" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 28 avril 2018

Keigo Higashino : " Le dévouement du suspect X "




Yasuko Hanaoka, une jeune femme, est harcelée par son mari dont elle a pourtant divorcée. Elle habite avec, Misato, sa fille, une jeune adolescente. Alors que l’importun vient une nouvelle fois quémander de l’argent, Misato lui assène un coup sur le crâne ; mais il en faut plus : Yasuko saisit le cordon électrique de la chaufferette et étrangle son ex, jusqu’à ce que mort s’ensuive. Ishigami, le voisin, des deux meurtrières a tout entendu. Et vu qu’il est secrètement épris de Yasuko, il propose de s’occuper du cadavre. « Vous pouvez compter sur ma logique » pour écarter tout danger lors de l’enquête, déclare-t-il. Mais attention, deux inspecteurs débarquent pour faire de l’excès de zèle :  en tant que bons policiers, ils vont non seulement s’attarder sur des détails mais sur d’infimes détails. A signaler que l’on cause pas mal de maths dans cet excellent polar japonais (dont la morale est sauve
).

Une pratique dégoûtante à Coo, au XIXe s – Le lancer de cochon… dans la cascade !




La coutume est rapportée par un certain Jules G., en 1843 :

« Les voyageurs que la mode, les vacances ou leurs rhumatismes amènent à Spa dans la belle saison manquent rarement d'aller visiter la fameuse cascade de Coo. La cascade de Coo est une assez jolie chute d'eau, de la hauteur d'une quarantaine de pieds environ que l'on rencontre dans la direction de Stavelot, à deux ou trois lieues de Spa.
Le pays que l'on parcourt pour y arriver est singulièrement aride et suffisamment pittoresque et accidenté. Aux approches de la cascade, les voyageurs sont assaillis d'une multitude de mendiants qui , en dépit du code pénal, exercent leur profession avec une remarquable impudence. D'ordinaire, lorsque vous avez bien contemplé la susdite chute d'eau, on vous fait la proposition d'y jeter, à votre intention , un cochon vivant. Pour une modique somme, vous pouvez vous procurer la satisfaction de voir un de ces pauvres animaux précipité dans la cascade, malgré ses rugissements aigus. Le flot l'entraîne avec la rapidité de l'éclair et la victime disparaît dans un gouffre sans fond, au milieu des flots d'écume que la chute soulève incessamment. Rassurez-vous cependant : au bout de deux minutes, le cochon reparaît sain et sauf, à cent pas de la chute, nageant fort tranquillement vers le rivage. Quelquefois cependant il ne reparaît pas du tout, et la pauvre bête se noie bel et bien. Les Anglais sont en général fort amateurs de ce petit spectacle et ils font souvent recommencer ce saut périlleux trois ou quatre fois de suite. Aussi les habitants du village de Coo qui vivent de leur cascade, comme les Suisses vivent des beautés pittoresques de leur pays, ont soin d'avoir toujours de nombreux cochons à la disposition des visiteurs. Les amateurs de statistique et d'économie politique nationales peuvent donc tenir pour certain, que les deux principales branches d'industrie de la commune de Coo sont la mendicité et l'immersion des cochons. La plupart de voyageurs après avoir suffisamment admiré la cascade et le grand drame du cochon précipité, retournent dîner à Spa avec des témoignages non équivoques d'une vive satisfaction. »

J’ignore depuis quand et combien de temps dura cet usage. Le journal « La Meuse » du 22/06/1868, faisait encore état de jets de chiens !



Merci à Georges Benoit pour son article publié sur sa page Facebook. 
Merci également à Aline André.

mardi 24 avril 2018

Le beffroi de Liège - Le Cabaret wallon - La Croix de la Légion d'honneur à Liège en 1919



                                                              Le beffroi de Liège
                              à ériger devant le Palais de Princes-Evêques, place St-Lambert
                                 ( actuellement place Tivoli)


Sous le titre «  Un monument commémoratif de la défense nationale à ériger à Liège », la revue « L’Emulation », organe de la Société centrale d’architecture de Belgique, a publié un article dans ce sens en 1921. (…) Le projet du beffroi était conçu par les trois Liégeois, M.M. Jos. Remouchanps, Paul Jaspar et Georges Petit.


Source : la revue « La vie Wallonne illustrée » de 1922.




