" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mercredi 8 juillet 2015

Jean Jour : " Simenon, enfant de Liège "



Dans cet essai, paru en 1980, l’écrivain-journaliste Jean Jour, né à Liège en 1937, s’est particulièrement intéressé à l’aspect «  liégeois » de Georges Simenon. D’abord le roman «  Pédigrée » qui se déroule entièrement dans la Principauté – en encore plus précisément en Outremeuse, le quartier natal de Simenon-. Ensuite le procès (les procès) qu’il a dû essuyer , les hommages des autorités liégeoises à son égard , ses conférences , la création d’un fonds Simenon , les six émissions enregistrées par la Rtb en 1969-1970, etc.
Jean Jour a eu l’occasion d’interviewer le «  père de Maigret ». Nous en trouvons des extraits ça et là et carrément quelques pages en fin de volume.

Un ouvrage bien spécifique, donc, et agréable à lire.

Voici la table des matières :
     Hors du poulailler
     Du pont des Arches à la Caque
     Le rêve honteux d’écrire
     Enfin vint Jules Maigret
     Le pedigree de Dju d’là
     Le métier d’homme est difficile
     Le procès folklorique d’un académicien
     Quand Liège se souvient
     Un homme sur le grill
     Maigret à l’université
     Un homme en colère
     Annexe + bibliographie


Extraits :

-  En cela, sans doute, l’œuvre de Georges Simenon a-t-elle aidé des hommes de toutes conditions à supporter leur poids de malheur.

-  L’hôtel Bertha (1 étoile), rue Darcet, 1,  premier domicile parisien de Simenon

-  Maigret est un homme grand, costaud et osseux. Il mesure un mètre quatre-vingts, il a les cheveux bruns et drus. Son domicile, depuis toujours, c’est le boulevard Richard-Lenoir, car, contrairement à son père spirituel, c’est un sédentaire qui a horreur de voyager.
Son double, son Sancho Pança, c’est sa femme. Elle le harnache chaque matin, le dorlote chaque soir, le prépare à la lutte. Cette Alsacienne dont la modestie n’a d’égale que le mutisme compréhensif, prépare admirablement la prunelle et sait mijoter des petits plats aptes à réveiller l’appétit du fonctionnaire le plus las. Elle appelle son mari «  Maigret », et on devine que c’est par pudeur autant que par amitié.
Au fond, elle est un peu la femme idéale, le double et la doublure de l’homme, dans un univers assez phallocratique où les femmes font en général figure d’arrivistes ou de femelles, quand elles ne représentent pas les oiseaux de mauvais augure, les ratées de naissance, les destructrices du monde mâle.
Les Maigret n’ont pas d’enfants. Simenon s’en est expliqué jadis : à l’époque, sa première femme ne tenait pas à en avoir et il lui était tout simplement impossible de décrire les réactions d’un père puisqu’il ne l’était pas ! Le couple Maigret restera donc sans progéniture, ce qui sera aussi le plus grand regret du commissaire.

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En bonus, un document de l’INA :

Un autre essai de Jean Jour sur Simenon dont vous pouvez lire une présentation ici :

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