" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mercredi 26 septembre 2018

Jean-Loup Chiflet : " C'est l'histoire d'un mot "






Et si les mots étaient de vrais personnages animés avec des émotions, une âme, un caractère. Sous la forme d’une fausse interview, Jean-Loup Chiflet nous fait découvrir les particularités de toute une foule de mots. Une source d’abondance où viennent s’ébattre ceux qui aiment mettre en évidence les espiègleries de la langue française et en confectionner des articles que l’on retrouve régulièrement, par exemple, sur internet.

Très amusant et instructif !


Extraits :

- On connait l’histoire de mademoiselle « Pénitence », cette vieille fille très croyante, mortifiée de se trouver juste après « Pénis », membre actif, certes, mais pas de la même paroisse.

- Les asiles de mots aliénés existent bien, je les ai visités, et rien n’est plus pathétique que d’y croiser des homophones :  Scène, Cène, Seine, Saine ou Chair, Chers, Cher, Chaire, errant dans les couloirs, hébétés, ne sachant plus qui ils sont ni où ils habitent !

-  D’ailleurs, puis-je me permettre de vous conseiller des palindromes plus originaux que Léon ou Roma ; des phrases entières à lire indifféremment de gauche à droite et de droite à gauche, et qui gardent le même sens. Comme « élu par cette crapule ».

-  De Racine : «  Ah si je voulais je pourrais vous dire … mais je préfère me taire ».

- De Pierre Desproges : «  Après avoir sauté sa belle-sœur et le repas de midi, Le Petit Prince reprit ses esprits et une banane ».

-  Sliposuccion : défaut de certains slips ou maillots qui rentrent systématiquement dans la raie des fesses.

-  Testiculation : Geste furtif et répété de certains hommes qui éprouvent le besoin obsessionnel de vérifier la présence de leurs attributs sexuels.

mardi 25 septembre 2018

40 % de nos séniors vivent dans la pauvreté / 36 % ont des rapports sexuels





Senior Living Group a mené une enquête sur les seniors dans quatre pays européens dont la Belgique. Les plus de 65 ans ont besoin de se sentir utile pour bien vieillir en étant heureux. Ils avouent ne commencer à se sentir vieux qu’une fois la barre de 79 ans passée.
Deux points noirs : 40 % arrivent à boucler tout juste leur budget grâce à leurs revenus. Ils ont chaque mois des difficultés à joindre les deux bouts. Un peu plus de 15 % des 65-69 ans se sentent très seuls à certains moments de la journée. Et ces chiffres grimpent à 27 % chez les plus de 80 ans. Pour éviter ces moments de solitudes, trois séniors sur 10 gardent leurs petits-enfants, 29 % participent la vie d’une association, 12 % aident des amis. 44 % disent encore ressentir des sentiments amoureux, 44 % de l’attirance physique pour leur partenaire et 36% ont régulièrement des rapports sexuels. 17 %  ont même toujours envie de faire la fête. Ces relations offrent à 67 % d’être épanouis physiquement et psychologiquement. 51 %  veulent avant tout vivre un maximum chez eux.

(…)

   Extrait d’un article paru dans «  La Meuse » ce mardi 25 septembre 2018

lundi 24 septembre 2018

Un conte sur l'Ardenne








En Belgique, il est très souvent question de trois Ardennes : la luxembourgeoise, la liégeoise et la namuroise.

Un conte populaire illustre la vaste Ardenne.

