" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mercredi 28 novembre 2018

Le destin tragique des trois filles d'André-Modeste Grétry



                                                     Antoinette Grétry




                                                      La maison natale d'André-Modeste Grétry



Comme le dit si bien Robert Ruwet dans son dernier ouvrage en date, «  Liège pas à pas » (puuuuuuuuuuub !) : « Grétry fut, sans aucune discussion possible le plus grands de tous les musiciens liégeois, et cela toutes catégories et toutes époques confondues ! On peut même dire qu’il est, de par le monde, le deuxième Liégeois le plus connu, le premier étant Georges Simenon. »

André-Modeste Grétry est né le 11 février 1741, rue des Récollets. Il est connu surtout pour ses opéras. Ecoutons à nouveau ce qu’en dit monsieur Ruwet : « A Paris, Grétry était une véritable vedette, on dirait maintenant une star.(…) Toute sa vie, il resta fidèle à ses « deux amours » : la ville de Liège et sa famille. »

En 1771, notre musicien épouse Jeanne-Marie Grandon qui est peintre. Ils auront trois filles : Jenny, Lucile et Antoinette. Comble de bonheur, elles sont toutes les trois très belles et intelligentes.
 Jenny est une brunette souriante et coquette à souhait. C’est aussi la plus musicienne des trois ; elle composera même quelques pièces avec son père. Lucile est blonde, une blondinette pour être plus précis, charmante et charmeuse. Elle étudie le latin qu’elle parle couramment dès l’âge de sept ans et il lui arrive, lors de réunion de famille, de réciter avec brio quelques comptines en wallon sous le regard attendri de son père. Antoinette est une rousse flamboyante aux cheveux bouclées, le visage parsemé de délicates taches de rousseur ; pour tout dire, elle en fait craquer plus d’un … Comme sa mère, ses goûts vont vers le dessin et la peinture.

Constatant la différence physique si frappante des trois adolescentes, quelques mauvaises langues s’en étonnèrent, parfois en public, mettant ainsi en doute la véritable paternité de Grétry concernant ses trois filles. Mais notre musicien n’en tint jamais compte bien qu’il se brouilla avec deux camarades qui ne franchirent jamais plus le pas de la maison familiale. Il gagna même au change car Voltaire et lui devinrent des amis inséparables.

Une rencontre fortuite allait à jamais bouleverser la vie si heureuse de notre musicien. Ecoutons-le raconter ces moments effroyables :
«  Au sortie de la comédie italienne, je me rendis dans la maison pour les emmener. J’entre dans la salle de bal. Mes trois filles dansaient, charmaient tous les yeux, et je voyais leur mère enivrée du petit triomphe qu’elles obtenaient. Je m’approche de la cheminée ; un homme, à la figure sévère y était avant moi, et ne perdait pas mes enfants de vue. Le plaisir que les grâces naïves et décentes de mes filles inspiraient à toute la société n’était nullement partagé par lui ; rien ne le déridait, et tout à coup, se tournant vers moi, il me dit : « Monsieur, connaissez-vous ces trois jolies demoiselles ? »
J’aurais dû me nommer leur père, mais je dissimulai ; je répondis : je crois, monsieur que se sont trois sœurs. – Je le crois comme vous ! eh bien , monsieur, je les examine depuis longtemps. Mon verdict est sans appel : dans trois ans, pas une d’entre elles ne sera vivante !
Le malheureux ne m’avait que trop dit la vérité : trois ans après, je n’avais plus d’enfant.
Je restai cloué à ma place ; je questionnai plusieurs personnes ; on  ne put me dire son nom, mais j’appris qu’il passait pour un disciple de Lavater, un « philosophe » qui établit la théorie de la physiognomonie, une méthode fondée sur l'idée que l'observation de l'apparence physique d'une personne, et principalement les traits de son visage ; elle peut donner un aperçu de son caractère ou de sa personnalité et même, on le voit ici, prédire quel sera son avenir. »

