" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 29 janvier 2019

Exclusif ! Audition de houilleurs liégeois en 1886



                                      Mineurs de Sainte-Marguerite vers 1890








                                                                Terril de l'Aumônier


                                                                    Avant-propos


En Belgique, l’année 1886 fut particulièrement chaude, socialement parlant en tout cas. Dans le courant du mois de mars 1886, le pays fut traversée par une vague d'émeutes ayant lieu tout d'abord en région de Liège, ensuite en région de Charleroi.
Les insurrections débutèrent le 18 mars, à Liège, sur la place Saint-Lambert où un groupe anarchiste organisa un rassemblement de masse (2 000 à 3 000 personnes) en vue de célébrer le quinzième anniversaire de la Commune de Paris ( révolution ouvrière contre le gouvernement). Ce même jour, des affrontements eurent lieu entre les forces de l'ordre et les émeutiers. Notre quartier fut d’ailleurs envahi par des « anars » venus de Hesbaye, de St-Nicolas. Dans la lignée, des grèves éclatèrent un peu partout dans le bassin liégeois. Les houillères, dont les charbonnages Bonne-Fin et de l’Aumônier au quartier Sainte-Marguerite, furent fortement impactées.
A Liège, une Commission du travail fut créée. Elle était chargée d'une double tâche : celle de s'informer sur la situation du travail des ouvriers et celle de trouver des solutions en vue de l'améliorer. Si elle était constituée de membres de toutes tendances confondues, il est cependant important de noter qu’on y retrouvait beaucoup de conservateurs, d’industriels, de fonctionnaires, des ingénieurs (dont Georges Montefiore pour citer quelqu’un d’encore connu aujourd’hui), des ecclésiastiques mais, par exemple, aucun médecin. Comme si ce beau monde se décidait enfin à se pencher sur le sort de la «  classe laborieuse ».
Via cet article, nous nous intéresserons plus spécialement aux houilleurs. Mais la Commission auditionna également, en 1886 et en 1887, les ouvriers-armuriers (« Il y a 40.000 ouvriers à Liège et dans les environs qui vivent du travail des armes »), des ouvriers-métallos, etc.


                                                                                                  


La Commission chargée de procéder à l’enquête sur la situation du travail dans la Province de Liége s’est réunie à l’Hôtel-de-Ville, salle du Conseil, sous la présidence de M. Sainctelette.
( …)
 Plusieurs dizaines de personnes, ayant une fonction bien précise, assistent à l’audition.

