" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mercredi 29 novembre 2017

Liège en 1864


                                        Promenade vers la Sauvenière en 1864



- «  La Meuse «, samedi 16 janvier 1864
En 1830, on buvait dans notre pays 18.000.000 de litres de genièvre. En 1860, on en a consommé 38.500.000 litres. En trente ans, la consommation a plus que doublé. Il y a dans la province de Liège 11.035 débits de boissons alcoolisées.



-« La Meuse », mercredi 2 mars 1864
Infanticide découvert au moulin rue Au Bras sur le ruisseau de la Légia





- Samedi 2 avril 1864
Réclame pour la Société de Bateaux à vapeur Albert Dupont, entre Liège et Anvers


 - Mercredi 6avril 1864
Les travaux de construction des bâtiments de la station des Guillemins sont en voie d’achèvement. Cette nouvelle gare sera une des plus vastes et une des plus belles du pays. Sa construction sera complètement terminée l’année prochaine

- Samedi 16 avril 1864
A signaler : toute une page consacrée à l’hôpital de Bavière.
Dont :
1. L’hôpital de Bavière doit-il être conservé ? Réponse : oui .
2. Doit-on créer un second hôpital. Réponse : oui.



- Samedi 16 juillet 1864
Un guide pour le touriste au prix de 10 centimes

- Mardi 23 août 1864
Le pont qui reliera l’île de commerce et la Boverie avance rapidement. Il se compose d’une pile et de deux culées. Le tablier sera en forgeron de fer. On pourra circuler sur ce pont dès le commencement de l’hiver prochain

- Lundi 29 août 1864
Le train de plaisir parti hier matin de Verviers et de Liège pour Anvers a emmené 579 personnes. A Liège, 391 voyageurs ont pris place dans le convoi, à savoir : 16 en première clase, 25 en seconde et 350 en troisième

-  Lundi, 5 octobre 1864
Superbes, magnifiques, émouvantes. Telles ont été les premières courses organisées par la jeune Société qui a pris à cœur de rétablir les fêtes hippiques en notre ville à Droixhe . Depuis 25 ans, Liége n’avait plus vu de courses de chevaux, si ce n’est qu’à Spa

- Mardi 4 octobre 1864
La tenderie aux petits oiseaux y est très fructueuse cette année. On sait que notre province est renommée pour ce genre de chasse

- Jeudi 6 octobre 1864
L’Athénée royale de Liége continue à progresser. Le nombre d’élèves dépasse cette années 600. Notre célèbre école des mines compte 110 élèves

- Vendredi 7 octobre 1864
M. Victor Hugo et sa famille viennent d’arriver à Anvers. Ils avaient visité Liége il y a quelques jours



-  Mardi 8 novembre 1864
Ouverture du grand Café-Concert «  Pavillon de Flore «  rue Surlet



-  Mardi 27 décembre 1864
Quelques hivers rigoureux à Liége au 18 è et 19 è siècles





Et tout particulièrement au quartier Sainte-Marguerite :

«  La Meuse », jeudi 7 avril 1864
Il y a trois pompes rue Hocheporte : l’une ne donne plus d’eau à défaut de réparation ; la deuxième produit de l’eau trouble et la troisième n’est plus accessible au public. Cet état de choses force les habitants à se déplacer constamment. Avis à M. le conseiller Lefèbvre qui s’est fait souvent le défenseur des pompes détraquées.
(… Quelques jour plus tard ) : mercredi 3 avril. Nous avons appris que le lendemain de la parution de notre article sur les trois pompes de Hocheporte, des ouvriers se sont mis à l’œuvre afin de donner satisfaction aux plaintes des habitants



- «  La Meuse », mardi 15 juin 1864
Demande d’ouverture de deux rues nouvelles

- Mercredi 17 août 1964
Dans la nuit du 13 au 14 août à la houillère Sainte-Marguerite, une pierre s’est détachée de la galerie et est tombé au fond de la bure sur le nommé Hubert Gordinne, marié âgé de 47 ans. Le malheureux est décédé lors de son transfert à l’hôpital de Bavière



- Samedi 24 septembre 1964
Réclame pour les cuisinières à cuire le pain à la rue Saint-Séverin

-  Vendredi 18 novembre 1864
Reculement de la maison de M. Rigaux rue St-Hubert et démolition de l’ancien portail de l’église Ste-Croix

Merci au journal «  La Meuse » !

Merci à la bibliothèque Ulysse Capitaine, en Féronstrée à Liège !

mardi 28 novembre 2017

Quelques aspects de la vie quotidienne dans l'entité de Gouvy, fin du 19è et début du 20 è siècle






D'abord, saluons tout particulièrement madame Léa Servatius-Nivarlet qui a eu la bonne idée de coucher ses souvenirs dans des carnets et surtout de les partager.

