" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 18 mars 2017

Le pèlerinage à Saint-Roch, Ferrières, dit Bernardfagne








Qu’en est-il aujourd’hui du pèlerinage à Saint-Roch ou Bernardfagne, un prieuré de Ferrières, devenu petit séminaire et collège.


M. André Georges nous le décrit fort bien ( «  Si Liège m’était conté … » n°66, été 1978). Au début du XX ème siècle, les Liégeois n’avaient guère le temps de se reposer après la fête de Notre-Dame en Outremeuse, le 15 août. Le soir de jour-là, ils quittaient à pied leur ville pour se rendre à Saint-Roch. Depuis le XVI è siècle, le saint guérisseur y était honoré. Les «  Sint-Rochis » ou pèlerins de Saint-Roch suivaient un itinéraire fixé par la tradition et qui a laissé des souvenirs en maints endroits. Les Liégeois arrivaient à la chapelle le lendemain pour entendre la première messe. Le 16 août, Bernardfagne offrait un aspect inhabituel. Pour protéger les milliers de pèlerins du soleil, on avait tendu des draps de lit sur des piquets. Les tentes improvisées formaient des rues et abritaient les «  Saint-Rochis », mangeant de la tarte et buvant de la bière et du genièvre. Avant de rentrer à Liège, mes pèlerins achetaient un drapelet ayant la forme d’un triangle rectangle et orné d’une gravure en bois représentant Saint-Roch, le prieuré et un groupe de pèlerins. Ils se munissaient également d’un bâton noueux ( en wallon «  on bordon » ) qu’ils ornaient de lycopode, vulgairement appelé pied-de-loup ( en wallon «  cowe-dir’na » - queue de renard ou «  pote –di-tchèt » - patte de chat). 

Le drapelet et le bâton, constituaient la preuve de la prouesse : Liège-Ferrières-Liège à pied. Le bâton les aidait également sur le chemin du retour et les protégeait ultérieurement contre la peste. Cependant, certains » Saint-Rochis » effectuaient le voyage en char à banc, et le cortège du retour était plus disloqué que celui de l’aller, la fatigue et les gouttes de «  pècket » aidant. A ce régime, dit encore André Georges, certains pèlerins devenaient agressifs. Dans plusieurs localités, les anciens d’aujourd’hui, qui étaient les enfants du début du siècle, se souviennent qu’à l’approche du cortège qui regagnait Liège, les parents faisaient rentrer leur progéniture parce que les «  calins » ( les méchants) arrivaient.


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