" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 20 janvier 2015

Georges Simenon : "Les vacances de Maigret "




Alors que le couple Maigret est en vacances aux Sables-d’Olonne, madame doit être hospitalisée d’urgence. C’est dans une clinique tenue par des religieuses que notre bon commissaire reçoit l’autorisation de pouvoir rendre visite à son épouse durant une demi-heure par jour, pas plus. Dans la chambre numéro 15 voisine, une jeune femme va mourir.  Maigret trouve dans sa poche un billet demandant, par pitié de venir d’urgence dans la chambre 15 mais il est déjà trop tard. Bien que n’étant pas sur son territoire et de surcroît en vacances, le commissaire ne peut s’empêcher d’enquêter dans son coin …
Il s’agit là d’une bien triste histoire résultant d’une jalousie exacerbée (à prononcer à la manière de Georges Simenon : exacerbéééyye)
Se lit, comme d’hab’, avec délice. Mais surtout on est amené à se poser cette question cruciale : au fond, Maigret ne serait-il pas un vrai alcoolique ? Car l’on sait que l’écart entre l’alcoolisme mondain et l’alcoolisme notoire est souvent bien ténu. A vous de vous en faire une idée avec ce qui suit.

Extraits :

-  Ainsi que les jours précédents, il avait beaucoup bu. Pas par sa faute. Pas consciemment. Parce que sa vie aux sables s’était organisée ainsi.

- «  - Un petit coup de blanc, commissaire ? »
          Le premier de la journée. Le coup de blanc du patron.


-  Il suivit le trottoir, tourna à gauche, finit par entrer dans un bar où il n’avait pas encore mis les pieds et qui allait probablement s’ajouter à sa collections de relais quotidiens.

-  Tout le matin, en faisant son tour de piste quotidien, de bistrot en bistrot, il enragea un petit peu, et c’était aux bonnes sœurs qu’il en avait.

-  Il but un apéritif, au lieu du vin blanc habituel. Puis comme Mansuy insistait pour offrir une tournée, il en but un second. Cela venait s’ajouter à tous les vins blancs de la journée.

-  M. Léonard remplissait deux petits verres de calvados. Ce que Maigret pouvait vider de petits verres et avaler de vins blanc depuis quelques jours ! Pourtant, il n’était pas ivre.

-  J’aurais pu être chirurgien, moi aussi, pensa-t-il. Et posséder une voiture comme celle-là. Probablement pas chirurgien, mais c’est un fait qu’il avait failli être médecin, qu’il avait commencé ses études de médecine, qu’il en avait parfois la nostalgie. Si son père n’était pas mort trois ans trop tôt …

-  Si vous dites cela, c’est que vous n’y connaissez rien. Il était amoureux d’elle, comprenez-vous ? Il ne la connaissait même pas ! Il ne pouvait pas l’aimer. Ce qu’il aimait, c’était une femme. Une autre aurait pu jouer le même rôle.

°°°°

Il a été tiré de ce roman un téléfilm avec Bruno Crémer :




3 commentaires:

  1. ‟Les Vacances de Maigret” documente (encore une fois) que Maigret boit beaucoup. Même si Maigret n’est pas dépendent de l’alcool au sens physiologique, c’est apparent que l’alcool endommage le corps du buveur de façon chronique. Alors, le docteur Pardon, son médecin personnel, en palpant le « foie grossi » de sa patient, interdit toutes les boissons alcoolisées et prescrit une cure à Vichy (‟Maigret à Vichy”).

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  2. Ah, je ne l'ai pas encore lu celui-là. Faut que j'y remédie au plus vite. Notez que suivre une cure à Vichy doit être nettement moins drôle qu'agrémenter une enquête par de francs et solides coups de coudes dans des bistrots et/ou des tavernes. Question de goût, évidemment ...
    Santé, monsieur Simmons !

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  3. Ben si ! Qu'est-ce que je raconte, moi. je l'ai lu :


    http://catinus.blogspot.be/2014/08/georges-simenon-maigret-vichy.html

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