Premier témoin : Lambert Fontaine, ouvrier mineur à Herstal. Quand il est entré dans la mine, c’est son père qui lui a appris le métier. Les surveillants font leurs observations avec brutalité. Ses camarades n’ont pas plus d’instruction que lui. Le témoin a été dix-neuf ans ouvrier-mineur.
Aujourd’hui, le mineur travaille presque nu tant il fait chaud dans la mine. Il n’a que son pantalon. Dans la plupart des charbonnages, il y a de mauvais aérages. J’ai été, dit-il, surveillant à l’Aumônier ; les aérages étaient mauvais.
M. Timmermans ( ingénieur) : Vous auriez dû vous plaindre à l’administration des mines.
Le témoin : Quand je me suis plaint, j’ai été congédié.
La journée commence à cinq heures et demie ou six heures, suivant les houillères. La remonte a lieu vers 4 heures. La journée de l’ouvrier est de onze heures. Ils ont un court intervalle pour manger leurs tartines ; mais ils n’en ont qu’un seul.
Le Président : Combien de charbon un bon ouvrier peut-il détacher par jour ?
Le témoin : Il déplaçait en moyenne avec ses deux compagnons douze tonnes de charbon. La moyenne est de donc de quatre tonnes par jour et par ouvrier.
L’ouvrier travaille habituellement dans le fond aussi longtemps qu’il le peut. Puis il travaille en surface. L’ouvrier qui gagne aujourd’hui quatre francs se considère comme riche. (ndlr : en guise de référence, un exemplaire du journal «La Meuse » coûte 15 centimes). Les salaires varient de 2fr50 à 4 francs suivant les catégories d’ouvriers.
(…)                                (…)
Le Président : Comment vous paie-t-on ?
Le témoin : Tous les quinze jours.
Le Président : Les ouvriers vont-ils beaucoup au café ?
Le témoin : Oui et non.
Le Président : Boit-on plus qu’il y a dix ans ?
Le témoin : Oui. Nous demandons que l’on diminue le nombre de cafés, qu’on les surveille.
Le Président : Y-a-t-il beaucoup d’absent le lundi ?
Le témoin : Ça dépend. On pourrait commencer plus tard le lundi, par exemple à 7 heures et beaucoup d’ouvriers alors ne chômeraient pas. Les heures perdues, ils les rattraperaient le mardi et le mercredi.
Le Président : Y-a-t-il des maisons où l’on prend des logeurs ?
Le témoin : Oui. Moi j’occupe une chambre ; c’est propre. L’ouvrier à la pierre fait quatre repas, à neuf heures et à midi, il soupe avant d’aller dormir.
M. d’Andrimont (bourgmestre de Liége) : N’allez-vous jamais dîner le dimanche aux Sociétés d’alimentation économique ? On y dîne fort bien moyennant 45 centimes.
Le témoin : Quel est le ménage d’ouvrier qui pourrait dépenser 45 centimes par tête pour dîner ? (Rires)
M. d’Andrimont : Je parle pour vous et les célibataires.
Le témoin : Je prends mon dîner où j’habite. Je suis allé à la Société économique mais j’avais faim une heure après avoir dîner. (Rires)
M d’Andrimont : Ce que vous dites m’étonne. J’ai dîné là aussi. Venez un jour avec moi, vous verrez qu’on y dîne bien.
Le témoin : Oh ! c’est qu’on vous connait bien. (Hilarité)
M. Hanssens : Comment êtes-vous logé ? Les chambres sont-elles saines ?
Le témoin : Non. La même chambre est occupée par plusieurs personnes. Je connais des chambres à Liége où il y a 22 lits.
Le Président : Grande ?
Le témoin : C’est un grenier. Les logeurs paient 5 fr par quinzaine ; ils ont un café et on leur lave leurs effets.
Le Président : La femme est-elle un peu cuisinière ?
Le témoin : Ça dépend.
Le Président : On n’apprend pas la cuisine dans les écoles ?
Le témoin : Non.
Le Président : On n’apprend pas à bander une plaie ?
Le témoin : Non. Il y avait dans le temps une école de garde-malades à Liége, mais elle n’existe plus. Les blessés sont ramenés à la surface où il y a des boites de secours. Dans le fond, on transporte les blessés sur une berline, comme un morceau de charbon. Il y a un brancard à La Haye mais il ne sert qu’à transporter les morts.
(…)

