" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 9 février 2016

Armel Job: " De la salade ! "



L’action se passe au sein d’une famille dans un village de l’Ardenne belge. Tout à tour et entremêlés:
Carlo Zuccone,  profession matelassier ( note : le père d’Armel Job fut également matelassier ), son fils Alfredo ( matelassier) et sa femme Louise, leurs enfant Karl et Simone. Karl voudrait tant exercer la profession de son père ou en tout cas bricoler dans les moteurs, les voitures, les motos mais « on » a décidé autrement car il est  intelligent : il fera des études dans un collège religieux où il y sera interne. Quelle triste vie !

Encore une fois, une histoire  un tantinet décalée comme les aime leur auteur. Et puis, il y de sacrées belles petites phrases comme celles qui suivent :


Extraits :

- Le curé est un homme si saint qu’il sort sa verge avec un mouchoir quand il doit pisser.

- «  Mes frères, nous ne savons pas s’il y a une seule personne en enfer. Entre le moment où la balle est sortie du canon et celui où elle est entrée dans sa tête, peut-être Hitler a-t-il eu le temps de se repentir. »
       Les anciens combattants s’agitent sur leur chaise. Si c’est pour se retrouver avec Hitler, ils se demandent s’ils ont encore envie d’aller au paradis.

-  Karl n’a pas peur du diable. Un simple signe de croix le met en déroute. C’est facile.

- D’ailleurs, il n’y a qu’un seul livre à la maison : Lettres édifiantes et curieuses de la nouvelle mission du Maduré  par le R.J. Bertrand. Ouvrage rédigé par un jésuite dans le seul but plausible de dégoûter le peuple de la lecture.

-  Article premier : raro unus, numquam duo, semper tres. Ce qui signifie : exceptionnellement seul, jamais à deux, toujours à trois. Unus, duo, tres : un, deux, trois. Ce sont les rudiments du latin et de l’éducation : l’enfant doit éviter la solitude et plus encore les amitiés particulières.

-  Le jury était composé de braves instituteurs de campagne qui pensaient que la littérature était à l’écriture ce que la pâtisserie est à la cuisine.

-  N’oubliez jamais, mes amis, ce principe élémentaire de la spiritualité : qui se conduit soi-même est conduit par un âne.


- Malheur à celui qui ne voue pas tout son temps libre au ballon parce qu’il est trop frêle ou trop délicat. Malheur à celui qui, comme Karl, est trop fier pour se frotter encore à la gueulante qui lui a reproché un but. Les récréations deviennent mortelles. Les réfractaires tournent en rond à la lisière du tumulte. Les surveillants eux-mêmes les méprisent. Ils les ont baptisés « péripatéticiens ». Ce sont des êtres pâles qui révisent leurs déclinaisons et qui écrivent des poèmes torturés.

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