Tout ce qui suit est extrait du livre : " La vie quotidienne dans une ferme d'Ardenne en 1878 »


- A Rettigny, vers 1908, une diligence de deux chevaux fait le trajet Houffalize-Gouvy. C’est probablement cette même malle-poste qui est remplacée par un service d’autobus en juin 1923. (source : Léa Servatius)

- A Rettigny, au début du XX ème siècle, la lampe à pétrole est affectée à la Chambre, c’est l’éclairage de luxe ; pour les autres pièces, on se sert du crassèt (lampe à huile). Le pétrolier passe tous les samedis avec sa citerne attelée de deux chevaux. ( source Léa Servatius)

- La province de Luxembourg compte 731 épiceries en 1846, 1.100 en 1900. Quelle viande consomme-t-on ? Le cochon, essentiellement que l’on occit deux fois l’an. A Rettigny, on tue le cochon vers la Toussaint et à Pâques. La basse-cour aussi fournit une viande à bon prix. A Rettigny, vers 1900, c’est le boucher, le père Anatole qui, effectuant la tournée des villages, vient avec une voiture attelée de deux gros chiens et de deux paniers de viande qu’il vend à 1,50 f le kilo. (Source : toujours Léa Servatius-Nivarlet)

- Les coutumes alimentaires varient d’un village à l’autre. A Rettigny, écrit Léa Nivarlet, la maman pour déjeuner le matin réchauffait un affreux pelle de pommes de terre et pour épargner le beurre, on mettait de la compote, de la maquait. L’aïeule faisait une trûlée dans un grand bol avec du café noir et du pain, jamais de sucre dans le café. Le soir, des pommes de terre réchauffées et des betteraves à salade. On croque des pommes, des poires, le raisin est un  produit de luxe ; pêches et oranges sont inconnues. Pas de marchands de légumes à Rettigny, le courtil suffit à tout. Le soir, on fait une marmite de pommes de terre mêlées avec du pain et du lard. Les mets de circonstance sont avant tout les tartes aux pommes, au riz, aux prunes, au sucre, aux kètches (poires séchées dans le four), à la rhubarbe.

- Les vêtements
Autrefois, chaque famille cultivait du lin et du chanvre que l’on travaillait l’hiver pour en faire des toiles saines et solides. A Commanster et à Ourthe, trois familles ont tissé jusqu’en 1938 pour le linge du corps et du lit.
Du matin au soir, en semaine comme le dimanche, on voyait circuler les hommes vêtus d’un vêtement de toile bleu marine et noire, appelé sarau. Le sarrau du dimanche était plus long et soigneusement plissé de haut en bas. La culotte était généralement en velours uni noir ou bleu foncé descendant jusqu’au genou .Il disparut vers 1895. Les hommes s’entouraient le cou d’un fichu spécial en toile ou en coton, le plus souvent rouge ou à fleurs : le norèt.
Le costume féminin se composait de deux parties : le corsage et la jupe. La jupe descendait jusqu’aux pieds. Le dessus du vêtement consistait en une blouse aux longues manches et boutonnée sur le devant. La femme portait toujours un tablier à bavoir. (…) A la maison, les femmes portaient l’indispensable matrichon, coiffe blanche en toile.

- La mort
Avant l’enterrement, il faut veiller le mort selon la coutume ainsi qu’elle s’est pratiquée jusqu’aux environs des années trente à Rettigny : les voisins et les amis venaient veiller les morts avant les funérailles. A minuit, ils récitaient un chapelet puis buvaient le café : vers trois heures, un deuxième chapelet ; à 6 heures, un troisième chapelet et puis le déjeuner.

- Le pèkèt
Le pèkèt jouit de la plus haute faveur populaire. On en sert partout, aux grandes et aux petites occasions. Ce breuvage ludique cause autant de bien que de mal. S’il aide quelquefois à supporter les hivers trop longs, il provoque aussi une maladie, la pire qui soit : l’alcoolisme. Dans la province de Luxembourg, le nombre de débits de boisson passe de 384 en 1846 à 2. 835 en 1900. On boit aussi de la bière (qui n’est pas fameuse)  et du vin mais leur notoriété n’atteignit pas le pèkèt.

La lessive
Pour la lessive, écrit Léa Nivarlet, on avait une tinne en bois sur deux chaises. Avec une planche, on frottait le linge. On avait du savon vert, un peu de poudre que ma tante saupoudrait comme on met du poivre dans la soupe. Ensuite, on mettait la manne sur la brouette, on allait rincer le linge à la rivière,  on le battait sur une belle pierre pour en faire ressortir le savon. En hiver, on rentrait avec les doigts gelés et ma tante disait : «Entrez vos doigts dans les cheveux, ça calmera. » A défaut de rivière, on rince le linge dans des bacs ou des abreuvoirs ou encore dans une petite fontaine couverte comme à Vaux-Cherain.

Lin

A Rettigny en 1913, on a encore semé du lin. A Gouvy en 1880, Jean-Henri Servatius possède un métier de tisserand avec accessoires.

La laine
A Rettigny, au début du XX ème siècle, on travaille la laine à l’aide d’un banc avec deux appareils cloués dessus. La laine est fournie par les deux ou trois moutons que possède chaque famille. On en fait de couvertures et des bas. D’autres, telle la vieille Fifine Derroite, gagnent leur vie péniblement en filant la laine sur un rouet.

