" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

lundi 6 avril 2015

Francis Lacassin : " Conversations avec Simenon "



Francis Lacassin est un journaliste et écrivain, né en 1931, décédé en 2008. Il fut l'éditeur de Simenon dès 1969.Ces premières conversations avec " le père de Maigret " débutèrent en juillet 1969. Elles furent à bâton rompues, un peu dans le même sens que les fameuses dictées que Simenon commença  à peu près à pareille époque.
Tout cela est évidemment très intéressant !

Extraits :

-  Sieste. On profite beaucoup plus de la seconde partie de la journée quand on l’a coupée par une sieste. Il y a deux façons de faire la sieste. La vraie, celle des paysans, consiste à se déshabiller et à se glisser dans les draps comme pour le sommeil nocturne.

-  Je classe les romans en deux catégories : il y a les romans écrits avec l’ intelligence, la sensibilité, la poésie, etc. ; et il y a les romans écrits par le subconscient, littéralement. On se met dans la peau d’un personnage, et on ne sait pas du tout où ce personnage va nous mener, on le suit au jour le jour, et ce n’est qu’au dernier chapitre qu’on sait quel est l’aboutissement de sa crise.

-  Lorsque j’avais dix-sept ans et que j’étais jeune journaliste, j’ai appris l’arrivée à Liège du poète Paul Fort dont j’étais tellement imprégné qu’il m’arrivait d’écrire en vers blancs (ou assonancés) en essayant, gauchement, bien entendu, d’imiter sa merveilleuse cadence. Je me suis précipité  à la gare. C’est moi qui ai eu la joie, ce jour-là, de le piloter dans les rues. C’est probablement un des souvenirs les plus glorieux de mon adolescence.

-  (vers la septantaine) Simenon souffrait d’une maladie désagréable, la maladie de Ménière, provoquée par un trouble de l’oreille interne. Cela se traduit par des vertiges suivis de chutes.

- J’ai toujours eu cette théorie des petites joies : depuis que j’avais treize ou quatorze ans. Une journée dans laquelle on a dix petites joies – celle de renifler une tasse de café le matin et la boire, celle de marcher le long d’un trottoir un jour où il y a un peu de soleil, (…), j’appelle ça une journée heureuse. (…) La vie est pleine de petites joies ; elles ont un avantage, c’est qu’on peut les avoir à tous les âges. Voilà.

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En bonus, « Le compotier tiède », « écrit par Georges à la veille de quitter Liège et sa mère, en 1922. :




                             1952. Georges Simenon saluant son ancien patron de la Gazette de Liège
                                                          Joseph Demarteau

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