Fatigué de faire la guerre au bon Dieu, Satan proposa la paix à condition que Dieu lui abandonnât la moitié du monde. Le Malin réclama l’Ardenne. Dieu lui accorda pourvu qu’elle fût délimitée par les Ardennais eux-mêmes. Méphisto sourit, pendant la chose simple. Mais Dieu était perplexe car il n’était jamais parvenu à tracer la frontière du Condroz et de l’Ardenne. Finalement, il alla consulter saint Remacle, très expert en toutes choses concernant l’Ardenne.
Le jour où Méphisto se mit en route pour conquérir son domaine, il rencontra un voyageur. C’était saint Remacle et ils firent route ensemble.
Arrivés au village de la Neuville, ils avisèrent un faucheur ; lui demandant s’ils étaient bien en Ardenne :
- Vous arrivez à peine dans le Condroz !, leur fut-il répondu.
Arrivés à Tavier, un villageois dit aux deux voyageurs :
- L’Ardenne, c’est à deux heures de marche d’ici.
Arrivés à Comblain, un mendiant leur dit :
- L’Ardenne est à une heure d’ici.
A Hamoir, on confirma au diable qu’il y était presque.
A Bomal, son enthousiasme se refroidit quelque peu quand il entendit d’une matrone :
- L’Ardenne commence au-delà de Durbuy.
A Barvaux, on leur apprit qu’ils n’étaient plus qu’à une petite heure de la contrée convoité.
Avant d’y parvenir, ils devaient traverser une vaste lande.
- Cette fois, mon bon compagnon, nous sommes au cœur de l’Ardenne.
Un bûcheron passa et nargua :
- L’Ardenne ? Mais vous êtes à deux heures au moins du point le plus proche !
Satan s’agita comme s’il avait été plongé dans un bénitier. Puis, faisant un bon fantastique, il disparut, laissant derrière lui une odeur sulfureuse. Il renonçait à prendre possession de cette Ardenne qui reculait au fur et à mesure qu’on paraissait s’en approcher.

Il existe, de cette légende, plusieurs versions, dont celle-ci présentée par Berthe Delépinne.

Quand  saint Remacle eut édifié l’abbaye de Stavelot, le Diable fut jaloux et furieux de ce que les Stavelotains désertaient les sabbats pour les prières à Dieu. Il détacha de la colline un énorme rocher et projeta de le précipiter sur la ville pour la détruire. Tandis que le diable peinait sur une route interminable, saint Remacle avait deviné son approche à l’odeur de soufre planant sur l’Amblève. Il se déguisa en mendiant. Il croisa le diable qui demanda :
- Est-ce encore loin Stavelot ?
- Si c’est loin, mon prince ! Voyez mes sandales que j’ai usées en venant de l’abbaye !, dit Remacle en ouvrant son sac.
Le diable, découragé, jeta bas son rocher et disparut sous les sapins, en pestant.

    Extraits d’un article de Joseph Delmotte in «  La revue de la vie wallonne illustrée », 1 er trimestre 1979.

samedi 22 septembre 2018

Stefan Zweig : " La Gouvernante" , suivi de "Eros Matutinus "




« La Gouvernante ». Deux fillettes pensent que leur gouvernante, qu’elles adorent, attend un enfant illégitime. Elles sont épouvantées par la sévérité de leur mère qui chasse cette éducatrice.

« Eros Matutinus » Un remarquable essai sur les mœurs et l’éducation sexuelle désastreuse des jeunes gens au 19 ème siècle ( et donc bien avant) ainsi qu’un tableau effrayant de la prostitution.

Extraits :

- ( à coup de corsets) La ligne du corps d’une femme devait, par ces manipulations, être si bien cachée que même son fiancé, le matin de ses noces, ne pouvait deviner que sa future compagne avait le dos droit ou voûté, si elle était grasse ou maigre et si elle avait des jambes courtes, longues ou fortes.

-  Mais le plus souvent, en dehors du mariage, la prostitution demeurait le fondement de la vie érotique : c’était, pour ainsi dire, la sombre voûte de la cave sur laquelle reposait le fastueux édifice de la société bourgeoise, à la façade éclatante et irréprochable.

mercredi 19 septembre 2018

Liège en 1879





                                    Panorama de Liège vers 1880


                                            Marchande de légumes

- « La Meuse », mardi 26 janvier 1879
C’est demain que commenceront les opérations de tirage au sort pour les miliciens appartenant à l’arrondissement de Liége à la salle de gymnastique, Pied-du-Thiers-de-la Fontaine



- « La Meuse », mardi 4 février 1879
La grande cavalcade de bienfaisance des étudiants de l’Université de Liége



- « La Meuse » , samedi 10 mai 1879
Réclame pour la maison de confection Dewachter rue Cathédrale et rue de la Régence

- Vendredi 29 mai 1879
Les travaux sont repris en plein activité à la construction de la passerelle vis-à-vis de la rue de la Régence

- Lundi 26 mai 1879
  * Au Théâtre Royal de Liége, la tournée artistique de France jouera  «  L’Assommoir »  de Emile Zola
   * Ouverture de l’établissement de l’école de natation au port de la Boverie

