" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mercredi 27 septembre 2017

Georges Simenon : " Le Nègre "



L’histoire se déroule au début des années ’50 dans la Somme. Théo est gardien d’une petite gare, Versins-haut. Enfant, il a été éborgné lors d’un accident et, de plus, il boite. Sa femme et sa fille l’ont quitté depuis déjà longtemps. Il va prendre son repas principal chez Gédéon, l’aubergiste en face de la gare. Théo aime la chopine, le vin, parfois un peu trop… Un soir, un Noir descend du train et se dirige vers le village principal où vivent deux frères, François et Nicolas, les deux neveux plus ou moins répudiés d’un riche industriel du coin qui vient de décéder. Ces deux-là sont les deux seuls héritiers. Pas si sûr. Le notable en question a séjourné jadis en Afrique. Le Noir du train est retrouvé, assassiné dans un champ. Mais Théo a vu. Et il prouvera à tout le monde qu’il n’est pas un « moindre ». « Un jour, je leur montrerai » qu’il marmonne, tout au long du jour. Il veut faire chanter les deux frères mais l’enquête policière va plus vite que lui.
Encore une longue descente dans l’abîme comme les affectionne tant Simenon. Et ses fidèles lecteurs également.


Extraits :

- Toi, Justin si la peau humaine valait seulement aussi chère que le cuir de vache morte, tu serais capable d’écorcher les cadavres.

- Moi, je l’ai entendu, de mes oreilles, dire de Justin que, si les paysans n’étaient pas si abrutis, ils l’auraient pendu depuis belle lurette. Le fait est que Justin les faisait suer tous.


- Lui-même avait un cancer du foie, ce qui ne l’empêchait pas de boire son litre quotidien. « -Crever pour crever » qu’il disait.

dimanche 24 septembre 2017

Antoine Laurain : " Le chapeau de Mitterrand "




Fin des années ’80, Daniel Mercier s’offre un dîner dans un restaurant gastronomique. Il est passablement éberlué quand il se rend compte que son voisin de table n’est autre que François Mitterrand. Quand le président s’en va, il oublie son chapeau. Daniel Mercier s’en saisit et file comme un voleur. Il se fait que le chapeau semble lui porter chance car il gagne du galon dans son bureau. Jusqu’au jour où il perd le chapeau aux précieuses initiales « F.M. » dans un train. C’est à Fanny Marquand , maintenant, à s’en saisir. Elle va ouvrir les yeux sur un amour qui va à l’encontre de ses intérêts (comme le sont tous les amours …) . Puis le sublime couvre-chef se retrouve dans les mains du " Nez " , Pierre  Aslan, qui, après des années de recherche, découvre un parfum de toute première qualité. C’est enfin à Bernard Lavallière, cadre chez Axa, qui fait par hasard acquisition du « chapeau F.M ». Pas de doute, celui-ci porte bonheur.

Une merveille dans son genre !


Extraits :

*  Les événements importants de nos vies sont toujours le résultat d’un enchaînement de détails infimes.

*  Comment pouvait-on disparaître aussi facilement de la vie de quelqu’un ? Peut-être avec la même facilité, en définitive, qu’on y entrait.

*  Lors de ses derniers vœux aux français, le président Mitterrand prononça une phrase insolite. On la commenta sans pourtant que qui que ce soit en donne une interprétation satisfaisante. Lui-même ne s’expliqua jamais. A vingt-trois secondes de son allocution du 31 décembre 1994, il planta ses yeux dans la caméra : «  Je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas. »


*  - La peau d’une jeune fille des années 1980 n’a rien à voir avec la peau d’une jeune fille des années 1920. Le savon qu’elle utilise n’est pas le même, la poudre non plus, les produits pour laver les draps dans lesquels elle se couche ont évolués eux aussi. Le parfum même de la ville n’a rien à voir. (…) Prenons le XVIII è siècle. Que sent  cette époque ? Pierre, soleil, bois, fumier, feuille, fer forgé. Aujourd’hui : essence, bitume, peinture métallique, plastique … électricité, écrans de télévision et d’ordinateur.

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Bonus :
- «  Je crois aux forces de l’esprit …. » :

-  Il a été tiré un film de ce roman :

samedi 23 septembre 2017

Liège 1900-1940


                                         " Au Phare " place Verte ( ou Foch)
                                                

                                       Inondation de 1926, au pont des Arches et au Pont d'Avroy



Un super document tourné par la RTB en 1976 : « Liège 1900-1940 ».
Quénne affaire, valet !



vendredi 22 septembre 2017

Des salopiots (pour rester poli) veulent construire un parking sous mon nez ...

            



                                        Photo prise de mon studio le 10 décembre 2017




 Non au parking « Pavillon des Anglais » !

Quand en juin 2007, j’ai acheté un studio dans l’immeuble situé 6, Montagne Sainte-Walburge, il ne me serait jamais venu à l’idée de le choisir du côté ouest, donnant sur la rue ; par contre, là au calme au sud-est, c’était parfait.
Je suis allergique aux voitures (un des fléaux de notre société). Je n’en ai jamais possédé. Par choix.
On voudrait maintenant créer un grand parking sous mes yeux. Dit « Pavillon des Anglais » ( c’est pour faire joli ?). Adieu la tranquillité, car, voici 24h sur 24, et particulièrement de 6h30 à 23h, la grande ronde permanente des bagnoles avec tout cela ce qui sous-entend de pollutions : émanation de gaz, odeur, conversations, claquements de portes, cris divers, etc.
Je conçois bien que certaines personnes ne peuvent pas se passer de voiture mais de là à devoir supporter leur nuisance, ma réponse est : NON ! On me dira : il faut vous adapter, mon bon monsieur ! Je dis : NON !
Et si le projet venait à se réaliser, la valeur des biens situés sur la partie sud-est de l’immeuble chuterait de manière catastrophique. Qui nous remboursera la différence ?