                                                                La Tour de 1914

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                                             Le Cabaret Wallon de Liège


« On n’a pas perdu le souvenir du Cabaret Wallon  installé dans le quartier du Vieux-Liège de notre exposition de 1905. Ce cabaret jouit d’une vogue énorme. Là, tout en buvant la goutte, en écoutant de joyeux artistes chanter d’entraînants couplets et, quand le refrain s’y prêtait, on y allait en chœur au point de faire tituber de joie la maison en carton-pâte qui abritait tant de compères. »
                                                     Mestré, La Meuse, 14-01-1908


Source : «  La Vie Wallonne illustrée », 15 septembre 1921









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La Croix de La Légion d'Honneur à Liège


Les fêtes la remise de la Croix de la Légion d’Honneur Française à la Ville de Liège ont eu lieu des 23 au 26 juillet 1923

Source des photos : «  La vie Wallonne illustrée » du 15 janvier 1924.
Un article plus long sur ce sujet, c’est par ici :








lundi 23 avril 2018

France Guillain : " Le bonheur d'être nu "





En 250 pages, Francine Guillain fait le tour du naturisme : dans l’antiquité, les habits qui sont une entrave et/ou un déguisement, la honte du sexe, se raser ou pas, le vivre ensemble, des hommes et des femmes, naturisme mode d’emploi, etc. C’est très bien, mais on a souvent l’impression, en lisant ce livre, que les naturistes habitent dans le pays de bizounours (ce qui est faut, hypocrite et agaçant vu que le milieu est cloisonné, comme tout milieu qui se respecte).

Extraits :

-  La guerre « au cheveu » ne date pas d’hier. Les femmes ne peuvent entrer « en cheveux » dans une église que depuis trente ans (note : ce livre a été publié en 1997). Dans bien des pays du monde, elles doivent se dissimuler sous un voile : ils sont jugés trop sensuels.

-  La bouche est parfois désignée comme un sexe, c’est pourquoi certaines religions exigent qu’elle soit cachée. Curieusement, ce sont les hommes qui vivent auprès de ces femmes voilées qui se laissent le plus volontiers pousser la moustache et la barbe, exhibant ainsi leur propre bouche au milieu d’un ensemble pileux qui n’est pas sans évoquer le sexe qu’ils entendent ne pas vouloir suggérer dans la rue.

jeudi 19 avril 2018

Liège en 1871, témoin du conflit franco-prussien





Boulevard de la Sauvenière en 1871
Remarquez les rails du " chemin de fer américain "




                                           " Le Rasoir " journal satirique en 1871




- « La Meuse », dimanche 19 mars 1871
Napoléon III passera aujourd’hui dimanche à 10h45 du soir à la gare des Guillemins. Le train ne s’arrêtera pas. L’ex-Empereur va s’embarquer à Ostende
(plus tard) : En fait, l’Empereur se trouvait dans la diligence du Comte de Flandres



- « La Meuse », mardi 21 mars 1871
Décidément, les journalistes n’auront pas de repos …

-« La Meuse », jeudi 30 mars 1871
A partir d’aujourd’hui, tous les soirs à partir de 7 heures, le Père Félix donnera à l’église Saint-Paul une suite d’instructions destinées aux hommes. Les dames cependant ne sont pas exclues de ces réunions. Seulement, la grande nef du milieu de la cathédrale est réservée aux messieurs

- « La Meuse », 4 avril 1871
Il est passé hier en notre ville une centaine de personnes appartenant à des familles allemandes et qui se sont empressées de quitter Paris à cause des derniers événements. La nuit dernière, 11 prisonniers français, venant de Stettin, sont arrivés en notre ville et sont allés demander l’hospitalité au poste de permanence de police à l’Hôtel de Ville, ce qui leur a été accordé.

- Samedi 16 avril 1871
Nous avons une excellente nouvelle à annoncer aux amis des études historiques liégeoises ainsi qu’aux lettres wallonnes. M. Ulysse Capitaine a légué à la ville de Liège sa bibliothèque et ses collections. (…) Ulysse Capitaine est mort à Rome le 31 mars dernier. Sa dépouille mortelle a été ramenée il y a quelques jours et ses funérailles ont eu lieu ce 18 avril.

