" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mercredi 16 mars 2016

Georges Simenon : " Le prix d'un homme "



Le quinzième volume des «  Dictées » qui va du 5 au 17 décembre 1977. Simenon évoque ses séjours au Canada et surtout aux Etats-Unis – il nous parle de l’influence des Etats-Unis sur l’Europe – quelques considérations sur les Américains, les différentes classes sociales, le prix d’un homme comprenez ce qu’il vaut éventuellement financièrement, … et, bien entendu, ici et là, de Liège et de son enfance.

Ce lit plus qu’agréablement, comme toutes les 21 « dictées » d’ailleurs qui sont truffées de merveilles.


Extraits :


- Toute ma vie durant, je n’ai fait que suivre mon instinct et mon impulsion du moment.

-  L’homme solitaire, le célibataire convaincu, tous les auteurs nous le montrent, à n’importe quelle époque, non comme un surhomme, mais comme un être plutôt ridicule, triste et inquiétant. Quant à la femme qui porte sa virginité comme en sautoir, durant toute sa vie, les caricatures en font un être à l’œil dur, à l’expression méchante. Les uns et les autres restent des êtres en marge et je crois qu’ils le sentent, même ceux qui n’en souffrent pas.

- Avant la guerre, j’ai assisté, dans le nord de la Pologne, à l’embarquement, dans un train interminable composé de wagons de troisième classe et de wagons de marchandises, d’un village entier, homme, femmes, enfants, maire et curé compris. La plupart ignoraient où on les expédiait ainsi et leur train mit plusieurs jours, avec arrêts fréquents, à atteindre la Lorraine ou la Belgique qui manquait de bras pour travailler dans les mines.

-  J’ai encore connu l’époque où, l’hiver, ceux que le froid empêchait de coucher sous les ponts, entraient, moyennant  dix ou vingt centimes dans des sortes de dortoirs. Ceux-ci ne comprenaient ni lit, ni bat-flanc, ni même de bancs comme la salle d’attente des troisièmes classes dans les gares, ils étaient assis sur des chaises, les bras joints sur une corde tendue, la tête entre les bras. A six heures du matin, le tenancier au torse puissant et au visage de brute, détachait un des bouts de ces cordes et, par rangées entières, les hommes tombaient en avant.


-  «  Jésus, Marie, Joseph «.  Lorsque j’étais un jeune enfant élevé par les Petits Frères, je murmurais ces trois mots un certain nombre de fois par jour et, le soir, au moment de me coucher, je comptais le nombre de jours d’indulgence que j’avais gagnés. La récitation d’un chapelet rapporte beaucoup plus de jours d’indulgence et celle d’un rosaire, c’est-à-dire de trois chapelets, davantage. Les pèlerinages battent tous les records et, en s’appliquant, on peut éviter ainsi des années de Purgatoire. (…)

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