roman publié, que c’est le livre de sa vie. Le thème : la passion, la crucifixion et la mort du Christ comme si elle se mettait à sa place. C’est du direct (en léger différé), du cru, du terrible, du féroce, de l’insupportable ; donc : âmes sensibles, accrochez-vous.
Outre la description de ses dernières heures, le Christ/Amélie évoque des souvenirs qui lui sont chers : ses miracles, dont la noce de Cana, ses liens avec les apôtres, dont Judas, ses moments intimes avec sa mère et Marie-Madeleine, …

Perso, ce n’est certainement le roman que je préfère d’elle ; mais quoi qu’il advienne, quoi qu’on en dise, ce livre fera date.
J’ai toujours dit qu’elle était très maligne, cette Amélie !

Extraits :

- C’est à cela qu’on sait si l’on est amoureux ; à ce que l’on ne choisit pas. Les êtres qui ont un égo trop gros ne tombent pas amoureux parce qu’ils ne supportent pas de ne pas choisir. Ils s’éprennent d’une personne qu’ils ont sélectionnée : ce n’est pas de l’amour.

- Tentez cette expérience : après avoir durablement crevé de soif, ne buvez pas le gobelet d’eau d’un trait. Prenez une seule gorgée, gardez-la en bouche quelques secondes avant de l’avaler. Mesurez cet émerveillement. Cet éblouissement, c’est Dieu.

- Profite, mon ami. Ce verbe est abject.

- Comment sait-on qu’on a la foi ? C’est comme l’amour, on le sait. On n’a pas besoin de réflexion pour le déterminer. Dans le gospel, il y a « And then I saw her face, yes I’m a believer » C’est exactement cela, qui montre combien la foi et l’amour se ressemblent.






lundi 19 août 2019

Roscius Catin, mon oncle, au combat de Chabrehez le 10 mai 1940




                                  Les prisonniers de guerre 40 - 45 de la commune de Gouvy


 voici une vue aérienne du village où nous avons reporté les points principaux des combats du 10 mai 1940 où la 3e Compagnie du 3ChA arrêta la 7e Panzerdivision allemande, laquelle ne reprit l'attaque que le lendemain matin.


Les Allemands, venant des Tailles, découvraient ainsi le village




  • en 1: Ferme Roufignon, où se trouvait le commandant de compagnie jusqu'aux premiers coups de feu
  • en 2: positions des trois lance-grenades DBT du peloton Catin
  • en 3: emplacement des deux mitrailleuses du SLt Gourmet
  • en 4: emplacement de l'actuel monument aux morts du 3ChA
  • en 5: au-delà du ruisseau, le fossé antichar. NB: il n'y avait pas, à l'époque des épicéas aussi grands partout!


