" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mercredi 11 avril 2018

Les cinq dates qui font que Liège n’a pas (peu) d’archives




Dans son préambule rédigé le 19 octobre 1909, Godefroid Kurth écrivait : « Il n’était pas facile d’écrire l’histoire de la Cité de Liège. Cette grande ville n’a pas d’archives. Cinq catastrophes marquées par les dates de 1212, de 1408, de 1467, de 1468 et de 1794 ont anéanti la plupart des documents qui auraient pu nous renseigner sur son passé. (…) Heureusement, un grand nombre de documents qui, à cause de leur qualité d’utilité quotidienne, ont été conservés ailleurs que dans le coffre de la Cité. »

Revenons à ces cinq dates maudites :

1. Guerres Brabant-Liège qui furent au nombre de treize, de  1204 à 1378. Du 3 au 7 mai 1212, Liège et la Hesbaye sont mises à sac par les troupes du duc Henri Ier de Brabant qui a bénéficié de l'absence de la noblesse liégeoise. Les églises ont particulièrement subi les ravages des pillards brabançons. Le chapitre cathédral de Liège publie un règlement imposant à toutes les églises du diocèse de déposer leurs reliques et crucifix au sol pour dénoncer la honte de ces actes.

2. Bataille d’Othée (Othée est une localité tout près de Liège), le 23 septembre 1408. Elle oppose une troupe de bourgeois et d'ouvriers liégeois à une armée commandée par le duc de Bourgogne Jean sans Peur, le comte Guillaume IV de Hainaut ainsi que le comte Guillaume II de Namur. La victoire de l'armée de Jean sans Peur est suivie d'une répression féroce. Outre les pertes sur le champ de bataille, Jean III, arrivé le lendemain de Maastricht, fait supplicier et exécuter les Hait-droits ainsi que les familles des nobles rebelles, dont la veuve d'Henri de Hornes. Toutes les chartes, franchises et libertés accordées à la cité de Liège sont supprimées. Les notables de la ville (baillis, prévôts, maires) sont désormais nommés par l'évêque. La cité doit payer une amende estimée à 220 000 écus.

3 et 4. Guerres de Liège de 1465 à 1468. Trois rébellions de la principauté de Liège contre le duché de Bourgogne.
En 1468, Charles le Téméraire dirigea une armée en direction de Liège pour mater une fois pour toutes la ville rebelle. Il était accompagné par le roi Louis XI de France. Plusieurs villes sur leur chemin furent pillées, y compris Tongres. Le 22 octobre, les cinq cents hommes d'une milice, qui avaient essayé d'arrêter les Bourguignons dans le village de Lantin, furent conduits dans une église et brûlés vifs. Vincent de Bueren organisa la défense de la ville de Liège et obtint quelques succès. Jean de Wilde fut mortellement blessé lors du raid du 26 octobre et mourut deux jours plus tard. Dans la nuit du 29 octobre, les Six cents Franchimontois sortirent furtivement de la ville et attaquèrent les Bourguignons, dans le but de tuer le duc et le roi. Le plan échoua et les 600 hommes, dont Vincent de Bueren et Gosuin de Streel, furent tous tués. Le lendemain, en guise de représailles, la ville de Liège fut mise à sac et incendiée. Outre les infrastructures religieuses et publiques, ne subsisteront que quelques édifices civils, dont notamment des maisons place Saint-Jacques et peut être en Féronstrée.

5. Révolution liégeoise en 1794. Les Autrichiens réoccupent Liège et ramènent le prince-évêque. Cette seconde restauration est de courte durée. Le 27 juillet 1794, les troupes autrichiennes quittent Liège après avoir bombardé et incendié le quartier d'Amercœur. Le dernier prince-évêque François-Antoine-Marie de Méan part en exil. Le Liégeois font à leur tour leur révolution, non sans dommages pour les archives  et qui entraîne la disparition de la principauté de Liège après huit siècles d'existence.

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