                                                                    Liège, le 22 septembre 2017


                                       Jean Catin

jeudi 21 septembre 2017

Joseph Deleuse présente les fontaines d'araines


                                               Joseph Deleuse

Les araines sont liées à l'industrie charbonnière. Cette promenade en boucle, accessible aux PMR, va à la rencontre de quelques fontaines de l'araine de la Cité mais surtout de celles de Richonfontaine. Hors-Château et Féronstrée recèlent encore de petites merveilles qui jadis étaient alimentées par les eaux pures d'araines franches dites potables. Au delà des fontaines, bien d'autres richesses patrimoniales sont à découvrir. Guide : Joseph Deleuse (guide local). Durée : 2:00.
Lieu : Office du tourisme, halle aux viandes
quai de la Goffe 13 4000 Liège ( Centre-ville )
Accessible aux personnes à mobilité réduite
Tarifs : 6 & 7 €
Réservations : Oui
Contact :
Maison du Tourisme
site : www.visitezliege.be
tel : 042219221
mail : office.tourisme@liege.be

Quelques instantanés de la promenade



                                                  Rue de la boucherie




                                                      dans la Cour des Mineurs







                                                 L'areine de Richonfontaine






                              dans la cour de l'école d'hôtellerie en Hors Château




rue de la Poule, une pompe


rue sur les Foulons


porte de l'ancienne église Saint-Hubert, édifice qui se trouvait rue Saint-Hubert



                                      dans la cour de l'échevinat du tourisme



Si on demande à un quidam que signifie ce sigle L. G. apposé au Perron liégeois, il répondra : " Liège, bien sûr i ". Et que nenni ! Ce sigle signifie : " Libertas Gentes ", la liberté des gens, la liberté au peuple.



Une promenade très agréable où l'on a apprit et découvert des tas de choses...

Merci à Jodel al'clignette !

mercredi 20 septembre 2017

Raconte-moi Gouvy ....





Premières frayeurs… spatiales !!! par Marcelle Nisen

« J’avais 11 ans à l’époque, et j’étais déjà assez délurée ; aussi, lorsqu’il y avait possibilité d’éviter la messe matinale et de la remplacer par une autre activité plus agréable, je ne manquais jamais l’occasion.
Durant les quatre longues années de guerre que nous venions de subir, les occupants allemands avaient, à plusieurs reprises, saisi une partie de notre troupeau de vaches et quelques porcs. Pour éviter que cela se reproduise, surtout en cette période de retraite mouvementée de l’ennemi, mon papa avait « caché » quelques vaches laitières dans une pâture, à l’écart des chemins fréquentés et dissimulées aux regards indiscrets par quelques rangées de sapins, aux alentours de Cherapont, non loin de la route de Rettigny.
Ce matin-là, vers 7 heures, je m’étais donc rendue dans la prairie pour aller traire le bétail, en compagnie de papa et de mon frère Louis. Alors que nous rentrions vers Gouvy, chargé de nos cruches, par un chemin détourné pour éviter d’éventuelles mauvaises rencontres, nous avons été brutalement surpris par un vacarme infernal, un indescriptible bruit de fin du monde, un tintamarre jamais encore entendu auparavant, plus violent que toutes les explosions dont nous avions malheureusement trop souvent fait notre quotidien. Le sol s’est mis à trembler violemment tandis qu’une étrange lueur semblait jaillir des bois du « Beuleu » avoisinant. « Couchez-vous », nous cria mon père effrayé. Nous nous jetâmes alors sur le sol, la tête cachée par les fanes des pommes de terre plantées à cet endroit. « Fameuse cachette, en vérité, nous étions bien protégés par ces légumes… » Alors que je me serrais contre mon père et mon frère, curiosité toute féminine, j’ai malgré tout eu le courage de jeter un petit coup d’oeil vers l’origine du vacarme. C’est alors que j’ai pu distinguer, dans une lueur éblouissante, accompagné d’un sifflement strident et assourdissant, un objet énorme et étrange qui s’éleva dans les airs puis disparut au loin.
Il faut dire que la veille, étrangement, alors que les troupes d’occupation se repliaient en direction de l’Allemagne, un convoi transportant une espèce de gigantesque échafaudage (j’apprendrai plus tard que c’était la rampe de lancement) et des tubes énormes, sur des camions soigneusement bâchés, avait traversé le village en provenance de Beho.
Quelques jours plus tard, en écoutant secrètement la Radio de Londres, nous avons appris qu’il s’agissait du lancement de fusées V2 en direction de Paris. Une seconde fusée est partie, du même endroit, vers 11 heures du matin et s’est écrasée, 5 minutes plus tard, à une vitesse de 8.500 kilomètres/heure, sur Maisons-Alfort, provoquant des dégâts considérables et tuant une quinzaine de personnes.
Qui aurait pu imaginer, en ce 8 septembre 1944, à 8 heures du matin, qu’une petite paysanne comme moi allait être une des rares privilégiées à assister au premier lancement opérationnel de ce qui est encore aujourd’hui considéré comme l’ancêtre des fusées spatiales. »

Marcelle Nissen, la petite fille de 1 944, qui nous a narré ces évènements, est la dernière survivante ayant assisté au premier tir de la fusée V2 depuis le lieudit « le Beuleu ». Raymond Boulanger, exploitant du complexe touristique de Cherapont, a assisté, quant à lui, au lancement de 11 heures qui a frappé la petite ville française. Les évènements relatés ci-dessus ont été confirmés, en 1996, par l’armée allemande.


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Contribution d’Elisabeth Robert :
« L'église de Gouvy, non loin où j'habitais, peinte par Kenchi Yamaguchi, artiste japonais datant approximativement du début des années 60. Maintenant, les champs et pâtures environnants sont occupés par des constructions. J'espère que cette oeuvre va raviver quelques souvenirs chez quelques gouvyons. »



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Les 2 couplets et le refrain ci-dessous se chantent sur l'air de "Rosette KINKIN" ( chanson des Gauff' )

A l’agence Fortis de Gouvy
C’était l’époque de Jean-Louis
Il y avait aussi Isabelle
Ils étaient chouettes, elle était belle
C’est une agence qui était prospère
On f’sait encore de belles affaires
Maint’nant qu’Fortis a tout not’ blé
Le 7 décembre, ils veulent fermer !