- Mercredi 10 mai 1871
Liége en se réveillant ce matin a appris qu’un incendie venait de détruire une grande partie de la gare des Guillemins (…) On vient de nous dire qu’on attribue à une fuite de gaz la cause de ce sinistre

- Lundi 5 juin 1871
Samedi vers minuit, 300 soldats français venant de la Prusse sont arrivés en notre ville. Ils sont partis hier matin pour regagner leur patrie

- Jeudi 15 juin 1871
Les travaux pour l’établissement du chemin de fer américain en notre ville vont commencer. La mise en circulation de ce chemin de fer américain sera livrée vers la fin de septembre prochain



- Mardi 20 juin 1871
De nombreux soldats prisonniers français ont logé sur les boulevards

- Mardi 25 juillet 1871
Hier, un énorme train, venant d’Allemagne et se dirigeant vers la France, est entré en gare des Guillemins. Ce train se composait de 33 voitures et contenait 267 malheureux soldats français assez sérieusement blessés

- Mercredi 20 septembre 1871
La bibliothèque populaire compte aujourd’hui 6.511 ouvrages. 9 .217 lecteurs ont emprunté des ouvrages durant la période 1870-71

- Lundi 30 octobre 1871
Dix-huit vigoureux chevaux trainaient hier, vers la station des Guillemins, une magnifique locomotive du poids de 60.000 kilogrammes sortant des ateliers de St-Léonard


                                             Cliquez pour mieux voir !

- Samedi 11 novembre 1871
Maisons recommandées à Liége




- Vendredi 24 novembre 1871
Les voitures du chemin de fer américain ont fait aujourd’hui pour la première fois leur apparition dans l’intérieur de notre ville. Tout le monde a admiré les formes élégantes et légères de cette nouvelle traction chevaline

- Lundi 18 décembre 1871
Premier accident mortel provoqué par le chemin de fer américain. Au boulevard d’Avroy à la hauteur des Augustins, M. Melotte glissa sur la neige et tomba sur la voie. Au même instant arrivait l’omnibus du chemin de fer. Les chevaux empêchèrent le conducteur de voir. Un des amis de M. Mélotte présent cria d’arrêter. Le conducteur serra le frein mais c’était trop tard. M. Mélotte roula sous la voiture d’où on le retira le crâne fracassé, il avait cessé de vivre.

- Mercredi 27 décembre 1871
Combats de coqs. On sait que les combats livrés par des animaux, y compris les coqs, sont maintenant défendus par notre Code Pénal. (…) On nous a assuré que de semblables infractions aux lois ont été signalées et qu’elles devraient se renouveler.



Et tout particulièrement au quartier Sainte-Marguerite :


- « La Meuse », samedi 4 février 1871
Atelier photographique Walter Damry, Mont-St-Martin, 27



- « La Meuse » vendredi 31 mars 1871
Assassinat et suicide rue Hocheporte

- « La Meuse », lundi 24 avril 1871
La petite vérole fait encore de grands ravages dans notre population ouvrière. On nous assure que la famille Sch… du faubourg Ste-Marguerite vient de perdre en quelques jours six personnes, victimes de l’épidémie régnante.



- Jeudi 25 mai 1871
Le chemin de fer intérieur. Le tunnel qui passe sous le mont St-Martin à partir de la rue Table de Pierre a déjà occasionné de jolis dégâts aux habitations de ces rues



- Jeudi 29 juin 1871
Grand bal à l’établissement de Fontainebleau



- Samedi 15 juillet 1871
A l’occasion de la fête de Ste-Marguerite, grands bals




- Samedi 23 décembre 1871
Au Bon Marché - Delhaize Frères, rue St-Séverin, 27

Merci au journal «  La Meuse » !
Merci à la bibliothèque Ulysse Capitaine, en Féronstrée à Liège !

mardi 17 avril 2018

Le trésor du Doyard à Bovigny





« Au 16è siècle, le village de Bovigny ne s’élevait pas à l’endroit où on le voit actuellement. Les timides chaumines, qui composaient l’agglomération, entouraient la charmante chapelle dédiée à saint Martin qui se dressait au lieu-dit « Doyard ».
Lors, en 1530 (environ), on sut qu’une bande de pillards rayonnait dans le pays de Houffalize. Un vieux bûcheron assembla les villageois du Doyard et leur conseilla de jeter leurs économies et leurs biens précieux dans la fondrière s’étendant près de l’église. L’idée fut trouvée excellente. Les cloches furent descendues de la tour et précipitées dans l’étang. Quant aux pièces d’argent, aux bijoux, aux croix d’or des aïeules, on les enferma dans un coffre qu’on immergea également sans oublier le pécule de chacun rassemblé dans une malle qui prit la même direction.
Un matin, les gueux cernèrent l’agglomération et commencèrent le pillage systématique. Leur colère fut au comble lorsqu’ils s’aperçurent que tout objet de valeur avait disparu. Ils se retournèrent contre les paysans qu’ils assaillirent à coups de hache. Quelques-uns d’entre eux purent seuls échapper au massacre et les bois voisins leur offrirent un asile discret.
Avant de se retirer, les huguenots incendièrent le hameau. Quand le calme refleurit dans la contrée, les fuyards fondèrent Bovigny. Les trésors confiés devinrent, suivant une antique croyance populaire, la proie du diable.
Bien des années plus tard, un curé  de Bovigny résolut de se rendre maître du bien. Pour remplir sa mission, il s’assura le concours de deux hommes déterminés (NDRL : dont, semble-t-il, un certain sieur Catin). Le prêtre les prévint qu’ils « allaient voir et entendre des choses effrayantes, comme ils n’en s’en rencontre guère sur terre ».