Animaux et élevages
On peut estimer une moyenne d’à peu près 5 bêtes à cornes par ménage. A l’origine, la vache ardennaise est une petite vache roussette musclée, mais de peu de poids, progressivement améliorée à partir de 1860 par des apports étrangers. (…) Les clôtures sont adaptées progressivement au cours de la seconde moitié du XIX ème siècle. Elles prennent la forme de haies vives. (…) Les vaches sont gardées par les enfants de la ferme ou par un vacher. Ces petites domestiques viennent de Prusse ( Cantons de l’Est) de Gruvelange ou de Deiffelt (Beho). A Cierreux en 1869, on engage ces vachers pour 20 F. l’an, une paire de souliers, un pantalon, une chemise, un sarrau, un mouchoir, une casquette, une demi-livre de laine. En 1878, le prix des vaches varie de 105 à 200 F , un veau 30F , une génisse de 60 à 98F. Les étables en Ardenne sont mal entretenues. Citation : «  les animaux s’y trouvent couchés dans la fange et leur entassement produit une odeur malsaine et une chaleur insupportable. »

Le village

Le village est alors le théâtre vivant parcouru d’un mouvement incessant, peuple du parfum piquant des fenaisons, de l’odeur forte des fumiers, des clameurs des gens et des bêtes. Et voici Rameau de Mont avec une charrette pour acheter les peaux de lapins à 10 centimes. En juin, voici le père Choffray avec une charrette conduite par un petit baudet qui vendait des cerises, un sou le sachet. A Mont-Le-Ban vient chaque semaine un couple de marchands avec des seaux plein d’œufs attachés à chaque bout du hârkè (joug). Il arrive aussi que surgissent les montreurs d’ours qui font danser l’animal au son de l’orgue de Barbarie.
Et pourquoi ne pas évoquer une coutume qui a longtemps survécu en Ardenne, celle des marchés se concluant dans le fond de l’église pendant les offices ? Il n’était pas rare d’entendre sceller les accords à coups de claques pendant le Deo gratias ou l’Agnus Dei. Plus d’un curé y perdit son calme.

Appellations

Les habitants de Lierneux sont appelés : les makêyes de ban ; ceux d’Arbrefontaine : les kuzin ; d’Hebronval : les grandiveûs d’Hebronvâ ; de Vielsalm : les pourcè du l’Vî-Sâm, les cochons de Vielsalm ; de Houffalize : les bordjeus, les bourgeois. La région de Cherain, Mont-le-Ban, Houffalize est baptisée : lu payis des coupêres, qui ,en toute générosité, équivaut à bièsse et boufon.

Les maladies


En 1880, les maladies les plus répandues dans le Luxembourg sont les maladies de poitrine et des voies respiratoires, puis viennent la coqueluche, la fièvre typhoïde, le croup, les entérites et les diarrhées.(…) A Gouvy , au 19è siècle, un nommé André Colin signait la ou les dents malades avec une pointe de Paris qu’il allait ensuite clouer dans un morceau de bois vermoulu ou dans un arbre. Même procédé à Rettigny. Au début du siècle ( le 20 ème sans doute), le vieux Martin Kaesch de Gouvy usait d’un méthode plus directe : il signait le mal de dents avec ses doigts and la bouche qui puaient la flatte …

lundi 27 novembre 2017

Eric-Emmanuel Schmitt : " La rêveuse d'Ostende "




Cinq nouvelles brillantes :

- « La rêveuse d’Ostende » : Emma van A, la vieille dame qui héberge quelques temps un écrivain, n’a jamais été mariée. Qui aurait pu penser qu’elle cachait, toutefois, un grand amour. Mais était-ce vraiment la réalité ou s’agit-il d’une mythomane ? ***

- « Crime parfait » : Gabrielle tue son mari lors d’une promenade dans les Alpes. Tout cela parce qu’elle s’est montée le bourrichon, influencée par une amie. ***

- « La guérison » : la relation amoureuse d’une infirmière et d’un patient aveugle et moribond.

- « Les mauvaises lectures » : de l’influence néfaste de la lecture de Best Sellers sur des natures sensibles. Trop drôle ! ***

- «  La femme au bouquet » : mais qui était donc vraiment cette personne qui a attendu inlassablement pendant de nombreuses années sur le quai 3 de la gare de Zurich la femme au bouquet ?


Extrait :

*  - Excusez-la, monsieur, ma nièce ne sait pas vouvoyer. En néerlandais, voyez-vous, on n’emploie que le tutoiement.
    - Dommage de se priver d’un tel plaisir, sauter du tu au vous.
    - Le plus grand plaisir serait d’user d’une langue où n’existe que le vous, non ?

*  - Tu n’as jamais lu Chris Black ? C’est vrai que tu ne lis pas de romans. Ecoute, c’est extraordinaire. Ça se dévore d’une traite, tu salives à chaque page, tu ne peux pas lâcher le livre avant de l’avoir fini.
Maurice remarqua que Sylvie parlait de ce livre comme d’un plat.

samedi 25 novembre 2017

Marian Kaye : " Homeless "

Xavier Deutsch : " Le tilleul de Stalingrad "




Dix nouvelles à la fois fantasques et fantastiques signées par l’auteur du roman «  La Belle Etoile » qui fut couronné, en 2002, par le prix Rossel (le Goncourt belge).

