" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 10 février 2018

" L'enseignement à Bovigny au 19 ème siècle " par Jules-Henri Sevrin





« Avant la loi de 1842 (*), les enfants de la commune de Bovigny se rendaient à l’école dans le vicariat, à l’entrée du cimetière de Bovigny. Une chambre d’environ 8 mètres sur 4 dont la hauteur ne dépassait pas 2 mètres, éclairée par trois fenêtres du même côté. (…)

Mobilier : des bancs mobiles et des tables ordinaires pour les plus grands. En 1835, on construisit des bancs-pupitres. Un tableau noir ou plutôt une grande ardoise provenant des carrières de Vielsalm. (…)

Les instituteurs : ils furent nombreux et restèrent peu longtemps. En novembre 1836, M.L. Gester entre en fonction jusqu’à mars 1877, soir quarante-et-un an. (…) L’instituteur n’avait pour gage que la rétribution scolaire qui fut fixée d’abord à 12 patars ( = 78 centimes) par élève, portée plus tard à 1 F. L’instituteur gagnait aussi sa nourriture : à tour de rôle, chaque ménage l’hébergeait autant de jours que la famille possédait d’enfants fréquentant l’école. Très souvent, à la même table figuraient le berger et le porcher du village.

Les méthodes : les maîtres enseignaient les choses absolument indispensables : la religion, l’écriture, les éléments de la langue française et les quatre règles d’arithmétique. (…)
Tout s’apprenait de mémoire. Pour la grammaire dans le manuel Letellier, pour la lecture dans le manuel appelé Croisette. (…) Comme les manuels de lectures étaient rares, les élèves apportaient de chez eux des actes, des lettres, de vieux écrits, des gazettes qu’ils déchiffraient à l’école. Ceux qui arrivaient à lire dans les gazettes étaient les philosophes de ces temps-là.
(…)

La discipline : on comprend facilement que la discipline laissait beaucoup à désirer dans un local trop restreint, bourré d’élèves souvent inoccupés. On conçoit, dès lors, que le maître devait recourir très souvent à la «  croque » et aux punitions corporelles.

(…)

La fréquentation : l’école, très irrégulièrement fréquentée, était, même avant 1842, ouverte toute l’année. Les vacances existaient comme aujourd’hui. Parmi les causes principales de cette fréquence irrégulière, on peut citer l’éloignement, l’état détestable des chemins, la rigueur des hivers, la rétribution scolaire à payer, l’indifférence des parents. Aucun âge n’était fixé, on y allait quand on voulait. Aussi y voyait-on des jeunes de 15, 16, 17 ans d’une taille plus avantageuse que celle du maître. »

Extraits d’un article de Jules-Henri Sevrin intitulé « Notes pour servir à l’histoire de l’enseignement à Bovigny » paru dans la revue Glain et Salm – Haute Ardenne », numéro 15, décembre 1981.

(*)
La loi organique de 1842, dite Loi Nothomb
En 1842, un cabinet mixte, dirigé par l’unioniste Jean-Baptiste Nothomb, avait voulu sortir de cet état d’anarchie. Il avait obtenu des Chambres le vote de la première loi organique de l’enseignement primaire. Cette loi obligeait chaque commune à entretenir au moins une école primaire publique ou à adopter une école confessionnelle si celle-ci réunissait les conditions légales.
L’enseignement de la religion catholique (catéchisme et histoire sainte), considérée comme inséparable de la morale, était obligatoire, sauf pour les élèves professant un autre culte reconnu (protestant ou israélite).
Cet enseignement religieux, donné par l’instituteur, devait être inspecté par le clergé.


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Addendum :
Le 27 septembre 1874, le conseil communal de Bovigny créa l’école de Courtil pour les villages de Courtil et Halconreux. Ce dédoublement diminua beaucoup la population scolaire de Bovigny qui était en surnombre. Les bâtiments scolaires furent achevés en 1876.



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