Refrain :
Fortis Gouvy, les clients sont déçus
Fortis Gouvy, p’têt que c’est foutu ?
Fortis Gouvy, si nous sommes tous cocus
Fortis Gouvy, alors, on n’ira plus !

L’immeuble de l’agence bancaire
Fortis en est propriétaire
Ça c’est sûr qu’il est amorti
Depuis l’temps qu’ils sont à Gouvy
Nous, on veut simplement garder
La machine qui donne les billets
Puis celle qui imprime les extraits
Et 2 fois 2 heures au guichet !

                                        Didier Laurant

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Joseph Bontemps, Gouvy ( 1906 - 1978)



                                              Gouvy, al 'voye di Sââm


                                               Gouvy-village


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                                                                      Haïku sur Gouvy

Liège, Rivage, Gouvy
Tout’l’monde descend, terminus
Gouvy is groovy !

***

Presqu’au bout du monde
Sur le plateau ardennais
Ces vingt-trois villages


***

Quatre éoliennes
Au-dessus del' vôye di Sââm
Amantes du vent

***

Gouvy, Bovigny
Soeurs jumelles un peu rivales
Filles de nos Ardennes

***

Un autre, plus libre, et en wallon d’Gouvy :

On ognê n’est nin
on agneûs ; çi chal soukî,
i pite, treûs cint côps :
 c’est’on vrêy savadje !

Un agneau n’est pas
un ardennais ; celui-ci donne des coups de tête,
il donne des coups de pied, trois cents fois :
c’est un vrai sauvage !


                                                     Jean Catin


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Quelques commerces de Gouvy en 1958 -
  Archives fournies par Didier Petit





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Quelques commerces de Gouvy en 1957
Archives fournies par Didier Petit




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                                                   La gare de Beho


                                               La route menant à la gare de Beho

L'ancienne gare de Beho et la ligne de chemin de fer de Saint-Vith à Gouvy


 Durant la Première Guerre mondiale les Allemands construisirent dans la région deux lignes ferrées à doublevoie à usage militaire­: l’une reliant Born (près de Saint-Vith) à Vielsalm par Recht, l’autre de Saint-Vith à Gouvy par Beho. Ces lignes, devant assurer la liaison entre la Vennbahn et la ligne Liège-Luxembourg, furent achevées en 1917. Elles furent construites en grande partie par des prisonniers de guerre russes que l’on fit travailler dans des conditions épouvantables.
(…)
Revenons à notre ligne de Saint-Vith à Gouvy pour apporter quelques précisions. Cette ligne, essentiellement conçue pour un usage militaire (approvisionner le front de Verdun en hommes et matériel) fut édifiée pour un trafic lourd et rapide. Elle fut construite à 2 voies, sans aucun passage à niveau sur son trajet (une vingtaine de kilomètres), ce qui nécessita des déblais et des remblais importants ainsi que la construction de nombreux ouvrages d’art. Elle comprenait de nombreuses lignes droites et uniquement des courbes à grand rayon. Aux environs de Gouvy, une «bifurcation en Y» permettait, soit de rejoindre directement Trois-Ponts et Liège, soit d’aller vers la gare de Gouvy, puis Luxembourg ou Bastogne. (….)La ligne fut pourvue de 4 gares intermédiaires, Crombach, Weisten, Maldingen et Beho.

Après l’armistice, la ligne devint belge et servit dès juillet 1920 au trafic des voyageurs (4 trains omnibus par jour dans chaque sens). Le trafic de marchandises était également important­: on cite de 10 à 15 trains de coke par jour de l’Allemagne vers la France à titre de réparations de guerre. Pour les raisons économiques citées ci-dessus, le trafic diminua fortement (un train de marchandises par jour pour une desserte purement locale) et la ligne fut mise à simple voie vers les années 1930. Entre 1940 et 1944 la ligne, comme la région de Beho, fut annexée au Reich, et la gare de Beho (renommé Bocholz) devint une gare-frontière. Fin 1944, début 1945 la ligne fut gravement endommagée­: bombardements alliés, destruction par l’armée allemande en retraite, offensive de l’Ardenne. Elle fut cependant remise en état, d’abord par l’armée américaine, ensuite par les chemins de fer belges, à l’exception du raccordement à la Vennbahn vers Saint-Vith où la réparation fut jugée trop coûteuse vu le faible trafic. Les trains de marchandises Gouvy-Saint-Vith prenaient la bifurcation vers Lommersweiler et, une fois arrivés sur la Vennbahn, rejoignaient la gare de Saint-Vith en marche arrière­! Pour le trafic voyageurs, les trains faisaient le trajet GouvyLommersweiler. On avait prévu un transbordement vers Saint-Vith à une halte créée pour les besoins de la cause à Wiesenbach.
 Ceci ne facilitait pas le trafic voyageurs qui fut supprimé en 1952 par manque de rentabilité. Le trafic marchandises dura un peu plus longtemps mais on prit prétexte du mauvais état d’un ouvrage d’art sur la bifurcation vers Lommersweiler pour l’arrêter en 1953. Un trafic local de marchandises se maintint encore jusqu’en 1963 entre Gouvy et Maldingen. Par après les voies furent démontées. La gare de Beho comportait une station et une maison pour le chef de gare . La maison fut mise en location en 1934, ce qui semble bien indiquer qu’à ce moment Beho n’était plus qu’une simple halte. La station et la maison sont actuellement en ruines. Les bâtiments que l’on trouve actuellement près de l’ex-gare de Beho consistaient en 1923 en un magasin de charbon; en 1927 il est question d’un magasin de charbon et d’engrais (ces commerces étaient fort probablement approvisionnés par chemin de fer). La maison qui jouxte le magasin date des environs de 1935.

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Cet article est extrait de la brochure «  En suivant les bornes » par Jean De Bruyne, 1992

Editée par le Média Club Gouvy, a.s.b.l. © rue du Bechaît, 3 - B. 6670 Gouvy (080) 51.79.20 Gouvy, décembre 1994.

