" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 30 janvier 2018

Le barbier de Monsieur le Mayeur - par Rouva




En ce temps-là, dans chaque village ardennais, il y avait, à défaut de coiffeur comme en ville, l’un ou l’autre particulier qui se chargeait de faire la barbe et tondre les cheveux. C’était souvent le boucher-chwerseur ( = écorcheur, soit celui qui dépouille un animal de sa peau), ou le forgeron de l’endroit qui faisaient office de barbier. Ah ! ça ! les cheveux étaient souvent taillés en escalier et les mentons balafrés : rasoir et ciseaux étaient, en effet, de tranchant approximatif.

Batisse de bièrdji, écorcheur à domicile, flairait perpétuellement le pèkèt et vous voilà dans l’ambiance du « salon de coiffure » de Bovigny.

Voilà que justement entre un client de marque. C’est le bourgmestre, venu pour la barbe.
- «  Bonne nute, Batisse !
- Bonne nute, bourguimêsse !
- Ti m’vas fé l’bâbe, hin, valèt.
- Assiofe, assiofe, bourguimêsse !
Mais Batisse n’a pas d’eau chaude. Voilà qu’il crache tout bonnement sur le blaireau en poils de sanglier.
- Què fêt-ce don là, Batisse ?
- Ah ! nosse mayeû, c’est bin pace ku c’est vos, ka âs ôtes, v èyoz-vè, dji l’z’t rêtche so l’gueûye. "  ( traduction : Ah ! notre mayeur, c’est bien parce que c’est vous, parce que les autres, voyez-vous, je leur crache au visage )
                                
                                           Signé : Rouva

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Roùvâ est le nom d’un lieu-dit situé entre Bovigny et Courtil. Il fut choisi par Joseph Peters (Vielsalm 7 mars 1878 – Honvlé 10 septembre 1966) qui fut chef de la gare de Bovigny de 1911 à 1943. Aîné d’une famille de sept enfants, il fit son école moyenne à Stavelot après avoir fréquenté l’école primaire de Vielsalm. Après un service militaire de trois ans, il entra à la SNCB à Vielsalm, fut transféré à Roanne (Coo) pour terminer sa carrière à Bovigny.
Rouva écrivit de petits récits que publia l’Annonce de Vielsalm.

Cet article fut repris à son tour dans « Glain et Salm – Haute Ardenne », numéro 13, décembre 1980


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