Pour faire court ... :

A minuit sonnant, le curé s’arrêta sur le bord de l’étang (…) Une tempête s’éleva et mugit dans les bois. Des cliquetis déchirèrent l’air et l’on perçut le bruit d’une fournaise infernale.(…) Pendant l’ouragan, parut un taureau noir de taille démesurée qui avançait par bonds désordonnés. (…) Au même instant, le groupe fut encerclé de flammes tournoyantes.(…) L’onde de l’étang se mit à bouillir et le coffre apparut au-dessus des flots. (…) Et maintenant, le trésor n’était plus qu’à quelques pas de la rive. Un des acolytes, pareil à Perette de la fable, s’écria : «Enfin, nous le tenons ! » Mal lui en prit ! Des mains invisibles plurent sur les malheureux qui glissèrent dans l’inconscience. Quand ils reprirent leurs esprits, moulus, brisés, ils eurent grand peine à regagner leurs demeures. Le diable s’était montré plus fort. Il conservait le magot. »

                                                                  George Laport

NDLR : aux jours d’aujourd’hui (avril 2018), le trésor n’a toujours pas été trouvé. Avis aux amateurs !

Extraits de la revue « La Vie Wallonne illustrés », 15 juillet 1930.

lundi 16 avril 2018

Line Alexandre : " L'Enclos des Fusillés "




Deux bébés, d’origine africaine, sont retrouvés morts dans l’Enclos des fusillés, un endroit situé tout près de la Citadelle de Liège. Le juge Gabrielle Werner, secondée par les inspecteurs Ravel et Tan, commence l’enquête dans un bar tenu par un certain Sylvio et Marie-Baptiste sans oublier Léopold (un drôle de coco, celui-là). Puis la piste s’élargit. En effet, c’est un plus compliqué que prévu …

Un bon p’tit polar, bien ficelé, qui vous fiche froid dans le dos …

Line Alexandre est Liégeoise, romaniste et enseignante ; elle a déjà signé quelques livres et nouvelles.

Extraits :

* - « Et vous croyez tout ce qu’on vous raconte ? Vous êtes rafraîchissante de naïveté »
    - «  Cela m’aide à vivre »

*  Gabrielle le rassura, chacun était bien outillé pour faire son malheur soi-même.

*  Le père, il en avait profité pour se tailler. Faut croire que c’est ce que les hommes savent le mieux faire.

*  ( Marcy est une fille qui été adoptée très tôt)  Oui, Marcy était derrière la porte. Elle m’avait dit Ne me rends pas, ma Maman, elle avait toujours peur que je la rende comme une marchandise avariée qui ne donne pas satisfaction

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Une vidéo de présentation :


vendredi 13 avril 2018

Maurice Kunel : " Verlaine et Rimbaud en Belgique "




Il existe de nombreux ouvrages sur Verlaine et Rimbaud. Celui-ci, donc, a la particularité de raconter, avec verve, les séjours belges des deux poètes, des deux compères - des deux amants … -. En Belgique mais également à Londres.
 Tout cela est bien dépeint, est agréable à lire.
 Peu de chose sur internet à propos de l’auteur : Maurice Kunel. Il a écrit de nombreux livres dont : « Baudelaire en Belgique », « La vie de César Frank », «  Félicien Rops, sa vie son œuvre », … disponibles à la bibliothèque des Chiroux. ( je me demande s’il n’était pas Liégeois …)


Extraits :

-  ( Le 10 juillet 1873, à Bruxelles, Verlaine tire sur Rimbaud . Il est arrêté, jugé et condamné à deux ans de réclusion à la prison de Mons)
Au Palais de Justice de Bruxelles :
«  Attendu que la correspondance de Verlaine établit, en outre, que ce dernier avait des relations infâmes avec le jeune homme ( Rimbaud)
  * ( à confesse)  le prêtre demande à Verlaine : «  Vous n’avez jamais «  été » avec les animaux ?
Sur la réponse négative qui lui fut faite par un front humble et contrit, Verlaine reçut sa bénédiction.

