" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 5 décembre 2017

Odon Warland, un fameux/ fumiste Gouvyon - Fameux : qui jouit d'une bonne réputation ; fumiste : qui répand de la fumée


                                                         Odon Warland


                                           La demeure des Warland,  Gouvy 1907


Anatole Warland (1853-1925) de Steinbach, père d’Odon, était boucher. Il est installé, au début du 20 ème siècle, dans la belle grande maison de quatre travées, face à la gare de Gouvy. Situation enviable. (photo intitulée : Gouvy, festival du 15 août 1907, rue de la Station) Les décorations en façade déclarent : «  Warland, boucher. Au vrai bon marché, articles de pêche, liqueurs, denrées coloniales ». La carte est d’ailleurs éditée par O. Warland, Gouvy. Il avait dix-sept ans. En culotte de golf sur la photo. Peu après, le pignon portera : « Cigares en gros ». Cette dernière spécialité devant d’ailleurs avoir inspiré Odon, futur cigarettier.

Sur la carte intitulée : «  Un groupe joyeux » est de la même date 1907. On y voit, parmi d’autres personnes toutes fumant ou trinquant, bouteille sur la table et verre en main : Anatole et Victoire, les parents, leur fille Irène à l’avant-plan et vers la gauche, Odon lui-même, toujours à 17 ans, col monté et nœud papillon, costume complet, montre gousset et … cigarette aux doigts.

Odon , né à Gouvy en 1890, épousera Berthe Monnier, d’une famille liégeoise. Ils auront trois enfants : Raoul, Albert et Roger. Odon crée la cigarette «  Boule Nationale » à Bruxelles. L’usine est imposante, pas moins de mille personnes y travaillent.

Les souvenirs du Gouvion, Jean Morsomme (*), évoquent cette époque :
«  Je tiens de mon grand-oncle, né en 1860, quelques précision sur le climat social et les habitudes qui prévalaient avant et de suite après la guerre de 1914-1918.  Pour le cultivateur de l’époque, la viande de boucherie était une denrée rare. (….) Le jour de la fête, le fils du boucher qu’était Odon Warland allait livrer les commandes dans les villages. Au cours de la guerre 14, Odon devait d’occuper de la nourriture des prisonniers russes travaillant dans le remblai  du chemin de fer de Gouvy, dont une partie du camp était installé au coin du Remaifait et du chemin du bois d’Ourthe. Ce garçon devait, à l’armistice, créer la cigarette Boule Nationale. Au début, sa production est purement artisanale, familiale. Il propose sa marchandise sur le quai des gares de la région, puis de Liège, de Bruxelles. Le succès est au rendez-vous et il doit adapter sa production pour suivre la demande. Propulsé par son logo aux trois couleurs, s’identifiant à la victoire tout neuve, chèrement et fièrement acquise, flattant l’orgueil national au bon moment, la Boule Nationale fit une percée vertigineuse sur tout le territoire. »

(*) Jean Morsomme, sans doute l’ancien instituteur de l’école primaire communale de Deiffelt-Beho.
Odon Warland est décédé inopinément à Uccle où il résidait alors, à 64 ans, en 1954.

Extrait de l’article de Marie-Thérèse Grandjean et Henry d’Otreppe dans la revue «  Glain et Salm – Haute Ardenne, numéro 72, mai 2014.

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2 commentaires:

  1. Mon papa Jean CLOTUCHE, m'a toujours dit avoir eu le privilège d'avoir fumé les premières boules nationales.

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  2. J’ai toujours pensé que ton père avait l’esprit scout dans l’âme, Jean-Baptiste : toujours prêt à faire sa b.a. (bonne action) envers son camarade, son ami.

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