" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 17 avril 2018

Le trésor du Doyard à Bovigny





« Au 16è siècle, le village de Bovigny ne s’élevait pas à l’endroit où on le voit actuellement. Les timides chaumines, qui composaient l’agglomération, entouraient la charmante chapelle dédiée à saint Martin qui se dressait au lieu-dit « Doyard ».
Lors, en 1530 (environ), on sut qu’une bande de pillards rayonnait dans le pays de Houffalize. Un vieux bûcheron assembla les villageois du Doyard et leur conseilla de jeter leurs économies et leurs biens précieux dans la fondrière s’étendant près de l’église. L’idée fut trouvée excellente. Les cloches furent descendues de la tour et précipitées dans l’étang. Quant aux pièces d’argent, aux bijoux, aux croix d’or des aïeules, on les enferma dans un coffre qu’on immergea également sans oublier le pécule de chacun rassemblé dans une malle qui prit la même direction.
Un matin, les gueux cernèrent l’agglomération et commencèrent le pillage systématique. Leur colère fut au comble lorsqu’ils s’aperçurent que tout objet de valeur avait disparu. Ils se retournèrent contre les paysans qu’ils assaillirent à coups de hache. Quelques-uns d’entre eux purent seuls échapper au massacre et les bois voisins leur offrirent un asile discret.
Avant de se retirer, les huguenots incendièrent le hameau. Quand le calme refleurit dans la contrée, les fuyards fondèrent Bovigny. Les trésors confiés devinrent, suivant une antique croyance populaire, la proie du diable.
Bien des années plus tard, un curé  de Bovigny résolut de se rendre maître du bien. Pour remplir sa mission, il s’assura le concours de deux hommes déterminés (NDRL : dont, semble-t-il, un certain sieur Catin). Le prêtre les prévint qu’ils « allaient voir et entendre des choses effrayantes, comme ils n’en s’en rencontre guère sur terre ».

Pour faire court ... :

A minuit sonnant, le curé s’arrêta sur le bord de l’étang (…) Une tempête s’éleva et mugit dans les bois. Des cliquetis déchirèrent l’air et l’on perçut le bruit d’une fournaise infernale.(…) Pendant l’ouragan, parut un taureau noir de taille démesurée qui avançait par bonds désordonnés. (…) Au même instant, le groupe fut encerclé de flammes tournoyantes.(…) L’onde de l’étang se mit à bouillir et le coffre apparut au-dessus des flots. (…) Et maintenant, le trésor n’était plus qu’à quelques pas de la rive. Un des acolytes, pareil à Perette de la fable, s’écria : «Enfin, nous le tenons ! » Mal lui en prit ! Des mains invisibles plurent sur les malheureux qui glissèrent dans l’inconscience. Quand ils reprirent leurs esprits, moulus, brisés, ils eurent grand peine à regagner leurs demeures. Le diable s’était montré plus fort. Il conservait le magot. »

                                                                  George Laport

NDLR : aux jours d’aujourd’hui (avril 2018), le trésor n’a toujours pas été trouvé. Avis aux amateurs !

Extraits de la revue « La Vie Wallonne illustrés », 15 juillet 1930.

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