*  Le samedi 4 mars, Verlaine doit donner une conférence à la Société de l’Emulation à Liège :
-  Verlaine : « J’ai traversé Liège, avec Rimbaud, il y a exactement vingt ans, en mai 1873, le jour même de la chute de M. Tiers. Cela ne me rajeunit guère. Votre ville n’a pas changé. Pourquoi l’aurait-elle fait ? N’a-t-elle pas toujours son Palais de Justice, son Mont-de-Piété, ses bords admirables de Meuse ? »

-  Mais on lui parla de nos petits vignobles des côtes de Vivegnis, de Cointe et de Sclessin, et aussitôt son attention détournée, il ne songea plus qu’à déguster sur place ce petit bourgogne un peu dur et guilleret. L’après-midi, on héla une voiture ouverte, gagna le Thier-à-Liège, où se cultivaient encore quelques ceps, et but, dans un cabaret mosan, le jus de la treille.

-  La dernière étape fut le café de la Renaissance, rendez-vous des gens d’art, au passage Lemonnier. Verlaine continua d’y boire des absinthes qu’il préparait avec onction et science, et cela à l’heure même où l’attendait à l’Emulation.

- Ce fut pire encore quand l’auteur, qui devait dire des « fragments de son œuvre poétique », poursuivit sa causerie en bredouillant de plus en plus, car, achevant de cuver son vin, Verlaine, visiblement luttait contre la somnolence qui le gagnait. Les organisateurs étaient atterrés.

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En bonus :

* Barbara : «  Absinthe » :

* Léo Ferré chante «  Ma Bohème » d’Arthur Rimbaud :

* Léo Ferré chante «  Chanson d’automne » de Paul Verlaine


" Ma bohème " d'Arthur Rimbaud





C'est ce qu'on peut appeler un poème plus-que-parfait ...



Ma Bohème

Arthur Rimbaud

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !
Mon unique culotte avait un large trou.
– Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !
Arthur Rimbaud, Cahier de Douai (1870)

L'atelier Jean Dossogne à Gouvy dans les années '20









«  Je suis née en 1922 à Gouvy dans la maison familiale, route d’Ourthe. Mes parents se sont mariés en 1916. Vers 1918, mon père et Maurice Boulanger, tous deux tailleurs de pierre à Sprimont, décidèrent de s’installer à Gouvy. Chez nous, la taille de la pierre était une affaire de famille. Mon père avait six frères, sur les quatorze enfants qu’ils étaient. Les six frères étaient tailleurs de pierre.

(…)
La carte postale illustrée intitulée «  Gouvy, rue de la Gare » montre le chantier de mon père, là où se trouvait, jusque récemment, la quincaillerie Lecomte. On l’y voit assis, dos à la maison familiale que nous louions, son chien dans les bras. Ma mère, pendant ce temps, tenait un commerce dans la maison familiale. Sur la photo où nous nous trouvons elle et moi, dans l’embrasure de la porte, on peut voir trois publicités : Boule Nationale (d’Odon Warland), Belga et Set (cigarette spéciale John Thomas). A gauche de la porte, une plaque renseigne : «  Jean Dosogne, monuments et bâtiments ».

(..)
Vers 1927, quittant l’emplacement du chantier rue de la gare, il installa celui-ci route d’Ourthe, là où sera construit le magasin de jouets Désert. (…) Nous quittons Gouvy en 1930 pour Vielsalm."

                     Extraits de l’article «  A Gouvy dans les années ’20, autour de l’atelier de Jean Dossogne », récit signé Claire Lommers-Dossogne à Courtil-Bovigny, le 6 avril 2013.
Paru dans «  Glain et Salm – Haute Ardenne » n° 71, novembre 2013

mercredi 11 avril 2018

Les cinq dates qui font que Liège n’a pas (peu) d’archives




Dans son préambule rédigé le 19 octobre 1909, Godefroid Kurth écrivait : « Il n’était pas facile d’écrire l’histoire de la Cité de Liège. Cette grande ville n’a pas d’archives. Cinq catastrophes marquées par les dates de 1212, de 1408, de 1467, de 1468 et de 1794 ont anéanti la plupart des documents qui auraient pu nous renseigner sur son passé. (…) Heureusement, un grand nombre de documents qui, à cause de leur qualité d’utilité quotidienne, ont été conservés ailleurs que dans le coffre de la Cité. »

Revenons à ces cinq dates maudites :

1. Guerres Brabant-Liège qui furent au nombre de treize, de  1204 à 1378. Du 3 au 7 mai 1212, Liège et la Hesbaye sont mises à sac par les troupes du duc Henri Ier de Brabant qui a bénéficié de l'absence de la noblesse liégeoise. Les églises ont particulièrement subi les ravages des pillards brabançons. Le chapitre cathédral de Liège publie un règlement imposant à toutes les églises du diocèse de déposer leurs reliques et crucifix au sol pour dénoncer la honte de ces actes.