Le lien :

Merci également à Grégory Dubru pour les deux photos !

Petit questionnaire sur Gouvy d'antan

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1-  Quelle famille tenait le magasin dit au Végé ?
2-  Où se situait le magasin chez Poire ?
3-  Où se situait le magasin à l’économie populaire ?
4-  Que pouvait-on faire chez Faber ?
5- Où se situait l’ancienne pharmacie Rome dans les années 50/60 ?
6- Quelle famille tenait le Ciné chez nous dans les années 50/60 ?
7-  Qui tenait le magasin de vélos et de motos ?
8-  Outre le garage, ils faisaient également taxi ?
9-  Que proposait Paulette Baesch ?
10- Elle était modiste, chapelière. De qui s’agit-il ?
11-  Que vendait t-on chez Léa Marquet ?
12-  Comment s’appelait le café à côté de la maison des jeunes ?
13-  Quelle était la profession de Victor Boulanger ?
14-  Quelle était la profession de Joseph Boulanger ?
15- Que vendait Marie Catin ?
16-  Quelle était la profession de monsieur Chalsèche ?
17- Qui tenait le café des sports dans les années 60 et début des 70 ?
18 . Qui a créé le journal toute boite  « l’Hirondelle « ?
19. Avant  la Frite du Nord et Idéal Baby, qui tenait le magasin au 12 rue de la Gare ?
20. Quel était le nom du café sis au 10 rue de la Gare ?
21. Quel était le diminutif du nom de la propriétaire du magasin de confection sis au 9 rue de la Gare ?
22-  Quel type de magasin tenait Julia Clotuche ?
23-  Comment s’appelait le maréchal-ferrant de la rue de Beho ?
24-  Quelle était la profession de Louis et Marcelle Nisen ?
25- Quelle était la profession de Joseph Bontemps ?



Ce quizz n’est qu’une sélection subjective. Ne soyez donc pas vexés si votre nom ou celui d’un de vos proches n’est pas mentionné. Je n’y ai, pour ma part, même pas mentionné celui de mes parents.
Il s’est peut-être glisser une ou l’autre erreur dans les noms, par exemple, veuillez m’en excuser.


                                                            Réponses :

1. Famille Jean Clotuche
2. En face de l'église
3. Rue d'Ourthe
4. Prise des photos d'identité, de famille
5. Sur l'actuel parking du Spar
6. La famille Eugène et Nelly Marx
7. Lucien Désert
8. La famille Noël
9. Des pommes, des poires, des scoubidous (maraîchère)
10. Madame Rousseau
11. Léa et Ernest tenaient une épicerie au village
12. Chez Nestor
13. Epicier
14. Horloger
15. de la lingerie, des dentelles, de la laine, ... (mercière)
16. Boulanger
17. Marie-Thérèse Kzrack-Osanna
18. Pierre Kaesch
19. Elvire et Emma Boulanger
20. Au Harnais
21 Baby
22. Boulangerie-pâtisserie + bistrot
23. Firmin Lanners
24. Agriculteurs
25. Peintre

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                                                                Gouvy,un historique
Origine
La plus ancienne mention de la paroisse de Saint-Aubin à Gouvy se rencontre dans une charte de Stavelot du 14 avril 915. (…) Près du cimetière et de l’église actuelle de Gouvy, se trouvé un lieu-dit Saceux ou Sacô, qui pourrait désigner l’emplacement d’un ancien cimetière païen ou d’un autel votif de la période romaine. (…)
Étymologie : selon la tradition, une jeune fille de Bellain, nommée Gülich, vivant vers l’an 1300, se serait rendue à Cologne où elle aurait fait fortune. Son fils, revenu dans le pays, se serait fait construire un château qu’il ne put achever et autour duquel se groupèrent quelques habitations. De là, le nom de Gülich – par extension Gouvy – donné à la localité. Le fait est qu’il y a eu jadis à Gouvy un, voire deux châteaux inachevés.

Selon R. Felten, le nom de Gouvy proviendrait de « Goû », dérivé du nom propre germanique « Godulf » et de « Vi », du latin « vicus », rue, ferme. Gouvy serait donc « la ferme de Godulf ».

Pendant huit siècles environ, l’histoire de Gouvy a été liée à celle du comté de Salm – pour une petite partie du village seulement -, à celle de la seigneurie de Houffalize, à celle du duché de Luxembourg par le biais de la prévôté de Bastogne et plus précisément par celui des mairies de Hoffelt et de Gouvy, à celle de la cour de Cherain et à celles des petites seigneuries de Beho, d’Amas, de Steinbach et de Rouvroy.

En 1586, Gouvy était déjà érigé en mairie avec Ourthe et Deiffelt.

L’objet du présent document n’est pas d’établir les diverses appartenances du village, tâche malaisée, car il faut bien évidemment prendre en considération le fait que les divisions furent en perpétuelle mouvance tout au long de ces huit derniers siècles. Au début du 14e siècle, une partie du village de Gouvy relevait du comte de Salm.

Gouvy a formé une commune à part jusqu’en 1 824, date de sa réunion aux deux sections de Limerlé et de Steinbach pour constituer la commune de Limerlé. Érigé à nouveau en commune depuis le premier octobre 1977, Gouvy est le plus gros village de l’entité.

Caractérisé par la dualité « Gare – quartier commercial » et « Village – vieux quartier », Gouvy domine la vallée de l’Ourthe et se baigne dans les eaux du Mayon.

Gouvy Gare
« Village champignon » dont la croissance fut essentiellement liée au développement des chemins de fer au début du 20e siècle, la partie Nord-Est du village s’est très vite axée vers les activités commerciales et administratives. Rien n’y manque et vous y trouverez tous les objets et renseignements nécessaires à un séjour agréable.

