" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mercredi 27 juin 2018

Le séjour à Liège de Madame Longueville, les 11 et 12 juillet 1646


         Liège. Le Palais épiscopal et la Cathédrale Saint-Lambert au XVII è siècle



                                                Anne-Geneviève de Longueville


Anne- Geneviève de Bourbon, princesse de sang, aînée du Grand Condé, avait épousé en 1642, âgée de vingt-trois ans, Henri II d’Orléans, duc de Longueville qui en avait quarante-sept. Elle était célèbre alors pour son esprit et plus encore pour sa beauté. Elle voyagea dans notre pays, dont à Bruxelles, Namur et Liège. Ce qui suit est de la plume de Claude Joly, chanoine de l’église Notre-Dame à Paris.

« Le 11 juillet 1646, nous allâmes coucher au Liége, ville capitale de l’Estat des Liégeois, laquelle doit son nom de Legio, à ceux d’une Légion Romaine que les habitants du païs mirent en pièce avec cinq cohortes commandées par Cotta et Sabinus, ainsi que César en témoigne au 5. livre de ses Commentaires. D’autres luy donnant son nom d’un petit fleuve appelé Légie, qui aboutit dans la Meuse. L’on y parle encore communément le François, mais antique et grossier. La Meuse passe au travers de la ville, mais pas par son milieu car la partie qui est du costé gauche, en descendant où est le port, est bien plus grosse et plus peuplée que celle du costé droit. Il y avoit autrefois un Pont de pierre qui les joignoit ; mais à présent, il est rompu au milieu et il n’en reste plus que quelques arcades de chaque costé. Au lieu d’icheluy, l’on a fait au-dessous un pont de basteaux.
Dans la partie de la ville qui est à gauche, est une Eglise cathédrale, appelée S. Lambert laquelle est assez grande mais grossière et massive ; au-devant sont deux tours égalles, comme à Paris, mais plus petites. (…) Derrière le Chœur est le marché où il y a du costé de l’Eglise une Fontaine et de l’autre la statue d’un illustre Bourg-Maistre ; à un coin est l’Hostel de Ville. A costé gauche de l’Eglise est une grande place où est le Palais Episcopal  qui est fort beau.
(…)
L’Eglise Collégiale des Chanoines appelée S. Paul est assez belle. On me dit qu’il y avoit dans la Ville sept Chapitres.
En l’Eglise S. Jacques, où sont les religieux de Saint Benoist qu’on tient fort riches, il y a un Jubé et deux austels. Sur ce bras de la Meuse respondent les derrières des plus belles maisons de la Ville ; au-devant desquelles est une longue Rüe que l’on nous dit estre la principale.
La ville de Liége est vaste et assez peuplée mais de petit peuple. Le païs est fort fertile ; il y croît de forts bons bleds et quantité de charbons de pierre et de métaux ; d’où ils disent en commun proverbe, que leur pain est meilleur que le pain, leur feu plus chaud que le feu et le fer plus dur que le fer.
La Ville traitta au soir leurs Altesses à la mode du païs. C’est-à-dire de quantité de belles et bonne viandes et de confitures dorées, mais le tout si mal assaisonné à nostre goust, qu’on n’en pouvait manger. "

  Extraits d’un article de Léon Halkin, paru dans «  La revue de la vie wallonne illustrée » le 1 er trimestre 1950.

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