" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

vendredi 13 juillet 2018

Un exhibitionniste dans les rues de Huy en 1511





« C’était le soir du dimanche 7 décembre 1511. Après avoir bu, plus que de raison sans doute, quelques jeunes gens en vinrent à faire un ridicule pari. Pour le prix d’un demi-setier de vin, Henri le Batteux s’engagea à suivre Jean de Tavier à travers toute la ville de Huy, de la rue des Brasseurs à la porte Saint-Germain, sur l’autre rive de la Meuse, dans le plus simple appareil, avec une hallebarde sur l’épaule. Et sous les yeux ébahis, effarouchés ou rieurs des bons bourgeois, ce curieux cortège se mit en marche. Jean de Tavier traversa la veille à la façon d’un grand seigneur, suivi d’un serviteur en armes mais « tout nut à la discovert de son humanité. » Les magistrats municipaux, avertis de cette sortie peu banale, considérèrent que « c’estoit chose infalme et desplaisante à Dieu. » et punirent sévèrement nos farceurs. Henri le Batteur fut condamné à se trouver sur le marché complètement nu « sauf son humanité » cette fois, pour ne pas outrager les regards des Hutois et Hutoises et à y être battu de berges par deux « bribeurs » ; ensuite, il fut conduit jusqu’à la porte saint-Germain portant une chandelle de deux livres, puis ramené au marché pour y être lié à un piquet pendant trois heures. Quant à Jean de Tavier qui avait été « l’esmoveur » de cet excès, il fut condamné au paiement de deux voyages d’Outremer à verser entre les mains du rentier de la ville. Enfin, les gais compagnons qui avaient participé à cette aventure n’échappèrent pas à la répression et pour y avoir assisté sans avoir tenté de l’empêcher, ils furent condamnés à payer pour Noël deux livres de cire, l’une à la Collégiale et l’autre pour le luminaire de l’église Saint-Remi dont ils étaient les plaisants paroissiens. »

                                                                    R. van der Made

Un article paru dans «  La vie wallonne illustrée », au 3ème trimestre 1958.
Merci au centre de documentation de « La vie wallonne », Cour des Mineurs à Lîdge !

2 commentaires:

  1. que l'on installe le commissariat de Ste-Marguerite dans le parc privé de Cointe, l'air y est plus pur.

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  2. Je n'en doute guère, Cher,(ça rime!) mais cela n'a rien à voir avec notre exhibitionniste ...

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