" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

vendredi 8 mai 2015

Parti ! Pfffiitttt !




Je ne sais pas si je vous ai déjà raconté ma bien curieuse promenade champêtre du printemps dernier ? Comme vous le savez peut-être, j’aime à me balader, seul, dans la campagne qui environne la ville de Liège. J’affectionne tout particulièrement la région de Tilff / Esneux. Ce n’est pas tant que je sois craintif mais il me semble qu’on ne peut pas me qualifier non plus de téméraire. Ainsi, ma préférence va pour ce qui est routinier, déjà mûrement testé. Or, il se fait que ce jour-là – allez savoir pourquoi ? – je m’étais éloigné quelque peu des sentiers battus. Je découvris des lieux inconnus, parfois ahurissants. Vers 15 heures, je fus surpris par un orage parfaitement non-prévu par tous les météorologistes consultés (sur internet, dans le journal «  La Meuse «, à la télé). Je n’avais rien prévu : pas d’imper, pas de parapluie, de toute façon, là pour le coup, ustensile absolument inconnu chez bibi. Je me réfugiai sous un grand arbre mais après quelques minutes, je fus trempé comme une soupe. C’était, in fine, assez stupide de rester planté-là des plombes ; le mieux était de continuer à marcher encore deux kilomètres vers un village où j’étais certain que m’attendait un bistrot que j’avais déjà fréquenté, jadis.
Je repris donc mon chemin sous une pluie qui était devenue, semblait-il, plus raisonnable (pure illusion ?). J’aperçus une maison, isolée.  Alors que je passais devant, quelqu’un frappa au carreau. Je fis un signe de la main. Une femme vint alors sur le pas de la porte et me cria :
-  Mon pauvre monsieur ! Mais vous êtes trempé comme une soupe !  Entrez donc vous sécher !
Dans un tout autre contexte, j’aurais répondu par un courageux – et stupide ! – «  merci beaucoup, mais cela va aller, vous savez ! ». Mais là, nous étions «  hors contexte » et ni un ni deux, je me précipitai vers elle. C’était une dame déjà d’un âge respectable, de taille moyenne, aux cheveux grisonnant, ni belle ni laide.
- Enlevez votre chemise, fit-elle, tout en me dépouillant illico-presto.
Même pas eu le temps de réaliser,  j’étais dépiauté : torse nu.
Elle me friction vigoureusement avec un essuie de bain.
- Làaaà ! Bien ! Mais asseyez-vous donc. Je vous sers une tasse de café. Mais peut-être préférez-vous une bière ?
- Non-non, un café, ce sera très bien, merci !
Le logis était tout simple, propret mais assez vétuste.
- Je viens de faire des gaufres, servez-vous !
Un chat vint se frotter à mes jambes. Un vieux chat, lui aussi, avec de longs poils tout bouclés. J’adore les chats.
- Plus je vous regarde, plus je trouve que vous ressemblez à mon Emile. C’est comment votre prénom ?
- Jean.
Le café et les gaufres étaient vraiment savoureux. Surtout les gaufres. J’en tendis un morceau au chat qui refusa, l’air dégoûté.
- Regardez, dit-elle. Vous ne trouvez pas que vous lui ressemblez ?
J’inspectai minutieusement la photo 13X 18, placée dans un cadre doré. Il fallait vraiment être conciliant pour lui trouver quelque ressemblance. Mais le bonhomme devait être assez âgé, pour sûr 15 ans de plus que moi.
- Mhhh ! Peut-être bien, fis-je, nuancé. Faudrait le voir en vrai…
La dame, - Mariette, qu’elle s’appelait,-  reprit le cadre, bordé d’un crêpe noir.
- Il est parti ! Pffffiitttt !
Parti ? Cela voulait dire mort,  ou parti-parti (sous-entendu envolé de la maison).
-  Vous voulez dire qu’il est décédé ? fis-je.
- Parti !  Pfffiiitt ! répondit laconiquement Mariette.
Elle se leva, remit la photo à sa place sur le buffet et revint avec une ampoule halogène.
-Vous ne voulez pas me rendre un p’tit service. Remplacer l’ampoule, là ? Elle tendit l’index vers le plafond.
Ni une ni deux, elle débarrassa la table et me fit grimper dessus.
- Hé ! Mais vous êtes trempé comme une soupe, là aussi, fit Mariette.
Ni une ni deux, elle tira sur mon pantalon. Le temps de réaliser, et je vis mon froc et mon slip sur mes pieds.
Mariette inspecta, les yeux grands ouverts :
- Mmmmhhh ! Bel étalon ! siffla-t-elle, en tâtant l’objet ci-dessus louangé …
Faut pas me dire des mots pareils ! Mon machin se mit à durcir, derechef.
- Mmmmhhh ! Quel engin !... Quelle seringue ! … Sacré gourdin ! …
Alors, elle se mit à me tailler ce que vous savez quoi …
Nous passâmes, Mariette et moi, le reste de l’après-midi dans sa couche et ce fut, pardi, sacrément bien agréable …

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Je suis repassé l'autre jour, en pèlerinage, du côté de sa maison, là-haut, dans la forêt.
Mais plus de Mariette. Juste un avis : « Maison à vendre «.

Dommage !

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