" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

jeudi 8 mars 2018

1869. Le curé de Limerlé ne perd pas le nord





Voici un petit incident qui prouve que le clergé tient à ses petits profits. Un grand nombre d’habitants du village luxembourgeois de Limerlé, se disposant à émigrer en Amérique, se rendirent le dimanche à l’office pour entendre une dernière fois  la parole de leur curé et écouter ses excellents conseils. Le brave pasteur fut très éloquent et, disons-le, le cœur dévoué à ses ouailles dont il allait se séparer. Mais voilà qu’à la fin de son sermon, il fait comprendre combien de si nombreux départs allaient lui causer préjudice : plus de baptêmes, plus de mariages, plus de funérailles surtout ; en somme, c’était la ruine. Le curé engagea à se montrer généreux et à remplacer ces petits profits, sur lesquels il avait droit de compter, par un don d’adieu. Ces paysans furent taxés chacun à la somme de 6 fr., qu’ils s’empressèrent de verser, trouvant juste, puisqu’ils allaient mourir ailleurs, alors que le curé avait toujours compté les enterrer, de compenser, par une certaine somme, la perte qu’il faisait. Voici un curé original et d’excellents paysans. Nous leur souhaitons, pour notre part, un bon voyage.

                                                        In le journal «  La Meuse », jeudi 27 mai 1869

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