" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

dimanche 11 mars 2018

Georges Simenon : " Un nouveau dans la ville "






Un « roman américain «  de Georges Simenon.
Un étranger qui se fait appeler Justin Ward arrive dans un obscur patelin de l’Amérique profonde. Il s’installe dans une maison miteuse tenue par une femme acariâtre et évite toute conversation avec qui que ce soit. Il fréquente le bar de Charlie où il lit les journaux. Charlie découvre que son étrange client a certainement un passé douteux…

Une atmosphère lourde, malsaine tout au long de ce récit (un peu trop long à mon goût). Mais c’est toutefois du bon Simenon.


Extrait :

Je nous revois dans le coin de la salle, assis tous deux devant une table éclairée par une lampe à abat-jour rose.
«  - Tu  ne trouves pas ? Chess, que ce type exagère ? me dit la petite à un moment donné. Il ne cesse de me regarder. Il me dévore des yeux, sans se soucier que je sois accompagnée. »
  A deux tables de nous, il y avait un jeune homme assez quelconque, plutôt laid que beau, l’air maladif, et je dois avouer qu’il ne se montait pas le moins du monde inconvenant.
(…)
« - Il a de la chance en tout cas que tu ne sois pas de ceux qui envoient leur poing à la figure des gens pour moins que ça. » reprit-elle.
Et bien ! J’ai été lâche, et j’ai commis ce soir-là la plus vilaine, la plus basse action de ma vie. J’ai voulu épater cette gamine qui n’était rien. (…) Quelques jours plus tôt, j’avais entendu parler de l’ostracisme de la boite où nous étions à l’égard des Israélites. J’appelai le maître d’hôtel, pris mon air le plus dédaigneux, dis qui j’étais : le neveu d’un homme connu dans la ville.
« - Je m’étonne que vous ayez laissé entrer un Juif ici. (…) ». Du bout du menu, je désignai le jeune homme.
«  - Vous croyez qu’il est Juif ? »
Je n’en étais pas certain du tout (…).
« - Pas plus tard qu’hier, je l’ai vu sortir de la synagogue», fis-je.
Ce fut tout simple mais pas beau. Le maître d’hôtel s’est dirigé vers le jeune homme et s’est penché discrètement sur lui, lui a dit quelques mots à l’oreille. Tout de suite, l’inconnu m’a regardé et, dans ses yeux, je ne pouvais pas lire un reproche, mais un immense étonnement. Il se demandait pourquoi un jeune homme de mon âge se montrait si cruel avec lui, sans raison. (…) Sans lui laisser le temps de s’exprimer, on le conduisit vers le vestiaire et quelques instants plus tard la porte se refermait sur lui.

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