" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 10 mars 2018

" Etre un enfant à Bovigny au début du XX ème siècle " par Marie-Hélène Dourte







                                         Château de Bovigny en 1899

Comment se déroule la journée d’un enfant à la campagne au début du XX è siècle ? Essayons de répondre à ces questions avec une femme qui est née en 1899.
«  J’avais presque cinq ans lorsque je suis entrée à l’école gardienne de Bovigny. Le bâtiment était situé sur la route qui est perpenticulaire à l’église de Bovigny et qu’on appelle d’ailleurs la route des écoles. (…) L’école était dirigée par trois religieuses (…) L’éducation religieuse avait une grande importance en ce temps-là. Nous étions souvent rappelés à l’ordre parce que nous parlions wallon. Nous allions à l’école de 8 heures du matin à 11 heures et l’après midi de 13 à 16 heures. Le demi-jour de congé était le jeudi après-midi. La classe gardienne comptait une vingtaine de filles et de garçons.
(…)
Lorsque j’ai eu six ans, je suis rentrée à l’école primaire. Catéchisme, calculs, histoire, géographie, lecture, apprentissage du français.
(…)
Lorsque mes sept ans sont arrivés, j’ai été confrontée immédiatement à la dure réalité de la vie des paysans. (…) En été, je me levais à cinq heures du matin et j’emmenais nos trois vaches et celle du voisin aux champs. Je restais là pendant trois heures à les surveiller et à les regrouper sans cesse pour ne pas qu’elles s’éloignent. Il n’y avait pas de clôture à cette époque (…) Quand tout ce passait bien, je revenais un peu avant huit heures et nous déjeunions tous ensemble avec des tartines garnies de makèye ou du sirop et du café. (…) En plus de la surveillance des mes petits frères et sœurs, j’aidais maman à faire le ménage, la lessive, à cuire le pain, à préparer le dîner (…) Nous ne mangions paratiquement jamais de viande, sauf quelquesfois du lard (lorsque nous avions tué le cochon) , et du bouilli, du rôti uniquement le dimanche et à la fête. Par contre, nous avions des poules, nous mangions souvent des œufs. (…) Vers 5 heures, je retournais aux champs jusqu’à huit heures du soir, heure du souper : pommes de terre, pain, quelques légumes du midi. J’allais me coucher vers neuf heures et demi. Le lendemain, j’étais de nouveau debout à cinq heures. L’hiver était un peu plus agréable pour moi car il n’y avait plus de corvée « pâturage » et je pouvais aller plus souvent à l’école. Tous les dimanches étaient ponctués par la messe de 7 heures, celle de 10 heures, les vêpres de 14 heures et le salut à la tombée du soir. Il ne me restait plus beaucoup de temps pour jouer avec mes petites amies. Voilà ce qu’était donc ma vie quotidienne : beaucoup de travail, des contraintes et jamais de temps libre. Il en était d’ailleurs de même pour la plupart de mes amies. »


Extraits d’un article, signé par Marie-Hélène Dourte, paru dans la revue «  Glain et Salm – Haute-Ardenne », numéro 23, décembre 1985.

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