Et voici venir la danse macabre …
Jeanne Grétry, qu’on appelait Jenny, l’aînée des filles du musicien, mourut d’une sorte d’anémie ou de consomption. Elle avait seize ans. C’est dans l’hiver de 1786-1787 que son père la perdit.
Trois ans plus tard, c’est à sa seconde fille, Lucile, qu’on voyait décliner depuis quelques mois, et dont les chagrins d’un mariage malheureux avaient hâté la mort. Elle expira en mars 1790, le lendemain des fiançailles de sa sœur Antoinette.
Peu de temps après ce drame, Grétry et sa fille Antoinette quittèrent Lyon. On avait placé la voiture de l’artiste sur le coche d’eau qui remontait la Saône ; Antoinette, en montant dans une barque, fit un faux-pas et tomba dans le fleuve ; Grétry, qui ne savait pas nager, n’écoutant que son instinct paternel, se précipita à sa suite. Tous deux furent sauvés par des bateliers, mais l’émotion et l’action physique de l’eau froide hâtèrent le développement d’une maladie dont la jeune fille portait le germe. Elle mourut quelques jours plus tard.

Si le grand compositeur mourut en septembre 1813, on ne connait ni le lieu, ni la date exacte de la mort de son épouse.
Aucune des trois filles d’André-Modeste Grétry n’atteignit l’âge de vingt ans.

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Note : si j’ai pris quelques libertés quant à la description du caractère des trois demoiselles dont il est question ici, le reste du récit correspond bien à la réalité.
Sources :
1. «  Grétry en famille » par A. Grétry, le neveu du musicien.
2. « Grétry, sa vie et ses œuvres «  de Michel Brenet.

lundi 26 novembre 2018

Air des vaches de la Montagne Sainte-Walburge à Liège




Cet article est tiré de la revue «  Wallonia » datant de 1897. A une époque où, dans ma rue, la Montagne Sainte-Walburge, il y avait des vaches. A c’t’heure, c’est surtout de bagnoles qu’il y a.
Quoique ! Quoique ! Car à peine à cent mètres à vol d’oiseau de cette rue qui grimpe vers la Citadelle et à peine à cinq minutes à pied de mon building se situe «  La ferme de la vache » une vaste prairie où, du printemps à la fin de l’automne, broutent une demi-douzaine de bovidés. Donc, même après 125 ans et après deux guerres mondiales, Liège demeure champêtre sous bien des aspects.












dimanche 25 novembre 2018

L'éloge de la frite par Armel Job


" Emporter un sachet de frites bien chaudes au creux d’une main, les manger dans la rue avec les doigts de l’autre main en faisant des mouillettes dans la motte de mayonnaise accrochée au coin supérieur du papier, c’est un des plaisirs les plus intenses que l’on puisse s’offrir et, même, un acte de foi dans l’existence.
Les déprimés, les élégants, les prétentieux – toutes personnes qui grignotent la vie du bout des dents – ne mangeront jamais de frites sur le trottoir. Il n’y a que les optimistes pour se livrer en public à cette manducation jubilatoire.
La frite est à l’homme libre ce que l’hostie est au dévot. "

Extrait de Armel Job, "Une femme que j'aimais", Robert Laffont, février 2018, pp 80-81


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" La première tentation du Christ ", un pastel de Davis-D

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Pour les puristes

samedi 24 novembre 2018

Supprimer la taxe d'habitation (un impôt inique)




Le revenu cadastral consiste à faire payer un impôt fictif qu’une personne pourrait tirer de ce logement. Mais si elle vit dedans, elle n’en tire aucun profit. Pourquoi donc la frapper de cet impôt ?
Pour une série de personne, ce précompte équivaut à un 13 ème mois ( tiens cela me rappelle quelqu’un quand je vivais au 11 rue de la gare à Gouvy …)
Notez que rien n'a changé depuis que je vis à Liège dans un petit studio ..

jeudi 22 novembre 2018

Laurent Seksik : " Les derniers jours de Stefan Zweig "





Stefan Zweig et son épouse Lotte sont d’origine juive. Fin des années ’30, ils fuient l’Autriche, l’Europe, devant la férocité de l’Allemagne nazie et se réfugient à New York. Mais Lotte est asthmatique. On leur conseille la ville de Pétropolis au Brésil où l’air y est plus sain. C’est là qu’ils termineront leur vie, désespérés, en choisissant le suicide.
C’est sous la forme d’un roman que Laurent Seksik nous raconte leur errance.