J’ai tout particulièrement apprécié :

- « Le tilleul de Stalingrad ». Un jeune tilleul pousse à Stalingrad en 1943 et un bouleau s’épanouit tout près de la localité luxembourgeoise d’Ettelbruck …

- « Certains jours le ciel est con ». L’homme qui causait à l’arbre de la pluie quelque part en Australie …

- « » L’Ukraine et le Maudit ». Caïn, le frère d’Abel, est toujours sur terre et tue les hommes qui regarde Dieu. (tiens, on l’avait perdu de vue, ce Caïn) …


Extraits :

- Le jeune Léon est alors un Luxembourgeois sous uniforme vert-de-gris. Ils furent quelques milliers, à la façon des Alsaciens qu’on nomma les « malgré-nous », à se retrouver incorporés  de force dans les troupes du Reich, sous prétexte de pan-germanisme. Comment persuade-t-on à combattre des soldats qui n’en demandent pas tant ? On les envoie sur le front de l’Est, en compagnie de Roumains, d’Italiens, de Hongrois, ayant des fusils allemands dans le dos, les tanks russes en face, et le solennel hiver de tous côtés.

-  Or sache-le, un seul homme, ayant vécu aux temps anciens dans la familiarité du Seigneur, n’est pas mort : Caïn, le meurtrier de son frère, que Dieu punit en disant : « Tu seras errant et vagabond sur la terre. » Cela fait une éternité que Dieu a oublié Caïn et qu’il a oublié de faire mourir Caïn. Et Caïn reste sur terre. Je pense qu’il a trouvé le moyen de régler d’ancien comptes en photographiant Dieu, en glissant ces photographies dans les enveloppes de lin, en les poussant aux regards des hommes qu’il a envie de faire mourir.
(N.D.L.R : Caïn et Catin … Il n’y a rien qui vous titille aux yeux ou à l’oreille ?)

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En bonus . Un auteur belge peut-il vivre de sa plume ? Réponse, entre autres, de Xavier Deutsch :


jeudi 23 novembre 2017

Xavier Deutsch : " La Belle Etoile "



Nous sommes dans le port de Lushun, dans la baie de Corée, à une époque contemporaine mais non-définie. Un navire, «  La belle étoile »  est en attente de départ. Il est bien le seul et le dernier, les autres sont partis depuis longtemps, terrorisés. Et pour cause, des dogues, -oui des chiens !-,  se ruent vers la mer de Chine. Ils détruisent tout ce qui est vivant sur leur passage. Ils sont des milliers, des dizaines de milliers, certains parlent même de millions. Vint enfin le jour où l’armateur donne le signal de départ. L’on charge en hâte la cargaison : quarante chevaux. La Belle Etoile s’en va affronter les flots tempétueux pour un voyage qui sera terrifiant, peuplé de monstres marins … Le roman se termine par ces mots : « On retrouva  les cadavres huit sirènes sur les rivage su Japon ».

Xavier Deutsch est un écrivain belge francophone qui a écrit de nombreux romans et nouvelles pour la jeunesse et pour adultes. Il excelle dans le fantastique, le symbolisme, et même le surréalisme, surtout dans son sens premier : sur-réel. Quelqu’un a dit de lui : «  Si Magritte était un écrivain, il s’appellerait : Xavier Deutsch. »


Extraits :

-  Ils étaient quatre cent millions, courant sans ordre, sans chef, allant à l’est contre le soleil. Les gouvernements, l’un après l’autre, avaient tenté de les stopper : en allumant des feux, ils franchissaient les feux ; en dressant des embûches, ils marchaient contre les embûches. Le chef d’état-major de l’armée kirghize avait fait poster des batteries de 112 et des mitrailleuses au milieu de leur piste : douze mille  dogues étaient morts sous les balles, mais la horde avait submergé l’embuscade. Les Russes et les Kazakhs avaient envoyé leurs avions balancer du napalm et des bombes à fragmentation, … en vain.


-  Il n’y eut plus que la neige, la nuit, et l’eau. Un bateau. Quelques hommes, un paysan, quarante chevaux. Sapin, étrangement, ne pensait pas à la jeune Chilienne, aux jumelles de Corée, à Su-Yin, sirène du Huang-Hé. Il ne songeait qu’à la jolie vendeuse de pull-overs, aux seins nus.