« Vers 18 h 00, après avoir encore perdu un peu de temps à cause des destructions, les éléments de tête de la 7.Panzer-Division parviennent à Chabrehez. Le hameau est tenu par deux pelotons de la 3e Compagnie du 3e Régiment de Chasseurs ardennais. Les hommes qui composent cette unité sont en majorité des appelés de la classe 1937 et c’est pour eux le baptême du feu. Depuis leur mobilisation, ils n’ont à leur actif que deux exercices de tir à cent mètres. Ils ont pour eux l’avantage de tenir une position propice à la défensive. Le vallon dans lequel est serré leur dispositif est traversé par un petit ruisseau aux rives escarpées, le dénivelé est de l’ordre de vingt pour cent. Il n’est traversé que par un seul petit pont sur lequel passe une route étroite, tandis que les rives sont marécageuses. Un fossé anti-char a été creusé ; enfin, un abri bétonné complète l’ensemble. Ce petit bunker dispose d’un excellent champ de tir qui prend en enfilade toute la route qui descend la vallée. Le ponceau est défendu par un peloton de fusiliers commandé par le lieutenant Catin. Plus au sud, le peloton Cremer s’est installé le long d’un chemin de campagne, sur environ 300 mètres de longueur. Les deux môles prennent sous leurs feux la route que doivent emprunter les soldats de Rommel. Chaque position est forte d’une vingtaine d’hommes disposant de trois lance-grenades DBT et de trois fusils-mitrailleurs. Entre les deux, légèrement en retrait et plus haut sur le flanc de la vallée, les deux mitrailleuses de la section du lieutenant Gourmet les appuient. Ces deux armes automatiques jouissent d’une profondeur de champ d’un kilomètre et couvrent la seule voie d’accès direct au bourg. Le poste de commandement de la compagnie est à l’arrière ; les vélos des soldats y sont d’ailleurs rassemblés. Gourmet ouvre le feu sur la première compagnie du Kradschützen-Bataillon 7 qui se déploie et riposte immédiatement. Les balles sifflent dans la vallée et blessent à deux reprises le lieutenant Catin. Un Panzer I arpente la route sinueuse qui descend vers sa position. Les Belges paniquent et refluent. Bien que grièvement blessé à la cuisse, l’officier les menace de son arme de poing : « Un pas de plus et je tire ! » À ce moment-là, les Allemands allongent leurs tirs et les balles pleuvent plus loin sur le versant. Catin poursuit : « Rentrez dans vos trous de combat ! » Les Chasseurs s’y terrent. « Sortez vos têtes, prenez vos armes et tirez ! » Cet ordre, donné avec fermeté, suffit à ramener le calme parmi les défenseurs : ils tiendront.
Le lieutenant Lejeune, commandant de la compagnie, déplace son poste de commandement à 1400 mètres en arrière du village. De là, la forêt lui bouche la vue. Faute de jouir d’un bon point d’observation, il sera incapable de coordonner l’action de ses subordonnés. Le major Van Espen, chef du 1er Bataillon dont dépend la 3e Compagnie, est informé de ce qui se passe à Chabrehez. Sachant qu’aucune arme anti-char n’est présente dans le hameau, il décide d’y envoyer quatre automoteurs de 47 mm de type T13 et deux chars légers T15. Malheureusement, la route d’accès est coupée par des destructions et seul un T13 du 2e Régiment de Lanciers, en position à Manhay, a la possibilité de s’y rendre. Pendant ce temps, une tentative ennemie de prendre la position belge par le sud échoue devant le tir précis des lance-grenades de Cremer qui, au passage, endommagent un char. Les Allemands sont gênés dans leur déploiement par le tir de la section de mitrailleuses du lieutenant Gourmet. Les Belges, fidèles à la devise du corps des Chasseurs ardennais, « résistent et mordent ! » La résistance est si forte que le Major Steinkeller, « patron » de l’avant-garde de la 7. Panzer-Division, surestime l’effectif en face de lui et décide d’attendre le lendemain pour poursuivre son attaque afin de disposer de renforts. Rommel est sur place et, pour lui, il n’est guère question d’attendre plus longtemps. Selon lui, les Belges disposent tout au plus de l’effectif de deux compagnies. Tergiverser risque de permettre aux défenseurs de recevoir des renforts et de raidir leur position. Au contraire, il convient de forcer le passage dès à présent. Le Generalmajor fait accélérer l’arrivée du reste des motocyclistes, y compris la compagnie d’armes lourdes du bataillon. Son objectif du premier jour est d’atteindre l’Ourthe et il en est encore loin… »

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Chabrehez est un hameau situé dans la commune de Houffalize.
Cet article m’a été fourni par Daniel Wikin.
M. Wikin, dont on voit le portrait sur la photo en hommage aux prisonniers de guerre reprise ci-dessus, est le père de Dany Wilkin. Il était sergent dans les Chasseurs Ardennais. Il est resté prisonnier en Allemagne du côté de Dresde et a dû travailler cinq ans dans une cimenterie.
Je ne voudrais pas oublier mon cousin Pierre Kaesch qui ouvrira la librairie-imprimerie rue de la Gare à Gouvy
(...)


