" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

dimanche 14 février 2016

Marc Pirlet : " Le photographe "




Ce petit roman ( petit par le nombre de page : 70  mais grand par sa tenue) est le premier publié par Marc Pirlet en 2006. Christian, le narrateur, nous décrit les personnages anonymes qui constituent sa famille. Ses grands-parents, au destin particulier. Son père, greffier au Palais de Justice, place Saint-Lambert, sa mère vendeuse au Bon Marché, place de la République Française.
«  Mon père est né le 15 avril 1945, dans la maison de la rue Sainte-Marguerite où j’ai moi-même passé une partie de mon enfance ». Quasi toute l’histoire se déroule dans ce quartier populaire de la ville de Liège.

Une écriture claire, linéaire, sans redondance, sans artifice.

«  Je cherche une autre vision de la réalité. ». C’est ce qu’aurait pu dire le père de Christian s’il n’avait pas été aussi effacé.

Un réel bonheur de lecture !                                A recommander plus que chaudement !



Extraits :


C’est la maison la plus modeste de la rue Sainte-Marguerite. Etroite et basse, ne comptant qu’un étage et un grenier mansardé, elle a été construite au début du vingtième siècle, comme en atteste la date gravée dans le linteau de la porte d’entrée. Toutes les pièces y sont exiguës et, même en plein jour, la lumière naturelle ne suffit pas à les éclairer. Mon père et moi avons grandi dans le même décor. Le quartier n’a pas changé de visage depuis la fin de la guerre. Il s’est sans doute appauvri, comme tous les quartiers populaires de la ville. Sa population n’est plus tout à fait la même, elle est  aujourd’hui formée, au moins pour la moitié, d’immigrés venus du monde entier, mais les maisons sont toujours là, presque identiques à elles-mêmes, seulement un peu plus vieilles. (…)

-  Tous les samedis, il m’emmenait à l’église Saint-Martin. J’aimais les samedis après-midi. Ce jour-là, mon père était différent, il était plus attentif, plus doux avec moi. Pendant le court trajet jusqu’à l’église, il me tenait la main. Nous nous asseyions toujours aux mêmes places, près du chœur. Avant que la messe commence, il me répétait chaque semaine la même chose. Il me disait qu’il fallait penser à maman, qu’elle était dans l’église, qu’elle nous voyait même si nous ne pouvions la voir.

-  Ce qu’on pourrait appeler : le premier degré de la réalité. Un panneau de signalisation à l’angle de la rue Sainte-Marguerite et de la rue du Mississippi. Une affiche sur un mur interdisant de déposer des immondices. Une bicyclette appuyée conte la bordure d’un trottoir. La porte sculptée de l’église Saint-Martin. La cheminée de la maison d’en face. Une balançoire. Les éléments qui composaient son univers sont saisis sans apprêt, dans leur nudité objective. Ils forment une sorte de catalogue qui est allé en s’enrichissant au fil des années.

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