2. Bataille d’Othée (Othée est une localité tout près de Liège), le 23 septembre 1408. Elle oppose une troupe de bourgeois et d'ouvriers liégeois à une armée commandée par le duc de Bourgogne Jean sans Peur, le comte Guillaume IV de Hainaut ainsi que le comte Guillaume II de Namur. La victoire de l'armée de Jean sans Peur est suivie d'une répression féroce. Outre les pertes sur le champ de bataille, Jean III, arrivé le lendemain de Maastricht, fait supplicier et exécuter les Hait-droits ainsi que les familles des nobles rebelles, dont la veuve d'Henri de Hornes. Toutes les chartes, franchises et libertés accordées à la cité de Liège sont supprimées. Les notables de la ville (baillis, prévôts, maires) sont désormais nommés par l'évêque. La cité doit payer une amende estimée à 220 000 écus.

3 et 4. Guerres de Liège de 1465 à 1468. Trois rébellions de la principauté de Liège contre le duché de Bourgogne.
En 1468, Charles le Téméraire dirigea une armée en direction de Liège pour mater une fois pour toutes la ville rebelle. Il était accompagné par le roi Louis XI de France. Plusieurs villes sur leur chemin furent pillées, y compris Tongres. Le 22 octobre, les cinq cents hommes d'une milice, qui avaient essayé d'arrêter les Bourguignons dans le village de Lantin, furent conduits dans une église et brûlés vifs. Vincent de Bueren organisa la défense de la ville de Liège et obtint quelques succès. Jean de Wilde fut mortellement blessé lors du raid du 26 octobre et mourut deux jours plus tard. Dans la nuit du 29 octobre, les Six cents Franchimontois sortirent furtivement de la ville et attaquèrent les Bourguignons, dans le but de tuer le duc et le roi. Le plan échoua et les 600 hommes, dont Vincent de Bueren et Gosuin de Streel, furent tous tués. Le lendemain, en guise de représailles, la ville de Liège fut mise à sac et incendiée. Outre les infrastructures religieuses et publiques, ne subsisteront que quelques édifices civils, dont notamment des maisons place Saint-Jacques et peut être en Féronstrée.

5. Révolution liégeoise en 1794. Les Autrichiens réoccupent Liège et ramènent le prince-évêque. Cette seconde restauration est de courte durée. Le 27 juillet 1794, les troupes autrichiennes quittent Liège après avoir bombardé et incendié le quartier d'Amercœur. Le dernier prince-évêque François-Antoine-Marie de Méan part en exil. Le Liégeois font à leur tour leur révolution, non sans dommages pour les archives  et qui entraîne la disparition de la principauté de Liège après huit siècles d'existence.

dimanche 8 avril 2018

Honoré de Balzac : " Le curé de Tours "




L’abbé Birotteau apprend qu’il sera sans doute bientôt nommé chanoine, ce qui lui ravit le cœur. Comme un bonne nouvelle ne vient jamais seule, mademoiselle Gamard lui propose de lui louer l’appartement de l’abbé Chapeloud qui vient de décéder. Un appartement que l’abbé Birotteau convoite depuis longtemps (notez que la convoitise est un péché mais véniel seulement). La première année, tout se passe bien mais dès la seconde, Melle Gamard prend notre bon curé en grippe (entre autre parce qu’il préfère aller jouer aux cartes chez madame Salomon). C’est alors la longue descente, si pas aux enfers, du moins au sépulcre de notre bon, naïf et faible Birotteau.

Du bon Balzac avec tout ce qu’il faut !

vendredi 6 avril 2018

René Henoumont : " Un jardin à la campagne "





Premier recueil (*) des innombrables billets parus à l’époque dans le « Soir illustré » sous la signature du journaliste et romancier liégeois, René Henoumont. Des livres du terroir pareils, je suppose qu’on n’en écrit plus. Celui-ci fait souvent un constat bien pénible puisqu’il nous cause des animaux, de fleurs, de plantes, disparus de nos contrées, trucidés par la pollution, les engrais, les produits chimiques, tels les lièvres, les moineaux, les hirondelles, les épinoches, etc. Heureusement les chats, le chien, un hérisson, un crapaud, un lapin sauvage + quelques êtres humains (dont le célèbre Bardoumont) redonnent sourire et gaieté à notre écrivain ainsi qu’à nous, ses lecteurs, par le fait même.

