" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 9 avril 2016

Eric-Emmanuel Schmitt : " Le sumo qui ne pouvait pas grossir "




L’histoire se déroule à Tokyo. Le jeune Jun vend, à même le trottoir, d’insignifiants petits objets en plastic (canards, poupées). Un vieil homme, Shomintsu, ne cesse de lui dire, quand ils se rencontrent, : «  Je vois un gros en toi ! » Les «  gros «  sont les sumos. Jun va finir par rentrer dans une école où l’on apprend à devenir sumo mais, première difficulté, malgré l’énorme quantité de nourriture qu’il avale, notre stagiaire ne parvient pas à grossir ...
Un des «  messages » que véhicule ce très court roman, c’est que nous sommes étouffés par nos préjugés.
Si l’on exclut le côté un peu «  peace and love » d’Eric-Emmanuel Schmitt, voici un bouquin agréable à lire avec pas mal d’humour.


Extraits :


-  Car il faut préciser qu’à l’époque, je souffrais d’allergie. J’étais devenu intolérant à la terre entière. Y compris à moi. Un sujet captivant pour la médecine si elle s’était penchée sur mon cas : je faisais de l’allergie universelle. Rien ne m’attirait, tout me répugnait, vivre me provoquait des démangeaisons, respirer mettait mes nerfs en pelote, regarder alentours me poussait à m’éclater la cervelle contre les murs, observer les humains me filait la nausée, subir leur conversation couvrait ma peau d’eczéma, approcher la laideur m’ôtait le souffle ; quant à les toucher, à cette seule idée, je pouvais m’évanouir. Bref, j’avais organisé mon existence en fonction de mon infirmité : adieu école, je n’avais pas d’amis, et la nuit, j’allais coucher dans de lieux déserts, souvent malodorants, tant je tenais à dormir seul. Même penser me donnait des douleurs ? Réfléchir ? Inutile. Me rappeler ? J’évitais … Prévoir ? J’évitais aussi. Je m’étais coupé du passé et de l’avenir.

-  D’ordinaire, la compassion, ça tue un Japonais car il n’existe pas plus humiliant.

- Si ce que tu dis n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi !

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En bonus, un court combat de sumos :

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