" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 10 octobre 2017

L'ancienne gare de Beho et la ligne de chemin de fer de Saint-Vith à Gouvy




                                             La gare de Beho


                                       Beho, route de la gare

 " Durant la Première Guerre mondiale les Allemands construisirent dans la région deux lignes ferrées à doublevoie à usage militaire­: l’une reliant Born (près de Saint-Vith) à Vielsalm par Recht, l’autre de Saint-Vith à Gouvy par Beho. Ces lignes, devant assurer la liaison entre la Vennbahn et la ligne Liège-Luxembourg, furent achevées en 1917. Elles furent construites en grande partie par des prisonniers de guerre russes que l’on fit travailler dans des conditions épouvantables.
(…)
Revenons à notre ligne de Saint-Vith à Gouvy pour apporter quelques précisions. Cette ligne, essentiellement conçue pour un usage militaire (approvisionner le front de Verdun en hommes et matériel) fut édifiée pour un trafic lourd et rapide. Elle fut construite à 2 voies, sans aucun passage à niveau sur son trajet (une vingtaine de kilomètres), ce qui nécessita des déblais et des remblais importants ainsi que la construction de nombreux ouvrages d’art. Elle comprenait de nombreuses lignes droites et uniquement des courbes à grand rayon. Aux environs de Gouvy, une «bifurcation en Y» permettait, soit de rejoindre directement Trois-Ponts et Liège, soit d’aller vers la gare de Gouvy, puis Luxembourg ou Bastogne. (….)La ligne fut pourvue de 4 gares intermédiaires, Crombach, Weisten, Maldingen et Beho.

Après l’armistice, la ligne devint belge et servit dès juillet 1920 au trafic des voyageurs (4 trains omnibus par jour dans chaque sens). Le trafic de marchandises était également important­: on cite de 10 à 15 trains de coke par jour de l’Allemagne vers la France à titre de réparations de guerre. Pour les raisons économiques citées ci-dessus, le trafic diminua fortement (un train de marchandises par jour pour une desserte purement locale) et la ligne fut mise à simple voie vers les années 1930. Entre 1940 et 1944 la ligne, comme la région de Beho, fut annexée au Reich, et la gare de Beho (renommé Bocholz) devint une gare-frontière. Fin 1944, début 1945 la ligne fut gravement endommagée­: bombardements alliés, destruction par l’armée allemande en retraite, offensive de l’Ardenne. Elle fut cependant remise en état, d’abord par l’armée américaine, ensuite par les chemins de fer belges, à l’exception du raccordement à la Vennbahn vers Saint-Vith où la réparation fut jugée trop coûteuse vu le faible trafic. Les trains de marchandises Gouvy-Saint-Vith prenaient la bifurcation vers Lommersweiler et, une fois arrivés sur la Vennbahn, rejoignaient la gare de Saint-Vith en marche arrière­! Pour le trafic voyageurs, les trains faisaient le trajet GouvyLommersweiler. On avait prévu un transbordement vers Saint-Vith à une halte créée pour les besoins de la cause à Wiesenbach.
 Ceci ne facilitait pas le trafic voyageurs qui fut supprimé en 1952 par manque de rentabilité. Le trafic marchandises dura un peu plus longtemps mais on prit prétexte du mauvais état d’un ouvrage d’art sur la bifurcation vers Lommersweiler pour l’arrêter en 1953. Un trafic local de marchandises se maintint encore jusqu’en 1963 entre Gouvy et Maldingen. Par après les voies furent démontées. La gare de Beho comportait une station et une maison pour le chef de gare . La maison fut mise en location en 1934, ce qui semble bien indiquer qu’à ce moment Beho n’était plus qu’une simple halte. La station et la maison sont actuellement en ruines. Les bâtiments que l’on trouve actuellement près de l’ex-gare de Beho consistaient en 1923 en un magasin de charbon; en 1927 il est question d’un magasin de charbon et d’engrais (ces commerces étaient fort probablement approvisionnés par chemin de fer). La maison qui jouxte le magasin date des environs de 1935. "


Cet article est extrait de la brochure «  En suivant les bornes » par Jean De Bruyne, 1992

Editée par le Média Club Gouvy, a.s.b.l. © rue du Bechaît, 3 - B. 6670 Gouvy (080) 51.79.20 Gouvy, décembre 1994.

Le lien :



Merci également à Grégory Dubru pour les deux photos !

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