Durant la guerre 14 -18, afin de permettre l’acheminement du matériel de guerre à destination de Verdun, les autorités occupantes décidèrent le doublement de la voie en direction de Bastogne. Pour ce faire, ils firent appel à des travailleurs civils puis au travail forcé de prisonniers russes et alliés logés dans des camps de baraquements itinérants. C’est à la même époque que fut construit l’imposant dépôt de machines à vapeur. Il faut noter qu’à cette époque, la circulation, de même que la signalisation, se faisait à droite, comme sur le réseau prussien.

Précédée d’une longue allée d’érables, la chapelle de Gouvy – gare, dédiée à Notre-Dame Auxiliatrice, a été construite en 1932 à l’initiative de l’abbé Maréchal et financée en grande partie par Odon Warland.

Nœud ferroviaire et gare frontière, la station de Gouvy, datant de la fin du siècle dernier (1 871), était le point de jonction des lignes en direction de l’Allemagne via Saint-Vith, de Liège, Bastogne et Luxembourg.

La ligne Luxembourg – Gouvy – Liège via Spa a été livrée au service public le 20 février 1867, tandis que la ligne Gouvy – Limerlé était ouverte le 26 octobre 1885, suivant d’un an l’ouverture de la ligne Bastogne – Limerlé (20 février 1884).

La transformation des modes de vie et la multiplication des moyens de transport individuels ont entrainé la désaffection partielle de la station et la suppression des liaisons vers Saint-Vith (1 958) et Bastogne (1 983).

Autrefois premier employeur de la région, la gare de Gouvy subit de profondes mutations. L’électrification de la ligne Luxembourg – Liège, indispensable à son maintien et qui donnera au Grand Duché un accès au T.G.V. à Liège a justifié la suppression de l’atelier de réparation de locomotives « Diesel ».

De part et d’autre des voies ferrées, partiellement comblés, de nombreux « trous de bombes » témoignent encore aujourd’hui des bombardements subis au cours du dernier conflit mondial. De multiples ouvrages d’art ont été dynamités pour ralentir la progression de l’ennemi ; leurs vestiges sont encore bien visibles en direction de Limerlé.

De la glorieuse époque de la vapeur, la station conserve encore, juchés sur quelques hauteurs, divers réservoirs d’eau actuellement hors d’usage.

Gouvy-Village
Baignés par les eaux calmes du Mayon, les vieux quartiers de Gouvy se distinguent de « la Gare » par le caractère typiquement ardennais de leurs vieilles bâtisses dont les plus beaux fleurons sont sans nul doute « la ferme Entringer » et « la ferme Burnotte ».

L’église Saint-Aubin
Dominant le vieux bourg de sa masse imposante, l’église paroissiale Saint-Aubin a été édifiée, à l’initiative de la famille Scheurette, à l’emplacement de deux anciens édifices. Une dalle commémorative située sur le flanc gauche de l’édifice rappelle la date de sa reconstruction. On peut aussi y voir les armoiries du Seigneur et mayeur d’Amas, Jean Henri Scheurette.

Le mobilier intérieur ornant la nef et le chœur est particulièrement riche pour le 18e siècle. Il est dû à Crimer, d’Ourthe et à Close, de Deiffelt. À remarquer : la chaire de vérité, les stalles et lambris de bois entourant la nef et fermant la sacristie. Le maitre autel impressionne par ses dimensions et frôle la voute. Son triple tabernacle tournant a été extrait pour constituer le pied de l’autel actuel, faisant face à l’assistance. Dans le chœur, on remarquera deux splendides lutrins en forme d’aigles triomphants, aux ailes déployées.

Les curés de Gouvy
Nicholaus de Rulant est cité dans un acte du  5 septembre 1311
Antoine Hasech, curé centenaire…
L’un des premiers curés de Gouvy a été le sieur Hasech Antoine, célèbre par son grand âge : né en 1401, il mourut en 1526 et fut, de 1 426 à 1 526 curé de Gülich, dans le diocèse de Liège (cf. dictionnaire historique de l’abbé Feller, référence Hasech).

Le curé de Gouvy, alors plus que centenaire, avait été dénoncé à l’évêque de Liège comme étant retombé en enfance. À la suite de cette malveillance, émanant sans doute d’un confrère désireux d’obtenir le bénéfice de la cure, le prélat fit venir le vénérable curé pour s’assurer de l’intégrité de ses facultés intellectuelles. Ainsi, il lui demanda combien on comptait de sacrements :
– « Six » répondit le vieillard et, sur l’exclamation d’étonnement de l’évêque, il les énuméra tous à l’exception de la confirmation.
– « Vous oubliez le sacrement de confirmation », lui dit sévèrement l’évêque.
– « Pardonnez-moi, monseigneur », répartit humblement le brave curé, « voilà cent ans que j’occupe la paroisse de Gouvy, et pendant tout ce siècle, pas un évêque n’y est venu administrer ce sacrement. Je le croyais donc aboli ».
Comme on lui demandait un jour de quelle eau de jouvence il s’était servi pour atteindre un âge aussi avancé, il répondit en souriant :
– « Je me suis abstenu de trois choses : mulierum, ebrietatis, et iracundiae ». (Les femmes, la boisson et l’emportement.)
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Jean Gowy fut curé à Gouvy ( vers 1551)
Jean Rigreux  vers 1589
Guillaume Jacquet est cité en 1624 dans un acte
J. Bruenne, en 1677
P. Georges, en 1702
André Carpentier, cité en 1710 et 1720
P. Pauly, en 1747
Jean-Jacques Scheurette est cité en 1760 et en 1768
Charles Houry figure dans un acte de 1789
Henry Arte, cité le 21 juillet 1801

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Les vicaires de Gouvy ( d’après Tandel) :
Jean Lamberti, 1621 – 1622
J. Dujardin, 1685
M. Bechay, 1725
Charles Lejeune, 1730
N. Scheurette, 1759
H. Servais, 1760
Nicolas Renard, 1766
R. Scheurette, 1768
J. Geniol, 1770
N. Martiny, 1770
N. Renard, 1778
N. Scheurette, 1786
N. Doncbach, 1791
Henry Art, 1776-1801
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Curiosités
On trouve à Gouvy, notamment au presbytère et à la ferme-chateau Entringer, des portraits à l’huile et des lithographies de l’abbé Hasech, un beau vieillard à la barbe blanche et à la figure patriarcale.
Le vieux cimetière
Le cimetière environnant est riche en monuments funéraires, dont les plus anciens remontent au 17e siècle Un inventaire descriptif réalisé par M. Carlo Kockerols avant la transformation de ce cimetière, a été édité en 1 995 et réédité en 1996 par le I.D. Gouvy asbl.

