" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

jeudi 31 décembre 2015

L'hiver 1740 à Liège




           Cette pierre se trouve derrière le musée de la vie wallonne à Liège

Il s'agit probablement d'un chronogramme .

Elle parle de l'année 1740 , date qui est gravée en fin de texte .

Une année de calamités,  dit le chroniqueur , un très rude hiver , des grandes eaux à trois reprises , le décès du pape Clément XII , de l'Empereur Charles VI , et de la tsarine ....

L'hiver 1740  , est dans les mémoires comme  " l'année du long hiver " .

"S'en soucier comme de l'an 40" , c'est peut être cette année là , marquante , qui est restée dans l'expression.

En tout cas , une année suffisamment effroyable pour que quelqu'un grave à Liège son souvenir dans la pierre .






«  Un des plus terribles hiver à Liège fut sans doute celui de 1740 ( il en fut de même pour toute l’Europe). Cette année fut d’ailleurs appelée : la calamiteuse !!
Dans la cour d’un établissement de la place Xavier Neujean subsiste une pierre de l’époque qui mentionne leurs horreurs marquant cette année qui a peut-être donné naissance à ces dictons wallons où se mêle «  l’an quarante ».
L’hiver 1740 commença tôt. Durant septante jours, des gelées noires avaient donné leur mesure en transformant l’eau de cruches, déposées dans des pièces chauffées, en glace extra-dure ! !
Pendant six semaines, la Meuse fut gelée au point qu’elle permettait sur son plan la circulation de lourds chariots de houille.
La glace emprisonne tous les bras de Meuse, les cours de l’Ourthe et les autres rivières de la région jusqu’au 24 février.
Le froid se fit moins rude dès ce jour mais les gelées et les tempêtes de neige se manifestèrent, si l’on en croit les chroniqueurs, jusqu’au début de juin !
La persistance du froid fut responsable de la destruction des récoltes en fruits et légumes. Et cela, en ces temps où les conserves alimentaires n’étaient point industrialisées comme de nos jours, constituait une véritable catastrophe pour le peuple.
Mais le gel allait ajouter au tragique de la situation créée en hiver. Une avalanche de glace faillit emporter les deux seuls ponts existant sur la Meuse  sur l’Ourthe, ceux des Arches et d’Amercoeur. Et puis, des crues subites, amenées par la fonte des neiges, créèrent les inondations les plus dévastatrices que Liège connut jamais. Toutes les rues de la ville basse disparurent sous le torrent des eaux qui reversaient les murailles et les maisons. Les eaux charrièrent des meubles, des poutres, des arbres, du bétail noyé ; leur niveau atteignit les autels des églises Saint-Denis, Saint-Paul et Saint Barthélemy.
Nombreux furent les personnes qui moururent de faim. Beaucoup de gens du peuples, pour subsister pendant les cinq semaines que durèrent ces inondations, furent contraints de se nourrir d’herbage. « 


                                               Dieudonné Boverie in «  La Meuse «  du 27 février 1956

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