Extraits :


-  Et comme il préférait l’exil au déshonneur, il avait quitté Londres pour New York. Après quoi, il avait fui New York. Fuir était sa façon d’habiter le monde. Salzbourg-Londres, Londres-New-York, New-York- Rio. Et après le Brésil, quel au-delà ?

-  Ne te préoccupe pas de l’Humanité en train de se détruire, construis ton propre monde.

-  Les troupes allemandes étaient entrées à Vienne le 13 mars 1938. Six mois plus tard, la barbarie s’abattait déjà sur les Juifs. (…)  Si cette vieille dame avait trouvé la force de se promener dans un jardin du Prater, il lui aurait été interdit, sous peine de mort, de s’asseoir sur un banc parce qu’elle était Juive.(…) Quelques mois plus tard, on avait forcé tous les Juifs de Vienne à quitter leur appartement et à déménager hors du cercle du Ring, dans des maison désaffectées où étaient entassées les familles. En un an, Vienne était devenue une ville sans Juif.

-  Le voyage dura une éternité. A l’arrivée, il se leva, fourbu, descendit du wagon et contempla le reflet de son image dans une vitre. Un vieillard le fixait.

lundi 19 novembre 2018

Juliette Ruwet et Robert Ruwet : " Liège pas à pas "




                                             Les XXXII bons métiers de Liège

Juliette Ruwet et son grand-père, Robert Ruwet, nous donnent ici un bien bel ouvrage. Presque luxueux, en tout cas réalisé, broché avec soin et élégance par les Editions du Perron. En quarante-cinq chapitres, ils ont relevé, avec brio, le défi de nous conter l’histoire de Liège. Ainsi, ils nous font visiter la Cité Ardente en parcourant, pas à pas, « le plus prestigieux des musées qui soient : les rues de Liège » tout en faisant connaissance avec ceux et celles, petits ou grands, qui les ont peuplées durant mille ans et plus.
Un ouvrage, comme on dit, richement illustré par des documents de qualité, ainsi que 10 cartes de promenades.
Et si vous croyez que vous savez déjà tout sur Liège, détrompez-vous : vous en apprendrez encore…


Extraits :

-  Jetons un coup d’œil à la partie supérieure du Perron. Entre les trois Grâces et la croix, on distingue … une pomme de pin. Que fait donc là le fruit du pin ? En fait, il s’agit d’un symbole que l’on retrouve dans de nombreuses religions, dans de nombreuses cultures. Symboliquement, la pomme de pin représente un lien entre le divin et le terrestre, entre Dieu et les hommes.

-  (en parlant de la porte Sainte-Walburge mais il en va de même pour toutes les autres : porte St-Martin, porte Sainte-Marguerite, etc.)
Ce que l’on appelait jadis une porte était en réalité une petite forteresse gardée par des soldats.

- (à propos des trois filles d’André-Modeste Grétry, un inconnu avertit :)
« Vous voyez que ces filles obtiennent tous les suffrages, qu’on ne peut briller de plus d’attraits et de fraîcheur. (…) Dans trois ans, monsieur, pas une d’entre elles ne sera vivante. » (…) Le malheureux ne m’avait que trop dit la vérité : trois ans après, je n’avais plus d’enfant.

