" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

vendredi 15 janvier 2016

Marc Pirlet : " Histoire de Bruna "




 Bruna


Quand l’histoire débute, Bruna, née en 1925, a 16 ans. Elle habite à Seraing avec ses parents et ses frères. Alors que la famille fuit vers la France, Bruna se fait attraper par les SS.Elle est d'origine polonaise donc ennemie du Reich. Elle va connaître le travail forcé en Allemagne, les camps de concentration de Ravensbrück et de Bergen-Belsen de 1941 à 1945.  Autrement dit cet enfer sur terre, qui dépasse l’imaginable.
Sans pathos déplacé, grâce à son style limpide comme une eau de source, Marc Pirlet nous décrit la vie de tous les jours de cette jeune fille. Il nous prend à témoin, il semble nous dire : «  Voyez ce qu’elle a enduré ! Voyez ce que vous auriez pu endurer si vous aviez été pris dans cette tourmente ! » Pour nous, lecteurs liégeois, Bruna n’est pas une inconnue, elle est presque notre voisine.
Notre héroïne malgré elle conclut par ces mots : «  Comment vivre en paix quand on a vu ça ? »


Né en 1961, Marc Pirlet habite depuis déjà un bon bout de temps le quartier Sainte-Marguerite à Liège. «  Il construit une œuvre parmi les plus originales du paysage littéraire belge. »

Voici des articles à propos de deux autres de ses livres :

- «  Une vie pour rien » :

- « Les Promeneurs « :



Extraits :

-  Vous aviez déjà vu, vous, une vieille femme qui se fait cingler à coups de cravache parce qu’elle ne s’est pas mise correctement au garde-à-vous ? Une autre qui se fait trancher la gorge avec une bêche parce qu’elle ne travaille pas assez vite ?

- Une ville sans bébés : quand une femme arrivait enceinte au camp, on l’avortait, quel que soit l’âge du fœtus, ou bien on laissait naître l’enfant mais il n’avait pas le droit de vivre, on le noyait dans un seau ou, comme les mères sous-alimentées étaient incapables de leur fournir de lait, on les laissait mourir de faim.

-  (lors des appels quotidiens) Quand l’une s’évanouissait, elle restait étendue par terre jusqu’à la fin de l’appel. Personne ne pouvait la secourir, même si elle était en train de mourir, même si la femme qui agonisait là, à vos pieds, était votre mère, votre sœur ou votre fille. Beaucoup, surtout parmi les plus âgées, mouraient d’un arrêt cardiaque durant les appels. Et dites-moi, si vous deviez rester debout des heures sans bouger, comment feriez-vous si vous aviez la dysenterie ?


-  Ces journées terribles, quand vous étiez détrempées par la pluie, par la neige, meurtrie par le froid, avec vos mains, vos pieds gelés, avec la boue qui collait à vos semelles, ou bien quand la chaleur était torride et que votre peau était brûlée par le soleil, et que vous transpiriez et qu’on ne vous donnait pas à boire et que vous mourriez de soif. (…) Avec les coups qui tombaient sans cesse, les gifles, les coups de poing, les coups de lanière, les coups de cravache, les coups de fouet, les coups de crosse, les coups de matraque.

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