" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

jeudi 25 mai 2017

Georges Simenon : " A l'abri de notre arbre "



Cette « dictée » couvre la période entre le  13 décembre 1975 et le 11 avril 1976. Période de calme avec sa compagne Teresa mais aussi de soucis familiaux ( ses enfants). Simenon évoque à nouveau beaucoup son enfance, les personnes qu’il a connus, constate que le monde est en perpétuel changement, qu’il s’agit de s’adapter. Il conclut par ces mots : «  Quand donc me foutra-t-on la paix ? Qu’on me foute la paix ! »

Quel plaisir, quel apaisement que de lire ces lignes …



Extraits :

- Mes oncles Simenon parlaient souvent wallon entre eux. Mon père refusait de nous le laisser parler, à mon frère et à moi, en prétextant, non sans raison, que cela gâterait notre français. Pourtant, que de chansons wallonnes je retrouve tout à coup que j’aurais juré, il y a quelques années encore, n’avoir jamais entendues ! Hier, il m’en est revenu une que je transcris sans être sûr de l’orthographe :
                                       On ribotte, on ribotte,
                                       Dj’isqu’à ce qu’on halcotte
Cela veut dire que, de bonne humeur, on se met à aller de bistrot en bistrot. Chacun a son atmosphère, ses habitués. On serre les mains. On se parle familièrement. On se taquine. Puis on passe au bistrot suivant. Puis encore dans un autre bistrot dont l’atmosphère est différente. Puis, si l’on est vraiment lancé, dans un  autre et dans un autre …
                                         Dj’isqu’à ce qu’on halcotte
Cela veut dire jusqu’à ce que l’on se mette à flotter quelque peu, à tanguer, à parler tout seul, ou à se mettre à  chanter à tue-tête.


-  Des hommes, des femmes, des enfants mêmes, portent en eux une tendance à se croire coupables de tendances qui ne sont pas moins naturelles et qui ne devraient pas les affecter. De même, combien d’entre eux, plus souvent à tort qu’à raison, se considèrent ou ont tendance à se considérer comme inférieur aux autres ? (…) Je pense simplement qu’il s’agit de la difficulté d’être un homme parmi les hommes, et de se considérer comme tel sans orgueil ni humilité.

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