- Une remarque amusante : Xavier-Neujean eut un fils appelé Xavier lui aussi, qui vécut de 1866 à 1940. Faites le calcul : les deux Xavier vécurent chacun 74 ans ; ils firent tous deux de la politique et moururent, l’un comme l’autre, à la veille d’une guerre mondiale. Bel esprit de famille !


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En bonus, une interview intéressante :

samedi 17 novembre 2018

Liège en 1885


                                            Liège d'antan


                                           Liège au début du XIX è siècle ( ou même avant ...)






- « La Meuse » , samedi 10 janvier 1885
Réclame pour la colombophiline Moreau

-  « La Meuse «  vendredi 20 mars 1855
Grande fête de bienfaisance au profit des pauvres de la ville de Liège

- «  la Meuse », mercredi 25 mars 1885
On annonce l’arrivée très prochaine du grand cirque américain Pinder. Egalement pour très bientôt le cirque américain Sanger et Barnum’s





-   Lundi 30 mars 1885
Réclame pour les Grands Magasins du Louvre, mode 1885, confection pour dames



- Mardi 31 mars 1885
La carte de l’Afrique



- Mardi 14 avril 1885
Maisons recommandées par le journal «  La Meuse »



- Lundi 25 mai 1885
Mort de Victor Hugo

- Mercredi 22 juillet 1885
On annonce pour le dimanche 2 août prochain à 3 h de relevée au Jardin d’Acclimatation des courses nationales vélocipédiques organisées par le Cycliste club Liégeois

-  Samedi 29 août 1885
La statistique dénombre que chaque belge prend en moyenne onze fois par an le chemin de fer



- Mardi 15 septembre 1885
Réclame pour le spectacle de l’homme éléphant



- Mardi 29 septembre 1885
Fascicule n° 3 des «  rues de Liége » de M. Théodore Gobert




- Mardi 13 octobre 1885
Funérailles de Mathieu Nisen



- La Meuse, jeudi 22 octobre 1855
Grand manteau-visite aux Grands Magasin du Louvre



Et tout particulièrement au quartier Sainte-Marguerite :


Eglise de Sainte-Marguerite avec, en prime, la basilique Saint-Martin



- « La Meuse », lundi 23 mars 1885
L’église de Sainte-Marguerite est enfin terminée

- «  La Meuse », vendredi 24 avril 1885
La foire aux chevaux du quartier de l’Ouest s’est tenue lundi dernier rue de la Hesbaye

- «La Meuse » samedi 24 octobre 1885
Le tram Est-Ouest vient de terminer ses nouvelles installations rue de la Hesbaye. Ses écuries ont été doublées et la remise des voitures a été construite dans de belles proportions. Un tram qui rendra de véritables services à la population

-  Le 3 novembre 1885
Le tram Est-Ouest a transporté hier vers Robermont près de 6.000 visiteurs. Tout s’est passé avec un ordre parfait

- Lundi 7 décembre 1885
Un nouvel Ouvroir pour jeunes filles vient de se créer au populeux quartier de l’Ouest. On va y enseigner, en même temps que des distractions honnêtes, l’instruction, l’éducation, des principes d’ordre, d’économie et de bien. L’ouvroir se situe dans les salles du jardin d’enfants de Ste-Marguerite



- Mercredi 30 décembre 1885
Création d’un chauffoir dans l’ancienne halle de St-Séverin


Merci au journal «  La Meuse » !
Merci à la bibliothèque Ulysse Capitaine, en Féronstrée à Liège !

mercredi 14 novembre 2018

Jean d'Ormesson : " Qu'ai-je donc fait "





 Une sorte d’autobiographie. Du déjà vu, direz-vous. Peut-être mais avec à chaque fois du nouveau, de l’inédit. De toute façon, Jean d’O le dit lui-même : « Oui, je sais : j’écris toujours la même chose. Je préfère me répéter à me contredire comme l’ont fait avec un sérieux imperturbable tant de grand esprits autour de nous. »
Il nous parle de ses voyages innombrables, de ce qu’il en a retenu tant à Rome qu’à Venise, en Europe, en Orient, etc.. Il nous raconte sa famille, ses parents, ses grands-parents, oncles et tantes. Il décrit à la perfection son «  milieu », soit l’aristocratie, leurs mœurs et coutumes. (…)  Et il termine le tout, en tout bien tout honneur par Dieu. La boucle est bouclée : au revoir et merci !

