" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 31 juillet 2018

Gouvy en 1925


                     " Notre concours", un jeu paru dans " L'Avenir du Luxembourg" en 1925



- «  L’Avenir du Luxembourg », le 8 février 1925
Décès de madame Philomène Rouche à l’âge de 84 ans

- « L’Avenir du Luxembourg », le 18 juin 1925
Un bureau central téléphonique fonctionnera dès le 17 juin à la station du chemin de fer de Gouvy



-  « L’Avenir du Luxembourg », le 27 juillet 1925
Décès d’Anatole Warland



- «  Le Vingtième siècle », le 16 juillet 1925
Le sport de la cueillette des myrtilles bat son plein



-  «  Le vingtième siècle », le 4 novembre 1925
A titre d’essai, un train « direct » de Liège à Luxembourg en passant par Gouvy-frontière



- «  La Wallonie » 1925
La XII exposition des machines agricoles. Le stand de J. Gillet visitée par le roi



- « Le Soir », le 8 juin 1925
Décès tragique d’Alphonse Gathelier de Limerlé



- «  La Libre Belgique », le 6 septembre 1925
Une iniquité à l’encontre de M. Léon Defacqs, garde-champêtre à Limerlé



- «  L’Avenir du Luxembourg », le 12 septembre 1925
La croix civique de première classe a été accordée  M. Wiesen, bourgmestre de Beho



-  « L’Avenir du Luxembourg », le 10 octobre 1925
Travail délicat à l’église de Bovigny et travaux pour le cimetière de Courtil



-  « La Dernière Heure », 1925
Les grandes manœuvres de notre armée à Cherain et à Mont-le-Ban



Merci aux journaux : l’Avenir du Luxembourg, le Vingtième siècle, Le Soir, La Libre Belgique, la Wallonie et la Dernière heure !
Merci à la bibliothèque Albertine de Bruxelles !

dimanche 29 juillet 2018

Deux souvenirs de Gouvy




Deux souvenirs.

Le premier, en lisant une «  Dictée » de Georges Simenon, il m’est revenu un vieux-vieux souvenir qui date des années ’50 ( hommage bien entendu encore plus ancré avant cette période). Le vendredi-saint, certains magasins (dont celui de mes parents, au 11 rue de la gare) fermaient pendant une heure de 15 h à 16h, heure présumée de la mort du Christ.

Le second est celui-ci. Savez-vous que la fête de la Framboise 1993 a failli ne pas exister. J’esplique. Le 31 juillet 1993, le roi Baudoin décède d’une crise cardiaque. Or le premier week-end d’août avait lieu la Fête de la Framboise. Direct, levée de bouclier d’une partie de la population, principalement les anciens combattants, qui demande l’annulation des festivités. J’étais alors secrétaire du comité des commerçants (ACCG) qui chapeautait cette activité festive. Pour faire court, nous (les commerçants) avons tenu bon et la fête fut maintenue. Pour ma part, j’ai eu des « mots » avec Mr André (qu’il me pardonne), président des anciens combattants, Lucien Bourgraff ( mon cousin, Lucien, pardonne-moi ! ), Mr Quiriny (l’ex-instituteur de Cherain , qu’il me pardonne) et je me suis brouillé définitivement avec Raoul Slypsteen qui était une homme super, de très agréable compagnie (et je le regrette encore maintenant amèrement, qu’il me pardonne). Cela date tout juste de 25 ans.

Salut et merci à la présidente de l’Association des commerçants de la commune de Gouvy, madame Lina Jamotton !

