" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 6 février 2018

" Les pauvres mamans enceintes à Rettigny vers 1910-1920 " par Léa Nivarlet




«  Ce que j’en ai connu de ces pauvres mamans ! Cela commençait ainsi : Tu sais, Hubert, je me trouve autrement » Pas plus de façon : « C’est que tu te trouvais là, alors, en ce moment » lui dit Hubert. Ah,ah,ah, les hommes ne se cassent pas la boule pour si peu !
La maman vomissait, traînait neuf mois et Hubert buvait sa goutte. Que de pauvres gosses engendrés par des ivrognes !
Puis la voisine apprenait la bonne nouvelle. Pour l’encourager, elle lui donnait quelques conseils. «  Si tu as envie de confitures, dis-le-moi. Seulement ne t’effraie pas d’une souris : que l’enfant n’ait pas de taches ».
Les mois s’écoulent, maman a toujours le vantrin à cawètes (tablier pour l’ouvrage) et les gosses venaient, disaient-ils, frapper le ballon de maman.
(…)
Fifine, une vieille du village viendra m’accoucher. Elle coûtera le café au baptême. Je ne dois pas oublier d’aller trouver Monsieur le curé qu’il me bénisse et me passe la ceinture de sainte Marguerite, patronne des mamans enceintes.
(…)
Enfin, voici l’enfant qui est né. C’est un garçon. Maman doit rester neuf jours au lit, étendre bien les jambes, boire du lait et manger des biscottes. Le troisième, le sixième et le neuvième jour sont souvent mauvais.
(…)
Et l’année suivante, Hubert a recommencé.
Et ils disaient, les vieux : «  C’èst tot l’plèzir dès pôvès d’jins ». « 

                                                                                    Léa Nivarlet

Article extrait de la revue «  Glain et Salm – Haute Ardenne » numéro 14, juin 1981


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