- Mercredi 14 juin 1879
Les habitants de la rue Pierreuse se plaignent beaucoup de ce que toutes les nuits sont régulièrement troublées par des disputes et des batailles entre des militaires attardés dans des cabarets borgnes

-  Mardi 17 juin 1879
Le piédestal de la statue de Charlemagne se dégrade de plus en plus. Ce monument, tout récent, a l’aspect d’une antiquité ou plutôt d’une vieille ruine

- Lundi 21 juillet 1879
Un placard contre le Roi a été apposé cette nuit sur la façade du Théâtre-Royal : «  Léopold est condamné. Il a signé «  La loi du malheur ». Un coup de poignard ou balle de révolver en fera justice ».
NDLR : cette loi, surnommée loi du malheur par ses détracteurs, prévoyait que chaque commune devrait posséder au moins une école primaire laïque et neutre, qui ne dispenserait pas de cours de religion.

- Jeudi 24 juillet 1879
Inondation. De mémoire d’homme, on ne se rappelle plus la Meuse soit arrivée à une telle hauteur en cette saison. (…) Les prés de Droixhe, de Bressoux, de Jupille et de l’Ile Monsin ne forment plus qu’un immense lac au milieu desquels on voit plusieurs maison dont les habitants arborent des drapeaux blancs en guise de détresse

- Lundi 22 septembre 1879
La ville de Liége est actuellement éclaireé au moyen de 2.121 lanternes à gaz et de 1.000 lampes à huile placées sur les hauteurs où il est impossible d’amener le gaz

- Vendredi 3 octobre 1879
Lundi 6 octobre aura lieu l’inauguration de la nouvelle église de Sainte-Walburge en présence de l’évêque



- Vendredi 24 octobre 1879
Quand Grétry répondit promptement à Napaoléon 1 er



-  Samedi 8 novembre 1879
Le nouveau cimetière de Sainte-Walburge, un lieu où le clergé ne met, en général, pas les pieds



Et particulièrement au quartier Sainte-Marguerite :



- « La Meuse », samedi 15 février 1879
De grands bals sont annoncés au bel établissement de Fontainebleau qui seront éclairés à la lumière électrique



- « La Meuse », mardi 28 février 1879
Réclame pour les bals masqués de Fontainebleau

- « La Meuse », mardi 8 mars 1879
Casino Molière. La Société de l’Union Musicale donnera dimanche prochain, 23 mars, à son local, rue de l’Ouest 15, un grand bal masqué

- « La Meuse », samedi 5 avril 1879
Au Casino Molière, rue de l’Ouest, aujourd’hui à 8 heures : « Paris la Nuit », drame en 5 actes joué par les Disciples de Thalie – intermède et bal – entrée : 50 centimes par personne



-« La Meuse », lundi 14 avril 1879
Le-cul-de-sac de la rue Table-de-Pierre et son escalier casse-cou



- « La Meuse », mercredi 7 mai 1879
Crevés saouls à 11 heures du matin, voilà comment s’étaient retrouvés deux gamins qui faisaient leur première communion à Saint-Servais

- Vendredi 23 mai 1879
Excursions scolaires. Les écoles de la rue Ste-Marguerite se sont rendues, accompagnées de leurs professeurs, à la fabrique de zinc d’Engis



- Mardi 10 juin 1879
Les Fonderies de Ste-Marguerite, rue de la Légia 12 et rue de Hesbaye

- Vendredi 11 juillet 1879
Dimanche 13 courant, à l’occasion de la fête Ste-Marguerite, la société des Tireurs Liégeois donneront en son local, établi chez M.H. Pirotte, café du Grand-Point-de-Vue au Haut-Pré, un grand concours de tir à la perche (carabine Flobert, 6 millimètres)



-  Samedi 12 juillet 1879
Fontainebleau, Grands Bals de la fête Ste-Marguerite



-  Mardi 15 juillet 1879
Dénomination de nouvelles rues au quartier de l’Ouest




- Vendredi 18 juillet 1879
Tir à vue du coq, de poules et oiseaux au Haut-Pré

-  Mardi 22 juillet 1879
On a mis la main à l’œuvre aux fondations du bâtiment destiné au commissariat de police, rue Hullos. Egalement aux fondations du presbytère de Ste-Marguerite

