" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

jeudi 25 juillet 2019

Sylvain Tesson : " Une vie à coucher dehors "




Quinze nouvelles signées par ce bourlingueur qu’est Sylvain Tesson.
Il nous emmène un peu partout dans le monde : Géorgie, Afghanistan, Sibérie, Grèce, Bretagne, Mer Egée, …
Pointons tout particulièrement :
- " Les Porcs" : un plongée vertigineuse dans un élevage intensif de porcs. Terrifiant !
«  L’Ours » : le long périple d’un homme solitaire en Sibérie qui sera confronté à un ours dont la patte s’était prise dans un piège. Notre tueur va recevoir une sacrée raclée.
« Le rêve de Jenny » : une jeune fille tombe à l’eau dans la mer Egée …
« Naufrage » : En 300 avant J.C., une horde de barbares fonce vers la Mer Egée …
« La chance » : une femme sauvée de la noyade par une tortue ; un équipage sauvé d’un tremblement de terre par des dauphins.
« Particule » : la vie très tumultueuse d’une particule.
« Le Phare » : la nuit de Noël d’un gardien de phare russe et un autre breton.

Tout cela est délicieux à souhait !

Extraits :

* Edolfius devenait mauvais. La Géorgie était une veille catin affalée au piémont du Caucase. Elle s’était livrée à tous. Les Turcs, les Russes, même les Grecs étaient venus ici, s’infiltrant par d’étroits défilés.

*  - Les musulmans, dit Anglade, ne connaissent que la loi du Ciel. Dieu décide, l’Homme exécute. Mais l’Islam ne pourra s’opposer à la marche du temps. Le Progrès le laminera.
    - Vous plaisantez, dit Farnèse. Il y a les femmes ! La charia ne reculera jamais à cause d’elles ! Les musulmans disposent d’un formidable système de prestation, mieux rodé que n’importe quelle entreprise capitalistique. Une moitié du genre humain a mis l’autre à son service. Les hommes ont institué une sorte d’esclavage, le service du sexe en plus. Ils ne lâcheront jamais le privilège de disposer d’un prolétariat corvéable à merci.

* Ils étaient venus à bout du premier litre. La vodka ne fait jamais de mal lorsqu’on la boit à deux. Le principe du toast a été inventé par les Russes pour se passer de la psychanalyse. Au premier verre, on se met en train ; au second, on parle sincèrement ; au troisième, on vide son sac et, ensuite, on montre l’envers de son âme, on ouvre la bonde de son cœur et tout – rancœurs enfouies, secrets fossilisés et grandeurs contenues – finit par se dissoudre ou se révéler  dans le bain éthylique.

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