Ce mardi 12 décembre 2017, Guy Delhasse vous invite au Blue-sphere Bar


Communiqué de Presse

       Guy  Delhasse ? Auteur et chroniqueur,  vagabond et rêveur, vient de  mettre sa plume au service de deux projets collectifs en cette fin d’année 2017. Projets ? Ils ont abouti à deux publications distinctes, intéressantes à proposer,  tout simplement, en  deux rencontres dans  les deux villes mosanes de son cœur de rêveur : Huy et Liège.  Deux projets, deux dates… et deux équipes de choc !
Midi-minuit à Huy : le projet d’animation du Centre culturel. Pari gagné  à Huy ! Avoir réuni un collectif d’auteurs de différents horizons  dans un hôtel, les avoir conviés à monter la charpente d’ un polar qui se passe à Huy et  avoir réussi  à le faire publier dans une maison d’édition…  Aurélien Juen du  Centre Culturel de Huy et Guy Delhasse ont comblé les vides du scénario de base, les retouches et Murmures des Soirs  a été enthousiaste pour diffuser le livre  un peu partout. Pas mal non ? « Midi-minuit à Huy »,  le  polar qu’il faut lire et offrir sous le sapin.  Une expérience originale  à partager.
      En en même temps, Guy Delhasse perd un pari stupide monté par son ami Thierry Delgaudinne dans un bistrot de Huy.  Et  voilà le vagabond de la fiction embarqué  dans un voyage biographique qui a pour sujet le Pire de tous : Alain de son prénom, bien connu à Huy comme à Liège pour passer tout son temps dans le rock.
Tout pour la musique : une  rock bio, pas dégradable, totalement vraie. Alain Pire a trempé ses  mains partout  comme batteur d’abord, guitariste ensuite dans de multiples aventures musicales des plus obscures aux plus lumineuses… Alain Pire, très connu dans le monde du rock belge, dingo  de musiques psychédéliques vient de réussir à monter  sur scène l’album mythique des Beatles, St Pepper.  Gros succès ! Il  parcourt  toujours les scènes du pays et d’ailleurs (cet été au pays de Galle) avec son groupe, le Alain Pire  Expérience. Mais avant, d’où vient-il, que nous a-t-il  fait de pire ou de mieux ? Et bien voilà ! Il a  vécu « tout pour la musique ».  Et le trio s’est bien amusé pour recomposer ce  parcours  unique…
Guy Delhasse ? Il  vous propose simplement de diffuser ces deux rendez-vous un peu partout et vous invite à venir faire la double fête dans  deux villes que la Meuse et les livres relient pour toujours  en un même courant.  Soyez des nôtres ! Merci à vous tous et toutes !

Contact : guy.delhasse@skynet.be Tel O479859669. Merci à Aurélien, (CCAH), à Thierry, à Alain, à  ThierryF, à Manu (La Dérive), à Jean-Paul(Blsphère), à Françoise (Murmure desSoirs)
A HUY : samedi 25 novembre, de 16 à 18h à la librairie « La Dérive »,  l’équipe de Midi-Minuit et le trio de  Tout pour la musique pour une séance de signatures.
A LIEGE : mardi 12 décembre, à 20h,  au  « Blue Sphere », Guy Delhasse  invite Alain Pire, Thierry Delgaudinne, l’équipe de Midi-minuit et Thierry Faymonville pour une soirée de livres et de chansons…  Des abeilles vont rôder, des guitares vont s’accorder,  des chansons vont pétiller, ho yeah !                  



samedi 18 novembre 2017

Armel Job : " La femme de saint Pierre "




Des passages du Nouveau Testament vu par Armel Job. Ou plus précisément par ceux qui ont vu ou côtoyé le « prophète » Jésus : des romains, la femme de Simon-Pierre, Marie de Magdala, etc.
J’ai particulièrement apprécié : « Un homme appelé Joseph », « La promesse », « La femme de Saint-Pierre ». 
Mais ce n’est pas de la petite bière, comprenez : âmes sensibles s’abstenir ! ! ! Comme un extrait que vous trouverez plus bas.

Extraits :

- Quand on travaille avec le corps, quand on sent qu’il vous obéit, qu’il vous aplatit une barre de fer toute rouge, qu’il vous couche un arbre comme une tour, qu’il vous déplace des blocs de pierre et les assemble au point que ceux du matin vous font de l’ombre à midi, on ne peut plus s’arrêter. Il n’y a pas de plaisir plus intense. La vie n’a pas besoin d’autre sens. Chaque action vous montre que vous êtes fait entièrement pour elle. Vous ne songez pas à autre chose. Par contre, si vos muscles flageolent, si votre souffle vous rappellent en brûlant, que les choses vous rejettent comme un propre à rien, alors vous êtes bon pour être prophète.