- Samedi 26 juillet 1879
Pigeons voyageurs. Concours ce 3 août par la société de colombophilie La Colombe, établie chez M. Thellin, faubourg Ste-Marguerite, 134


Merci au journal « La Meuse » et à ses journalistes anonymes !
Merci à la bibliothèque Ulysse Capitaine, en Féronstrée à Liège !

mardi 18 septembre 2018

" Expression latines " de Paul Desalmand et Yves Stalloni




Plus de 200 expressions latines usuelles qui ont, peu ou prou, encore cours dans la langue française, agrémentées d’une explication souvent humoristique et toujours de bon aloi. A tel point que sa lecture m’a donné le goût de retâter du catin … oups, pardon, du latin.

Un bijou dans le genre !

Extraits :

- Si vous êtes à priori un quidam cherchant de visu un livre ad hoc pour pouvoir, ad libitum, faire le distinguo entre un factotum et un professeur honoris causa, nous vous proposons cet in octavo qui fera de vous le primus inter pares.

- Comment prononcer ? On ne connaît pas vraiment la façon dont les Latins prononçaient leur langue. De plus, cette prononciation a évolué dans le temps. On retiendra ces principaux points :
* le c est toujours dur  (K), comme dans coup.
* le g toujours dur (g), comme dans goût.
* La syllabe u se prononce ou, comme dans loup.
* La syllabe au reste une diphtongue et se prononce a-ou, comme dans raout.
* La syllabe ae, se réduit à un seul son « è », comme dans bête.

- Ira furor brevis est : la colère est comme une courte folie

- Memento mori : souviens-toi que tu es mortel

- Nosce te ipsum : connais-toi toi-même / en grec : Gnôthi séauton

- Salus per aqua : la santé par les eaux. Qu’on lit SPA. Mais les auteurs de cet ouvrage ne soulignent pas que la ville de Spa est à l’origine de ce vocable connu chez les curistes. En effet, cette localité de la province de Liège (qui vient de recevoir en 2018 le titre de – ville-) est réputée pour ses termes depuis le XV ème siècle.
chauvinistic sit vel non : on est chauvin ou on ne l’est pas !

-  Cloaca maxima : le très grand ègoût

- Amicus verus rara avis : le vrai ami est un oiseau rare

-  Homo sapiens : homme intelligent
  Il y a l’homo erectus (qui se dresse), homo faber (qui fabrique), homo habilis ( qui transforme), homo ludens (qui joue) , homo aesteticus ( l’homme de l’art, homo economicus, homo festivus ( qui aime faire la fête), homo zappens ( qui change de chaîne de télé).

- Vanitas vanitatum et omnia vanitas : vanité des vanités et tout est vanité

- Unguibus et rostro : des ongles et du bec. En passant au français, l’expression a inversé l’ordre des mots : «  se battre bec et ongles », en omettant, comme le fait souvent le latin pour les compléments de temps, de manière, de lieu, les prépositions et les articles.

-  Festina lente : hâte-toi lentement

- Nomen … omen : le nom est un présage. L’idée est qu’il y aurait une sorte d’adéquation entre le nom d’une personne et sa nature profonde. Un boulanger qui s’appelle boulanger, idem pour un boucher, etc. Un quidam : «  On m’a toujours dit que je portais bien mon nom. Je m’appelle Retors.
  Cela étant dit, deux augures ne peuvent se regarder sans rire.

samedi 15 septembre 2018

Franz Bartelt et Alain Bertrand : " Massacre en Ardenne "




L’histoire se déroule de nos jours dans les Ardennes à la fois françaises et belges, du côté de Charleville, Bouillon, Saint-Hubert. Un centre de stockage de déchets toxiques et nucléaires à Bergnies, en lieu et place de l’ancienne base de l’Otan, est prêt à être installé ( tiens, cela me rappelle quelque chose, du côté de Bovigny-Gouvy …) Les écologistes sont sur le coup et manifestent leur désapprobation ; en face d’eux une belle bande de pourris et de crapules. Il y est également question d’espionnage et de mini- bombes nucléaires. Et puis, comme le titre ne l’indique pas, de toute une série de massacres, au pluriel donc.
 Le style est vif et assez cru.