(*) Le second s'appelle " Allons voir si la rose ".


Extraits :

-  Il avait raison de m’assurer que le poireau de Liège (qui figure dans le Larousse) était le meilleur du monde pour la longueur de son fût et sa saveur. J’ai essayé toutes les espèces : le monstrueux de Carentan, le long de Mézières et le gros court de Gennevilliers, aucun ne vaut le principautaire.

- Il y a une confrérie du repiqueur de poireaux de Tilff-sur-Ourthe. Est-il un jardin de Wallonie où il n’y a pas de modestes poireaux ? Et puis, tout de même, un des grands détectives belges, ne l’oubliez pas, s’appelle Hercule Poirot !

- C’est que notre littérature, à l’image de la Wallonie, est totalement enclavée. Pays de clochers et de citadelles, la Wallonie est une mosaïque qui n’a pas trouvé son homogénéité, n’en déplaise à certains. Liège ignore Namur, Mons regarde de travers Charleroi et Arlon est une ville oubliée au bout du Luxembourg.

- « - Vous n’êtes qu’une tête de houille bornée et poreuse ! »
  « - Et vous un âne ardennais buté. Je vous maudis ; que vos enfants, durant vingt-sept générations, aient des têtes de chien et des queues de lézard ! »

- Ah ! il va cracher sur mon tabac de la Semois et jurer ses grands dieux que l’Obourg est le meilleur tabac du monde ! Nos conversations tabagiques ont fait fuir, l’autre jour, une amie de mon épouse qu’un soupçon de fumée de pipe fait tomber dans les pommes. Elle nous a traité de vieux jambons d’Ardenne ! J’ai trouvé ça plutôt flatteur, car du jambon d’Ardenne, du vrai, fumé au genévrier et au genêt, on n’en trouve plus, sauf … Je garde la bonne adresse !

mercredi 4 avril 2018

Trois portraits : Jules-Richard Scheurette, Jean-Henri Evrard, Hubert Debra





« Jules-Richard Scheurette est enfant d’une famille déjà établie à Gouvy au 17 è siècle. C’est à un grand-oncle, l’abbé Jacques Scheurette, que l’on doit la très belle église Saint-Aubin, frappée deux fois de ses armes. Jules-Richard Scheurette, célibataire, est receveur de l’Enregistrement. Il s’est fait portraituré par N. Hendrick en mars 1896. Il a 47 ans. Son frère, le docteur Scheurette, a fait construire, légèrement plus haut, une maison imposante avec dépendance. Jules-Richard Scheurette mourra à Gouvy le 29 octobre 1904 à l’âge de 55 ans. La descendance familiale s’est prolongée, entre autres, dans les familles Entringer et De Potter. »

Extrait d’un article paru dans la revue « Glain et Salm-Haute Ardenne » numéro 66, mai 2011

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« Jean-Henri Evrard est né à Cierreux (maison Mattart) le 6 avril 1806. Il a vécu toute sa vie dans la maison et y est mort à quatre-vingt ans le 7 février 1887. Officiellement repris comme cultivateur, il était plutôt menuisier. »

Extrait d’un article paru dans la revue «  Glain et Salm – Haute Ardenne » numéro 60, décembre 2009

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« Epitaphe latine du curé Debra à Bovigny. Le monument funéraire de l’abbé Hubert-Joseph Debra, curé de Bovigny de 1834 à 1876, se trouve aujourd’hui contre le chœur de l’église du lieu, côté nord. »

Extrait d’un article paru dans la revue « Glein et Salm-Haute Ardenne » , numéro 59, décembre 2003

Merci au Centre de documentation de la Vie wallonne, Cour des Mineurs à Liège !

mardi 3 avril 2018

Liège en 1870 , témoin de la guerre entre la France et l'Allemagne




                                            Place du Marché en 1870




                                       Ballon au gaz Nadar


                                              Bassin du Commerce à Liège


                       Le boulevard de la Sauvenière avec le café " Au point de vue" en 1870


                                       Construction du Square Notger
à gauche les immeubles de la rue St-Pierre, à droite la rue Neuve future rue de Bruxelles



Claude Warzée : La place Saint-Lambert (Liège) avant 1872. La rue Léopold n'existe pas. Le monument central annonce une exposition industrielle (je n'ai pas davantage de renseignements).
Je remercie mon ami Jean-Philippe Dheure qui a scanné le document au départ d'une affiche que m'a fournie Maggy Alexandre.





