" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

lundi 8 mai 2017

Georges Simenon : " De la cave au grenier "




Encore un des merveilleux volumes des « Dictées » de Georges Simenon. Mais que sont ces «  dictées » (que j’a-do-re !). Ecoutons ce qu’en dit leur auteur :
«  Ce ne sont ni des mémoires, ni un journal à proprement parler, ni un recueil de pensées plus ou moins philosophique. Ce n’est pas de la littérature. En somme, ce sont seulement des pensées qui passent par la tête d’un vieil homme, plus ou moins jour par jour, et même certains récits de mon emploi du temps. »


Extraits :


-  Il y a un vielle maxime d’Epictète qui, depuis a été la règle de tout ma vie et qui aujourd’hui encore m’aide à garder mon optimisme. Je la traduis certainement mal. En gros, il disait : «  Sur dix maux que nous appréhendons et dont nous souffrons à l’avance, il ne nous en arrive qu’un. Nous souffrons donc neuf fois inutilement.»

-  Il y a plus de soixante ans, mon père passait la plupart de ses soirées à s’occuper d’une œuvre peu connue, dont on ne parlait pas dans les journaux, qui n’envoyait pas d’appels aux riches de ce monde ou aux demi-riches, et qui s’appelait «  Les Pauvres Honteux ». Il faut dire qu’il n’existait alors ni assistance sociale, ni retraite, sauf pour les fonctionnaires, ni assurance médicale  d’aucune sorte, sécurité sociale, etc. Quand un homme commençait à sombrer, il n’avait aucune planche de salut. C’est entre eux que les employés, qui gagnaient moins bien leur vie que les ouvriers d’alors, ont décidé de créer une caisse d’entraide à laquelle il n’y avait même pas besoin qu’ils s’adressent. Les autres, leurs collègues, savaient que la femme de l’un d’entre eux était gravement malade et que le budget de leur camarade ne suffisait pas à la soigner. Ils savaient qu’il y avait eu un malheur ou un autre dans la famille. C’est alors que, discrètement, ils intervenaient.


- Je reste dans  mon coin, dans mon petit studio rose dont l’atmosphère n’a pas changé. Je continue, malgré moi, à jouir de chaque journée qui m’est donnée, mais avec un goût amer dans la bouche et, chaque fois que le téléphone qui me relie au monde se met à sonner, je sursaute avec un spasme dans la poitrine.

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