" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 27 février 2018

Léa Nivarlet : " Souvenirs de la vie quotidienne à Gouvy et Rettigny dans la première moitié du XX ème siècle "







*  Une kermesse à Gouvy en 1924
(…) Sur la fête, Paulette vendait des chiques. Sur la place, on plantait un sapin entouré de savon. En haut, pendait un jambon. Les courses de sacs, la course avec un œuf dans une cuiller. Alors, le soir, c’était bal au café de la gare. On s’y amusait bien, on dansait le lancier, la valse, le tango, la mazurka. Tant pis si le dimanche suivant l’abbé Bastin grondait dans son sermon. C’est comme l’ivrogne à sa femme : «Trop tard de gronder après ! »

*  Le « vècheu » quel drôle de nom !
Avant la guerre de 1914 à la Dicasse, c’était fête trois jours. Alors, le mardi, on chassait le vècheu. C’était un pauvre vieux qui était désigné. Alors, on lui mettait une peau sur le dos avec une manne. Toute la jeunesse faisait le tour du village avec des petites musiques, ils ramassaient de l’argent, de la tarte pour le vècheu qui avait huit gosses.

*  « Pêleter » ses ennemis ( début du XX ème siècle)
Oui, vraiment , c’est un drôle de mot et beaucoup ne savent pas ce que c’est. Un exemple : une fille avait courtisé (= fréquenté) et éconduit son amant ou un homme allait voir la femme d’un autre. Et bien, pendant la nuit, la « jeunesse » se réunissait en bande avec des couvercles, des seaux, ils tapaient en-dessous des fenêtres du coupable. Alors, le matin, les gens disaient : « celui-là a été pêleté la nuit ».

* L’accoucheuse
En 1921, une accoucheuse prenait 85 francs. Elle venait soigner la maman 9 jours mais beaucoup prenaient une femme du village. Il y a eu beaucoup de décès.

*  Circulation et véhicules
Auguste, qui avait un tablier en cuir, vendait de la bière en tonneaux avec une charrette et un cheval. Le bourgmestre avait un cheval et une voiture. Le docteur Scheurette c’était Catin (*) qui le pilotait. Le facteur Charles faisait sa tournée avec une charrette et deux chiens. Arnold, le boucher, portait la viande à domicile avec deux chiens attelés à une petite charrette. C’était la grande circulation du passé. Parfois on regrette encore ce passé.

Note : (*) Mon grand-père, Jean-Joseph Catin, fut instituteur à Gouvy. Tout comme d’ailleurs mon arrière-grand-père.

            Extraits d’un long article de Léa Nivarlet qui parut dans la revue « Glain et Salm  - Haute Ardenne », numéro 19, décembre 1983.


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Le texte qui suit a été publié sur la page Facebook : « Tu es un vrai Gouvyon si … » par Charlie Angé. Il a hérité de Léa Nivalet, dont il est parent, un ou plusieurs de ses carnets.

" Les mois d’hiver du bon vieux temps (écrit en 1974) par Léa Nivarlet

Nos grandes familles d’autrefois ont disparu. Dans nos villages, hélas, combien se retrouvent seuls ou parfois à deux.

Où est la belle jeunesse de jadis qui le soir s’assemblait en bande pour courtiser et chanter ? Des soirées qu’on n’oublie jamais.
Au village en hiver tout est paralysé, les emprunts dorment, autrefois le père disait à ses fils : « je ne voudrais pas mourir en vous laissant des dettes ».Que faut-il en conclure ?

Autrefois à 4h du matin le coq annonçait le lever du jour ; celui du voisin l’accompagnait.
C’était la fanfare au village. Les poules commençaient à potpoter. Maintenant on achète les œufs au magasin. Les poulaillers sont déserts, la mère poule ne se promène plus avec ses poussins que le chat guette derrière la haie.