À l’avant de l’église, le monument aux morts, en petit granit, dans un enclos de fer forgé, se présente sous la forme d’un octogone surmonté d’un soldat casqué montant la garde. Fait curieux, sur ses différentes faces, le monument reprend plusieurs noms russes, anglais, italiens et français mentionnés sous les armes de leurs pays respectifs. Il s’agit en fait de prisonniers de guerre alliés que les occupants allemands employaient à la construction de la ligne de chemin de fer « Gouvy – Saint-Vith », durant la Première Guerre mondiale.

Le château – ferme Scheurette
Faisant face à l’église paroissiale, le château – ferme Scheurette, passé par alliance à la famille Entringer, est signalé dès 1606 (inscription sur le montant de cheminée). Robuste ferme de grès schisteux enduit et de schiste ardoisier, cette demeure fut acquise en 1718 par Henri Scheurette, de Gouvy, mayeur de Gouvy et de la cour d’Amas. L’ensemble est fermé par un mur bas, ceinturant une cour intérieure recouverte de pavés de grès accessible par un porche en anse de panier.

À remarquer : l’ébrasement de la porte d’entrée, finement ouvragé, avec encadrement à croisettes est frappé d’un phylactère avec épigraphe « loué soit Jésus Christ » et surmonté d’une niche contenant une statuette de la vierge. Le bâtiment n’est malheureusement pas visitable et mériterait d’être entretenu et rénové.

Le « château De Potter »
Face à l’église, on ne manquera pas d’admirer l’ancienne maison de maitre du docteur Scheurette, plus connue sous l’appellation « château De Potter ». Dominant un parc ombragé, elle a été remarquablement restaurée et mise en valeur.

Le « château De Potter », hôpital de campagne…
Pendant l’offensive des Ardennes, la vaste demeure habitée par monsieur Léon De Potter et sa famille, située rue d’Houffalize, près de l’église, à Gouvy fut réquisitionnée par l’armée allemande pour servir d’hôpital militaire.

La demeure étant vaste, le grand salon situé dans l’aile droite fut transformé en salle d’opération. La famille devant, quant à elle, se replier dans les caves du bâtiment.

Le grand hall d’entrée faisait office de salle d’attente pour les blessés avant les interventions, toutes les chambres ayant été transformées en dortoirs pour les malades et les opérés. Dans ces chambres, des couches, séparées par des petites cloisons maintenant les paillasses, avaient été aménagées à même le sol, sur le parquet.

Les blessés subissaient des opérations de toutes natures, y compris des amputations, sans être endormis. Les médicaments étant rares, à défaut de pouvoir les endormir, on soulageait les douleurs des victimes en leur donnant une bonne rasade de « pecket ».

Il y eut énormément de décès. Dans un premier temps, les morts étaient rangés près du poulailler, avant d’être enterrés dans le potager par des prisonniers. Une simple croix de bois portant le numéro de matricule du mort marquait l’endroit de la tombe.

Lors du bombardement de Gouvy, une bombe de 1.000 kg tomba dans la pelouse, devant l’hôpital. Un Allemand fut ensevelis vivant par le déplacement des terres ; fort heureusement, ses camarades l’avaient vu et réussirent à le sauver…

La ferme Burnotte
La ferme Burnotte (1 711 1 834), située à l’angle de la chaussée de Houffalize et de la rue du Centre présente un vaste bâtiment fermé par une enceinte en pierres du pays recouvertes d’enduit et passées à la chaux. On remarquera le dallage en schiste bleu du porche d’entrée et l’imposante porte charretière de la cour intérieure.

Autres curiosités
Au bord de l’ancienne « Voie de Salm », sous un appentis de cherbins, se trouve un petit édicule reposoir de la seconde moitié du 18e siècle. Il abrite une stèle d’arkose de style baroque tardif, dans la tradition de l’Eifel proche, frappée d’un cœur ardent au monogramme « M.à. » coiffé d’un panache d’acanthe et d’un chérubin.

Dans le même quartier, en revenant vers la place de l’église, plusieurs maisons anciennes attireront l’attention du visiteur : la maison Clotuche (N° 14) et l’édicule qui lui fait face, la ferme Haan, la maison Brasseur, le presbytère, la ferme Clotuche (rue de l’église) et quelques vieilles bâtisses de la rue du Bechaît.

Le long de l’ancienne route menant à Bellain, à quelques mètres de la frontière luxembourgeoise, à l’orée d’un petit bois de sapins, un monument commémoratif a été dressé à l’endroit même où l’on retrouva les corps des frères Léonard, quatre jeunes résistants exécutés, sur ordre du dirigeant fasciste Léon Degrelle, à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Au lieudit « Sur les monts », une imposante croix de mission raphaéliste en béton fut érigée en 1935. De là, le promeneur bénéficiera d’un joli point de vue sur le groupement constitué par la ferme Scheurette, le château et l’église.

Premières frayeurs… spatiales !!!
« J’avais 11 ans à l’époque, et j’étais déjà assez délurée ; aussi, lorsqu’il y avait possibilité d’éviter la messe matinale et de la remplacer par une autre activité plus agréable, je ne manquais jamais l’occasion.

Durant les quatre longues années de guerre que nous venions de subir, les occupants allemands avaient, à plusieurs reprises, saisi une partie de notre troupeau de vaches et quelques porcs. Pour éviter que cela se reproduise, surtout en cette période de retraite mouvementée de l’ennemi, mon papa avait « caché » quelques vaches laitières dans une pâture, à l’écart des chemins fréquentés et dissimulées aux regards indiscrets par quelques rangées de sapins, aux alentours de Cherapont, non loin de la route de Rettigny.

