" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 30 juin 2015

Bruno Lafourcade : " Sur le suicide "




Voici un livre qui fait le point actuel sur ce sujet délicat et encore souvent tabou. Il se divise en plusieurs chapitres. Les mobiles, soit pourquoi on se « sui-cide »= on se « tue soi-même » ; les modèles soit différentes catégories d’individus qui passent à l’acte , leurs noms et leur modus operandi  : cinéastes, savants, soldats, psychiatres et psychanalystes, acteurs, chanteurs et musiciens populaires, dessinateurs, peintres, plasticiens, hommes politiques, philosophes, écrivains ; les apologies antiques , chrétiennes, antichrétiennes , et enfin un abécédaire des suicides célèbres.

Sans aucun doute un incontournable !


Extraits :


- (…) Avec ce genre d’état d’esprit, on fabrique des bénévoles pour la Croix-Rouge, pas des désespérés. Cet humanisme est le meilleur ennemi du propagandisme de la mort volontaire.

-  Parmi les raisons que l’on a de se tuer, la famille est encore ce que l’on a fait de plus sûr ; car rien n’est plus névrosant que d’être un fils ou un frère, une fille ou une sœur. La famille est la première des sociétés, c’est-à-dire la première gangrène ; le premier crachoir où chacun médit de tous et déteste tout le monde, ou il faut attendre que l’un de ses membres meure qu’on envisage de lui pardonner enfin ; mais aussi le premier cachot qui vous aura étouffé, diminué, humilié, abêti. – Un avant-goût de l’asile d’aliénés.

-  L’enfant est l’autre nom de l’ingratitude. Plaignant compulsif, il passera le principal de votre vie à vous reprocher le bien que vous avez fait pour lui.

-  Faites le compte : vos amis, quand avez-vous pu compter sur eux ? Vous leur avez demandé mille fois de vous donner leur recette du civet de langouste ; d’installer Photoshop sur votre ordinateur ; de vous aider à repeindre votre salle de bain. Bernique ! Où étaient-ils quand votre ulcère à l’estomac s’est réveillé ; quand votre chauffe-eau s’est mis à fuir ; quand votre automobile a rendu l’âme ? Ailleurs, avec d’autres, sans doute, qui sont vraiment leurs amis et avec qui ils partent en vacances. (…)

-  Il n’y a pas plus d’amis autour de vous qu’il n’y a de travers de porc dans le couscous.

-  Vous saviez en effet que nul n’est devenu écrivain, musicien, peintre, cinéaste – pas plus qu’écuyer, joueur d’échec, mathématicien – sans un long apprentissage ; qu’il faut posséder les techniques avant d’espérer un style ; que la foi moderne dans l’éclosion spontanée du talent est une imposture ; qu’aucune pousse, si visible qu’elle soit, ne se développe si elle n’est irriguée.

- (…) des peintres qui n’ont jamais copié de Rubens, des cinéastes qui n’ont jamais rien vu de Dreyer, des romanciers qui ne peuvent construire une phrase complexe sans que leur concordance des temps faille ; des plasticiens, des metteurs en scène, des écrivains qui ne mettent jamais les yeux dans un tableau, dans une pièce, dans un livre.

-  Eustache manifesta un sens intéressant de l’à-propos en punaisant sur la porte de la chambre où il se suicida : «  Frappez fort. Comme pour réveiller un mort. »

- Essayez, si vous le pouvez, d’arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière.

-  Voilà ce qui reste essentiellement de Jacques Rigaut. «  Mon livre de chevet, c’est le révolver ». «  Quand je me réveille, c’est malgré moi «. Et celle-ci, où va notre préférence : «  Le jour se lève, ça vous apprendra ».

-  Quand Georges Hyvernaud écrit ces lignes, il revient d’un oflag de Poméranie.

«  On s’imaginait avoir une âme ou quelque chose d’approchant. On était fier. Ça nous permettait de regarder de haut les singes et les laitues. On n’a pas d’âme. On n’a que des tripes. On s’emplit tant bien que mal, et puis on va se vider. C’est tout notre existence. On parlait de dignité. On se figurait qu’on était à part, qu’on était soi. Mais maintenant on est les autres « .


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En bonus :

  - « Technique du suicide «  de Paul Robin :

- «  Suicide, mode d’emploi «  Claude Guillon , Yves Le Bonniec :

-  Bréviaire du chaos « Albert Caraco :



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