Le Président : Il y a encore des femmes au fond ?
Le témoin : Oui, mais à La Haye. Les femmes-manœuvres ont 1 fr50, les enfants 50 centimes à 1 franc par jour.
Le président : Pourriez-vous empêcher la femme qui est veuve, qui a des enfants de descendre ?
Le témoin : Oui. Qu’on l’emploie à la surface. D’ailleurs, il est plus utile qu’elle soigne ses enfants. Au lieu d’accorder des subsides pour les fêtes, qu’on forme une Caisse de secours pour ces malheureuses femmes. A Saint-Gilles, nous avons formé un magasin de denrées alimentaires. Les blessés, les malades sont secourus par notre caisse. Nous demandons 8 heures de travail, les marchés par contrat, une journée suffisamment rémunérée.
M d’Andrimont : Qu’entendez-vous par 8 heures de travail ?
Le témoin : 8 heures à partir de la descente. Descendre à 6 heures et remonter à 2 heures. Le traîneur fait la même dépense de force que nous ; la différence c’est qu’il n’est pas ouvrier, il y en a qui restent manœuvre très longtemps. Les gamins portent des lampes jusque vers 16 ans ; à 16 ans, ils deviennent traîneurs et le restent jusque 27 ans en moyenne, parfois jusque 32 ans. Nous demandons l’instruction gratuite et obligatoire jusque 14 ans ; la suppression du travail des femmes dans le fond des mines ; que le nombre de cafés soit fixé proportionnellement à la population, qu’il y ait une surveillance des cafés et des logements ; qu’on ne puisse avoir qu’un certain nombre de locataires par maison. Nous demandons l’instruction obligatoire parce que les ouvriers intelligents sont plus propres, plus soigneux, boivent moins, sont plus sages. (Applaudissements). Nous demandons le suffrage universel.
Le Président : Messieurs, nous suspendrons la séance. Il est midi et demi, elle sera reprise à 1 heure ½.
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La séance a repris. Le témoin est Ferdinand Borni, 34 ans. Il est ouvrier à la veine. Il n’avait aucune notion du métier en entrant dans la mine.
Le Président : Avez-vous des outils ?
Le témoin : A la houillère mais quand ils sont usés, on doit les payer.
Le Président : C’est donc le dernier qui paie ; ce n’est pas juste.
(…)
Le Président : Un puits, combien emploie-t-il d’ouvriers ?
Le témoin : 6 à 700
Le Président : Y-a-t-il beaucoup d’accidents ?
Le témoin : Il s’en produit. Les accidents arrivent parfois parce qu’on est forcé d’aller vite.
Le Président : Quand un ouvrier est blessé, va-t-on le voir chez lui ?
Le témoin : Jamais. On ne va même pas à l’enterrement d’un ouvrier tué.
Le Président : Connaissez-vous la Caisse de prévoyance ?
Le témoin : Depuis que je suis à la mine, je ne connais rien de la Caisse de secours mutuels. Nous ne savons pas ce qu’elle contient et on nous retient pourtant 2 p.c.
Le Président : Elle est gérée par les ouvriers eux-mêmes pourtant.
Le témoin : Non, par l’établissement.
Le Président : A qui demandez-vous des secours ?
Le témoin : A la houillère. On a 1 fr pour les malades, 1 frs50 pour les blessés, par jour. Nous avons les soins du médecin gratuits et les médicaments.
Le Président : Donne-t-on quelque chose aux vieux ouvriers ? Jusqu’à quel âge travaillent-ils ?
Le témoin : Le plus qu’ils peuvent jusque 62 ans.
Le Président : Les occupe-t-on à la surface ensuite ?
Le témoin : Parfois. Nous demandons que la pension soit accordée à 50 ans et que la Caisse soit gérée par les ouvriers.
Le Président : La vie moyenne de l’ouvrier mineur est plus longue maintenant que dans le temps.
Le témoin : C’est une erreur de penser cela.
(…)

Le Président : Généralement, la femme de l’ouvrier sait-elle faire un peu de cuisine ?
Le témoin : Non, elles n’apprennent plus cela. A douze ou treize ans, on les envoie travailler.
Le Président : Existe-t-il des lavoirs ou des bains publics ?
Le témoin : Non, il n’existe pas même d’eau alimentaire à Saint-Gilles.
Le Président : Les femmes prennent-elles du genièvre dans le régime habituel ?
Le témoin : Non.
Le Président : Et les ouvriers ?
Le témoin : Un verre ou deux.
Le Président : Mangent-ils de la viande ?
Le témoin : Très rarement. Nous en mangeons parfois le dimanche, du lard et des pommes de terre avec un peu de soupe.
Le Président : Vous buvez de la bière ?
Le témoin : Moi oui, parce que je suis cabaretier. (Rires)
Le Président : Achetez-vous au comptant ?
Le témoin : Moi oui, mais les autres sont obligés de prendre à crédit ; on ne paie qu’à la quinzaine ce qui est trop long.
(…)                                  ( …)
Le Président : Combien doit dépenser l’ouvrier pour se mettre en ménage ?
Le témoin : 400 francs en moyenne.
Le Président : Combien gagnez-vous ?
Le témoin : En général, 3fr50. Il en est qui gagnaient 4 fr à La Haye mais on ne leur donnait pas 4 fr.

(…)
Le Président : Y-a-t-il des ouvriers de houillère sans travail ?
Le témoin : Je n’en connais pas. A La Haye, l’ouvrier travaille six jours par semaine.
Le témoin termine en réclamant le suffrage universel.

Note : Mr. d'Andrimont dont il est question était le bourgmestre de Liège et Mr. Hanssens son échevin.

Extraits d’un très long article publié le vendredi 27 août 1886 dans le journal « La Meuse » pages 1 et 2.