Georges Simenon versus le football



                                              Georges Simenon et sa fille Marie-Jo

" J’ai dit souvent ma position devant le nationalisme, tous les nationalismes, quels qu’ils soient, et qui nous valent de temps en temps « la dernière guerre ». J’ai vécu deux « dernières guerres ». J’espère ardemment ne pas en vivre une troisième.
Or, lorsque je regarde à la télévision la foule qui assiste à un match de football, lorsque j’écoute les commentaires, lorsque je lis le lendemain les compte-rendus du match, je m’aperçois que le nationalisme n’a jamais été aussi vigoureux qu’aujourd’hui, en dépit de toutes les conférences internationales et tous les organismes créés pour réunir les peuples.
Ce qui me frappe, c’est que le nationalisme du football a quelque chose de particulier. Les équipes qui s’affrontent de pays à pays, pour quelque coupe des clubs, d’Europe, du monde, que sais-je, et qui font hurler les foules au nom d’un pays auxquels ses équipes appartiennent soi-disant, sont des équipes d’étrangers au pays qu’ils sont censés représenter et qu’on achète et qu’on vend comme de la marchandise.
Autrement dit, un milliardaire d’un pays quelconque pourrait se payer une équipe constituée uniquement des plus grands champions du monde.
Cela n’empêcherait pas la foule de hurler, comme elle le fait d’habitude, et de considérer cette victoire comme celle de son pays.
Dans mon esprit, qui est peut-être obtus, lorsqu’il y a compétition internationale, les joueurs devraient tous appartenir au pays qu’ils représentent. Sinon, ce n’est qu’une question d’argent.
(…)
A chaque match international, on déplace vingt ou trente mille supporters pour applaudir, hurler, descendre parfois sur le terrain et donner des coups, au nom de leur patriotisme, sans se rendre compte, je l’espère, que leur fameuse équipe est en réalité composée de la moitié, sinon plus, de joueurs achetés un peu partout, quand ce n’est pas dans le camp de leur adversaire.
Je pourrais également parler de l’instinct grégaire, mais ce sera décidément tout pour aujourd’hui … "


                      Georges Simenon dans sa « Dictée » intitulée «  Tant que je suis vivant ».



samedi 28 juillet 2018

Christian Jamart : " Le crime du château de Logne "





Les vestiges du château de Logne se situent entre Ferrières et Bomal. Dans notre histoire, là s’élève un hôtel où tout le monde se connait, y compris les clients. Dès les premières pages, nous faisons leur connaissance, ce qui nous aidera pour la suite. Alors que le commissaire Ange Leverrou s’installe pour une villégiature bien méritée ( il déprime un peu), une sinistre nouvelle tombe : Valère Lampion , joli cœur et spéléologue, vient d’être trouvé mort. Aidé par la police du coin, Leverrou ne peut s’empêcher de fourrer son nez dans l’enquête. Et c’est parti …

Un bon p’tit polar qui ne manque pas peps et d’humour. Pour preuve, ce qui suit :

Extraits :


-  Françoise Locatelli avait le mont de Vénus facile d’accès et « Monsieur l’Amour » en avait certainement profité.

-  De toute façon, au bout du chemin, la mort nous attend tous et, à mesure que passent les jours, l’échéance se rapproche. Entre nous, je n’appartiens pas à ce genre de femmes qui vieillissent dans la sérénité. Moi, j’ai besoin qu’on m’aime, qu’on me regarde, qu’on m’admire …Est-ce mal ?

- Elle resta un moment interdite. Etait-il possible qu’un homme si séduisant fût flic ? Après tout, pourquoi pas ? Et elle y alla d’une œillade à faire bondir un paralytique.

-  Elle remuait sous les draps de lit et on constatait, à ses mouvements de jambes, qu’elle ne souffrait d’aucune « déficience moteur », comme disent les médecins.

- Ce grand diable, d’allure athlétique, n’en gardait pas moins une faiblesse pour un type de femmes précis : les rousses aux yeux verts, une « denrée rare dont la sensualité est nettement plus affûtée », certifiait-il, en fervent disciple d’Eros.

- Tu es un grand spéléologue, Maxime ! vociféra Leverrou, d’une voix si forte que la lune ne eut la chair de poule.

jeudi 26 juillet 2018

Antonin Artaud " Van Gogh, le suicidé de la société "



Je ne me sens pas de taille à essayer de commencer à formuler une quelconque «  critique » sur la prose et la poésie de Monsieur Antonin Artaud. Je me bornerai donc à épingler quelques lignes, choisies parmi d’autres. 