Vers 8 heures le fermier déliait les bêtes et les conduisait boire au ruisseau. Le gros chien aboyait à plein gosier. Le soir même chose les bêtes retournaient à la rivière. Maintenant ces pauvres bêtes sont liées pendant 5-6 mois devant un abreuvoir qui vient des conduites d’eau.
Puis c’est la bande d’écoliers se rendant à l’école. La grosse cloche sonne l’entrée, ceux des écarts marchaient une demi-heure pour s’y rendre. Maintenant on vient les chercher sur le pas de la porte et on les ramène franco.

Avant le dîner, les mamans allaient rincer le linge à la rivière, battre et rebattre sur une pierre bleue. Puis elles retournaient avec la manne sur la brouette les doigts gelés. Une ou l’autre des mamans avait appris une nouvelle.

Pendant la journée, deux ou trois mendiants passaient de porte en porte. Ils vendaient des lacets, des savonnettes. D’autres récitaient des prières.
Le père conduisait du froment et de l’avoine au moulin car on ne connaissait pas le boulanger de ce jour.

Après dîner on attelait les deux chevaux au manège. Ils tournaient pendant des heures pour actionner la machine à battre.
On allait aussi chez Julien Bantz le maréchal-ferrant qui frappe sur son enclume pour réparer les roues de chariots ou ferrer les chevaux.
On voyait Félix Felten qui passait avec ses deux bœufs, assis sur la charrette de fumier. Il monte aux Garbages en mangeant sa tartine pour gagner du temps.
Joseph Manard qui n’abandonne jamais son grand fouet pour son cheval et sa chique de tabac.
Sa femme Marie charge au fumier.
Christophe Dethier fier d’apprendre l’attelage à ses bœufs et de chanter aux offices.
Le grand Louis Clotuche en sarreau bleu qui vient du moulin avec ses quatre chevaux, la queue tressée avec de la paille, les colliers et les grelots en cuivre qui reluisent au soleil. Il monte la Haie de Bellain.
Joseph André qui allait au moulin en hiver et qui faisait du feu sur le tombereau pour se chauffer.

Marie et Josépine Lamborelle qui allaient sur les Monts avec leurs belles chaussures et qui arrivées mettaient des galoches. "

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Troisième texte du cahier de Léa Nivarlet
L’année 1920 et les Sobriquets (Sunoms) (écrit en 1975)
En 1920 je me suis installée à Gouvy (pour mémoire, née à Rettigny en 1899, mariée à gouvy le 11-11-1919 avec Nicolas Servatius)
Oui mes enfants, un jour j’avais juré que Gouvy ne me verrait jamais mais l’homme propose et Dieu dispose…
Comme étrangère dans un village j’ai dû apprendre les noms des familles mais surtout ceux qu’on utilisait : j’en ai retenu quelques uns
Chez Winand = chez Servatius
Chez Chairas = chez Dewalque
Chez Pirou = Parmentier
Toubac = André
Bouzette = Clausse
Borgne Catin = Louis André
Weiffe = vAndré
La Rosaie = Goebels
Taitaipe = Cremer
Lu marlie = le sacristain
Lu vî Polite = Polite Cremer
Àmon Roine = J Pierre Cremer
Amon commissaire = Constant André
Amon Martiny = Kaesch
Amon L Baron = Thomas
La grosse Garitte = Laloux
Jean Pierre do moni = Jean Pierre Art
Amon Pire Jacques = François Cremer
La grosse Marie do troo = Marie Cremer
Félix Moray = Félix Felten
Amon Genin = Ernest Dethier
Julien do bochi = Julien Gaspar
Pierre Moray = Pierre Jacob
La grande Céline = Gillet
Marie Bourriche = Marie Klepper
Amon Mayeur =Entrigner
Lu roi dol Prusse = André Martin
Amon sizette = Martiny
Amon Corange = Mélan
Teuta = Léon Cremer
Amon Coula = Boulanger
Amon Bavesse = Mélan
Amon djoris = Lamborelle
Amon Jandrenne = Servatius

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