Extraits :

- C’est comment l’air des Ardennes ?, interrogea Tonton.
- Hé, c’est de l’air, dit le gynécologue.
- Du bon air ?
- Du beau, du bon, oui, du bon air. De l’air pur. Avec de l’oxygène à foison. Et des senteurs balsamiques. Le territoire est aux trois quarts couverts de forêts. Ça rigole pas !
- T’entends, Max, dit Tonton en se frottant la poitrine du plat des mains. Toi qu’es pris par la fureur de respirer, ça ne te dirait pas de séjourner dans un pays où il y a vingt-cinq kilos d’air pur au mètre carré !
- Même plus, stipula le Belge.
- Des hectares d’air pur ! Il est unique, je suis sûr, l’air des Ardennes.
- Ça ! dit le Belge.
- Je suis sûr qu’on en prend plein la gueule. Il est peut-être même plus fort pour les poumons comme les nôtres. Mais je te le dis, il faut que tu ailles faire un petit séjour dans ce pays qui se respire ! Fréquenté comme il est en ce moment, tu trouveras à t’occuper. Y a tout ce qui te plaît, là-bas : des crapules noires comme un sceau de péchés, des innocents aux poches pleines, des canailles équipés pour la frappe globale, des assassins musclés, des emmerdeurs patentés et, si je ne m’abuse, tout un tas de gens redoutablement honnêtes.
-  L’Ardennais est idéaliste, certifia le belge, sans rire.
- C’est ce que je dis, confirma Tonton. Alors, Max ? Là-bas, y a vraiment de quoi te refaire une santé ! Vas, j’te dis !


-  La Didine Poirette qui n’avait jamais vécu qu’autrement qu’à califourchon sur des mecs à la braguette ouverte.

- A cinquante ans, il avait les artères en cholestérol massif. C’était de notoriété qu’il vidait quatre bouteilles de vin par jour, sans compter la bière et l’alcool qui, dans ces pays, sont administrés comme des médicaments. Il ne lâchait jamais son cigare. Entre deux cigares, il fumait un joint, pour le fun.

mercredi 12 septembre 2018

Christine Féret-Fleury : " La fille qui lisait dans le métro "





Juliette fait la connaissance de Soliman, un amoureux fou de livres. C’est un passeur de livres, c’est-à-dire qu’il fait tout pour que les gens autour de lui s’amourachent de bouquins. Mais Soliman doit s’absenter et Juliette prend le relais.

Cet assez court roman est truffé de titres de livres que sans doute Christine Féret-Fleury apprécie elle-même.

Intéressant !

Extraits :

- Elle se demandait si son existence avait plus d’importance, en ce monde, que celle de l’araignée qu’elle avait noyée le matin même dans sa douche.

-  Quel idiot. Il n’avait rien compris. Elle non plus d’ailleurs. Ça devait faire partie de cette fameuse condition humaine, ce paquet reçu à la naissance – tous bouchés, au fond, imperméables aux émotions d’autrui, incapables de déchiffrer les gestes, les regards, les silences, tous condamnés à s’expliquer, laborieusement, avec des mots qui n’étaient jamais bons.

mardi 11 septembre 2018

Enfants de Liège abandonnés à Paris au XVIII è siècle




Dans son étude « Les enfants abandonnés à Paris », C. Delasselle signale qu’un nombre assez considérable d’enfants nés à Liège ou dans le diocèse du même nom étaient amenés à Paris, tout au long du XVIII è sicle, pour y être abandonnés.
L’auteur cite l’année 1778 en exemple : treize enfants natifs de Liège et trente-quatre autres originaires du diocèse sont recueillis cette année-là, dans les hospices parisiens.
Ces quarante-sept enfants représentent assurément un pourcentage très faible du total des abandons en 1778 : 0,6 % environ, mais leur nombre, en valeur absolue,  paraît tout de même important.
Pourquoi emmener des enfants si loin de leur lieu de naissance pour les abandonner ? Sans doute, d’une part, pour en être plus sûrement abandonnés, d’autre part parce qu’à Paris, beaucoup plus qu’ailleurs, existent des centres d’accueil, même s’ils sont rudimentaires au regard de notre époque.
Les classes sociales sont toutes représentées sauf les nobles. La misère en était, sans doute, la raison essentielle.
Des transports spécialisés faisaient régulièrement le voyage, l’enfant enfourné dans un sac sur leur dos s’il était trop jeune. Ces personnes, que les parents rémunéraient au départ, s’occupaient assez mal de leurs petits colis, de telle sorte que la mortalité infantile était effrayante durant le trajet, près des 9/10 è, semble-t-il.
Les nourrissons survivants étaient confiés à la Maison de la Couche. Les enfants plus âgés étaient admis dans les hôpitaux des Enfants trouvés, de la Pitié et de la salpêtrière ou placés directement à la campagne.
Où qu’ils fussent, la mort les décimait effroyablement.