Extraits :

-  Non, Van Gogh n’était pas fou, mais ses peintures étaient des feux grégeois, des bombes atomiques, dont l’angle de vision, à côté de toutes les autres peintures qui sévissaient à cette époque, eût été capable de déranger gravement le conformisme larvaire de la bourgeoisie second Empire.

-  Un bougeoir sur une chaise, un fauteuil de paille verte tressée, un livre sur le fauteuil et voilà le drame éclairé. Qui va entrer ? Serait-ce Gauguin ou un autre fantôme ?

-  Van Gogh pensait qu’il faut savoir déduire le mythe des choses les plus terre-à-terre de la vie. En quoi je pense, moi, qu’il a foutrement raison. Car la réalité est terriblement supérieure à toute histoire, à toute fable, à toute divinité, à toute surréalité. Il suffit d’avoir du génie, de savoir l’interpréter. Ce  qu’aucun peintre avant le pauvre Van Gogh n’avait fait, ce qu’aucun peintre ne fera plus après lui.

- Mais je l’ai dit, il y a dans tout psychiatre vivant un répugnant et sordide atavisme qui lui fait voir dans chaque artiste, dans tout génie, un ennemi.

- J’ai passé 9 ans moi-même dans un asile d’aliénés et je n’ai jamais eu l’obsession du suicide, mais je sais que chaque conversation avec un psychiatre, le matin, à l’heure de la visite, me donnait l’envie de me prendre, sentant que je ne pourrais pas l’égorger.

- Qu’est-ce que dessiner ? Comment y arrive-t-on ? C’est l’action de se frayer un passage à travers un mur de fer invisible, qui semble se trouver entre ce que l’on sent et ce que l’on peut. Comment doit-on traverser ce mur, car il ne sert à rien d’y frapper fort, on doit miner ce mur et le traverser à la lime, lentement et avec patience à mon sens.



-  8 septembre 1888. Dans mon tableau de Café de nuit, j’ai cherché à exprimer que le café est un endroit où l’on peut se ruiner, devenir fou, commettre des crimes. Enfin, j’ai cherché par des contrastes de rose tendre et de rouge sang et lie-de-vin, de doux vert Louis XV, et Véronèse, contrastant avec les vert-jaune et les vert-bleu durs, tout cela dans une atmosphère de fournaise infernale, de soufre pâle, à exprimer comme la puissance des ténèbres d’un assommoir. Et toutefois sous une apparence de gaieté japonaise et la bonhomie du Tartarin.


                                        Artaud et Picasso


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En bonus, cette vidéo :





Georges Simenon : " Maigret aux assises "




Voilà un Maigret comme je les aime : une histoire simple, bien ficelée, pas avec des tonnes de personnages. Une femme de 60 ans se fait assassiner en même temps qu’une jeune enfant. Très vite, on soupçonne, car tout l’accuse, le neveu de la dame en question qui est aux abois financièrement. Mais …

Extrait :

Des affiches, sur les murs de Meung-Sur-Loire, annonçaient la mise en adjudication d’une maison en bordure de la campagne. Ils étaient allés la visiter, Mme Maigret et lui. C’était une très vieille bâtisse qui, avec son jardin entouré de murs gris, faisait penser à un presbytère. (…) A la vente, ils avaient été surpris quand le commissaire avait levé la main tandis que deux paysans se retournaient … Deux fois ? Trois fois ? …Adjugé ! Pour la première fois de leur vie , ils étaient propriétaires et, le lendemain déjà, ils faisaient venir plombier et menuisier.


mardi 24 juillet 2018

La nudité tellement agréable sous la canicule


                                              Otto Dix : " Le dieu des coiffeurs "



                                         Bernard Buffet : " Deux hommes nus "


Adam et Eve selon Marvin



                                          Paul Delvaux : " Aube sur la ville "




                                       ... accouchement sans douleur ...






