" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 18 août 2015

Liège en 1918


                    Distribution des bons de rationnement à Liège en juillet 1918



Extraits de l’excellent ouvrage signé Jules De Thier et Olympe Gilbart : «  Liège pendant la grande guerre », voici quelques faits marquants de l’année 1918.

- A cette époque, il y avait à Liège 20 .981 ménages, comprenant 51.260 personnes, soit près d’un tiers de la population, qui recevaient des secours du Comité local de la Ville.

-  Le kilo de beurre avait atteint 30 francs, le lait écrémé 1frs 50 le litre, la viande 16 à 18 frs le kilo, la petite boule de savon ordinaire : 6 frs ; le tabac 50 à 60 frs le kilo, les sabots 10 frs la paire, un cahier d’écolier des 100 pages 2frs75. Un costume d’homme qui valait 80 fr avant-guerre coûtait en 1918 : 300 frs. (…)


                                             la passerelle en 1918


-  Le 18 mars, la ration de pain, qui était de 333 grammes, fut réduite à 250 grammes, une quantité minime qui eût à peine suffit pour le petit- déjeuner, tant nous étions affamés sous le régime qui nous était imposé. Le 20 mars, à la suite de cette diminution de ration de pain, les ouvriers de charbonnages se mirent en grève.

-  Le 4 avril commença, au Cirque des Variétés, une série de représentations d’opéra qui obtinrent un grand succès. Le nombre des exploiteurs enrichis, qui augmentait sans cesse, continuait à assurer une clientèle fidèle à tous les théâtres, bars, music-halls, salles de danses et autres lieux de plaisir.


                                                             Pont des Arches détruit

-  Dans les airs, les avions alliés avaient la maîtrise. Pendant le mois de mai, il en passa à plusieurs reprises au-dessus de la région de Liège, mais les Allemands ne tirèrent qu’une seule fois contre eux.

- Pendant le mois de mai, le pillage du pays continua. Il fallut livrer le linge de table dont on se servait dans les cafés, restaurants, hôtels, et. Le linge fut remplacé par du papier. Les visites domiciliaires se pratiquèrent continuellement, surtout dans le but de s’assurer que l’on avait livré les objets en cuivre.


                                          Palais des Princes-Evêques


-  Certains se trouvaient dans une misère affreuse. Des vieillards, des malades, des employés ou des ouvriers qui n’avaient pu trouver d’emploi. Ceux-là et les membres de leurs familles ne disposaient pour vivre que des services donnés aux chômeurs et aux nécessiteux, c’est-à-dire assez pour ne pas périr d’inanition mais trop peu pour apaiser leur faim, pour s’habiller, se chauffer et s’éclairer.

-  Le 1er juillet, on signala à Liège l’apparition de la grippe « espagnole » qui sévissait dans toute l’Europe. Cette grippe était en général bénigne et durant 8 à 10 jours. Vers la fin du mois, beaucoup de Liégeois en furent atteints.

- Le 18 août, on annonçait l’ouverture d’un Casino dans l’ancien hôtel des Comtes de Méan, rue Mont-Saint-Martin. On y joua à la roulette et au baccara comme on le faisait déjà dans d’autres cercles installés rue Florimont, rue des Clarissses, rue du Mouton Blanc, Outre-Meuse et au Kursaal de Chaudfontaine.

-  En septembre, à la suite d’une rébellion, l’autorité occupante interdit «  tout trafic » places Saint-Lambert, Verte et du Théâtre les lundi après-midi de 13 à 19 heures. (…) La police barrait toutes les issues. Pour se rendre dans les quartiers Sainte-Marguerite et Sainte-Walburge, il fallait emprunter la rue Derrière le Palais ou bien les escaliers de la Montagne qui ne virent jamais pareille affluence de passants.

-  (…) Mais notre joie devait être plus complète encore le lendemain. Le 11 novembre, en effet, vers 10 heures du matin, on apprit que l’armistice avait été signée. (…) La nouvelle s’était répandue en quelques instants dans la ville entière, provoquant une allégresse générale.


                                                    Place Notger, la gare du Palais, Pierreuse

-  Dans les rues, toutes les maisons s’étaient ainsi subitement pavoisées et les couleurs belges voisinaient celles de nos alliés. A midi, le drapeau belge était hissé à la façade de l’Hôtel de Ville et flottait gaiement sur les clochers des églises, sur nos monuments, au faîte des cheminées des usines et des charbonnages qui entourent la ville. Des cocardes belges, françaises, anglaises, américaines, italiennes, depuis longtemps confectionnées, apparurent aux étalages et se vendaient dans les rues. Pas une Liégeoise, pas un Liégeois qui n’en portât. Les enfants des écoles sortirent des classes, tenant de petits drapeaux à la main  circulèrent en cortèges dans la ville. Les véhicules furent aussi pavoisés, aux trolleys des tramways des fanions flottèrent et même les statues arborèrent les couleurs alliés : Charlemagne tenait dans sa dextre tendue un drapeau belge et son coursier avait sur sa crinière un flot de rubans tricolores.


- Les prisonniers russes, les plus nombreux, trouvèrent asile au Manège de la Fontaine, dans l’école de la rue Jonfosse, à Fontainebleau, à l’école Sainte-Marguerite, à l’école des sœurs de la rue de l’Ouest et à l’école de Fexhe. Les Français furent réunis dans les usines Englebert. Les Belges, rue Louvrex, à l’école en face de la rue Fusch. Les Italiens et les Sud-Slaves, à l’hôtel d’Angleterre, à l’Hôtel des Comtes de Méan et au Café Charlemagne. Les civils, rue de l’université. Quand ils circulaient dans la ville, on leur offrait des vivres, des vêtements, des cigarettes et de l’argent, souvent on les invitait à dîner et on les retenait même à loger. Les Français étaient particulièrement bien accueillis.


                                                      Liège décorée par la France

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