Extrait d’un article de Jean-Marie Paisse, paru dans la « Revue de la vie wallonne illustrée » , 2 ème trimestre 1975.

dimanche 9 septembre 2018

Espace fraternel et Thermos, rue Volière






                                                 ... un espace fraternel  ...


                                           ... les repas de Thermos ...




                                                    ... front commun des SDF ...



                                                         ... les morts de la rue ...




                                           ... le logo Véga dans le quartier ...


samedi 8 septembre 2018

Jules Romains : " Les Copains "




Ils sont sept jeunes copains un peu anars sur les bords, anticonformistes et très farfelus. Ils prennent en grippe deux petites villes françaises qui, estiment-ils, par le simple fait d’exister, sont d’une arrogance insupportable : Ambert et Issoire. Pour eux, une seule solution : la vengeance doublé d’humiliation. Déguisés en ministres, ils foutent une gigantesque pagaille dans une garnison militaire. L’un d’eux se fait passer pour un envoyé du pape Pie X et prône, désormais, les rapports sexuels pour tous les âges et sans retenue. Pour finir, un Vercingétorix grimpe sur un cheval que la municipalité d’Issoire inaugure en grande pompe. Mais le vaillant Gaulois est entièrement nu et bien vivant. «  Son sexe, bien étalé sur l’échine du cheval, frappait à la fois par sa grosseur et par son naturel. Les dames, et plus d’une jeune fille, n’en finissaient pas de l’admirer. » .L’histoire se termine, évidemment,  par une ripaille.

Le texte est truffé de poème que l’on qualifiera de « circonstance » avec, ça et là, des sentences en latin ( avec ou sans traduction).

Bref : le grand délire qui fut publié en 1922 (au début des « années folles ».)

Extraits :

*  Maintenant, vous avez un vase de nuit sous le premier lit. Je vous demande de ne le remplir qu’à moitié, rapport à la fente qu’il a dans le haut.

* - Merdam ! Merdam !,  hurla Bénin exaspéré.
   - Salut ! Salut !, cria le traducteur.
   - Utinam aves super caput tuum cacent !
   - Que les oiseaux du ciel répandent leur bénédiction sur votre tête !
  Bénin se tut. Broudier fit un signe. Et la fanfare attaqua l’Hymne russe qui se défendit bien.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

En 1965, Yves Robert a tourné un film de ce roman,  avec une pléiade de comédiens qui ont fait par la suite une belle et grande carrière :




jeudi 6 septembre 2018

Le voyage en ballon de Robertson, de Liège à Visé, le 19 octobre 1812



                                                   Robertson


                               Voilà à quoi devait ressembler cette aventure

« Etienne-Gaspard Robert (1763-1836), dit Robertson, est né au quartier Sainte-Marguerite à Liège. Déjà tout jeune, il aimait inventer, faire des expériences. Ses voisins, en parlant de lui, disaient : « C’è-s-t-on vrèye macrè » - c’est un sorcier. Il étudia à l’université de Louvain puis gagna Paris où il inventa toute une série de choses magiques. Mais avant tout, Robertson fut un aéronaute. Il effectua 59 voyages aéronautiques. C’est en octobre 1812 qu’il revint sur ses terres natales pour y faire grimper un ballon dans l’éther liégeois. »

                                 (très largement inspiré d’un article de Robert Ruwet)


Voyons ce qu’en dit le quotidien liégeois de l’époque, mieux connu sous le titre de Desoer, sis rue Gérardrie à Liège.

