" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

dimanche 27 novembre 2016

Eric-Emmanuel Schmitt : " Ulysse from Bagdad "



Nous sommes en 2003. L’Irak a été envahi par l’armée américaine. Saad Saad, un jeune Irakien, perd coup sur coup : Leila, sa fiancée - mais a-t-elle été vraiment  tuée par une roquette ?–surprise …- ; son père, tué par un soldat américain dans un marché ; une de ses nièces, Salma, morte par septicémie. Saad Saad décide de quitter son pays afin de se rendre en Angleterre pour commencer une nouvelle vie. Le roman raconte cette longue errance sur le chemin de l’exil : Egypte, Lybie, Sicile, Italie, France.

On ne peut plus d’actualité. Quel phénomène quand même ce E.E. Schmitt !       
  

Extraits :

-  Je m’appelle Saad Saad, ce qui signifie en arabe Espoir Espoir et en anglais Triste Triste. ( …) Né quelque part où il ne fallait pas, j’ai voulu en partir ; réclamant le statut de réfugié, j’ai dégringolé d’identité en identité, migrant, mendiant, illégal, sans-papiers, sans-droit, sans-travail ; le seul vocable qui me définit désormais est clandestin. Parasite m’épargnerait. Profiteur aussi. Escroc, encore plus. Non, clandestin. Bienvenu nulle-part. Etranger partout.

- Extraordinaire, fils, cette capacité du corps humain à se débarrasser de ce qui l’encombre. On regrette que ces deux-là ne puissent pas chier par les oreilles ; au moins, ils se purgeraient de leurs idées pourries.

-  Victoire était si grande qu’on avait le sentiment que ses hautes jambes allaient distancer son ombre. Elancée, portant sur sa poitrine étroite des indications de seins plus que des mamelles, d’androgyne, à l’orée des sexes, et seule la grâce exquise de ses gestes me convainquirent que je n’avais pas affaire à un ange blond, doré, évanescent mais à une femme, c’est-à-dire un ange inachevé.



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