-  Car le pain de fesses lui-même ne semblait pas effaroucher le messie. Il aurait dit ( toujours son humour, je suppose !) : « Dans le royaume de Dieu, les tapineuses viendront avant les piliers de synagogue. »


- On déshabille le condamné. Rien désormais ne peut plus rappeler ce qu’il était. Il doit mourir nu, comme une bête. Deux hommes le plaquent au sol, les deux autres lui maintiennent les bras sur la traverse. On enchâsse le clou dans les poignets juste entre les os de la main et ceux du bras. La paume, c’est plus facile, mais n’y comptez pas : elle se déchire sous le poids du corps. Il faut clouer les deux côté en même temps. Ce n’est pas une partie de plaisir, mais la nature est indulgente : le condamné perd toujours connaissance. On peut tranquillement le hisser sur le poteau qui est terminé par une mortaise dans laquelle la traverse s’emboite avec des chevilles. Dès qu’il est pendu, il suffoque et revient à lui. S’il ne pouvait reposer sur un « bidet », il mourait en quelques instants. ( le bidet, c’est le nom que nous donnons en argot militaire à la tige fixée au poteau entre les cuisses). Le supplice doit tout de même durer un peu pour l’édification des foules. On achève l’ouvrage en lui clouant les pieds pour qu’il ne gigote pas trop. A partir de ce moment, c’est une affaire de résistance. On en a vu qui tenaient deux jours, qui dictaient leur testament. Mais pour finir, la bête est trop lourde. Le coccyx n’est plus qu’une plaie. Plus moyen de se relever sur les pieds pour happer un peu d’air. Le tronc s’affaisse et le condamné rend son dernier hoquet.

jeudi 16 novembre 2017

Liège en 1863


                                   La gare des Guillemins, avec sa grande verrière


       Joseph Demarteau, fondateur de la " Gazette de Liège " décède en 1863


                         Un nouveau sport est apparu à Liège : le football




-  « La Meuse » mardi 17 février 1863
On parle aussi de la fondation en notre ville (Liège) d’une Association qui aurait pour but de combattre la peine de mort et de travailler énergiquement à la faire rayer de nos Codes

-« La Meuse », jeudi 2 avril 1863
On a promené hier, dans les rues de la ville, des bêtes à cornes remarquables par leur beauté et leurs poids. Plusieurs de ces beaux spécimens d la race bovine ont été achetés par M. Decharneux, marchand-boucher




- « La Meuse », lundi 1 er mars 1863
Réclame pour le remplacement et la substitution militaire




- Samedi 11 avril 1863
Réclame pour le magasin "A St-Augustin"

- Lundi 21 septembre 1863
Chaque année, les marronniers qui ornent le quai d’Avroy portent de marrons, chaque année ces fruits sont l’objet de tentation pour tous nos gamins, chaque année ces derniers les abattent à coups de pierre et chaque année aussi les journaux signalent cette source d’accidents à la police, qui, chaque année, s’empresse d’oublier qu’il est de leur devoir de veiller à la sécurité de la voie publique (…) Le gamin est comme le moineau : il revient à la charge aussitôt que le danger a disparu




- Jeudi 22 octobre 1863
La foire de Liège. Demandez le programme

- Mardi 15 décembre 1863
Les travaux du tunnel d’Esneux avancent rapidement. Le percement est environ de 50 mètres et en amont de 30 mètres. On n’a eu jusqu’à présent aucun accident à déplorer (…) Chemin de fer de l’Ourthe. Près de 2.400 ouvriers, terrassiers, maçons, tailleurs de pierre, charpentiers etc. sont actuellement employés entre Marloie et Tiff




                                          Eglise de Sainte-Marguerite en 1863

Et tout particulièrement au quartier Sainte-Marguerite :

- « La Meuse », samedi 7 février 1863
Le bel établissement de Fontainebleau, grâce aux soins de son actuel propriétaire, M. Massart, est entré dans une nouvelle ère depuis la restauration de son local qui est devenu le lieu des réunions de notre excellente société La Légia




- « La Meuse », 4 février 1863
Inauguration de la grande salle d’hiver de Fontainebleau. Bals monstres

-« La Meuse », jeudi 19 mars 1863
A la houillère de Sainte-Marguerite, un jeune ouvrier a été atteint par un éboulement et à reçu des blessures tellement graves qu’on désespère de le sauver. A la houillère de l’Aumônier, un bloc de pierre s’est détaché de la voûte et a atteint un ouvrier à l’épaule et lui a fracturé les bras en plusieurs endroits.(…) Dans l’avant-dernière nuit, une pierre a brisé la colonne vertébrale d’un ouvrier. On désespère de ses jours




- Mardi 9 juin 1863
La vache et le preux garçon de Saint-Séverin

- Mardi 24 juillet 1863
Le faubourg de Sainte-Marguerite était hier en fête ; on avait fait élever en face de l’établissement de Fontainebleau un mât de cocagne auquel un grand nombre d’amateurs vinrent s’exercer, aux sons joyeux d’un corps d’harmonie


Merci au journal «  La Meuse » !
Merci à la bibliothèque Ulysse Capitaine en Féronstrée à Liège !

dimanche 12 novembre 2017

" Sur les pas de Simenon ", nouvelles




« Onze nouvelles dont certaines évoquent un roman, un personnage de Simenon, d’autres écrites à la manière de … » :

