" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

dimanche 6 août 2017

La crucifixion comme si vous y étiez ...




     « La blessure du clou dans le gros tronc nerveux du poignet est une des souffrances les plus atroces que l’on puisse imaginer d’autant plus qu’elle s’accompagne d’une chute brusque de la tension artérielle, même sous anesthésie générale. D’ailleurs, cette blessure entraîne souvent une perte de connaissance.
     La fixation des bras relevés, donc en position d’inspiration, entraîne une relative immobilité des côtes et une grand gène de la respiration : le crucifié a l’impression d’un étouffement progressif (chacun peut constater que cette position prolongée sans aucune traction sur les mains, entraîne déjà une apnée des plus désagréables). Le cœur doit travailler davantage, ses battements se précipitent et s’affaiblissent.
     Comment donc le crucifié peut-il échapper momentanément à cette asphyxie ? En prenant appui sur ses pieds fixés au bois de la croix pour remonter tour le corps. La traction sur les mains étant ainsi fortement réduite, les crampes diminuent et l’asphyxie disparait momentanément, par reprise des mouvements respiratoires. Puis, la fatigue des membres inférieurs survient qui force le crucifié à redescendre et l’asphyxie se reproduit. Toute l’agonie se passe donc dans une alternance d’affaissement et de redressement, d’asphyxie et de respiration.
     Les bourreaux ont de plus un moyen sûr d’achever les crucifiés, c’est de leur rompre les jambes ce qui entraîne, chez le crucifié, l’impossibilité absolue de se redresser. Dès lors, l’asphyxie les entraîne, dans un délai très court, vers la mort. »

                              In la « Gazette de Liège », vendredi 7 avril 1950

    Article du docteur Pierre Barbet, chirurgien à l’hôpital Saint-Joseph de Paris

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- On déshabille le condamné. Rien désormais ne peut plus rappeler ce qu’il était. Il doit mourir nu, comme une bête. Deux hommes le plaquent au sol, les deux autres lui maintiennent les bras sur la traverse. On enchâsse le clou dans les poignets juste entre les os de la main et ceux du bras. La paume, c’est plus facile, mais n’y comptez pas : elle se déchire sous le poids du corps. Il faut clouer les deux côté en même temps. Ce n’est pas une partie de plaisir, mais la nature est indulgente : le condamné perd toujours connaissance. On peut tranquillement le hisser sur le poteau qui est terminé par une mortaise dans laquelle la traverse s’emboite avec des chevilles. Dès qu’il est pendu, il suffoque et revient à lui. S’il ne pouvait reposer sur un « bidet », il mourait en quelques instants. ( le bidet, c’est le nom que nous donnons en argot militaire à la tige fixée au poteau entre les cuisses). Le supplice doit tout de même durer un peu pour l’édification des foules. On achève l’ouvrage en lui clouant les pieds pour qu’il ne gigote pas trop. A partir de ce moment, c’est une affaire de résistance. On en a vu qui tenaient deux jours, qui dictaient leur testament. Mais pour finir, la bête est trop lourde. Le coccyx n’est plus qu’une plaie. Plus moyen de se relever sur les pieds pour happer un peu d’air. Le tronc s’affaisse et le condamné rend son dernier hoquet.

                    In " La femme de saint Pierre " d'Armel Job

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