                                           Yoga nu






dimanche 22 juillet 2018

Clin d'oeil à Jean Schwachhofer, alias Jean Reflets "




Je pourrais commencer à la manière de Jean d’Ormesson : « Oh ! vous savez, j’ai très bien connu Jean Schwachhofer ! ». Mais que nenni ! Un jour, dans les années '90, Jean a déboulé sur Gouvy et, la plupart d’entre nous, ne savions pas d’où il venait. L’homme avait une bonne bouille super sympa, enjoué à souhait, il avait de la répartie, il causait bien, quoi. Difficile vraiment de ne pas tomber sous le charme. Très vite, il s’est intégré à la vie de nos villages. Il s’est révélé comme un excellent animateur à Radio Beho, la radio locale qui, à l’époque avait la cote. Il ratissait large : le sport, le foot, les fêtes ici et là, bref il était partout avec une bonne humeur toujours égale. Jean écrivait également dans les journaux : « L’Avenir du Luxembourg », le journal publicitaire « Reflets », d’où son pseudonyme : les comptes-rendus des matches de foot, de nouveau sur les animations de nos villages. Il démarchait également pour obtenir des publicités auprès des commerçants aussi bien pour Radio Beho ( là en tant que bénévole) ou pour l’Avenir, d’autres journaux.
Jean était fan du Royal Football Club Liégeois, les " sang et marine ". Son idole était Robert Waseige à propos duquel il ne fallait rien dire de contraire sinon sa réplique légendaire tombait comme un couperet : «  Abruti ! ». D’ailleurs, ces deux-là se ressemblent comme des frères …
- Hé Jean Reflet, tu as vu : les Rouches ont encore gagné !
- Qui ça ?
- Les Rouches, le Standard ! 
 - Connais pas
Que de souvenirs homériques avec lui ! Partout et principalement dans les bistrots.
Mais il y avait le côté triste. Jean était un nomade. Que de fois je l’ai surpris dans sa voiture, prêt à y passer la nuit. Un hiver, il me dit «  Ca pince Jeangggg ! ». Il m’appelait ainsi, prenant l’accent marseillais : Jeangggg. Je l’invitais alors à entrer dans ma maison où, malgré le bordel, je pouvais lui trouver un lit, une couette, une couverture. Sans vouloir me vanter excessivement, combien de fois ne l’ai-je dépanné d’un billet ou deux. Cadeau, Jean !
Aujourd’hui, j’ai perdu un pote, un vrai, et j’en suis tout triste. Je ne regrette qu’une chose : ne pas avoir pris le temps de prendre un dernier verre avec lui, qui est pour moi le gage d’une grande amitié. Ce n’est que partie remise, en pensée, à Liège, le lieu de ta naissance, Jean .
Salut, mon pote !

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On nous prie d'annoncer le décès de monsieur Jean Schwachhoffer, né à Liège en 1949, décédé à Bastogne le 1 juillet 2018

En bonus, «  Mon pote le Gitan » :


                                                                                           Jean Catin, alias Catinus

samedi 21 juillet 2018

Sayaka Murata : " Konbini "





Sayaka Murata


Keiko Furukura est employée dans un konbini, soit une superette. Malgré son zèle et son abnégation dans l’entreprise, son entourage lui reproche plusieurs choses et pas des moindres, là-bas, au pays du soleil levant : elle a trente-cinq ans, célibataire, donc toujours pas mariée, sans enfant, même pas un amant ( elle n’est pas du tout portée sur « la chose »), elle se contente depuis 35 ans d’un emploi à temps partiel. Tout cela est assommant pour la pauvre Keiko, mais, résignée, elle laisse dire. Jusqu’au jour où un certain Shiraha, un homme du même âge, est embauché dans le konbini. L’homme n’y fait pas long feu car il passe son temps à draguer les clientes. Ce dernier et Keiko élaborent un plan qui étonnera bien du monde …
Un roman hyper japonais, 100 % banzaï, très envolé, très frais, avec beaucoup d’humour. Adorable !