Un régal ! Excellent pour le moral ! A lire et à relire !

Extraits :


* Dans ce système très curieux de la vie qui nous précède par générations successives, chacun a derrière lui deux parents, quatre grands-parents, huit arrière-grands-parents, puis un nombre sans cesse croissant d’ascendants. Faites le calcul : 2,4,8,32, 64, 128, mettons 250, 500, mille, deux mille … bientôt un million …. Très vite cinq cents millions, un milliard, deux milliards … Au bout d’un nombre limité de générations, vous et moi, grâce à cette progression de générations, avons beaucoup plus d’ancêtres putatifs qu’il n’y a jamais eu d’êtres humains sur notre planète.

*  Il y a une limite à la tolérance : et c’est l’intolérable.

*  Paul Morand écrit quelque part :
  « - Qu’est-ce que c’est que ces craquements ? demanda dona Sidona affolée.
  «  - Ce sont les frontières qui craquent : c’est que notre vieux monde se découd, ma mère. »

- Un enfant de sept ans en sait plus aujourd’hui sur l’univers autour de lui que Ptolémée ou Aristote.

- C’est une affaire entendue : le monde a plus changé en cent ans que dans les dix mille années précédentes. C’est une affaire entendue : les hommes ont remplacé Dieu qui a si longtemps veillé sur tout et c’est un grand bouleversement. Cela dit le temps coule comme il a toujours coulé. Pendant les travaux, les affaires continuent.

- La plupart du temps, j’étais allègre, ravi jusqu’à l’hébétude, benêt parmi les benêts. Je me répétais avec délice les mots de Montesquieu qui me servaient de devise : «  je m’éveille le matin avec une joie secrète, je vois la lumière avec une espèce de ravissement. Tout le reste du jour, je suis content. »

- Le temps s’en va, le temps s’en va, ma Dame
  Las ! Le temps non, mais nous nous en allons.

mardi 13 novembre 2018

Comtese de Ségur : " Le général Dourakine "





Le vieux général Dourakine règne sur un vaste domaine ( dont plusieurs centaines de serfs taillables et corvéables à merci) quelque part en Russie. Il héberge les époux Derigny et leurs deux fils Jacques et Paul. Ce sont des Français. Un jour, une de ses nièces, Mme Paofski, débarque avec ses huit enfants mal élevés et cruels. Cette dernière n’aspire qu’à une chose : mettre le grappin  sur la fortune de son oncle. Une autre nièce, Mme Dabrovine et sa fille Natasha, arrivent à leur tour ; elles gagnent l’affection du général. Vint un jour un mendiant qui n’est autre que le prince Romane, un noble polonais qui fut prisonnier durant de longues années en Sibérie. Il raconte d’ailleurs son calvaire dans les pages 280 à 310.

Le récit est truffé de dialogues. Le bien et le mal, stéréotypés à l’excès, les bons sentiments, sont omniprésents. Ainsi que la violence avec les coups de fouet et de knout dont vous trouverez quelques passages plus bas.


Extrait :

- Dis à ta mère que, si elle s’avise de toucher à un seul de mes Français, qui sont mes amis, mes enfants,... entends-tu ? mes... en... fants ! je la ferai fouetter elle-même devant moi, jusqu’à ce qu’elle n’ait plus de peau sur le dos. Va, petit gredin, petit menteur, va rejoindre tes scélérats de frères et sœurs. Et prenez garde à vous ; si j’apprends qu’on ait maltraité mes petits amis Jacques et Paul, on aura affaire à moi.