- Samedi 17 octobre 1812
« Monsieur Robert-Son a fixé le prix des places de première à trois francs, celles de deuxième à deux francs, celles de troisième à 1 franc. Les places sont à retirer par la porte derrière le Palais. A midi, il sera tiré trois coups de canon pour annoncer l’ouverture des bureaux de vente des places ; a deux heures trois autres coups pour indiquer que le remplissage du Ballon commence à intéresser les amateurs ; trois autres coups pour annoncer le départ qui est fixé  ce dimanche 18 octobre 1812, à trois heures de relevée. »



- Dimanche 18 octobre 1812
Le professeur Robert-Son présente comment se déroulera l’ascension du Ballon. Il précise : « La Citadelle est une très mauvaise place ; le grand-marché et la place de l’ancienne cathédrale sont les plus favorables. Ce spectacle ne sera vraiment très intéressant que dans la cour du Palais ».

… Mais une mauvaise météo fait reporter l’ascension du Ballon le lendemain, le lundi 19 octobre.

Reprenons le journal Desoer pour le clou du spectacle ( c’est de l’humour !)

- Mercredi 21 octobre 1812
« Au bout de quelques minutes, il laissa tomber un parachute auquel était suspendu une corbeille contenant un lapin. Ce parachute parcourut d’abord environ 80 toises, puis se posa dans un jardin aux environs de la ville, le lapin en vie sans qu’il n’eut éprouvé le moindre mal. »


Pour la suite du voyage, voir l’article complet …



Le 25 octobre, avant son départ de Liège, Robert-Son donna un concert pour faire entendre sa trompette mécanique et son phanorganon, soit une machine qui prononce des mots et articule des phrases.

Luis Sepùlveda : " Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler "




Tout est dans le titre. Une mouette, mazoutée, va bientôt mourir aussi elle confie à …  un chat noir et gros, un œuf, d’où sort un bébé mouette. Une tribu de chats va s’en occuper. Et même à l’aider à apprendre à voler …

Drôle et cocasse que ce court conte philosophique.

Extraits :


- Ah ! Ah ! Cette bande de sacs à puces t’a convaincue que tu es un des leurs. Regarde-toi : tu as deux pattes, les chats en ont quatre. Tu as de plumes, les chats ont des poils. Et la queue ? Hein, où est ta queue ? Tu es aussi folle que ce chat qui passe son temps à lire et à miauler : terrible ! Espèce d’idiot d’oiseau. Et tu veux savoir pourquoi tes amis te cajolent ? Parce qu’ils attendent que tu grossisses pour faire un gros banquet ! Ils te mangeront toute entière, avec tes plumes et tout, glapit le chimpanzé.

- Nous avons appris quelque chose qui nous emplit d’orgueil : nous avons appris à apprécier, à respecter et à aimer un être différent. Il est très facile d’accepter et d’aimer ceux qui nous ressemblent, mais quelqu’un de différent, c’est très difficile, et tu nous as aidés à y arriver.

mardi 4 septembre 2018

La disette en Ardenne en 1852





Voici un extrait d’une lettre que Eugénie, l’épouse de Constant d’Hoffschmidt, député de Bastogne, adressa au baron Goswen de Stassart, homme d’Etat. Cette lettre signale la misère « affreuse » que connaissait l’Ardenne et plus particulièrement la région de Bastogne en mars 1852. Rappelons que, au cours du 19 è siècle, si la Wallonie fut en général assez prospère, l’Ardenne eut encore à traverser, malgré les travaux effectués pour la sortir de son isolement, des périodes de disette comparables à celles que la Wallonie, dans son ensemble, avait connues dans les siècles passés.

«  Mon cher cousin,
La disette de vivres est devenue si affreux dans le Luxembourg que l’on ne sait plus comment venir au secours de familles entières privées de toutes ressources. L’éloignement met cette partie du Luxembourg dans une position les plus affreuses. On est occupé, en grande hâte, à organiser, dans la région de Bastogne, une loterie pour tâcher de se procurer quelque argent pour acheter des pommes de terre. (…)  Je m’adresse à vous, mon cher cousin, persuadée que vous voudrez bien vous intéresser aux Ardennais.
                                                                             Eugénie d’Hoffschmidt »

                                Extrait d’un article de Pierre Jodogne
                             Paru dans «  La vie wallonne », 2 ème trimestre 1974.