Sayaka Murata est née en 1979 au Japon. Tout comme son héroïne, elle a travaillé pendant 18 ans dans une superette. Elle collectionne les prix dont le Akutagawa, l’équivalent du Goncourt.


Extrait :


*   Nous reprenons en chœur les paroles que le gérant crie à tue-tête :
- Nous jurons d’offrir aux clients le meilleur des services afin qu’il choisisse et chérisse toujours notre magasin.
- Bienvenue chez SmileMarkt !
- Veuillez m’excuser pour l’attente ! Merci de votre achat !

* Si j’ai bien compris, il vaut mieux pour l’humanité que je ne m’accouple pas avec Shiraha. N’ayant pas d’expérience dans ce domaine, je suis quelque peu soulagée, car ne n’étais pas pressée d’essayer. Je prendrai soin, jusqu’à la fin de mes jours, de ne pas disperser mes gênes par inadvertance, afin qu’ils disparaissent avec moi. Mais cette décision n’arrange rien à ma confusion. Que suis-je censée faire de ma vie ?

André Baillon : " Roseau "





Henri Boulant est un jeune adolescent qui tente de s’épanouir dans des collèges religieux, donc très stricts, de la Flandre profonde au début du XX ème siècle. Il est de santé fragile, rongé par les angoisses. De plus il est roux ce qui en fait le souffre-douleur de ses compagnons d’étude. Il parvient toutefois à progresser et à, plus ou moins, se sortir de ces (ses) marécages. A signaler qu’Henri connaîtra des amitiés dites « particulières » avec par exemple un certain Joseph. Il s’agit d’un roman où est certainement cachée une large part d’autobiographie.

Tout cela est bien écrit et attachant (à mon goût en tout cas, étant fan d’André Baillon).

Extraits :

- Je faisais alors le nécessaire pour mon scapulaire. Le scapulaire – le sait-on ? – se compose de deux rectangles de bure, reliés par des cordonnets que l’on pose à même la peau, l’un sur la poitrine, l’autre sur le dos. Il vous défend contre les dangers de toutes sortes. Si vous êtes, par exemple à la guerre, une balle le touche et ne va pas plus avant.

-  On m’avait confectionné de longues chemises de nuit, appelées des japons. Je m’enveloppais dans mon japon du cou aux pieds, puis m’allongeais sur le flanc les bras croisés sur ma poitrine, accrochant les doigts aux épaules afin qu’ils ne s’égarassent pas pendant mon sommeil sur des coins interdits. On dort très bien ainsi. Je ressemblais aux anges.
  
- Jésus a dit : celui qui rougira de moi, je rougirai de lui devant mon Père.

- J’ignorais comment les enfants viennent au monde, comment ils se font, mais je connaissais l’horrible geste d’un cousin qui avait fait jaillir devant moi ce qu’il appelait « la semence de bébé ».

-  En ce temps-là, on ne disait pas bicyclette ; on disait vélocipède. Quant aux paysans, en voyant filer cette machine inconnue que l’on chevauchait, ils disaient le cheval de fer en lui lançant des pierres comme s’ils voyaient le diable.

- Personne de notre classe n’avait la vocation religieuse. Le fait était rare : une rhétorique scandaleuse, disait le Bosse.




                                            Scapulaires

vendredi 20 juillet 2018

Liège en 1875





                                       Place Saint-Lambert en 1875



- «  La Meuse », mercredi 24 février 1875
Un jeune milicien a heureusement tiré un bon numéro. Il sera dispensé de service militaire … et son épouse également (voir article)

- « La Meuse », jeudi 25 février 1875
Un milicien de Liége fut pris de désespoir en tirant un mauvais numéro par tirage au sort. Il alla se précipiter la tête en avant dans la vitrine d’un magasin de la rue de la Régence. Le hic, c’est qu’il devra débourser 200 francs pour les dégâts occasionnés à la propriétaire du magasin

 - « La Meuse » vendredi 26 février 1875
Sur la place Verte dans un lieu couvert est exposée une galerie de vastes tableaux représentant divers tableaux de la guerre de 1870


