" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

lundi 30 octobre 2017

Les vaches




«  A la campagne, le marchand de vaches représente la figure même du capitaliste. C’est l’homme qui vit de l’argent. Il spécule. Le marchand achète la vache au prix le plus bas. Il la laisse chez le paysan jusqu’au jour convenu, qui est celui du marché ou celui où il a trouvé un acheteur. Il vient chercher la vache pour la revendre plus cher. Il la fait monter dans la bétaillère à coups de trique. Elle glisse sur les genoux. Elle gémit et regarde le paysan avec ses gros yeux étonnés. Le paysan tourne la tête. Le marchand a bien une petite étable pour les cas de force majeure, mais la bête n’est que de passage. Il ne la connaît pas. Il achète et il vend : c’est tout.
Le fermier aime les vaches. Il leur donne un nom : Blanchette, La Bleue, Charmante, Mazette. Il les nourrit, les soigne, se relève la nuit pour les vêlages. La marche n’est pas une marchandise pour lui. C’est quelqu’un ou presque. Evidemment, il faut bien vivre et quelquefois se séparer de la vache.
Si le fermier est riche, c’est comme un aristocrate. Il est riche de larges terres, de gras bétail, de régiments d’épicéas. Il n’est pas riche de billets de banque, comme le marchand de vaches. »


                                    Armel Job in « La reine des Spagnes »

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