Ce matin-là, vers 7 heures, je m’étais donc rendue dans la prairie pour aller traire le bétail, en compagnie de papa et de mon frère Louis. Alors que nous rentrions vers Gouvy, chargé de nos cruches, par un chemin détourné pour éviter d’éventuelles mauvaises rencontres, nous avons été brutalement surpris par un vacarme infernal, un indescriptible bruit de fin du monde, un tintamarre jamais encore entendu auparavant, plus violent que toutes les explosions dont nous avions malheureusement trop souvent fait notre quotidien. Le sol s’est mis à trembler violemment tandis qu’une étrange lueur semblait jaillir des bois du « Beuleu » avoisinant. « Couchez-vous », nous cria mon père effrayé. Nous nous jetâmes alors sur le sol, la tête cachée par les fanes des pommes de terre plantées à cet endroit. « Fameuse cachette, en vérité, nous étions bien protégés par ces légumes… » Alors que je me serrais contre mon père et mon frère, curiosité toute féminine, j’ai malgré tout eu le courage de jeter un petit coup d’oeil vers l’origine du vacarme. C’est alors que j’ai pu distinguer, dans une lueur éblouissante, accompagné d’un sifflement strident et assourdissant, un objet énorme et étrange qui s’éleva dans les airs puis disparut au loin.

Il faut dire que la veille, étrangement, alors que les troupes d’occupation se repliaient en direction de l’Allemagne, un convoi transportant une espèce de gigantesque échafaudage (j’apprendrai plus tard que c’était la rampe de lancement) et des tubes énormes, sur des camions soigneusement bâchés, avait traversé le village en provenance de Beho.

Quelques jours plus tard, en écoutant secrètement la Radio de Londres, nous avons appris qu’il s’agissait du lancement de fusées V2 en direction de Paris. Une seconde fusée est partie, du même endroit, vers 11 heures du matin et s’est écrasée, 5 minutes plus tard, à une vitesse de 8.500 kilomètres/heure, sur Maisons-Alfort, provoquant des dégâts considérables et tuant une quinzaine de personnes.

Qui aurait pu imaginer, en ce 8 septembre 1944, à 8 heures du matin, qu’une petite paysanne comme moi allait être une des rares privilégiées à assister au premier lancement opérationnel de ce qui est encore aujourd’hui considéré comme l’ancêtre des fusées spatiales. »

Marcelle Nissen, la petite fille de 1 944, qui nous a narré ces évènements, est la dernière survivante ayant assisté au premier tir de la fusée V2 depuis le lieudit « le Beuleu ». Raymond Boulanger, exploitant du complexe touristique de Cherapont, a assisté, quant à lui, au lancement de 11 heures qui a frappé la petite ville française. Les évènements relatés ci-dessus ont été confirmés, en 1996, par l’armée allemande.


SOURCES
1- IDGouvy, éditeur
 Source internet Gouvy.eu livre

2. le livre «  Glain et Salm – Haute Ardenne » par Philippe Lejeune, édité par l’Asbl «  Val de Glain, terre de Salm » , Vielsalm 1978 ( les passages repris dans ce livre sont soulignés en italique dans cet article).

Voici le lien via lequel vous pouvez consulter le livre : " Gouvy, les 23 villages " :

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Quelques aspects de la vie quotidienne dans l’entité de Gouvy, fin du 19è et début du 20è siècle

D'abord, saluons tout particulièrement madame Léa Servatius-Nivarlet qui a eu la bonne idée de coucher ses souvenirs dans des carnets et surtout de les partager.
Tout ce qui suit est extrait du livre «  Provedroux en 1878 »

- A Rettigny, vers 1908, une diligence de deux chevaux fait le trajet Houffalize-Gouvy. C’est probablement cette même malle-poste qui est remplacée par un service d’autobus en juin 1923. (source : Léa Servatius)

- A Rettigny, au début du XX ème siècle, la lampe à pétrole est affectée à la Chambre, c’est l’éclairage de luxe ; pour les autres pièces, on se sert du crassèt (lampe à huile). Le pétrolier passe tous les samedis avec sa citerne attelée de deux chevaux. ( source Léa Servatius)

- La province de Luxembourg compte 731 épiceries en 1846, 1.100 en 1900. Quelle viande consomme-t-on ? Le cochon, essentiellement que l’on occit deux fois l’an. A Rettigny, on tue le cochon vers la Toussaint et à Pâques. La basse-cour aussi fournit une viande à bon prix. A Rettigny, vers 1900, c’est le boucher, le père Anatole qui, effectuant la tournée des villages, vient avec une voiture attelée de deux gros chiens et de deux paniers de viande qu’il vend à 1,50 f le kilo. (Source : toujours Léa Servatius-Nivarlet)
- Les coutumes alimentaires varient d’un village à l’autre. A Rettigny, écrit Léa Nivarlet, la maman pour déjeuner le matin réchauffait un affreux pelle de pommes de terre et pour épargner le beurre, on mettait de la compote, de la maquait. L’aïeule faisait une trûlée dans un grand bol avec du café noir et du pain, jamais de sucre dans le café. Le soir, des pommes de terre réchauffées et des betteraves à salade. On croque des pommes, des poires, le raisin est un  produit de luxe ; pêches et oranges sont inconnues. Pas de marchands de légumes à Rettigny, le courtil suffit à tout. Le soir, on fait une marmite de pommes de terre mêlées avec du pain et du lard. Les mets de circonstance sont avant tout les tartes aux pommes, au riz, aux prunes, au sucre, aux kètches (poires séchées dans le four), à la rhubarbe.