Merci à la bibliothèque Ulysse Capitaine, en Féronstrée, à Liège !



lundi 28 janvier 2019

Georges Simenon : " La femme endormie "






Cette «  Dictée » porte bien son nom puisque Georges Simenon nous parle, durant plus de 150 pages, essentiellement des femmes qu’il a connues ; il dirait plutôt de La Femme, pour laquelle il n’a qu’éloges. Cela commence par sa mère, les petites copines qui vont très tôt le déniaiser ; de Tigy, sa première épouse, de Denyse, la seconde et enfin de Teresa son amie des dernières années. Et puis toutes les autres : les vierges, les stripteaseuses, des multiples, celles rencontrées au gré du temps et du hasard …
Toutes les «  Dictées «  sont de véritables bijoux et celle-ci est une perle.
Perso, c’est décidé : je vais relire les 21 Dictées avec un grand bonheur ; j’ai même une idée derrière la tête. Nous y reviendrons, comme dirait un mien ami liégeois …

Extraits :

- Terasa a vingt-trois ans de moins que moi.

-  Pourquoi suivre avec une sorte d’acharnement des modes conçues par des hommes qui, ainsi, les façonnent à leur gré. On me rétorquera que la plupart des couturiers, comme la plupart des coiffeurs ou des « visagistes », sont des homosexuels. Est-ce pour se venger de la femme qu’ils créent deux fois par an des collections  plus aberrantes les unes que les autres.

-  On dirait que le désir secret de la plupart des philosophes serait que, après eux, le monde cesse de penser.

- Le plupart des écologistes, qui défendent la pureté de la nature et celle de l’air, sont presque tous motorisés et qu’ils parcourent les routes à bord de leur auto qui change l’odeur des villes et des campagnes, ou de leur moto qui, au passage, couvre tous les autres bruits.

- Lui aussi employa sans aucune gêne le mot prostitué – mais prostitué pour dames uniquement - en parlant de lui-même. Il me proposait de me raconter ses souvenirs dont il me resterait à tirer un livre. Et ce livre a paru sous la signature de Georges Sim, si je ne me trompe avec en couverture le portrait du prostitué vue de dos. (…) Le livre est paru dans une toute petite maison d’édition assez spécialisée et je n’en ai gardé qu’un seul exemplaire qui est aujourd’hui à l’université de Liège.

dimanche 27 janvier 2019

Chaque minute, 604 animaux sont abattus en Belgique




Produire un kilo de viande de bœuf industriel belge a une empreinte carbone de 22 kg. On a abattu en novembre 2018 pas moins de 77.670 bovins représentant plus de 24.000 tonnes de viande. 313 millions d’animaux ont été abattus en Belgique en 2017 (contre 286 millions il y a dix ans). Soit 869.000 animaux  tués par jour. Le poulet représente la majeure partie des abattages en nombre d’animaux : 26 millions par mois. Le porc occupe la deuxième place avec 912.000 têtes. Suivent les moutons (12.000) ,les canards, les chèvres, les chevaux

(Les animaux abattus, le climat, .. et si on avait tout faux ?)

vendredi 25 janvier 2019

René Henoumont : " Les épines noires "



Une (très courte) saga familiale qui couvre pas moins de trois générations. La vie quotidienne dans un petit village de l’Ardenne liégeoise avec quelques escapades à Lîdge, cela va de soi avec monsieur Henoumont. Des blessures de cœur (presque) irréparables. Des heurts entre Flamands et Wallons, une ou deux rixes dans un bistrot, les ravages laissés par les deux guerres mondiales, des amours, des amitiés, bref un roman qui sent bon le terroir.
 A recommander, l’hiver, chez soi, bien au chaud.

Extrait :

Voilà, dit-elle, j’ai bien réfléchi, lorsqu’elle sera guérie, je la conduirai chez ma sœur à Wibrin, c’est le bout du monde. L’enfant y viendra au monde et il y restera.

Hiromi Kawakami : " Soudain, j'ai entendu la voix de l'eau "




                                                        Hiromi Kawakami

La jeune Miyako et son frère cadet Ryô grandissent dans les années ’60 dans une maison à Tokyô. Enfants, ils sont souvent ensemble. Ados, un peu moins souvent. A l’âge adulte, ils ne se voient plus guère, accaparés par leur métier. Leur mère, au caractère bien trempé, décède assez jeune. Le père, lui, vit plutôt de son côté et ce n’est qu’à la fin de sa vie qu’il se rapprochera de ses enfants. Tout le roman tourne autour de la maison et de la mère. Il ne se passe pas grand-chose de fulgurant mais le lecteur est entraîné par le récit, comme hypnotisé… Il ne se passe pas grand-chose, là je vais peut-être un peu vite en besogne. A vous de découvrir de quoi il s’agit …

lundi 21 janvier 2019

10 ème anniversaire de " Ma nouvelle vie à Lîdge "




