" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 15 août 2015

Georges Simenon : " Maigret et l'homme du banc "



Louis Thouet, marié, un enfant, magasinier, sans histoire, est retrouvé assassiné dans une impasse du boulevard Saint-Martin, un couteau planté dans le dos. Maigret ouvre l’enquête et découvre que notre homme ne travaille plus depuis plusieurs temps déjà, et pourtant, il quitte chaque matin le logis familial  comme  s’il se rendait à son boulot. Le lecteur est amené à soupçonner deux coupables plausibles : le petit ami et amant de Monique, la fille de Thouret et l’ « homme du banc «  qui est plus que louche … Mais nous sommes dans un Maigret …
Le commissaire boit pas mal lors de cette enquête (ce n’est pas la première fois, notez) comme vous allez en avoir la preuve plus bas. Mais d’abord une sacré belle vision de la vie…

Extraits :

- Quand à vingt ans, il était arrivé dans la capitale, ce qui l’avait le plus troublé était la fermentation constante de la grande ville, cette agitation continue de centaines de milliers d’humains en quête de quelque chose. A certains points quasi stratégiques, cette fermentation était plus sensible qu’ailleurs, par exemple les Halles, la place Clichy, la Bastille et ce boulevard Saint-Martin où M. Louis était allé mourir. Ce qui le frappait autrefois, ce qui lui communiquait une fièvre romantique, c’étaient, dans cette foule en perpétuel mouvement, ceux qui avaient lâché la corde, les découragés, les  battus, les résignés qui se laissaient aller à vau-l’eau. Depuis, il avait appris à les connaître, et ce n’étaient plus ceux-là qui l’impressionnaient, mais ceux de l’échelon au-dessus, décents et propres, sans pittoresque, qui luttaient jour après jour pour surnager, ou pour se faire illusion, pour croire qu’ils existaient et que la vie vaut la peine d’être vécue.

-  Par la même occasion, puisqu’il avait commencé sa journée par un calvados, il en but un autre au comptoir.

- Il commanda donc une demi-bouteille de Bordeau rouge. Par souci de contradiction. Si on lui avait proposé du vin, il aurait réclamé de la bière.


- Il prit encore un petit verre de calvados avec son café.

- En quittant la barre, il était allé boire un verre à la buvette du Palais.

-  Ils attendirent encore un peu devant la grille, finirent par entrer dans un caboulot d’en face où Maigret commanda deux grogs.

-  Il pénétrait dans la brasserie de la place de la République où Lapointe était assis près du poêle, devant une tasse de café. « - Un grog ! » commanda-t-il.

- Comme il n’avait rien à faire que boire son petit verre au comptoir, il étudia la photographie.

-  Ce fut Maigret qui rougit comme un enfant, faillit donner une explication, dire que ce n’était pas lui qui buvait du cognac dans un grand verre, mais Jef Schrameck.

- Maigret, qui avait allumé sa pipe, finissait lentement son deuxième verre de bière.

- Il le rinça à nouveau, se versa un fond de cognac.

- Après quoi, seul dans son bureau, Maigret put enfin se verser un verre de fine.


-  Quand il revint à table, il commanda deux apéritifs.

2 commentaires:

  1. Oui, cette histoire documente fortement le rôle de l’alcool dans la vie quotidienne de Maigret. De plus, c’est remarquable pour la documentation d’une vraie tragédie là : la fille née morte des Maigret. Remerciements.

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  2. Oui, David ! Je me souviens de cette brève allusion : j'aurais été plus inspiré en la notant ...

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