 - Je les vendrai tous, excepté peut-être quelques enfants que je garderai pour amuser les miens. Il faut bien que mes garçons apprennent à fouetter eux-mêmes leurs gens ; ces enfants serviront à cela. Quand on fait fouetter, on est si souvent trompé ! Entre amis et parents, ils se ménagent ! Vous croyez votre homme puni ; pas du tout ! à peine s’il a la peau rouge ! C’est mon mari qui savait faire fouetter ! Quand il s’y mettait, le fouetté sortait d’entre ses mains comme une écrevisse...

- Les coups de fouet pleuvaient sur nous au moindre ralentissement de marche, au moindre signe d’épuisement et de désespoir. Jamais un acte de complaisance, un mot de pitié, un regard de compassion ne venait adoucir notre martyre.

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Les livres de la Comtesse de Ségur en pdf :



lundi 12 novembre 2018

L'opposition populaire aux envahisseurs durant les deux guerres mondiales



                                       Où c'qu'il est le vrai singe ? Cherche-le !


- Pendant la guerre de 1940-1945, j’ai entendu mainte fois un crieur de journaux de Liège crier : Demandez La Légia, sortant d’Prusse ! » 

- « As- tu vu l’Négusse
   A la porte de son palais
   Qui vendait des puces
   A Mussolini »

-  « As-tu vu le Kaiser
    A la porte de son palais
    Les deux bras en l’air
    Qui d’mandait la paix.
    Les Français n’ont pas voulu
    Les Anglais, les Russes non plus
    Les p’tits Belges ont répondu :
    La peau d’mon cul ! »

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                                           Une affiche attaque les fermiers et accaparateurs enrichis par le commerce illicite et la fraude

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                       Avis mortuaire de Madame pomme de terre, dite Patate

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Un faire-part de la victoire et de la libération de la Belgique en septembre 1944

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Léon Degrelle ne pouvait échapper à un faire-part vengeur. Ce document est postérieur à la fin de la guerre puisqu'il date du 10 juillet 1947

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                                  Certificat d'identité de Guillaume II


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« L’opposition populaire aux envahisseurs durant les deux dernières guerres mondiales. »
Extraits d’un article de Roger Pinon, paru dans la revue «  La vie wallonne illustrée » en 1992
Merci au Musée de la Vie wallonne, cour des Mineurs !

dimanche 11 novembre 2018

11 novembre 2018- Hommages pour 1914-1918




Je me retrouve dans cette liste. Perso, je suis un antimilitariste pur-jus. Je n’ai pas effectué le service militaire mais un service civil de deux ans à Liège de mars 1974 à mars 1976.
 De l’autre côté de la barrière, il existe des hordes de gens qui chantent, à tue-tête, les vertus de la guerre, l’exploitation de l’homme par l’homme.

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                                            « Le tombeau d’Edgar Poe » - Stéphane Mallarmé

Tel qu’en Lui-même enfin l’éternité le change,
Le Poète suscite avec un glaive nu
Son siècle épouvanté de n’avoir pas connu
Que la mort triomphait dans cette voix étrange!

Eux, comme un vil sursaut d’hydre oyant jadis l’ange
Donner un sens plus pur aux mots de la tribu
Proclamèrent très haut le sortilège bu
Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange.

Du sol et de la nue hostiles, ô grief!
Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief
Dont la tombe de Poe éblouissante s’orne

Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur
Que ce granit du moins montre à jamais sa borne
Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.

samedi 10 novembre 2018

Autour du 11 novembre 1918 à Gouvy


-  « L’Avenir du Luxembourg », 14 novembre 1926
A la commémoration de l’Armistice à Gouvy, citons quelques sociétés de musique qui ont rehaussé la cérémonie : l’Essor wallon de Limerlé, la Fanfare Royale St-Joseph de Sterpigny-Cherain, l’Echo des trois frontières de Beho, l’Union fraternelle de Gouvy, la Chorale Royale de Bovigny, L’Alliance société dramatique de Bovigny



