" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

dimanche 3 janvier 2016

Joseph Demoulin : " Le D'Zy "






« Joseph Demoulin ( Liège 1825-1879 fut une des écrivains les plus remarquables de son époque. Il fut journaliste et ses prises de position contre le président de la République lui valurent d’être chassé de France en 1851. On retiendra surtout son œuvre de dramaturge wallon avec «  Dji vou, d’ji pou », «  E Fond Pirette », « Pol Lambert » dépeignant la misère de la classe ouvrière et … «  Le D’zy. »
L’histoire se déroule dans le village de Fraiture-en-Condroz et dans aux alentours des années 1820. Paul Derenne est accusé de meurtre sur la personne du Chevalier Des Cortis. En effet, un sinistre jour, ce Chevalier viola la fiancée de Paul ; la pauvre femme finit même par en mourir. Notre héros doit donc s’enfuir. Il se cache, se dérobe face aux traques organisées contre lui, bref il est insaisissable, comme un orvet. C’est justement sous ce nom qu’on va le connaître dans toute la contrée mais sous le vocable wallon : le d’zy .
 Le livre est une éloge de l’amitié qui va unir toute une série de personnes qui n’étaient pas spécialement destinées à se rencontrer et à s’apprécier à travers des aventures à la fois drôles et tragiques.
Voici quelques personnages, hauts en couleur :
- le baron, 60 ans,  son épouse, leurs deux filles Anna et Amélie et leur fils Gratien
- le jeune curé Moret, ami du baron et qui le sera également du D’zy . Il sera exilé par sa hiérarchie à Lierneux
- Rougeaud, un bandit
- la grande Gatte, un peu sorcière sur les bords, buveuse, teigneuse
- Ramette, le chien fidèle du D’zy qui mettra au monde deux chiots qui lui ressemblent
- Georges Des Cortis, neveu du Chevalier mais qui deviendra ami du D’zy. Il épousera Anna, une des filles du conte
-  Jean Bouvier, tout grand ami du D’zy, un gaillard assez particulier qui porte les cheveux très longs. Il est l’époux de «  la naine ». A eux deux, ils ont douze puis quinze enfants ( et qui dit mieux !) ( voir description de l’homme plus bas)
- Le curé Pavier : remplaçant du curé Moret. Borné, le type même du mauvais prêtre, tyrannique, dominateur, terrorisant ses paroissiens avec sa croix
-  Le jésuite Elloin : fourbe, inquisiteur, ennemi juré du D’Zy ( voir plus bas)
- Le poïou : un vagabond mais particulièrement fainéant, voleur à ses heures
- Melle Lisbeth : servante du curé Pavier et ex-fiancée du Poïoux. Une très mauvaise langue dont il convient de se méfier …


Extraits :

- Jean Bouvier avait son cachet d’originalité. Il portait ses cheveux d’une longueur démesurée ; vu de dos, il ressemblait à une femme habillée en homme ; et cela depuis qu’il avait entendu raconter l’histoire de Samson, l’hercule biblique, lequel Samson perdait toute sa force quand on lui coupait sa chevelure. Il était de haute taille et d’une maigreur phénoménale. Il avait pour femme une naine trapue, qui ressemblait à un bloc de pierre équarri, tant elle était large des épaules ; ce corps massif était planté sur deux petites jambes arquées, ce qui lui donnait cette démarche d’une oie chargée d’embonpoint. De cette union, il serait plus exact de dire de cet accouplement étrange, étaient nés onze enfants, cinq garçons et six filles, tous joufflus et pleins de santé.

- A vous qui êtes le ministre de cette Eglise ; vous qui vous érigez en juge de la conscience humaine ! vous ravalez Dieu au point de faire croire à l’homme qu’il peut l’outrager ! Comme si l’atome qui se meut dans un rayon de soleil pouvait porter ombrage à l’astre du jour !

- Le P. jésuite Elloin n’était pas un de ces braillards épileptiques qui se démènent en chaire comme un chat tombé dans un tonneau de mélasse.


-  ( à propos de jésuites) Votre idéal, c’est l’humiliation !  Dans cette lutte éternelle, à laquelle l’Humanité est condamnée, vous êtes les champions de la nuit, et il est heureux pour nous que le jésuitisme n’ait pas le bras assez long pour arriver à poser son éteignoir sur le soleil.

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