" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 4 novembre 2017

Jean Teulé : " Ô Verlaine "




L'enterrement de Verlaine


Un adolescent se présente à la maison où habite Paul Verlaine. Il est en adoration devant le vieux poète. On pense évidemment à Arthur Rimbaud qui fit, plus tôt, la même démarche ; mais nous sommes en 1895. Jean Teulé nous emmène sur le dernier trajet de Verlaine puisque ce dernier s’éteindra en 1896, accompagné à sa dernière demeure par ses amis et … cinq mille personnes.
Si tout cela est un peu romancé ( Ô si peu !), c’est en tout cas haut en couleur. Très haut en couleur. A tel point qu’on pourrait dire  : « Âmes sensibles s’abstenir ». …
A part ça, un régal ! comme souvent chez Jean Teulé.


Extraits :


- Alors, gamin, on veut perdre son pucelage ? Tu t’y prends de bonne heure. T’as vu les filles en bas, qu’est-ce qui te ferait plaisir ? La Rouquine, Poil aux pattes, Nini la vache, La Désossée, Pot à tabac, La Môme, Goutte de sperme, La Sardine, La Merdeuse, Chie par force, Trompe la mort ou Gueule d’enseigne ? C’est cinquante centimes.

-  Critique de Paul Verlaine par François Coppée :
   «  Ce poète de douze pieds marche souvent à quatre pattes », « C’est malheureux qu’il ait un trou sous le nez. Trop d’alcool y coule », « Les derniers vers de Verlaine … Il n’écrit plus, il joue aux osselets avec les mots », « Son inspiration se traîne au niveau d’un érotisme sénile ».

-  Maladies de Paul Verlaine :
       Syphilis
       Altération sanguine
       Diabète
       Souffle au cœur
       Cirrhose du foie
       Erysipèle infectieux
       Hydarthrose jambe gauche
       Pneumonie

-  Paul Verlaine était complètement dépendant à l’alcool. Alors que sa mère refusa un jour de lui servir à boire, voici ce qu’il fit ( dit-on …) :
     « Sur l’étagère du haut, trois bocaux où la mère conservait pieusement – quelle idée aussi ! –baignant dans l’alcool, les fœtus de trois fausses couches avant la naissance de Paul. Les fœtus  flottaient dans l’eau-de-vie. Ce fut hallucinant. Paul décrocha du mur le sabre de son père, capitaine du génie : » Au diable, les bocaux ! ». Il en attaque deux dans l’armoire, sabre au clair, but l’alcool à même les bocaux éclatés. Tête renversée, parmi les débris de verre, ça ruissela partout sur son visage, coula dans ses vêtements. Des bébés lui tombèrent sur ses lèvres. Un autre (une fille) attendait son tour, flottant comme dans un rêve derrière sa paroi de verre. »

-  « Hombres XI » de Paul Verlaine

   Même quand tu ne bandes pas,
Ta queue encore fait mes délices
Qui pend, blanc or, entre tes cuisses,
Sur tes roustons, sombres appas.

Couilles de mon amant, sœur fières
A la riche peau de chagrin
D’un brun rose et purpurin,
Couilles farceuses et guerrières,
Et dont la gauche balle un peu
Tout petit peu plus bas que l’autre,
D’un air roublard et bon apôtre,
A quelles donc fins, nom de Dieu ?

Elle est dodue ta quéquette,
Et veloutée du pubis
Au prépuce fermant le pis
Aux trois quart, d’une rose crête.

Elle se renfle un brin au bout
Et dessine sous la peau douce
Le gland gros comme un demi-pouce
Montrant ses lèvres juste au bout.

Après que je l’aurais baisée
En tout amour reconnaissant,
Laisse ma main la caressant,
La saisir d’une prise osée,
Pour soudain la décalotter ;
En sorte que, violet, tendre,
Le gland joyeux, sans plus attendre,
Splendidement vienne éclater ;

Et puis elle, en bonne bougresse,
Accélère le mouvement
Et jean-nu-tête en un moment
De se mettre à la redresse.

Tu bande ! c’est ce que voulaient
Ma bouche et mon cul : choisis, maître,
Une simple douce, peut-être ?
C’est ce que mes dix doigts voulaient.

Cependant le vit, mon idole,
Tend pour le rite et pour le culte
A mes mains, ma bouche et mon cul
Sa forme adorable d’idole.


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Bonus :

- Interview de Jean Teulé :

-  «  L’enterrement de Verlaine » de Paul Fort, dit par Georges Brassens :

-  Léo Ferré chante : «  Chanson d’automne » de Paul Verlaine :

- Georges Moustaki chante « Gaspard » de Paul Verlaine :

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