- « La Meuse », lundi 7 février 1870
Eau de Lourdes : attention, il faut se méfier des contrefaçons !

- « La Meuse », samedi 19 février 1870
Est-il croyable que, par la froidure que nous subissons, la police ramasse chaque nuit des individus ivres-morts, couchés sur la voie publique et qui succomberaient si on ne les relevait pas pour les déposer dans des salles d’arrêt.

- «  La Meuse », mercredi 9 mars 1870
Une belle locomotive, sortant des ateliers de la Société Saint-Léonard, a encore traversé ce matin les rues de Liége pour se rendre à la station des Guillemins d’où elle sera dirigée vers la Russie. C’est la cinquième depuis deux mois. Elle était tractée par 14 forts chevaux.

- Lundi 20 juin 1870
A la fin de l’année 1869, la province de Liége comptait 516 écoles primaires communales et adoptées. La population des écoles était de 54.255 enfants, soit une moyenne de 105 élèves par école



- Samedi 16 juillet 1870
L’ouverture des bains Saint-Michel, situés rue de l’Official (entre les places Verte et du Théâtre) ouvrira le 11 de ce mois

- Mardi 2 août 1870
Les voyages sur le Rhin. Un de nos abonnés, qui a le projet d’un voyage sur le Rhin, nous demande s’il y a du danger ou non à l’entreprendre. Voilà une question qu’on ferait mieux d’adresser à S.M. le Roi de Prusse



-  Samedi 6 août 1870
Emotions en notre ville à propos de la guerre entre la Prusse et la France

- Dimanche 7 août 1870
Le soleil brille, il fait un temps superbe et déjà une foule de braves soldats français et prussiens ne verront plus le splendide spectacle de la nature. Quelle insulte à l’humanité !

- Mardi 23 août 1870
D’énormes convois d’Allemands venant de Paris continuent à passer par notre ville pour se diriger vers la Prusse. C’est un spectacle navrant que celui de tous ces malheureux, dont la plupart étaient en France depuis de nombreuses années, que le conflit oblige à abandonner ce pays.

- Dimanche 28 août 1870
Le Comité français de Liége nous prie d’annoncer que les objets de toute nature que des personnes charitables seraient disposées à offrir aux blessés de l’armée française seront reçus au vice-consulat de France, rue Louvrex 32.

- Jeudi 8 août 1870
Hier soir, encore un nouveau train de blessés à la station des Guillemins venait de Sedan. Ces malheureux ont reçu, comme la veille, des rafraîchissements et du secours de tout genre.



- Vendredi 9 septembre 1870
Des blessés allemands à Liége



 - 3 septembre 1870
L'administration du chemin de fer se montre ignoble envers les réfugiés allemands qui traversent notre ville


-  Lundi 12 septembre 1870
Les collectes commencées hier au profit des blessés des deux nations belligérantes sont très fructueuses ; elles seront encore continuées pendant plusieurs jours.



- Dimanche 18 septembre 1870
Une famille allemande, établie dans notre ville, vient d’être cruellement éprouvée



- Samedi 24 septembre 1870
A vendre, rue d’Amay, 15, des armes de guerre

-  Mercredi 28 septembre 1870
Le Comité de la Croix Rouge a reçu la somme de fr 832-70 centimes, produit de la collecte faites aux portes des églises de cette ville.

- Samedi 10 décembre 1870
Trois uhlans sont arrivés hier à Liége. Que la population se rassure ! Ils ne venaient pas s’emparer de notre ville. Faits prisonniers à la frontière, ils arrivaient à cheval, escortés par cinq lanciers. Ils ont été conduits au fort de la Chartreuse. Ils excitaient partout sur leur passage un vif sentiment de curiosité.

Et plus particulièrement au quartier Sainte-Marguerite :


                                            Travaux à la basilique Saint-Martin



- « La Meuse », mardi 19 avril 1870
Les travaux de reconstruction de l’église Ste-Marguerite sont poussés avec activité



- « La Meuse », 16 juillet 1870
Fêtes à Sainte-Marguerite


Merci au journal  « La Meuse » !
Merci à la bibliothèque Ulysse Capitaine, en Féronstrée à Liège !