1. Maurice Detry : « Un mur si blanc ». Un homme tue sa femme, puis sa vieille voisine. ***
2. Bruno Brel : « L’homme au chapeau noir ». Et si c’était un clin d’œil à Simenon ? ***
3. Siska Moffarts : « Quand Alice, 11 ans ½, tue Mr. Calvin. ***
4. Ugo Crespini : «L’homme qui voulait être un génie” 
5. Michèle Masson : « Trop ». Elle sert encore, un petit bruit sec, elle sait qu’il ne se réveillera pas. ***
6. Michel Carly : » Trois chambres à Liège ». En 2002, le commissaire visite Liège et prend une chambre chez les Simenon ( Désiré)
7. Joëlle Ginoux-Duvivier : » L’homme au complet anthracite. Un paraplégique espionne ses voisins jusqu’à ce que … ***
8. Frédérique Martin : «  Morsure ».
9. Albert Macours : «  Le chien de Maigret ». Voilà ce qui arrive quand quelqu’un se prend à haïr Maigret. Pauvre chien. **
10. Guy Delhase : «  L’enfant de chœur et le bébé de la rue Dartois ». Georges Simenon et Stanislas-André Steeman se sont-ils rencontrés un jour ? (première partie)
11. Patrick Ledent : « Une enquête approfondie ». N’est pas Maigret qui veut, n’est-ce pas inspecteur Maigret. ***

samedi 11 novembre 2017

Alexandre Kouprine : " Monstres insatiables "




Deux récits :
1. « Dans les entrailles de la terre ». Les premiers jours d’un jeune garçon dans une mine russe au début du vingtième siècle.
2. « Moloch ». Récit de l’inauguration d’une nouvelle fonderie dans la Russie du début du vingtième siècle avec, en prime, une histoire d’amour …

Extrait :


Les hommes  remplissent d’huile les réservoirs en verre enveloppés de gaines protectrices en fil de fer. Lorsque les lampes sont tout à fait prêtes, le lampiste fait passer une petite pièce de plomb dans les tous unissant le haut de la gaine au fond et les aplatit en une seule pression de pince massive. Ainsi, jusqu’à ce qu’il sorte de dessous terre, le mineur ne peut pas ouvrir la lampe, et même si, accidentellement, le verre se casse, le treillis rend la flamme tout à fait inoffensive. Ces précautions sont nécessaire parce que dans la profondeur des mines de charbons, s’accumule un gaz inflammable particulier qu’une flamme fait exploser instantanément ; il y a eu des cas où des centaines d’hommes périrent pour s’être imprudemment déplacés avec une flamme dans une fosse.

mardi 7 novembre 2017

Les Missiles : " Sacré Dollar " , 11 décembre 1963

Gouvy en 1928


Le village d'Ourthe en 1928


L'électrification en 1928 dans nos villages



- «  L’Avenir du Luxembourg », 13 janvier 1928
Une nouvelle cabine électrique pour Gouvy-village



- « L’Avenir du Luxembourg », 20 janvier 1928
Quand pourrons-nous pensionner nos quinquets ?
Arrestation du «  Grand Lambert » à Gouvy
Accident mortel à Limerlé



- « L’Avenir du Luxembourg », 5 mars 1928
Les machines agricoles de M. J. Gillet

- 13 juillet 1928
Mariage de Louis Burnotte de Gouvy avec Melle Marie-Antoinette de Wannes



- 30 septembre 1928
Installation du docteur Joseph Schaus de et à Gouvy



- 5 octobre 1928
Le pont sur l’Ourthe au lieu-dit Tscherapont est achevé



-  16 décembre 1928
Installation d’un syndicat chrétien chez les chemindeferistes de Gouvy



-  12 mars 1928
La fée électrique a fait son entrée triomphale dans Limerlé



- 15 avril 1928
François Wilmès et sa maman septuagénaire et impotente en route vers Lourdes



- 3 mai 1928
Les pèlerins de Bovigny sont arrivés à Lourdes



- 12 août 1928
François Wilmès et sa mère sont revenus



- 11 novembre 1928
La maison de la famille Thonus-Pirard de Courtil, détruite par le feu

Merci au journal «  L’Avenir du Luxembourg » !

Merci à la bibliothèque Albertine de Bruxelles !

dimanche 5 novembre 2017

Amélie Nothomb : " Cosmétique de l'ennemi "





Dans un aéroport, deux personnes attendent un avion qui est annoncé avec du retard. : Jérôme Angust, un homme d’affaire qui se rend à Barcelone et Textor Texel, un Hollandais. Ils ne connaissent absolument pas, n’ont aucun point commun et pourtant … Nous assistons à une splendide joute verbale qui devient, au fil de pages, assez terrifiante …
Un des romans, le plus Hitchcockien et le plus machiavélique d’Amélie Nothomb. Un incontournable !


Extraits :


* - Vous croyez toujours que Dieu existe, alors ?
    - Oui, puisque je ne cesse de l’insulter.

*  -  Oui, les boules Quies : la plus belle invention de l’homme.

* - Max Stiner. L’Unique et sa propriété, ça vous dit quelque chose ?
    - Non.
    - Ca ne m’étonne pas. C’est le théoricien de l’égoïsme. L’autre n’existe que pour mon plaisir.
    - Magnifique. Les gens qui pensent comme ça, il faut les enfermer.
    - «  La vraie morale se moque de la morale . «  Ca, c’est de Pascal. Vive le jansénisme !