Le 22 janvier 2009, je résolus de mettre en application une idée qui me trottait dans la tête depuis déjà un bout de temps : créer un blog afin d’évoquer « ma nouvelle vie à Lîdge ». Au début, c’était surtout dans le but de classer, de sauvegarder quelques petites choses plus ou moins importantes à mes yeuses. Puis vint l’envie de causer, en deux mots, de livres que j’aime. Puis dès 2012, d’écrire des chroniques sur d’anciennes actualités de la ville de Liège, de mon village natal Gouvy, vu que je me considère un peu comme un rat de bibliothèque qui va fouiner dans les journaux de plusieurs bibliothèques : Chiroux, Université de Liège, Albertine à Bruxelles et récemment, La Vie Wallonne et Ulysse Capitaine. Et puis tant d’autres choses, un peu de tout comme on dit chez nous … Enfin, bref : un excellent passe-temps pour un vieux retraité et de surcroît célibataire. Que du bonheur !
Quelques chiffres. En dix ans, j’ai publié pas moins de 1.995 articles (ce qui est assez affolant, vous en conviendrez surtout qu’il ne s’agit pas que de perles littéraires, c’est le moins qu’on puisse dire …). Dans le top, on retrouve « Les expressions liégeoises », un article qui compte à lui tout seul plus de 50.000 visites : « La frite à Liège », plus de 10.000 . A l’autre bout, quelques articles qui ont comptabilisé des chiffres inattendus de lecture : « Les horloges di Lîdge », une chanson de François Duysinx avec 3.300  et plus récemment en décembre : « Pour nos animaux : pas de pétards » avec plus de 2.000 .

 Petit à petit, le nombre de lecteurs s’est amplifié, il tourne aujourd’hui aux environs de 9.000 par mois. Mais restons modeste, une visite, ce peut être juste le temps d’un clip, soit 1 seconde et demi, le temps de voir une image par exemple…

Un grand merci à tous mes fidèles lecteurs et lectrices dont mes 70 abonnés et même à vous qui, parfois, prenez le temps de lire mes élucubrations !!!


jeudi 17 janvier 2019

Georges Simenon : " Quand vient le froid "





Rappelons que les « Dictées » sont en quelque sorte le journal intime de Georges Simenon. Elles furent écrites dans les dernières années de sa vie. « Quand vient le froid » va du 13 septembre au 25 octobre 1978. Simenon évoque encore et toujours son enfance à Liège ; le suicide de sa fille Marie-Jo qui eut lieu le 19 mai 1978 ; toujours à Liège : ses fiancées, le cirque qu’il adore, des chansonnettes plus ou moins tristes qui lui trottent encore dans la tête ; son rapport avec les animaux, de l’exploitation de l’homme par l’homme ; de sa petite maison en Suisse et de Teresa son amie de tous les jours ; des souvenirs de son oncle Léopold anarchiste et ivrogne ; et un étonnant article sur le caca, le pipi et autres polissonneries.

Je ne le dirai jamais assez : des bijoux, des pépites, de la philo.


Extraits :

- J’ai toujours eu le trac en commençant un livre. Je l’avais déjà il y a soixante ans lorsque j’écrivais de temps en temps de petits poèmes sans valeur. A vingt ans, quand, à Paris, je me suis mis à écrire des romans populaires, que je tapais à la machine en sifflotant, je consacrais la plupart de mes soirées à « écrire pour moi », ce qui veux dire que je m’essayais, dans les contes qui ont tous disparu, à écrire sans me soucier de droits d’auteur ou d’originalité. Or, au cours de presque toutes ces séances du soir, un moment venait où j’étais obligé d’aller vomir, tant mon estomac était crispé.

- Le hasard voulut que je fasse mes premières expériences sexuelles de douze ans et demi. Avec une fort belle fille, d’ailleurs, qui habitait les beaux quartiers et étudiait dans l’école la plus snob dirigée par des Bonnes Sœurs. Elle avait seize ans.

-  C’était le rêve de Tygy, ma première femme. Elle ne considérait pas le mariage comme une cohabitation, qu’elle n’était pas loin de mépriser. Lorsque nous étions encore fiancés, elle me disait : A Paris, j’aurais mon atelier et ma chambre dans le quartier de Montparnasse ; tu auras ton appartement dans un autre quartier. Quand nous aurons envie de nous voir, il nous suffira de nous téléphoner.