- « L’Avenir du Luxembourg », novembre 1933
Le flambeau sacré à Bovigny



- « L’Avenir du Luxembourg », novembre 1939
Attention ! On vous écoute …



- « L’Avenir du Luxembourg », lundi 4 novembre 1946
Les tanks de Sterpigny



- « L’Avenir du Luxembourg » , mardi 5 novembre 1946
Croix de guerre pour l’abbé Bertin, curé de Steinbach



- « L’Avenir du Luxembourg », jeudi 13 novembre 1952
Célébration du 11 novembre à Gouvy



- « L’Avenir du Luxembourg », lundi 16 novembre 1959
Echos de la cérémonie du 11 novembre à Gouvy



- « L’Avenir du Luxembourg », jeudi 18 septembre 1969
La F.N.C. célèbre son cinquantième anniversaire

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En illustration musicale, l’adagio de Samuel Barber :




vendredi 9 novembre 2018

Autour du 11 novembre 1918 à Liège





-  (…) Mais notre joie devait être plus complète encore le lendemain. Le 11 novembre, en effet, vers 10 heures du matin, on apprit que l’armistice avait été signée. (…) La nouvelle s’était répandue en quelques instants dans la ville entière, provoquant une allégresse générale.


                                         Square Notger, gare du Palais, Pierreuse

-  Dans les rues, toutes les maisons s’étaient ainsi subitement pavoisées et les couleurs belges voisinaient celles de nos alliés. A midi, le drapeau belge était hissé à la façade de l’Hôtel de Ville et flottait gaiement sur les clochers des églises, sur nos monuments, au faîte des cheminées des usines et des charbonnages qui entourent la ville. Des cocardes belges, françaises, anglaises, américaines, italiennes, depuis longtemps confectionnées, apparurent aux étalages et se vendaient dans les rues. Pas une Liégeoise, pas un Liégeois qui n’en portât. Les enfants des écoles sortirent des classes, tenant de petits drapeaux à la main  circulèrent en cortèges dans la ville. Les véhicules furent aussi pavoisés, aux trolleys des tramways des fanions flottèrent et même les statues arborèrent les couleurs alliés : Charlemagne tenait dans sa dextre tendue un drapeau belge et son coursier avait sur sa crinière un flot de rubans tricolores.


- Les prisonniers russes, les plus nombreux, trouvèrent asile au Manège de la Fontaine, dans l’école de la rue Jonfosse, à Fontainebleau, à l’école Sainte-Marguerite, à l’école des sœurs de la rue de l’Ouest et à l’école de Fexhe. Les Français furent réunis dans les usines Englebert. Les Belges, rue Louvrex, à l’école en face de la rue Fusch. Les Italiens et les Sud-Slaves, à l’hôtel d’Angleterre, à l’Hôtel des Comtes de Méan et au Café Charlemagne. Les civils, rue de l’université. Quand ils circulaient dans la ville, on leur offrait des vivres, des vêtements, des cigarettes et de l’argent, souvent on les invitait à dîner et on les retenait même à loger. Les Français étaient particulièrement bien accueillis.


                                               Liège décorée par la France

Extraits de l’excellent ouvrage signé Jules De Thier et Olympe Gilbart : «  Liège pendant la grande guerre »

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- « La Meuse », samedi 23 octobre 1926
Inauguration du Monument aux Héros de la Grande Guerre à Robermont


                                         Cliquez sur l'image !


- « La Meuse », jeudi 12 novembre 1936
Cérémonie du 11 novembre 1936 place St-Lambert



- « La Meuse », vendredi 12 novembre 1937
Le Salut aux Drapeaux Interalliés place St-Lambert



- « La Meuse », samedi 12 novembre 1949
Commémoration de l’armistice place St-Lambert



- « La Meuse », lundi 13 novembre 1950
Commémoration de l’armistice place St-Lambert


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En illustration musicale, l’adagio de Samuel Barber :