- Jeudi 13 mars 1875
Les bienfaits de l’huile de foie de morue



- Lundi 3 mai 1875
Réclame « A la belle jardinière », rue de la Cathédrale, 41



- Vendredi 7 mai 1845
La mauvaise réputation des balayeuses liégeoises



- Mardi 18 mai 1875
Plusieurs ouvrages en vente à l’imprimerie du journal « La Meuse »

- Mardi 15 juin 1875
Les Dégrés du Péry continent à être occupés le dimanches pendant une bonne partie de la journée par des bandes de jeunes ouvriers jouant aux cartes et au jeu dit «petit paquet » dans lequel ils engagent des sommes relativement importantes

- Lundi 12 juillet 1875
Triomphe de la Légia à Gand. Elle a vraiment soutenu hier la réputation artistique de notre ville. Elle a remporté à Gand un magnifique succès

- Mercredi 20 octobre 1875
L’urinoir qui se situe au pied de la cathédrale est un des plus indécents qui existe en notre ville. Si l’on doit le maintenir, il serait urgent de l’entourer d’un paradécense. Les voisins et les passants s’en féliciteraient

- Dimanche 26 décembre 1875
Les réveillons de la nuit du 24 au 25 décembre ont été très animés et très bruyants. Selon l’antique usage, on a tiré des boîtes et des coups de pistolet pendant toute la nuit


Et tout particulièrement au quartier Sainte-Marguerite :


                                         Rue de la Salamandre en 1875



- «  La Meuse », mercredi 20 janvier 1875 Les prix de terrains augmente dans tous les quartiers de la ville. La rue Agimont fait exception. Vente des locaux des sourds-muets et aveugles

- « La Meuse », samedi 6 mars 1875
Sortie de charité des Fanfares de Fontainebleau. A midi, le cortège fera halte place St-Lambert où il donnera un concert

- « La Meuse », vendredi 30 juillet 1875
Le sieur Alphonse Duchesne, vicaire de la paroisse de Sainte-Marguerite est reconnu coupable de quatre attentats à la pudeur commis sans violence sur quatre petites filles dont trois était âgées de moins de 11 ans. Le prévenu vient d’être condamné à vingt-deux mois d’emprisonnement. (P.S. : dans un article datant du 7 octobre 1875, on y parle de 40 mois d’emprisonnement)



- Samedi 7 août 1875
Un terrible accident a eu lieu hier au faubourg Sainte-Marguerite

- Lundi 3 septembre 1875
Une foule extrêmement nombreuse s’était réunie hier en ce joli local de Fontainebleau pour écouter notre Cercle Choral La Légia qui a chanté avec une perfection rare deux chants interprétés à Gand en juillet

- Mardi 24 août 1875 On a commencé hier les travaux de construction d’égout au faubourg Sainte-Marguerite

- Samedi 28 août 1875
Jeudi, une charrette de moutons descendait rue Mont-Saint-Martin quand elle se brisa. Les animaux roulèrent pêle-mêle sur la voie. Ils se mirent aussitôt à bêler avec force, et ce concert dura plus d’une demi-heure, au plus grand déplaisir du voisinage le temps de réparer le véhicule et d’y réinstaller les …exécutants.

- Samedi 16 octobre 1875
Nous allons avoir un nouveau théâtre à Liége. On transforme , à Fontainebleau, le grand pavillon en une salle de spectacle

Merci au journal « La Meuse » !
Merci à la bibliothèque Ulysse Capitaine, en Féronstrée à Liège !

jeudi 19 juillet 2018

Aujourd'hui, ma mère aurait cent ans



                                           Ma mère et moi

Ma mère est née à Gouvy-village le 19 juillet 1918. Le 20 juillet, c’est la fête de sainte Marguerite : voilà un prénom tout trouvé.
 Cette photo fut prise à bord d’un bateau de plaisance au littoral belge, en compagnie également de mes trois sœurs, au mois d’août 1967 ou 1968. J’avais 16 ou 17 ans.
Je ne vais pas retracer ici la vie de ma mère.
Juste dire qu’il y a elle, et puis les autres ;
Qu’elle a, comme on dit, « mérité son paradis » ;
Lorsque je déambule dans le quartier Sainte-Marguerite à Lîdge, j’ai parfois l’impression qu’elle veille sur moi, ce qui n’est pas rien …
Joyeux anniversaire, maman !

