" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

dimanche 10 avril 2016

Eric-Emmanuel Schmitt : " Monsieur Ibrahim et les fleurs du coran "


Moïse, dit Momo, est un enfant juif qui habite à Paris, rue Bleue (près de Notre-Dame-de-Lorette) . Il vit avec seulement son père vu que sa mère est partie avec son frère aîné. Momo a un ami : monsieur Ibrahim qui tient une épicerie. Au début, il lui volait des boites de conserve dans son magasin à m’sieur Ibrahim mais plus maintenant. Monsieur Ibrahim, qui est musulman, va apprendre à Momo qui est qui ( et ya du boulot) …

Un court roman, 100 pages ( on dit alors : une longue nouvelle). C’est trop chou comme livre. Celui-ci fait partie d’un cycle qui comprend :  Milarepa, Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran, Oscar et la Dame rose, L'Enfant de Noé, Le Sumo qui ne pouvait pas grossir et Les Dix Enfants que madame Ming n'a jamais eus. C'est un cycle de six récits qui traite des religions.


Extraits :


- «  Pourquoi est-ce que tu ne souris jamais, Momo ? » Me demanda monsieur Ibrahim.
   «  Sourire, c’est un truc de gens riches, monsieur Ibrahim. J’ai pas les moyens. »

-  Un homme, ça passe sa vie dans seulement deux endroits : soit son lit, soit ses chaussures.

- On était tous amoureux de la fille de la concierge, Myriam, qui, malgré ses treize ans, avait vite compris qu’elle régnait sur trois cents pubères assoiffés. Je me mis à lui faire la cour avec une ardeur de noyé ?

- «  - Je ne suis pas arabe, Momo, je suis musulman. »
    « - Alors pourquoi on dit que vous êtes l’Arabe de la rue, si vous êtes pas arabe ? »
     «  - Arabe, Momo, ça veut dire : ouvert de huit heures du matin jusqu’à minuit  et même le         dimanche, dans l’épicerie.

-  Je le regardais savourer sa Suze anis.
    « - Je croyais que les musulmans, ça ne buvait pas d’alcool. »
     « - Oui, mais moi je suis soufi. »
      Le soir, j’ai ouvert le Larousse de mon père. «  Soufisme : courant mystique de l’islam, né au VIII è siècle. Opposé au légalisme, il met l’accent sur la religion intérieure. » (…) Et puis les gens du dictionnaire ajoutaient que le soufisme avait été créé par deux mecs anciens, al-Halladj et al- Ghazali, qu’avaient des noms à habiter dans les mansardes au fond de la cour en tous cas rue Bleue.

-  Avec monsieur Ibrahim, je me rendais compte que les juifs, les musulmans et même les chrétiens, ils avaient eu plein de grands hommes en commun avant de se taper sur la gueule. Ca ne me regardait pas, mais ça me faisait du bien.

- Lorsque tu veux savoir si tu es dans un endroit riche ou pauvre, tu regardes les poubelles. Si tu vois ni ordures ni poubelles, c’est très riche. Si tu vois des poubelles et pas d’ordures, c’est riche. Si tu vois des ordures à côté des poubelles, c’est ni riche ni pauvre : c’est touristique. Si tu vois les ordures sans les poubelles, c’est pauvre. Et si les gens habitent dans les ordures, c’est très très pauvre.

-  «  - Ici ça sent le cierge, c’est catholique.
     «  - Oui, c’est Saint-Antoine. »
     «  - Là, ça sent l’encens, c’est orthodoxe. »
     «  - C’est vrai, c’est Sainte-Sophie. »
    «  - Et là ça sent les pieds, c’est musulman. Non, vraiment là, ça pue trop fort. »

    «  - Quoi ! Mais c’est la mosquée Bleue ! Un endroit qui sent le corps ce n’est pas assez bien pour toi ? Parce que toi, tes pieds, ils ne sentent jamais ? Un lieu de prière qui sent l’homme, qui est fait pour les hommes, avec des hommes dedans, ça te dégoûte ? Tu as bien des idées de Paris, toi ! Moi, ce parfum de chaussettes, ça me rassure. Je me dis que je ne vaux pas mieux que mon voisin. Je me sens, je nous sens, donc je me sens déjà mieux !

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