" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mercredi 27 juillet 2016

Raymond Jean : " La lectrice "



Françoise persuade son amie, Marie-Constance , trente ans, de mettre sa voix au service du public. Une annonce est donc passée dans les journaux. Très vite, plusieurs réponses  : Eric, un jeune paraplégique de 14 ans ; une comtesse d’origine hongroise, dite «  la générale » qui adore Marx et Lénine ; un homme d’affaire qui n’a pas le temps de lire mais désire se tenir au courant de l’actualité littéraire ; Clorinde, une gamine ; un vieux magistrat qui aime Sade. Marie-Constance s’en tirera relativement bien avec tous ses clients.

Sympa à lire ! Il manque (peut-être ?) cependant un vrai feu d’artifice …

Il a été tiré de ce roman un film avec Miou-Miou :
http://www.vodkaster.com/extraits/lectrice-bande-annonce/1169283


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On peut retrouver ces deux textes dans le film, admirablement lus par Miou-Miou :

 "Histoire du cheval"  de Jacques Prévert

Braves gens écoutez ma complainte
Écoutez l'histoire de ma vie
C'est un orphelin qui vous parle
Qui vous raconte ses petits ennuis
Hue donc...

Un jour un général
Ou bien c'était une nuit
Un général eu donc
Deux chevaux tués sous lui.
Ces deux chevaux c'étaient
Hue donc...
Que la vie est amère
C'étaient mon pauvre père
Et puis ma pauvre mère
Qui c'étaient cachés sous le lit
Sous le lit du général qui
Qui s'était caché à l'arrière
Dans une petite ville du Midi.
Le général parlait
Parlait tout seul la nuit
Parlait en général de ses petits ennuis
Et c'est comme ça que mon père
Et c'est comme ça que ma mère
Hue donc...
Une nuit donc morts d'ennui.
Pour moi la vie de famille était déjà finie
Sortant de la table de nuit
Au grand galop je m'enfuis
Je m'enfuis vers la grande ville
Où tout brille et tout luit
En moto j'arrive à Sabi en Paro
Excusez moi je parle cheval
Un matin j'arrive à Paris en sabots
Je demande à voir le lion
Le roi des animaux
Je reçois un coup de brancard
Sur le coin du naseau
Car il y avait la guerre
La guerre qui continuait
On me colle des oeillères
Me v'là mobilisé
Et comme il y avait la guerre
La guerre qui continuait
La vie devenait chère
Les vivres diminuaient
Et plus il diminuaient
Plus les gens me regardaient
Avec un drôle de regard
Et les dents qui claquaient.
Ils m'appelaient beefsteak
Je croyais que c'était de l'anglais
Hue donc...
Tous ceux qu'étaient vivants
Et qui me caressaient
Attendaient que j'sois mort
Pour pouvoir me bouffer.
Une nuit dans l'écurie
Une nuit où je dormais
J'entends un drôle de bruit
Une voix que je connais
C'était le vieux général
Le vieux général qui revenait
Qui revenait comme un revenant
Avec un vieux commandant
Et ils croyaient que je dormais
Et ils parlaient très doucement.
Assez assez de riz à l'eau
Nous voulons manger de l'animau
Y'a qu'à lui mettre dans son avoine
Des aiguilles de phono.
Alors mon sang ne fit qu'un tour
Comme un tour de chevaux de bois
Et sortant de l'écurie
Je m'enfuis dans les bois.
Maintenant la guerre est finie
Et le vieux général est mort
Est mort dans son lit
Mort de sa belle mort
Mais moi je suis vivant et c'est le principal
Bonsoir
Bonne nuit
Bon appétit mon général.

Jacques Prévert, Paroles

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Classé dans : — unpeudetao @ 17:36
Aidons-nous mutuellement,
La charge des malheurs en sera plus légère ;
Le bien que l’on fait à son frère
Pour le mal que l’on souffre est un soulagement.
Confucius l’a dit ; suivons tous sa doctrine.
Pour la persuader aux peuples de la Chine,
Il leur contait le trait suivant.



Dans une ville de l’Asie
Il existait deux malheureux,
L’un perclus, l’autre aveugle, et pauvres tous les deux.
Ils demandaient au Ciel de terminer leur vie ;
Mais leurs cris étaient superflus,
Ils ne pouvaient mourir. Notre paralytique,
Couché sur un grabat dans la place publique,
Souffrait sans être plaint : il en souffrait bien plus.
L’aveugle, à qui tout pouvait nuire,
Etait sans guide, sans soutien,
Sans avoir même un pauvre chien
Pour l’aimer et pour le conduire.
Un certain jour, il arriva
Que l’aveugle à tâtons, au détour d’une rue,
Près du malade se trouva ;
Il entendit ses cris, son âme en fut émue.
Il n’est tel que les malheureux
Pour se plaindre les uns les autres.
 » J’ai mes maux, lui dit-il, et vous avez les vôtres :
Unissons-les, mon frère, ils seront moins affreux.
- Hélas ! dit le perclus, vous ignorez, mon frère,
Que je ne puis faire un seul pas ;
Vous-même vous n’y voyez pas :
A quoi nous servirait d’unir notre misère ?
- A quoi ? répond l’aveugle ; écoutez. A nous deux
Nous possédons le bien à chacun nécessaire :
J’ai des jambes, et vous des yeux.
Moi, je vais vous porter ; vous, vous serez mon guide :
Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés ;
Mes jambes, à leur tour, iront où vous voudrez.
Ainsi, sans que jamais notre amitié décide
Qui de nous deux remplit le plus utile emploi,
Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi. « 







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