- Les vêtements
Autrefois, chaque famille cultivait du lin et du chanvre que l’on travaillait l’hiver pour en faire des toiles saines et solides. A Commanster et à Ourthe, trois familles ont tissé jusqu’en 1938 pour le linge du corps et du lit.
Du matin au soir, en semaine comme le dimanche, on voyait circuler les hommes vêtus d’un vêtement de toile bleu marine et noire, appelé sarau. Le sarrau du dimanche était plus long et soigneusement plissé de haut en bas. La culotte était généralement en velours uni noir ou bleu foncé descendant jusqu’au genou .Il disparut vers 1895. Les hommes s’entouraient le cou d’un fichu spécial en toile ou en coton, le plus souvent rouge ou à fleurs : le norèt.
Le costume féminin se composait de deux parties : le corsage et la jupe. La jupe descendait jusqu’aux pieds. Le dessus du vêtement consistait en une blouse aux longues manches et boutonnée sur le devant. La femme portait toujours un tablier à bavoir. (…) A la maison, les femmes portaient l’indispensable matrichon, coiffe blanche en toile.

- La mort
Avant l’enterrement, il faut veiller le mort selon la coutume ainsi qu’elle s’est pratiquée jusqu’aux environs des années trente à Rettigny : les voisins et les amis venaient veiller les morts avant les funérailles. A minuit, ils récitaient un chapelet puis buvaient le café : vers trois heures, un deuxième chapelet ; à 6 heures, un troisième chapelet et puis le déjeuner.

- Le pèkèt
Le pèkèt jouit de la plus haute faveur populaire. On en sert partout, aux grandes et aux petites occasions. Ce breuvage ludique cause autant de bien que de mal. S’il aide quelquefois à supporter les hivers trop longs, il provoque aussi une maladie, la pire qui soit : l’alcoolisme. Dans la province de Luxembourg, le nombre de débits de boisson passe de 384 en 1846 à 2. 835 en 1900. On boit aussi de la bière (qui n’est pas fameuse)  et du vin mais leur notoriété n’atteignit pas le pèkèt.

La lessive
Pour la lessive, écrit Léa Nivarlet, on avait une tinne en bois sur deux chaises. Avec une planche, on frottait le linge. On avait du savon vert, un peu de poudre que ma tante saupoudrait comme on met du poivre dans la soupe. Ensuite, on mettait la manne sur la brouette, on allait rincer le linge à la rivière,  on le battait sur une belle pierre pour en faire ressortir le savon. En hiver, on rentrait avec les doigts gelés et ma tante disait : «Entrez vos doigts dans les cheveux, ça calmera. » A défaut de rivière, on rince le linge dans des bacs ou des abreuvoirs ou encore dans une petite fontaine couverte comme à Vaux-Cherain.

Lin

A Rettigny en 1913, on a encore semé du lin. A Gouvy en 1880, Jean-Henri Servatius possède un métier de tisserand avec accessoires.

La laine
A Rettigny, au début du XX ème siècle, on travaille la laine à l’aide d’un banc avec deux appareils cloués dessus. La laine est fournie par les deux ou trois moutons que possède chaque famille. On en fait de couvertures et des bas. D’autres, telle la vieille Fifine Derroite, gagnent leur vie péniblement en filant la laine sur un rouet.

Animaux et élevages
On peut estimer une moyenne d’à peu près 5 bêtes à cornes par ménage. A l’origine, la vache ardennaise est une petite vache roussette musclée, mais de peu de poids, progressivement améliorée à partir de 1860 par des apports étrangers. (…) Les clôtures sont adaptées progressivement au cours de la seconde moitié du XIX ème siècle. Elles prennent la forme de haies vives. (…) Les vaches sont gardées par les enfants de la ferme ou par un vacher. Ces petites domestiques viennent de Prusse ( Cantons de l’Est) de Gruvelange ou de Deiffelt (Beho). A Cierreux en 1869, on engage ces vachers pour 20 F. l’an, une paire de souliers, un pantalon, une chemise, un sarrau, un mouchoir, une casquette, une demi-livre de laine. En 1878, le prix des vaches varie de 105 à 200 F , un veau 30F , une génisse de 60 à 98F. Les étables en Ardenne sont mal entretenues. Citation : «  les animaux s’y trouvent couchés dans la fange et leur entassement produit une odeur malsaine et une chaleur insupportable. »

Le village

Le village est alors le théâtre vivant parcouru d’un mouvement incessant, peuple du parfum piquant des fenaisons, de l’odeur forte des fumiers, des clameurs des gens et des bêtes. Et voici Rameau de Mont avec une charrette pour acheter les peaux de lapins à 10 centimes. En juin, voici le père Choffray avec une charrette conduite par un petit baudet qui vendait des cerises, un sou le sachet. A Mont-Le-Ban vient chaque semaine un couple de marchands avec des seaux plein d’œufs attachés à chaque bout du hârkè (joug). Il arrive aussi que surgissent les montreurs d’ours qui font danser l’animal au son de l’orgue de Barbarie.
Et pourquoi ne pas évoquer une coutume qui a longtemps survécu en Ardenne, celle des marchés se concluant dans le fond de l’église pendant les offices ? Il n’était pas rare d’entendre sceller les accords à coups de claques pendant le Deo gratias ou l’Agnus Dei. Plus d’un curé y perdit son calme.

Appellations

Les habitants de Lierneux sont appelés : les makêyes de ban ; ceux d’Arbrefontaine : les kuzin ; d’Hebronval : les grandiveûs d’Hebronvâ ; de Vielsalm : les pourcè du l’Vî-Sâm, les cochons de Vielsalm ; de Houffalize : les bordjeus, les bourgeois. La région de Cherain, Mont-le-Ban, Houffalize est baptisée : lu payis des coupêres, qui ,en toute générosité, équivaut à bièsse et boufon.

Les maladies


En 1880, les maladies les plus répandues dans le Luxembourg sont les maladies de poitrine et des voies respiratoires, puis viennent la coqueluche, la fièvre typhoïde, le croup, les entérites et les diarrhées.(…) A Gouvy , au 19è siècle, un nommé André Colin signait la ou les dents malades avec une pointe de Paris qu’il allait ensuite clouer dans un morceau de bois vermoulu ou dans un arbre. Même procédé à Rettigny. Au début du siècle ( le 20 ème sans doute), le vieux Martin Kaesch de Gouvy usait d’un méthode plus directe : il signait le mal de dents avec ses doigts and la bouche qui puaient la flatte …

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