" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 8 avril 2017

Les inondations de la Meuse à Liège de 896 à 1926

Les inondations de la Meuse à Liège de 896 à 1926



                                       Place de la République Française en 1926

La première incursion de la Meuse que mentionne l’histoire, d’une façon bien précise, date de l’an
896. En mars, à la suite de pluies continues, les eaux auraient emporté une foule de maisons. Le chiffre de «  1.500 noyés » indiqué par le conteur donne très suspect l’ensemble de ses renseignements. D’après le même écrivain, un sinistre identique se serait produit en 905, entraînant également la perte de nombreux Liégeois.

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                                                  Le pont d'Ile

En 1196, à partir du mois d’avril, il ne cesse de pleuvoir jusqu’au mois de juin. Pour apaiser «  le courroux céleste », le chapitre cathédral et tout le clergé se rendit en procession jusqu’à Cornillon, où l’on célébra une messe spéciale. En revenant, le pieux cortège passa sur le pont d’Ile, dont une partie était construite en bois. Ce pont, qui devait déjà résister au courant violent des eaux, s’effondra, précipitant dans le fleuve une quarantaine de personnes, tant d’hommes que de femmes. Nul ne périt toutefois.

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L’année 1237, Maurice de Neufmoustier affirme que jamais on n’avait vu la Meuse aussi forte.
En février 1374, Jean d’Outremeuse dit qu’on ne pouvait pénétrer à Saint-Paul qu’en bateau. On allait en nacelles dans toutes les rues du quartier de l’Ile. Pareille dévastation se produisit en février 1390, le séjour des eaux en ville dura huit jours.

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                                   Le pont des Arches peu de temps avant sa destruction

Dès janvier 1408, un froid extrêmement rigoureux s’était abattu sur nos régions. L’hiver 1408 est connu dans l’histoire sous le nom de «  grand hiver ». La Meuse fut entièrement gelée pendant plus de dix semaines. De Jemeppe à Liège, on circulait sur la Meuse avec de gros chars remplis de blés. Quand vint le dégel, les eaux s’élevèrent à un tel niveau que les ponts de Jemeppe, de Seraing, de Visé qui étaient en bois furent emportés de même que le pont d’Amercoeur.
 Peu de temps après, le 22 février 1409, La Meuse, gonflée par l’apport extraordinaire de ses affluents, lança ses flots jusqu’à la porte de l’église Saint-Lambert. Le vieux pont des Arches de Réginald, malgré plus de trois siècles d’existence, cette fois ne résista pas à la fureur des eaux et s’effondra emportant avec lui des hommes et des femmes.
Le 18 novembre 1410, nouvelles inondations en amont et en aval de Liège. Idem en 1447 et 1464. Nouvelles crues en 1489.

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                                           Pont d'Amercoeur


En 1514, en janvier, fortes gelées. Lors de la fonte, les glaçons jetés avec violence emportèrent les ponts d’Avroy et d’Amercoeur.
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Nouvelles incursions du fleuve en 1517, 1552, 1560, 1565 et en 1571 à propos de laquelle il reste une trace écrite sur un des piliers de la tour en-dedans de l’église Saint-Paul. Un historien contemporain note « qu’on voyait les maisons et les chapelles marcher pour ainsi dire sur le corps fluide ».
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Inondations en 1614 et 1564.

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                                                 Le pont Torrent

Le 14 janvier 1643, formidable inondation (…) quantité de demeures furent renversées. Six ou sept pont subirent le même sort : le nouveau pont d’Amercoeur ; le pont en bois de Saint-Denis, appelé le Torrent, le grand pont des Arches, qui avait résisté pendant deux siècles, fut entraîné par le courant. A Saint-Paul, les eaux atteignirent la hauteur d’un mètre trente centimètres. Ce niveau est marqué par un chronogramme. (…) Tout le quartier d’Outremeuse fut submergé. (…)

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Débordement de la Meuse en 1662. «  Cet été, narre un contemporain, fut fort pluvieux, ayant commencé à la Saint-Médard,  8 de juin, jusqu’en octobre ». …

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Semblable phénomène atmosphérique eut lieu en 1725, suivi d’une crue le 13 janvier 1726.

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                                            Outremeuse, île des Tanneurs




                                         Chronogramme de 1740 à Saint-Paul
1740 fut une année calamiteuse. Hiver des plus rigoureux suivi d’inondation : 1 mètre 17 centimètres à Saint-Paul (…) Tous les ponts d’Outremeuse furent ébranlés. Il y eut beaucoup de victimes.

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Nouvelle crue  le 17 mars 1751. Grave inondation en 1778.
En 1784, fortes gelées puis inondation. La Meuse submergea pendant trois jours les quartiers bas de la ville et les faubourgs.

( …)

                                              Ancien bras de la Meuse.
                                          Ici au boulevard de la Sauvenière actuel

1850. Fortes inondations. Il semblait que les anciens bras de la Meuse, formant le quartier de l’Ile, avaient repris leurs cours boulevard d’Avroy et de la Sauvenière, place Saint-Jean, aux rues de l’Université et de la Régence (comme en 1926). . Morts d’hommes et des groupes de maisons s’écroulèrent sous l’action des eaux.

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Inondation en 1862. Forte inondation en août 1879 aussi spectaculaires qu’en 1850 dues aux précipitations abondantes. Elles se poursuivirent jusqu’en décembre. 



L’inondation de 1880 sera plus formidable encore que celle de 1850. Mais en amont de la traversée de Liège, grâce à la Dérivation de la Meuse et au barrage de Fragnée, l’impact et les dégâts furent considérablement réduits. Ainsi, le pont des Arches fut, cette fois, épargné.

Très menaçante aussi fut l’inondation de 1910. Si haute qu’elle se soit élevée, sa crue a été dépassée par celle de janvier 1920. (…) Crue extraordinaire en 1924.

En 1926 : nonobstant la solidité des murs et les autres travaux techniques, Liège n’a pas pu échapper à l’effroyable prise des eaux du 31 décembre 1925 et du 1 er janvier 1926, qui peut être comparée au mémorable débordement de 1643, le plus terrible recueilli dans nos anales.



                                            Niveau des eaux en 1740 et en 1926
                                            dans le cloître de l'église Saint-Jean



                                               Niveau des eaux lors de l'inondation en 1926
                               à l'entrée de la collégiale Saint-Denis rue Cathédrale





                                       Niveau rue du Verbois

                                                    cliquez sur les photos
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Sources : quatre articles parus dans la «  Gazette de Liège » les 25 et 29 janvier 1926 ainsi que les 3 et 26 février 1926.

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