La position de Chabrehez finira par tomber. Le lieutenant Crémer, grièvement blessé, décédera quelques heures plus tard. Mon oncle, Roscius Catin, ainsi que ses hommes seront faits prisonniers. Mon oncle ne reviendra de captivité en Allemagne qu’en été 1945, ayant perdu une grande partie de sa jeunesse et ses deux parents, morts avant d’avoir revu leur fils aîné.


dimanche 18 août 2019

Georges Simenon : " Bergelon "




Le docteur Bergelon habite avec son épouse et leurs deux enfants à Bugle, une petite ville sur la Loire. Avec un de ses confrères, il doit s’occuper de l’accouchement de madame Cosson. Le hic, c’est les deux médecins ont bu, à vrai dire, ils sont encore un peu ivres au moment de l’intervention. Le drame : madame Cosson meurt ainsi que son bébé. Jean Cosson les tient pour responsables et promet de tuer Bergelon qu’il connait puisque tous deux habitent Bugle. Les deux hommes se rencontrent dans un bistrot, parviennent à se soûler. Les menaces de Cosson deviennent de plus en plus précises. Après quelques jours de vacances à la mer, Bergelon décide de fuir, sur un coup de tête il est vrai. Le voici à Anvers …
Un excellentissime « roman dur » de Simenon.
A remarquer quelques mots qui raviront les Liégeois. Ainsi la famille Bergelon habite la paroisse de St-Nicolas, au numéro 3 de la rue Pasteur et leur voisine s’appelle madame Pholien.
A pointer également les chapitres 8 et 9 qui se déroulent à Anvers dans les années 30.

C’est du costaud !

Extrait :

-  ( à propos de son épouse) Encore une fois, que lui avait-elle apporté ? Elle avait arrangé leur maison, mais elle l’avait arrangé à son propre goût. Et c’est à son goût aussi, il s’en rendait soudain compte, qu’elle avait arrangé leur vie.
     (…) Pour Marthe, ce n’était pas moi qui comptais. C’était d’être mariée, d’avoir un intérieur, des enfants, de recevoir sa mère chaque jeudi et d’aller chez elle avec son beau-frère et sa sœur chaque dimanche.

jeudi 15 août 2019

Cela s'est passé en août à Liège





                                          Le carrefour d'Avroy en 1908


- Vendredi 14 août 1868
Les rats de l’abattoir. Les rats et les souris forcés de déguerpir de la démolition du Palais. Des milliers de rats qui trouvaient journellement leur ration dans les déchets crient aujourd’hui famine et cherchent des compensations partout à la ronde. Les chats et les griffons du quartier sont sur les dents. On jette à la Meuse des quintaux de cadavres. On nous dit qu’un charcutier de notre ville, profondément attristé par ce gaspillage, vient de traiter avec les riverains pour se réserver la propriété exclusive de ce gibier. Grand Dieu ! Que va-t-il résulter de ce contrat … la sueur me perle.

-  Samedi 6 août 1870
Emotions en notre ville à propos de la guerre entre la Prusse et la France

- Dimanche 7 août 1870
Le soleil brille, il fait un temps superbe et déjà une foule de braves soldats français et prussiens ne verront plus le splendide spectacle de la nature. Quelle insulte à l’humanité !

- Mardi 23 août 1870
D’énormes convois d’Allemands venant de Paris continuent à passer par notre ville pour se diriger vers la Prusse. C’est un spectacle navrant que celui de tous ces malheureux, dont la plupart étaient en France depuis de nombreuses années, que le conflit oblige à abandonner ce pays.

- Dimanche 28 août 1870
Le Comité français de Liége nous prie d’annoncer que les objets de toute nature que des personnes charitables seraient disposées à offrir aux blessés de l’armée française seront reçus au vice-consulat de France, rue Louvrex 32.

- Jeudi 8 août 1870
Hier soir, encore un nouveau train de blessés à la station des Guillemins venait de Sedan. Ces malheureux ont reçu, comme la veille, des rafraîchissements et du secours de tout genre.

