" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 21 mars 2015

Agnès Dumont : " Le gardien d'Ansembourg "




Rémy Lemaire, un Liégeois, célibataire, 35 ans, 1m80, vivait depuis quelques temps au Vietnam. Mais sa grand-mère Hortense, qui habite sur les hauteurs du quartier Sainte-Marguerite, rue des Moulins, est en mauvaise santé et il décide de rentrer à Liège car elle est sa seule parente et il l’adore. Rémy a trouvé une place de gardien au Musée d’Ansembourg, - ce splendide bâtiment en Feronstrée ! - . Il y fait la connaissance de Cindy, sa jeune collègue de travail. D’autres personnes vont jouer un grand rôle dans cette histoire comme sa voisine Fabienne et sa fille Laura, 15 ans. Le hic, c’est que Rémy est à l’origine d’un effroyable accident (que nous découvrons raconté dans les toutes premières pages).
L’histoire se déroule donc à Liège, au musée d’Ansembourg, dans le quartier Sainte-Marguerite, à St-Gilles, à Ste-Walburge, … et aux Guillemins en plein milieu du Mundial du football lors de la rencontre Belgique-Russie, le 22 juin 2014.

On connaissait déjà Agnès Dumont via ses remarquables nouvelles ( «  Mola-mola » - « Demain, je franchis la frontière » - «  J’ai fait mieux depuis »). La voici dans un (sauf erreur !) premier roman très réussi, et , qui en plus,  est une commande des Editions Luc Pire pour sa collection «  Romans de gare » . Prix recommandé : 10 euros.

Quel talent ! car se mettre aussi bien dans la peau d’un mec pour une écrivaine n’est pas si courant que cela… Chapeau !
Un régal !



Extraits :


-  Sa promenade matinale, sous le crachin, l’avait raffermi. Des employés communaux nettoyaient les avaloirs et l’air de la ville s’était posé sur son visage, comme une main fraîche. Le faubourg Sainte-Marguerite, où se trouvait la maison de sa grand-mère, offrait le mérite de l’authenticité. Les gens qui vivaient là avaient renoncé à paraître autre choses que ce qu’ils étaient, des immigrés pour la plupart. Il n’en connait plus aucun mais se sentait en communion avec eux, ils avaient triqué, lui aussi, ils arrivaient de loin, lui en revenait, c’était presque pareil.

-  Il en rajoutait, pour le plaisir, de jouer les touristes en transit, qu’on lui explique avec l’accent d’ici ces quartiers où il avait grandi, des coins aux noms sanctifiés : Saint-Gilles, Sainte-Marguerite ou Saint-Séverin, il les récitait parfois quand il était là-bas, une litanie qui lui faisait monter les larmes aux yeux, qui l’aurait cru ?

-  L’ennui avec les mitraillettes (*), c’est qu’on s’en mettait partout. Vous mordiez d’un côté et hop, les frites en profitaient pour se carapater à l’autre bout, quand ce n’était pas la sauce qui jaillissait sur les côtés. Impossible d’esquisser la moindre conversation avec une arme pareille entre les doigts, qui requérait une attention de plus soutenue si on voulait épargner son tee-shirt.
    
Note (*)  La mitraillette est une préparation culinaire belge populaire, très répandue dans les friteries et les snacks, constituée d'une demi-baguette contenant une viande cuite, servie chaude (ou parfois froide), des frites et de la sauce.

-   Entre boire un coup, j’ai de la Westmalle triple au frigo. Les bières catholiques, il n’y a rien de mieux pour retaper le moral, tu peux me croire.

- Tutoie-moi donc. J’ai l’impression d’avoir mille ans quand tu me vouvoies comme ça.







                           Le quartier Sainte-Marguerite, samedi 21 mars 2015, 19h33



                                    une " mitraillette "



                                     Agnès Dumont

2 commentaires:

  1. Je viens de tomber sur votre article, très sympa, merci!

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  2. Pas de quoi : je suis un de vos fans.

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