" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 28 avril 2018

Une pratique dégoûtante à Coo, au XIXe s – Le lancer de cochon… dans la cascade !




La coutume est rapportée par un certain Jules G., en 1843 :

« Les voyageurs que la mode, les vacances ou leurs rhumatismes amènent à Spa dans la belle saison manquent rarement d'aller visiter la fameuse cascade de Coo. La cascade de Coo est une assez jolie chute d'eau, de la hauteur d'une quarantaine de pieds environ que l'on rencontre dans la direction de Stavelot, à deux ou trois lieues de Spa.
Le pays que l'on parcourt pour y arriver est singulièrement aride et suffisamment pittoresque et accidenté. Aux approches de la cascade, les voyageurs sont assaillis d'une multitude de mendiants qui , en dépit du code pénal, exercent leur profession avec une remarquable impudence. D'ordinaire, lorsque vous avez bien contemplé la susdite chute d'eau, on vous fait la proposition d'y jeter, à votre intention , un cochon vivant. Pour une modique somme, vous pouvez vous procurer la satisfaction de voir un de ces pauvres animaux précipité dans la cascade, malgré ses rugissements aigus. Le flot l'entraîne avec la rapidité de l'éclair et la victime disparaît dans un gouffre sans fond, au milieu des flots d'écume que la chute soulève incessamment. Rassurez-vous cependant : au bout de deux minutes, le cochon reparaît sain et sauf, à cent pas de la chute, nageant fort tranquillement vers le rivage. Quelquefois cependant il ne reparaît pas du tout, et la pauvre bête se noie bel et bien. Les Anglais sont en général fort amateurs de ce petit spectacle et ils font souvent recommencer ce saut périlleux trois ou quatre fois de suite. Aussi les habitants du village de Coo qui vivent de leur cascade, comme les Suisses vivent des beautés pittoresques de leur pays, ont soin d'avoir toujours de nombreux cochons à la disposition des visiteurs. Les amateurs de statistique et d'économie politique nationales peuvent donc tenir pour certain, que les deux principales branches d'industrie de la commune de Coo sont la mendicité et l'immersion des cochons. La plupart de voyageurs après avoir suffisamment admiré la cascade et le grand drame du cochon précipité, retournent dîner à Spa avec des témoignages non équivoques d'une vive satisfaction. »

J’ignore depuis quand et combien de temps dura cet usage. Le journal « La Meuse » du 22/06/1868, faisait encore état de jets de chiens !



Merci à Georges Benoit pour son article publié sur sa page Facebook. 
Merci également à Aline André.

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