*  - La vie !
    - Je connais. C’est surfait.
    - Comment expliquez-vous que tant de gens y tiennent ?
    -  Ce sont des gens qui ont, dans ce monde, des amis et des amours. Je n’en ai pas.

*  - La cosmétique, ignare, est la science de l’ordre universel, la morale suprême qui détermine le monde. Ce n’est pas ma faute si les esthéticiennes ont récupéré ce mot admirable.




samedi 4 novembre 2017

Jean Teulé : " Ô Verlaine "




L'enterrement de Verlaine


Un adolescent se présente à la maison où habite Paul Verlaine. Il est en adoration devant le vieux poète. On pense évidemment à Arthur Rimbaud qui fit, plus tôt, la même démarche ; mais nous sommes en 1895. Jean Teulé nous emmène sur le dernier trajet de Verlaine puisque ce dernier s’éteindra en 1896, accompagné à sa dernière demeure par ses amis et … cinq mille personnes.
Si tout cela est un peu romancé ( Ô si peu !), c’est en tout cas haut en couleur. Très haut en couleur. A tel point qu’on pourrait dire  : « Âmes sensibles s’abstenir ». …
A part ça, un régal ! comme souvent chez Jean Teulé.


Extraits :


- Alors, gamin, on veut perdre son pucelage ? Tu t’y prends de bonne heure. T’as vu les filles en bas, qu’est-ce qui te ferait plaisir ? La Rouquine, Poil aux pattes, Nini la vache, La Désossée, Pot à tabac, La Môme, Goutte de sperme, La Sardine, La Merdeuse, Chie par force, Trompe la mort ou Gueule d’enseigne ? C’est cinquante centimes.

-  Critique de Paul Verlaine par François Coppée :
   «  Ce poète de douze pieds marche souvent à quatre pattes », « C’est malheureux qu’il ait un trou sous le nez. Trop d’alcool y coule », « Les derniers vers de Verlaine … Il n’écrit plus, il joue aux osselets avec les mots », « Son inspiration se traîne au niveau d’un érotisme sénile ».

-  Maladies de Paul Verlaine :
       Syphilis
       Altération sanguine
       Diabète
       Souffle au cœur
       Cirrhose du foie
       Erysipèle infectieux
       Hydarthrose jambe gauche
       Pneumonie

-  Paul Verlaine était complètement dépendant à l’alcool. Alors que sa mère refusa un jour de lui servir à boire, voici ce qu’il fit ( dit-on …) :
     « Sur l’étagère du haut, trois bocaux où la mère conservait pieusement – quelle idée aussi ! –baignant dans l’alcool, les fœtus de trois fausses couches avant la naissance de Paul. Les fœtus  flottaient dans l’eau-de-vie. Ce fut hallucinant. Paul décrocha du mur le sabre de son père, capitaine du génie : » Au diable, les bocaux ! ». Il en attaque deux dans l’armoire, sabre au clair, but l’alcool à même les bocaux éclatés. Tête renversée, parmi les débris de verre, ça ruissela partout sur son visage, coula dans ses vêtements. Des bébés lui tombèrent sur ses lèvres. Un autre (une fille) attendait son tour, flottant comme dans un rêve derrière sa paroi de verre. »

-  « Hombres XI » de Paul Verlaine

   Même quand tu ne bandes pas,
Ta queue encore fait mes délices
Qui pend, blanc or, entre tes cuisses,
Sur tes roustons, sombres appas.

Couilles de mon amant, sœur fières
A la riche peau de chagrin
D’un brun rose et purpurin,
Couilles farceuses et guerrières,
Et dont la gauche balle un peu
Tout petit peu plus bas que l’autre,
D’un air roublard et bon apôtre,
A quelles donc fins, nom de Dieu ?

Elle est dodue ta quéquette,
Et veloutée du pubis
Au prépuce fermant le pis
Aux trois quart, d’une rose crête.

Elle se renfle un brin au bout
Et dessine sous la peau douce
Le gland gros comme un demi-pouce
Montrant ses lèvres juste au bout.

Après que je l’aurais baisée
En tout amour reconnaissant,
Laisse ma main la caressant,
La saisir d’une prise osée,
Pour soudain la décalotter ;
En sorte que, violet, tendre,
Le gland joyeux, sans plus attendre,
Splendidement vienne éclater ;

Et puis elle, en bonne bougresse,
Accélère le mouvement
Et jean-nu-tête en un moment
De se mettre à la redresse.

Tu bande ! c’est ce que voulaient
Ma bouche et mon cul : choisis, maître,
Une simple douce, peut-être ?
C’est ce que mes dix doigts voulaient.

Cependant le vit, mon idole,
Tend pour le rite et pour le culte
A mes mains, ma bouche et mon cul
Sa forme adorable d’idole.


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Bonus :

- Interview de Jean Teulé :

-  «  L’enterrement de Verlaine » de Paul Fort, dit par Georges Brassens :

-  Léo Ferré chante : «  Chanson d’automne » de Paul Verlaine :

- Georges Moustaki chante « Gaspard » de Paul Verlaine :