-  Nous avons inventé la gastronomie qui est l’art d’accommoder, pour notre plus grand plaisir, la vie des autres.

- « L’hiver tueur de pauvres gens ». Je crois que ce vers est de Victor Hugo, mais je n’en donnerais pas ma main à couper car il doit avoir dans les cinquante ans que je n’ai pas lu de Hugo. (ndlr : c’est de Jean Richepin).

dimanche 13 janvier 2019

Janvier 2019 en vrac








                                                        On a marché sur la Lune ?



                                                      Les aventures de Tintin

                                             Milou a disparu






                           Tintin garde toujours le moral



                  Au fond il a l'air satisfait (comme toujours)




                                    Tzar de toutes les Russies



                                Shaun Tan : les oiseaux










                      Toute la p'tite famille lit " Play Boy "




              Nabilla Benattia n'a froid ni aux yeux, ni ailleurs


                         Juss' ce qui me convient ...

Philippe Anciaux - Amon nos autes & Marie Clap'sabot

samedi 12 janvier 2019

Jean d'Ormesson : " Saveur du temps "




Un recueil d’une centaine de chroniques écrites pour la presse entre 1948 et le début du XX ième. J’avoue humblement que beaucoup d’entre elles me sont passées au-dessus de la tête que ce soit à cause des sujets abordés (aristocratie, noblesse, voyages,…) ou du côté un peu trop intello (Chateaubriand et ses Mémoires d’Outretombe, écrivains qui me sont inconnus et/ou inaccessibles , …).
 Le plaisir de cette lecture de Jean d’O. fut donc, pour une fois, un peu plus mitigée.


Extraits :

-  Il me proposa pour 30000 lires un vase grec manifestement faux. Je lui en offris 500 lires qu’il accepta avec empressement.

- Le temps a deux grandes propriétés qui se confondent et s’opposent : il dure et il passe.

-  Dès 1917, dans «  une difficulté de la psychanalyse, Freud se vante «  d’avoir infligé à l’amour-propre humain sa troisième grande humiliation depuis Copernic et Darwin ».

- Je cherche depuis longtemps déjà le texte exact d’une citation. Je serais bien reconnaissant à qui pourrait me la rappeler. Mais je ne me souviens même plus si elle est de Julien Green ou de Graham Green. Elle dit à peu près qu’il n’y a pas de littérature sans scandale et que la vocation de l’art est d’être essentiellement scandaleux.

vendredi 11 janvier 2019

Michel Houellebecq : " Sérotonine "





Florent-Claude a la quarantaine bien sonnée. Il est fonctionnaire agricole. Il déprime grave. Son médecin lui a prescrit un antidépresseur puissant ; le hic c’est que le produit enlève toute libido et fait grossir énormément. Notre homme dresse le bilan de sa vie et particulièrement de sa partie sentimentale : ce n’est pas brillantissime.
 Pendant des pages et des pages, M. Houellebecq et Florent nous racontent donc Yuzu, la Japonaise, Claire, Kate, Camille  (mais on s’en fout un peu de ces nanas pour tout dire, quel intérêt ?). Pendant des pages et des pages, Florent nous parle de sa bite, mais quel intérêt, vraiment ? … Si seulement il était homo ou bi-sexuel, y aurait au moins un peu de piment…. Pftt !
Vient ensuite la rencontre avec un ancien condisciple. Un agriculteur qui ne s’en sort pas financièrement et moralement ; tout cela se terminera mal.

Bref ! Pour ma part, ce n’est certainement pas le meilleur de Michel Houellebecq. En considérant le flot d’éloges publiés dans tous les médias, je me demande si je n’ai pas raté quelque chose ; mais quoi ? La tragédie de la mondialisation ? L’Occident qui s’effondre tout doucement ? La perte de repères ? Ouaip, mais tout ça on le sait déjà depuis un bon bout de temps. What else, Booger ?

Houellebecq reste toutefois un de mes auteurs préférés.