-  Vendredi 3 août 1872
Les établissements Cockerill à Seraing sont un des établissements industriels les plus considérables d’Europe

- Samedi 9 et dimanche 10 août 1913

L’anneau nasal. Nos grandes élégantes ont depuis longtemps mis à la mode le port du bracelet aux chevilles (…) Mais nous allons, paraît-il, faire un pas de plus (…)  on portera, l’hiver prochain, un anneau  dans le nez. Les hommes seront dispensés de suivre la mode. Mais les jeunes femmes s’y soumettront

-  Le Soir, mercredi 5 août 1914

* L’Allemagne déclare la guerre à la Belgique. Le sort en est jeté.
* Une panique à Liège. Liège a été lundi matin, le théâtre d’une panique irréfléchie, voici dans quelles circonstances, qui nous sont contées ici (…) Le bruit se répandit en un instant que les Allemands étaient à Liège. On vit alors les passants se sauver dans toutes les directions, se bousculant mutuellement, pour rentrer chez eux et fermer la porte à clef. Les rues furent vidées en quelques minutes. Le soir, par une heureuse réaction, ce fut une animation et un enthousiasme délirants. Les femmes demandaient des armes.
* Les épiceries et les grands magasins ont été envahis et chacun s’en retournait chez soi emportant des provisions.  Beaucoup de boulangeries sont fermées, la farine étant réquisitionnées pour les troupes. (…)
* Les hostilités. Les Allemands sont massé à la frontière – Les Belges font sauter les ponts de la Meuse en aval de Liège – Les Belges font sauter les ouvrage d’art sur les lignes de la province de Liège – On se bat devant Liège : les troupes allemandes se sont présentées devant les forts à l’est de Liège. Un combat à lieu en ce moment. (…)




-  Lundi 5 août 1940
Une partie de la caravane de réfugiés est rentrée à Liège



- «  Gazette de Liège », vendredi 3 août 1945

Les 79 prêtres du diocèse de Liège emprisonnés pour motifs patriotiques



-  Vendredi 1 er août 1952
Le pont Maghin sera terminé en septembre



-  Samedi 28 août 1965
Ces cinquante enfants (quarante Italiens et dix Belges) qui ont effectué un voyage en Italie grâce à l’association italo-belge «  Léonardo Da Vinci » sont rentrés après un voyage de quinze jours dans le pays. Les voici à leur arrivée à la gare des Guillemins.



- Samedi 16 août 1969
          Tour Kennedy
Votre appartement en plein cœur de la ville en bordure de Meuse face au pont Kennedy



- Lundi 18 août 1969
15 août en Outremeuse. Un cheval qui avait soif

-  La Meuse, samedi 23 et dimanche 24 août 1975
La centrale nucléaire de Tihange exploitée par la société belgo-française SEMO (société d’énergie nucléaire mosane) produit de l’électricité depuis ce vendredi

- Samedi 25 et dimanche 26 août 1979
Liège a peur la nuit. Ce que le bourgmestre Edouard Close veut entreprendre pour vider Liège de ses «  cogneurs » (…) (assez long article)



-  Samedi 22 août 1981
Un fulgurant incendie prend dans le jubé de Saint-Servais, l’église a peine restaurée de la plus vielle paroisse de Liège (933)


- Vendredi 14 août 1992
Yannick Delairesse-Elsdorf vient de fonder « Noir dessin éditions »



-  Mercredi 21 août 1996
Des funérailles nationales pour Julie et Mélissa. Elles auront lieu à la basilique Saint-Martin à Liège, jeudi à 11 heures. Elles seront retransmises sur RTL et la RTBF. On attend près de 100.000 personnes. En signe de deuil, toutes les cloches du royaume sonneront jeudi à 11 heures durant cinq minutes


Merci au journal " La Meuse "  !
Merci aux bibliothèques Albertine, Ulysse Capitaine et celle de l'Université de Liège  !