mardi 17 juillet 2018

Jean Teulé : " Entrez dans la danse "



«  Une étrange épidémie a eu lieu dernièrement et s’est répandue dans Strasbourg de telle sorte que, dans leur folie, beaucoup se mirent à danser et  ne cessèrent jour et nuit, pendant deux mois sans interruption jusqu’à tomber inconscients. Beaucoup sont morts. »
                                                            Chronique alsacienne, 1519.

Au début de cet étrange roman, Jean Teulé s’attachent tout particulièrement à deux couples dont Melchior ( graveur) et Enneline qui ont noyé leur enfant puisqu’ils n’avaient plus rien à lui donner à manger (même plus le lait d’Enneline). Les trop nombreux « danseurs » sont parqués dans un endroit bien précis de la ville, puis emmenés extra muros où on les tue.

Tout cela vous glace le sang, mais c’est bien le but recherché par Jean Teulé qui en a fait sa spécialité à travers ses remarquables romans.

Extrait :

-  ( à propos des indulgences plénières) Trois kreutzers pour une année en moins de purgatoire après votre mort ! Trois kreutzers, seulement. Pour cent florins, quels qu’aient été vos péchés, c’est le paradis direct ! Qui n’achète rien va en chier au moment du Jugement dernier. (…) Le pape Léon X garantit un pardon du Seigneur à ceux qui participeront financièrement à la construction de Saint-Pierre de Rome ! (…) Sans règlement d’indulgence, vous serez enterrés hors des remparts de la ville, dans une terre non bénite et donc votre résurrection sera impossible.


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Jean Teulé presente :


lundi 16 juillet 2018

Oufti ! Le Père Hubert cause de moi dans la presse très-très locale liégeoise




J’esplique. Depuis 2011, je fais partie de l’équipe rédactionnelle de « Salut Maurice », le journal du quartier Sainte-Marguerite à Lîdge. Nous sommes une petite dizaine.En 2015, je fus désigné volontaire pour m’occuper du blog de ce même quartier dont certains d’entre vous connaissent l’existence via ma page facebook. C’est dans cette revue que « sévit » le Père Hubert. Avec d’autres personnes, il a donné naissance à « son » journal, il y de cela un peu plus de vingt ans. L’homme, lui, a presque septante-neuf ans et demi  là maintenant. Sa rubrique se nomme «  Les Hubertises ». Ses articles se veulent être un tantinet acerbes sur les bords (et les bords sont larges). Il va les regrouper et en faire un livre, incessamment sou peu. Or, il se fait qu’il cause de moi dans l’un ou l’autre de ses « délires ».

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1. Pour éclairer votre lanterne :

  Tovaritch Maurice, c’est donc notre journal qui égratigne quelques fois nos édiles communaux
 Willy, c’est Willy Demeyer, le bourgmess’ de Lîdge.
   Robert Ruwet est un écrivain-historien-liégeois, bien connu sur la place. Il est également mon collègue à «  Salut Maurice » et on va boire un pot à l’occasion.

Poutine

Poutine – Tes journaux, faut les coincer grave, Willy !  On m’a parlé d’un « Tovaritch Maurice ! » un peu remuant dans ta ville et qui te manque de respect. Par exemple,  des scribouilleurs comme ce Ruwet,  faut les éteindre.  Si tu veux, je te passe un flacon de polonium : deux gouttes dans sa bière et couic !
Willy -  Ruwet ne boit plus …
Poutine – Tes services secrets sont nazes, Willy.  Moi, j’ai des témoignages. Il se cache pour boire, le bougre !  Faudrait rajeunir les cadres de ta police communale.  Faut des gars plus jeunes et moins gros.  Et ce putain de Jean, tu le laisses faire ?
Willy – D’abord, c’est pas « putain », c’est « Catin ».  Et puis il n’est pas dangereux.  Il hante les bibliothèques… Il ne fait peur qu’aux vieux livres ! C’est un brave type.
Poutine – Ca n’existe pas les braves types.  Ils sont avec toi ou contre toi.  Il y a un hall d’entrée dans son building ?
Willy – Je crois que oui.
Poutine – Alors,  j’ai des spécialistes des halls d’entrée.  Ca prend dix secondes… Après, on fait une enquête et on ne trouve rien.
(…)