Extraits :

- Les hommes en général ne savent pas vivre, ils n’ont aucune familiarité avec la vie, ils ne se sentent jamais tout à fait à leur aise, aussi poursuivent-ils différents projets, plus ou moins ambitieux, plus ou moins grandioses, c’est selon, en général bien entendu ils échouent et parviennent à la conclusion qu’ils auraient mieux fait, tout simplement , de vivre, mais en général il est trop tard.

-  J’étais traversé par de douloureux moments d’autoapitoiement.

-  Je compris que c’était à cela maintenant, qu’allait se résumer ma vie : m’excuser du dérangement.

-  Dieu s’occupe de nous en réalité, il pense à nous à chaque instant, et il nous donne des directives parfois très précises. (…)  Et je comprends, aujourd’hui, le point de vue du Christ, son agacement répété devant l’endurcissement des cœurs : ils ont tous les signes, et ils n’en tiennent pas compte. Est-ce qu’il faut vraiment, en supplément, que je donne ma vie pour ces minables ? Est-ce qu’il faut vraiment être, à ce point, explicite ? Il semblerait que oui.

mardi 8 janvier 2019

Liège en 1884


                                           Le Théâtre du gymnase





- « La Meuse », jeudi 17 janvier 1884
La laiterie liégeoise rue des Carmes



- « La Meuse », mardi 22 janvier 1884
En la salle de l’Emulation, grande matinée musicale

- « La Meuse », samedi 2 février 1884
La rue Pierreuse vient d’être interdite à tous les militaires suite à des scènes de violence qui y ont encore éclatées. Par exemple : des lanciers ont à peu près démoli un café de cette rue.







- Samedi 5 avril 1884
Grands Magasins du Louvre à Liége



- Mardi 29 avril 1884
Le café Pompéien a deux entrées, une boulevard de la Sauvenière et l’autre au Mont-St-Martin. Il brille par son originalité ( voir en article)



- Jeudi 1 er mai 1884
Ouverture du café « A Pompeia »



- Jeudi 1 er mai 1884
Réclames du magasin «  Au Camélia »

- Jeudi 17 janvier 1884
La laiterie liégeoise, établie aux Halles centrales, rue des carmes, a été ouverte avant-hier au public. (…) Le lait pur, garanti tel que la vache le donne, coûte 25 centimes le litre



- Jeudi 15 mai 1884
Grand Café restaurant Pompéïa, boulevard de la Sauvenière, arrêt du tram rue des Bégards et 39, Mont-St-Martin





- Lundi 26 mai 1884
Courses hippiques à Liège. La Plaine des Manœuvre était couvert de monde et d’équipages avec des centaines de toilettes et d’ombrelles. (…) Sur la pelouse plus de ceux cents voitures étaient réunies

Un historique des courses en articles




- Vendredi 11 juillet 1884
La fête de St-Servais ne serait pas complète sous le Mathy l’Ohai en Pierreuse




- Vendredi 28 novembre 1884
En novembre et décembre au Théâtre royal de Liége




- Lundi 22 décembre 1884
Si ça continue comme, la ville de Liége pourra bientôt s’appeler la ville des cafés : il y en a partout.
Tout sur le Grand Café Européen en article


Et particulièrement au quartier Sainte-Marguerite :


- « La Meuse », mercredi 6 février 1884
Eboulement. Il s’est produit avant-hier, rue de Hesbaye, à quelques mètres de la route, un trou fort profond mesurant de 25 à 30 mètres carrés. Heureusement, personne ne se trouvait à cet endroit au moment du fait.



- « La Meuse », samedi 23 février 1884
Le magnifique établissement de Fontainebleau change de propriétaire ( voir en article)



- « La Meuse », samedi 5 avril 1884
Prix des charbons par mille kilogrammes pris à la houillère Ste-Marguerite, Aumônier ou Baneux

- «  La Meuse », mardi 22 avril 1884
Foire aux chevaux. Une grande animation régnait sur le champ de foire rue de Hesbaye. Aussi a-t-il été fait un très grand nombre de transactions.




-  Samedi 12 juillet 1884
La fête de Sainte-Marguerite sera marquée cette année par la réouverture de l’établissement de Fontainebleau et le Casino Molière




-  Vendredi 29 août 1884
Création d’un escalier rue En-Bois vers la gare du Haut-Pré




- Vendredi 24 octobre 1884
Agrandissement des écoles de Sainte-Marguerite


Merci au journal « La Meuse » !
Merci à la bibliothèque Ulysse Capitaine, en Féronstrée à Liège !