lundi 3 septembre 2018

André Baillon : " Histoire d'une Marie "


  





L’histoire se déroule au début du XX ème siècle. Marie Guillot fréquente un jeune homme du village et ce qui devait arriver arriva : elle tombe enceinte. La petite Yvonne est mise en nourrice mais, de santé fragile, elle décède. Une rencontre avec un maquereau et voilà Marie à faire le trottoir à Londres, puis dans un lupanar. Ensuite elle s’amourache d’un certain François qui la veut pour lui tout seul. Voici la belle vie jusqu’au décès de son protecteur. Ensuite elle épouse Henri Boulant, pseudo écrivain, journaleux et neurasthénique. Ils élèvent deux cents poules mais cela tourne à … l’omelette dégoulinante. Bref, une vie de misère. 

Ce roman réaliste est composé de deux parties ; la première est la meilleure.


Extraits :


*  Ancien instituteur, son père en détenait sans doute le trésor : on peut le supposer. Mais il se gardait pour lui seul avaricieusement ou, tout au plus, l’émiettait en proverbes adaptés à son usage
- Les parents d’abord, les enfants ensuite, affirmait-il à table en se servant largement le premier et du meilleur
- Chacun son métier, prêchait-il de son fauteuil, en regardant les autres besogner.
Son métier à lui se résumait à ceci : avoir été instituteur. Cela coûtait cher, car ce métier entraine à boire.

*  Elle avait cinq doigts et, avec chacun, Hector voulut faire connaissance ; d’abord le petit, si petit qu’à peine on le trouve ; puis un plus grand où il y a de la place, déjà, pour une caresse ; puis de plus grands, pour deux caresses ; puis ce méchant pouce, tout seul, à l’écart. Puis ce fut la paume, de jolis coussins bourrés de chair moelleuse ; les ongles, qui sont les vitrines pour où regardent les doigts (…)

*  Que se passe-t-il dans un estomac, quand on y perd un noyau de prune ? L’estomac porte un pylore « un concierge inflexible qui ne laissent sortir que les éléments bien broyés ».

* Les hommes, des fourbes … Il ne faut pas les croire … aucun … sinon ma fille… on est comme vous …on pleure.

dimanche 2 septembre 2018

Septembre 2018 en vrac


                                       A l'avant-plan, Favechamps et le ferme de la vache
                                       A l'arrière-plan, Liège ( 2 septembre 2018)

                                                   Cliquez sur les images !


                                            Le calvaire de la rue Piereuse



                                                 Rue Pierreuse













                                             Crucifix à l'angle des rues Pierreuse et Volière


                                            Visite du quartier Pierreuse-Volière tous les 1 er vendredi du mois à 18h avec comme guide Germain Dufour ( à ne pas manquer !)



                                                La basilique Saint-Martin


                                          ... le square Ramouna


                                           ... souvenir de la fête des fous à Ste-Walburge


                                             Liège au X ème siècle





C' EST LA RENTREE ! Les automobilistes, coincés dans les embouteillages, vont de nouveau se soulager dans leurs habitacles en alliant poétiquement "pûûûtain", "bordel", "merde" et "connard" sur un air de klaxon.
Ces doux poètes vont pester contre ce merdier auquel ils apportent pourtant leur modeste contribution. Schizophrénique, non ?
Il n'y a pas as de miracle : fin 2017 la Belgique comptait environ 6.450.000 véhicules pour 11.500.000 habitants, soit 1 véhicule pour 1,78 habitant.
Si les chinois s'alignent sur nous, cela fera 786.516.854 d'autos ( arrondi à l'unité supérieure...)
L'inde,pareil à peu de chose près.
Ca va en faire, des poètes ! Tiens, je me demande comment on dit " Pûûûtain d'bordel de merde, connard ! " en chinois .Peut-être que ça rime ???


                                                                                   Jacques Van Russelt




                                       ....  pandas philosophant ..



                                                           Emilia Clarke



                                       Logo Véga ( Vert de gauche ) dans mon quartier





                                           Vue de Liège ( au sommet, c'est le Publémont)
                                                       Gravure exposée Wittert à Liège




                                        Apparition de Marie et Jésus au musée Wittert



C'est la terre, on pense qu'elle a attrapé des humains...