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2 . Pour éclairer votre lanterne :

Robert Ruwet est le même que celui déjà mentionné plus haut (des pareils, on n’en a fait qu’en un seul exemplaire, cô heureux !)
Jacques van de Weerdt est le fondateur de «  Salut Maurice » qui « commet » également un article intitulé «  le coin des aînés ». Ceux qui ont bien suivi savent maintenant qui se cache derrière le pseudo « Père Hubert ». Lui, ne veut pas que l’on divulgue qui se cache sous cette deuxième signature mais c’est un secret de polichinelle. Il n’y plus que lui qui ne sait pas que les autres savent (faut suivre, hein les mecs ..)

Martine à Liège

Bon, du comique, qu’ils disaient.  Parce que, avec les trucs philosophiques à deux balles de van de Weerdt, les sempiternelles rues à deux balles de Ruwet et les vieilles histoires à deux balles de Catin, pas sûr que les lecteurs se marrent !   Bon, ça fait 6 balles, j’ai vidé mon colt.

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3. Pour éclairer votre lanterne :

Joseph Deleuse est également un de mes collègues à « Salut Maurice ». Il est LE spécialiste de la Légia, cours d’eau qui descendait sur Liège (pour faire court).
L’hôpital Saint-Joseph va fermer en (septembre) 2019. J’y exerce un bénévolat à l’accueil depuis 2007. J’y suis également chirurgien … du cerveau à mes temps perdus.

C’est un grand navire

Ainsi en sera-t-il de St-Joseph, créé à l’origine pour soigner les mineurs accidentés, il y a cent ans, du temps où le charbonnage était l’industrie principale de notre région.  En ce temps-là, il y avait des « bonnes sœurs » avec leurs énormes voiles qui leur donnaient l’air d’hirondelles et qui gagnaient leur paradis en soignant les ouvriers... 
Mais, en 2018, plus de bonnes sœurs et plus d’hirondelles non plus !  La mondialisation et les pesticides !
Peut-être ces bâtiments finiront-ils comme les temples khmers, peu à peu envahis par la jungle ?  J’imagine Jean Catin ou Joseph Deleuse faisant visiter ces ruines à des groupes de touristes japonais : « ici, c’était la cafétéria, là, le bloc opératoire, là le présentoir des « Salut Maurice ! », attention, à gauche, un serpent ! … ».


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4. Pour éclairer votre lanterne :

Robert Ruwet a écrit (entre autres) jusqu’à ce jour plus de vingt livres qui racontent Liège que je vous recommande plus que vivement ( chez Noir Dessin, par exemple). Il a signé l’un deux « Liège en cinquante bistrots ». C’est dire s’il en connaît un bout sur la question. A côté, je ne suis qu’un amateur.

Le quartier se redresse

Les cafés.  Célébrés par Robert Ruwet et Jean Catin, ils ont des noms qui m’enchantent.  « Au bon coin », « Aux portes de Liège », « Au bienvenu », « Chez Christian », « Au Khéops ».  Et puis… et puis il y a (avait !) Wazobia !  Ah, mes amis, Wazobia, celui-là c’est le sommet. Wazobia c’est toute l’Afrique, le brame des éléphants dans la foret équatoriale, les femmes aux seins nus qui dansent en se tortillant, la nuit, autour des braseros, au son des tam-tams.  Ah, Wazobia, tu es comme une fusée qui s’envole de Ste-Marguerite vers la mystérieuse Afrique.